‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 97 sur 108 · DAPPER · texte numérisé non relu

DAPPER

mortiei' l'écorce fraîche du Dapline mezereum cueillie au comuiencement de la floraison, puis la faisant longuement digérei' au bain-marie dans ralcool. On distille ce dernier; le résidu est repris par l'eau bouillante qui enlève toute la daplmine. L'emploi successif de l'acétate neutre de plomb qui élimine des substances étrangères qui accompagnent la dapbnine, du sous-acétale de plomb qui entraîne la daplmine dans le précipité qu'il forme, et de l'hydrogène sulfuré qui ramène la daphnine à l'état de solution aqueuse, permet d'obtenir par l'évaporalion le produit qu'on cherche, sous la forme de cristaux que l'on purifie par des cristallisations réitérées. La daphnine cristallise en beaux prismes triangulaires ou en aiguilles enchevêtrées. Elle est très sohible dans l'alcool, peu soluble dans l'eau froide, beaucoup dans l'eau bouillante et insoluble dans l'éther; sa saveur est amère, puis astringente. Chauffée à 100 degrés, elle perd de l'eau d'hydratation; à 200 degrés elle lond et se décompose. Les alcalis caustiques la colorent en jaune d'or qui passe en rouge brun par l'exposition à l'air. Bile réduit l'azotate d'argent en présence de l'ammoniaque. Sous l'influence de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique, elle se dédouble en glucose et en daphnétine. M.

BiBLiocnAPHiE. — Vaoglin. Ann. de chim., t. LXXXIV, p. 174. — Gmelin et Baer. Diss. iiber die Seidelbastrinde. Tubingue, 1822. — Zwenger. Ann. der Cliem. und Pharm. (3), t. CXV, p. \. (Nouv. série, t. XXXIX), juillet, 1860. Journal de pharm., t. XXXVlll, p. IZl. llcpert. de chim. pure, 1861, p. 77. M.

DAl*ll\lTls. Nom, dans Dioscoride, du Petit-Houx ou Fragon épineux {Ruscus aculeatus h.). « C'est aussi celui de la bonne Casse, parmi les marchands d'Alexandrie w (Mér. et Del., Dict. mat. méd., 11, 588. H. Bn.

UAPUNOiDEi^. Les auteurs anciens nommaient ainsi et Herba Daphnoidis la Grande Pervenche {Vina major L.), parce que ses feuilles rappellent assez bien celles des Lauriers. H. Bn.

DAPlllVOnA!\ClE (^âyvïj, laurier, et pavrsta, divination). Divination d'après le bruit rendu par une feuille de laurier jetée au feu {voy. Divination). D.

DAPICHÉ. A. de Humboldt {Ann. du Muséum., Il, 170) parle, sous ce nom, d'une sorte de caoutchouc blanc qui découle d'un arbre, d'espèce indéterminée, croissant dans les forêts de la Nouvelle-Grenade, non loin des sources du Rio-Negro,

Mébat et DE Lens, Dict. mat. méd., II, 589. Ed. L.

DAPPEB (Or.Aus). Médecin et géographe d'Amsterdam, mort en 1690.11 s'est occupé d'histoire et de géographie plus que de médecine, et a écrit, sur ces deux branches des connaissances humaines, des ouvrages, compilés d'après des sources dont la plupart sont devenues fort rares. Malgré la prolixité du style et îe peu de méthode qui y régnent, ces ouvi-ages sont fort bons à consulter encore aujourd'hui, et d'après Banga un grand nombre d'écrivains hollandais y ont puisé, sans même nommer leur auteur. Nous citerons de Dapper :

I. Beschrijving van Amsterdam. Amsterdam, 1663, in-foi. — II. Naukeiirige beschrijving der Afrikaenschen gewesten van Egypten, Baibanjen, Lybien, elc. Amsterdam, 1668, 1686, jn-fol. — III. Gedenkw. Bedrif der Nederl. Maatschappye op de Kustc en in liet Keiserryk

