‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 98 sur 108 · DARAN · texte numérisé non relu

DARAN

Yichy, où il était allé prendre les eaux, le 10 juin 1698. Saint-Simon raconte, comme un exemple de la malice royale, que la veille même de l'expédition de cet ordre d'exil, Louis XIV « n'avait tant parlé à Daquin à son souper et à sou couclier, et n'avait paru le mieux traiter » {Mém. de Saint-Simon ; édit. de 1842, in-12, t. I, p. 93).

Antoine Daquin avait épousé, le 24 octobre 1656, Geneviève Gayant, nièce de Vallot. Il en eut plusieurs enfants, qui tous parvinrent aux plus grands emplois. L'un d'eux, Louis Daquin, devint évêque de Fréjus; un autre, président au grand Conseil.

Daquin (Pierre). Frère du précédent, né à Paris. Docteur de la Faculté de Paris (22 août 1675); médecin du commun de la dauphine, Marie-Anne-Thérèse-Victoire de Bavière; puis médecin ordinaire du roi jusqu'à l'année 1694. Il partagea la disgrâce de son frère, et mourut à Paris le 4 août 1710. Il fut enterré à Saint-Thomas du Louvre. Son exil avait été dur. Nous avons vu une lettre originale que le ministre lui écrivait le 16 mars 1699 : « Le roi trouve bon que vous alliez à Côme avec Mme votre femme, pour la profession de Mlle votre fille, et ensuite à Bourbon, ainsi que vous le proposez, à condition que vous me donniez avis de votre départ de Brives, et qu'après l'usage des eaux vous y retournerez l'un et l'autre, et me donnerez avis du temps auquel vous y serez de retour. » Sic transit gloria mundi ! La femme de Pierre Daquin, dont il est question dans cet ordre, était une demoiselle Marie-Gabrielle de Ruyan.

Daquin (Joseph) . Nous ne savous si ce médecin appartenait à la famille des précédents. Il naquit à Cbambéry, écrit Dézeimeris, vers le milieu du dernier siècle, fit ses études à l'Université de Turin, où il reçut le bonnet de docteur. Il revint ensuite se fixer à Chambéry, où il exerça la médecine jusqu'au 12 juillet 1815, époque de sa mort. Il occupa la chaire de professeur d'histoire naturelle à l'école centrale du département du Mont-Blanc. Les talents littéraires de Daquin lui avaient valu la place de bibliothécaire de la ville de Chambéry. On a de lui :

I. Lettre aux amateurs de l'agriculture. Chambéry, 1771, 111-4°. — II. Analyse des eaux thermales d'Aix en Savoie. Chambéry et Paris, 1772, in-8°. — III. Mémoire sur la recherche des causes qui entretiennent les fièvres putrides à Chambéry. Chambéry, 1774, in-8°. — l\ . La 2}hilosophie de la folie. Paris, 1792, in-8°. — V. Traité de vaccitiation. TraLàuH de l'italien de Louis Sacco. Chambéry, 1811, in-8°; 1815, in-S". — VI. Essai météorologique sur ia véritable influence des astres des saisons, etc. Trad. de l'italien de Joseph Toaldo. Chambéry, 1784, in-4''. A. C.

DARACnx. La plante citée sous ce nom par C. Bauhin d'après Avicenne paraît être le Bananier. Ed. L.

DARAiv (Jacques). Saint-Frajou est un petit bourg du département de la Haute-Garonne, à quelques kilomètres de Saint-Gaudens. C'est là qu'est né, le 6 mars 1701, ce chirurgien spécialiste, qui, tout en ayant rendu de réels service à l'humanité souffrante, n'a pu s'affranchir du titre de charlatan que la postérité lui a donné. Sa vie rappelle celle de ces chirurgiens nomades qui parcouraient le monde, débitant cà et là leurs remèdes. Ce fut d'abord en Allemagne que Daran se rendit après avoir terminé ses humanités ; ayant accepté

