DARCET. C
1725, la guerre ayant éclaté, Darcet suivit l'armée sous les ordres de M. de Lauraguais, grand seigneur, ami des savants, fondateur d'une association qui créa le bel art de la porcelaine. On sait les progrès que le jeune chimiste fit faire à cette industrie tout artistique, et que ce fut lui qui, guidé par le tlambeau de l'analyse, parvint à déterminer les parties constituantes et les proportions des matières avec lesquelles on fabrique la vraie porcelaine, la porcelaine dure. C'était la première fois qu'on exposait la série méthodique et raisonnée d'une analyse chimique par le feu. Ce travail immense porta le plus grand jour dans la connaissance des pierres et des terres, si nécessaire à l'ait du potier et de la verrerie ; il devint pour celte branche importante d'industrie un guide qui en a hâté les progrès, en les dégageant de la routine aveugle et servile des mélanges de pierres et de terres dont on ne connaissait qu'miparfaitement les propriétés vilrifiables ou réfractaires.
On ne peut pas non plus oublier les belles expériences de Darcet sur le diamant et les pierres précieuses, expériences dans lesquelles il démontra la combustion du diamant à un degré de chaleur inférieur même à celui qui est nécessaire pour fondre l'or pur ; son rapport sur le mesmérisme, ses mémoires sur les divers moyens d'extraire avec avantage le sel de soude du sel marin ; ses recherches sur la fabrication des savons; ses procédés pour la fabrication du verre bleu ; ceux destinés à retirer des os, par simple décoction, toute la partie nutritive et sébacée qu'ils contiennent ; sa découvei'te de l'alliage fusible à l'eau bouillante, dit alliage de Darcet, etc., etc.
Jean Darcet, qui avait épousé Julie-Françoise Rouelle, la fille du célèbre chimiste de ce nom, est mort à Paris, Hôtel des Monnaies, le 24 pluviôse an IX (12 février 1801), à l'âge de soixante-quinze ans et demi. Voici les titres de ses principales publications :
I. Ergo omnes humores corporis, tuin excrementi , tuin recrementi, ex fermentatione p7'oducunlur. Parisiis, 18 nov. 1762, in-S". — II. Deux mémoires sur l'action d'un feu égal, violent et continu pendant plusieurs jours ^ sur un grand nombre de terres, de pierres et chaux métalliques essayées pour la plupart telles qu'elles sortent de la terre. Paris, 1766 et 1771, in-S". — III. Mémoire sur le diamant et quelques autres pierres précieuses traitées au feu. Paris, 1771, iii-8°. — IV. Procès-verbal des expériences faites dans le laboratoire de Rouelle sur plusieurs diamants et pierres précieuses. Paris, 1782, in-8°. — V. Lettre sur l'anti-vénérien d'Agironi. Paris, 1772, in-8°. — VI. Discours en forme de dissertation sur l'état actuel des montagnes des Pyrénées, et sur les causes de leur dégradation; avec des expériences et observations de MM. Montot, Lemonnier, Darcet et Monge. Paris, 1776, in-8°. — VII. Histoire de la maladie de M. D' Héricourt. Paris, 1778, in-8°. — VIII. Rapport sur l'électricité dans les maladies nerveuses. Paris, 1783, in-S". — IX. Note sur la construction et remploi des silos dans le nord de la France, in-8', — X. Changements à faire dans les procédés actuels de saponification, in-S". A. G.