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van Taisîng of Siiia. Amsterd., 1670, in-fol.— IV. Besc/irijv. van het Keisernjkvan Taisinff of'Sùia. Amsterd., 4070, in-fol. — V. Beschr. van Persie. Amsterd., 1672, iti-Col. — VI. Asia of naukeur. beschrijv. van het risk des Grooten Mogols. Amsterd., 1672, in-fol. — VII. Beschr. van America. Amsterd., 1673, in-fol.— VIII. l^auk. beschrijv. der Africaensche Eylanden. Amsterd., 1076, in-fol. — IX. Naukeur. beschrijv. van Asie. Amsterd., 1680, in- toi. — X. Nauk. beschrijv. der Eylanden in de Archipel der Mi ddeland esche Zee. Amsterd-, 1688, in-fol. — XI. Nauk. beschr. van Morea. Amsterd., 1688, in-fol. — XII. Tous les ouviages qui précèdent ont été traduits en français. Dapper a traduit en hollandais les neuf livres d'Hérodote avec la vie d'Homère (Amsterdam, 1665, in-4°). L. Un.

DAQUIN (Les). Mardochée était un savant rabbin de Caipentras qui fut obligé de quitter, en 1610, cette ville, à cause du penchant qu'il montrait pour le christianisme, et qui, s étant rendu dans le royaume de N;)ples, se fit baptiser à Aquino, dont il prit le nom. A son retour en France il supprima la terminaison et se fit appeler D'Aquin, ou Daquin. Il acquit une grande réputation au collège royal comme professeur de langue hébraïque. C'est de ce Mardochée que sont descendus les Daquin médecins.

Daqnin (Louis-He.\ri). II fut docteur de la Faculté de Paris, premier médecin de Marie de Médicis (15 novembre 1640), médecin du roi (12 mars 1655), anobli le 15 août 1645. Nous ne savons pas l'époque de sa mort. De sa femme. Claire Loppe, ou Lotte, il eut plusieurs enfants, parmi lesquels ;

Daquin (ântoine). « Grand courtisan, mais rètre, avare, avide et qui voulait établir sa famille en toute façon. » Tel est le portrait, non chargé, que Saint- Simon a fait de ce médecin, qui, sans talents réels, mais poussé par l'intrigue, est parvenu à l'emploi, si envié à cette époque, de premier médecin de Louis XIV, après la mort de Vallot, c'est-à-dire le 18 avril 1672. Pendant vingt et un ans, Daquin, qui était docteur de Montpellier, a gouverné la santé du monarque; pendant vingt et un ans, il a tenu \e journal de la santé de son client couronné, suivant en cela l'exemple de Vanillier et Vallot, ses prédécesseurs. Le médecin eut fort à faire, Louis ayant élé singulièrement éprouvé par la maladie : indigestions nombreuses, arthrite au pied gauche, luxation du coude, suite d'une chute de cheval dans la forêt de Fontainebleau, furoncle dans l'aisselle gauche, néci'ose delà voùto palatine qui faisait communiquer la bouche avec le nez, odeur des mucosités nasales, arrachement de toutes les dents de la mâchoire supérieure, tumeur au périnée, fistule borgne en cet endroit, fistule à l'anus (1686), ophthalmie à l'oeil droit, etc. Il serait fastidieux de compter le nombre de bouillons purgatifs du roi, de lavements que prit le grand roi-soleil suï'les ordres de son premier médecin, peu partisan de la saignée. Plus tard Fagon devait ven"er l'École de Paris, dont il faisait partie, en ramenant le beau règne de la phlébotomie à la cour de France. Daquin n'avait dû les bonnes grâces de Louis XIV qu'à Mme de Montespan, qui avait supplanté Mlle de la Vallière ; la chute de la Montespan, remplacée à son tour par Mme de Maintenon, fut la cause de sa perte; et en dépit de sa fatuité, de son arrogance incroyable, et de la persuasion où il était que sa position à la cotir était inébranlable, il tomba lourdement du piédestal. Le roi s'était enfin aperçu de 1 aiubition de son arcbialre, de son avarice, et commençait à être fatigué des demandes continuelles qu'il lui faisait pour lui et pour sa famille. Le 2 novembre 1693, de Ponchartrain lui donnait l'ordre de se retirer à Moulins, « le roi était mal content de sa conduite, » et défense lui était faite de se présenter devant le roi ni de lui écrire. Une pension de 6000 livres lui était accordée. Il n'en jouit pas longtemps, car il mourut à

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