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du service dans les troupes autrichiennes, il obtint le titre de chirurgien-major avec le grade d'officier. Mais il ne conserva pas longtemps cette place, et la quitta pour passer à Milan, d'où il se rendit à Turin. De cette dernière ville il alla visiter Rome, puis revint à Vienne, oîi il fit un grand noiîibre d'opérations qui contribuèrent à accroître la célébrité dont il jouissait déjà. Plus tard, on trouve Daran à Messine, où le prince de Yillefranche lui confia l'emploi de chirurgienmajor de son régiment. La peste vint à sévir dans la capitale de la Sicile ; l'histoire doit dire que notre chirurgien y déploya le plus grand zèle, le plus grand courage, arrachant en quelque sorte ses compatriotes au fléau, et les ramenant sur un vaisseau dans leur patrie. Son entrée à Marseille fut un vrai triomphe, et les instances pour l'y retenir furent si vives, qu'il s'établit dans cette ville où il se fit une réputation brillante. Il finit cependant par revenir à Paris, où il mourut en 1784 dans un état voisin de la misère, après avoir gagné des sommes énormes (on parle de deux millions), après avoir vu accourir vers lui les plus grands seigneurs, des princes étrangers, après avoir reçu des lettres d'anoblissements, et être mis au nombre des chirurgiens du roi de France. On sait que ce furent les bougies emplastiques dont Daran propagea l'usage contre les rétrécissements de l'urèthre, qui firent toute sa réputation ; mais le secret qu'il garda de leur composition dit assez que chez lui le goût du lucre domina toute considération. On a de lui les ouvrages suivants, dont le ton emphatique n'est pas propre à modifier le jugement sévère porté sur leur auteur :

I. Traité comjjlet de la gonorrhée virulente des hommes et des femmes... Paris, 1750, in-12 ; 1706, in-12. — II. Recueil d'ohservatiom chirurgicales sur les maladies de l'urèthre. Avignon, 1745, in-8°; Paris, 1748, in-8°; 1768 (5« édit.), in-8">. — III. Composition des remèdes de M. Daran. Paris, 1779, in-8''. — IV. Réj). à la hrock. de Jean Baget, intit. : Lettre pour la défense et la conservation des parties les jjIus esse/itielles à l'homme et à l'Etat. Paris, 1750, in-12. — V. Lettre pour servir de réponse à l'article du Traité des tumeurs. Paris, 1759, in-4°. — YI. Lettre à M. Remond de Saint-Albène au sujet de la méthode de M. Daran. Paris, 1749, in-8». A. C.

DARBEFEUILLE (A.). Médecin français distingué, né à Nantes le 27 août 1756, mort le 17 novembre 1831. Il se rendit à Paris en 1779 et y suivit avec zèle les leçons de Desault ; en 1865, il retourna à Nantes et peu après obtint le diplôme de chirurgien ; il fut nommé maître en chirurgie en 1786, puis, à la suile d'un concours très-brillant, devint professeur de pathologie et de thérapeutique. Il employa toute son influence pour donner plus d'importance à l'enseignement médical de l'école de Nantes ; il professa lui-même avec une ardeur incomparable l'anatomie, la physiologie, la pathologie et la thérapeutique. En 1793, il fut nommé chirurgien en chef de l'hôtel-Dieu de Nantes et y transporta son école. Dans la même année. Carrier le fit jeter en prison; mais, sur les réclamations'des malades et des blessés, il fut rendu à son hôpital, et y resta prisonnier pendant un mois. Peu après avoir été rendu à la liberté, en 1794, il se présenta à Carrier et sollicita l'honneur de porter des secours aux prisonniers de l'Entrepôt, maison d'arrêt de Nantes, qui regorgeait de victimes et où régnait un typhus extrêmement meurtrier ; avec l'aide de Pariset, Noël etllectot, il finit par avoir raison de l'épidémie. Attaché, en 1799, au port de Brest en qualité de chirurgien entretenu de o"^ classe, il devint ensuite médecin en chef de la marine à Nantes et remplit avec distinction ces fonctions jusqu'à sa mort.

En 1796, Darbefeuille avait été nommé membre du jury médical et l'année suivante professeur de physique et de chimie à l'École centrale de son dépar-

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tement. Lors de la fondation de l'école secondaire de médecine de Nantes, en 1808, il obtint la chaire de clinique et de pathologie interne. Il venait de prendre son degré de docteur à Paris.

« Darbefeuille, dit Dezeimeris, était doué d'une imagination ardente qui le portait à la contemplation des idées générales plutôt qu'à l'observation des faits de détail. Conformément à l'esprit du temps et en raison de cette disposition, il s'attacha aux classifications en suivant les idées de Condillac. 11 refit ainsi, pour lui et ses élèves, la physique, la chimie, la médecine, la chirurgie et la thérapeutique. Toutes ces sciences sont liées dans ses leçons par un système d'analyse et de méthode qui ne manque ni de clarté, ni de vérité. La thèse qu'il soutint à la Faculté de médecine de Paris, sous le titre : Propositions de médecine, offre le sommaire de cette méthode analytique. Il a pratiqué à l'hôtel-Dieu de Nantes presque toutes les grandes opérations de la chirurgie. C'est à lui que l'école secondaire de iNantes doit ce zèle pour les études anatomiques qui la distingue et que son habile successeur s'est plu à entretenir. » Darbefeuille était membre de l'Académie royale de médecine et de plusieurs sociétés savantes.

On a de lui :

I. Propositions de médecine. Thèse de Paris, 1808, in-4°, n° 132. — II Notice sur les cames des incendies et les moyens de les prévenir et d'en arrêter le progrès [Ann. marit. et colon.). Extr. in Journ. univ. des se. méd., t. II, p. 114, 1816. — III. Notice sur les pansements. Nantes, 1821, in-8°. — IV. Programme d'un cours de physique chimique appliquée à l'étude de l'anatonnc plnjxiologigue. Nantes, 1823, in-S". — V. Un petit mot sur quelques formules pharmaceutiques, etc. Nantes, 1824, in-8°. — VI. La médecine est-elle une science exacte ou conjecturale ? Nantes, 18... — VII. Essai sur l'application des méthodes analytiques et synthétiques à l'étude de la médecine, suivi d'un essai de méthode de clinique chirurgicale. Nantes, 18... — Vllt. Plusieurs discours et mémoires lus à l'hôtel-Dieu de Nantes et à la Soc. roy. acai. de la même ville. L. Hn.

«AUC'ET, ou plutôt d'arcet, d'après la consécration donnée par l'Académie des sciences (Les).

Darcet (Jean). Cet hommc célèbre naquit à Douazit, département des Landes le 7 septembre 1725. Son pèi^e était juge d'une juridiction assez étendue et jouissait d'une certaine considération personnelle. Le jeune Darcet fil ses premières études au collège d'Aire, à quelques lieues de Douazit; sa famille le destinait au barreau ; il préféra Pétude des sciences naturelles ; ce ne fut pas sans de grandes difficultés qu'il put se lancer dans la carrière qui était dans ses goûts, et ni les menaces paternelles ni l'exhérédation ne purent le détourner de sa voie. Après avoir séjourné quelque temps à Bordeaux, oii il eut le rare bonheur d'être apprécié par Montesquieu, qui lui confia l'éducation de son fils, il vint à Paris en 1742. La liaison entre le jeune gouverneur et son élève se resserra jusqu'à la mort de l'illustre auteur de V Esprit des lois, arrivée le 10 février 1 755. Ici se place un épisode tout à l'honneur de Darcet, qui n'hésita pas à résister, même par la force, à l'âpre convoitise de deux jésuites, le P. Routh et le P. Castel, lesquels, à l'annonce que Montesquieu allait mourir, s'installèrent dans sa maison dans le but de saisir les manuscrits laissés par le grand écrivain et de les dérober ainsi à une publication qu'ils redoutaient.

Après la mort de son illustre ami, Darcet se voua tout entier à la chimie; reçu docteur-régent dans la Faculté de médecine de Paris (28 septembre 1764'), il ne pratiqua jamais, et suivit Rouelle, dont il devint l'ami, dans les importants travaux dont ce savant avait déjà dote' l'étude des sciences exactes. En

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