Darcet (Jean-Pierre Joseph) . Fils du précédent. Né à Paris, le 31 août 1777, il devint membre de l'Institut, inspecteur générai des essais de monnaies, membre du conseil général des fabriques et manufactures, du conseil de salubrité du département de la Seine, etc. Marchant sur les traces de son glorieux père, il s'occupa surtout de travaux chimiques ayant trait à l'industrie et aux manufactures. On lui doit la fondation ou la direction de plusieurs fabriques importantes, d'où, grâce à ses procédés, sortirent des produits plus parfaits et à meilleur marché. Ses premiers travaux portèrent sur la préparation en grand de l'hydrate de protoxyde de baryum, de la soude artificielle, des canons, des savons de tous genres, sur le perfectionnement du clichage. Il éclaiia une foule de questions incertaines avant lui : telles sont la composition des ciments des
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anciens, la trempe de leurs armes, la composition des cymbales, des tam-tam, la proportion de divers alliages. Il attacha son nom à d'autres améliorations, parmi lesquelles on doit citer : l'assainissement des ateliers de doreurs, celui des latrines, des laboratoires, des cuisines, des soufroirs, des salles de spectacles, etc. Ce savant, cet homme de bien, est mort le 2 août 1844. Il avait activement travaillé aux Annales d'hygiène publique, au Dictionnaire des arts et manufactures, au Dictionnaire de l'industrie manufacturière, aux Annales mensuelles de lindustrie, au Bulletin universel des sciences, aux Annales de ehimie, etc. Nous ne relevons ici que les titres des principales publications imprimées séparément ;
I. Mémoire sur l'art de dorer le bronze au moijen de V amalgame d'or et de mercure. Piiris, 1818, in-8°. — II. Description des appareils à fumigation. Paris, 1818, in-8°. — III. Mémoire sur les soufroirs. Paris, 1821, iii-8°. — IV. Description d'un fourneau de cuisine, construit de manière à pouvoir y préparer toute espèce d'aliments, sans être incommode' par la vapeur du charbon, par l'odeur désagréable qui se répand ordinairement dans les cuisines... Paris, 1822, in-8°. — V. Mémoire sur la construction des latrines imbliques, et sur l'assainissement des latrines et des fosses d'aisances. Paris, 1822, in-8°. — VI. Précis sur la mine de sel gemme de Vie... Paris, 1824, in-8°. — VII. Description d'une salle de bain, présentant V application des perfectionnements et des appareils accessoires convenables à ce genre de construction. Paris, 1827, in-4''. — VIII. L'incendie de la salle de spectacle. Paris, 1827, in-8°. — IX. Description d'une magnanerie salubre, Tt" cdit, Paris, 1838, in-4''. — X. Nouveaux documents relatifs à l'emploi alimentaire de la gélatine en 1840, in-S''. — Notice sur l'emploi continu et régulier de la gélatine, pendant onte années, dans le régime alimentaire de l'Iiôpital St-I.ou'.s. Paris, IBi-l, in-8°. — XII. Description des appareils de c/iauffage à employer pour élever convenablement la température du courant ventilateur dans les magnaneries salubres. Paris, 1841, iii-8°. — XllI. Latrines modèles construites sous un colombier, ventilées au moyen de la clialeur des pigeons, et servant à la préparation de l'engrais. Paris, 1843, in-8°. — XIV. Amélioration du régime alimentaire des hôpitaux, des pauvres, et des grandes réunions d'hommes vivant en commun. Paris, 1844, in-8°.
Ajoutons que M. Philippe Grouvelle a tenté de réunir dans une même publication presque tous les mcuioires de Darcet. Celte œuvre éminemment utile n'a pas été continuée. Le premier volume seul a paru sons ce titre :
Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières ; publiés dans le cours de trente années, 7-evus par l'auteur et mis en ordre par Philippe Grouvelle, t. I, in-4'' avec atlas de 27 pi., 1843. A. C.
DARDAlV/t. Suivant Dalécliamps, ce nom a été donné par Apulée à la Bardane. Ed- L-
D.vkdalX'a. (Giuseppe-Antonio). Né à Frassineto, près de la casale Monteferrato, dans la province d'Alexandrie, fut reçu docteur en 1760, et se fixa à Vercelli, où il exerça longtemps la médecine. Il devint directeur du grand hôpital et mourut dans cette ville eu 1796. 11 est l'auteur des ouvrages ci-après :
I. Lettera sulla cagionc fisica deisogni. Novare, 1763, in-8°. — II. Joseph. Ant. Darda na , phil. etmccl. doct. et mcdici nosocomiiVerceUensis in agaricum campestrem veneno in patria infamem acta ad amicissimwn et amantissimum Victorium Picum M. D. Aug. Taurin. Excudebat J. M. Briolus, 1788, in-B". — III. Osservazioni medico-pratica intorno alg/iiaccio usato internamente ed applicato esteruamente alla testa pier il corso di 120 are continue in una apnplessia crilica ail amicissimo D. V. Pico, medieo délia R. Corte, etc. In Giornale scientiflco liltcrario et délie arti. Turin, 1879, t. IV, part. III, p. 205. — IV. Supplemento alla memoria del medieo Dardana, intorno ail apoplessia critica. Ibid., t. IV, p. 557. — V. LetLera del sign. Dardana interno ad un nuovo lambicco chiamato separatore itirentato dal sion, Ma<-ano. Ibid., t. IV. p. 342. — VI. Memorii intorno alli mezzi de togliere ngli
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nppartementi il felore comumcato dai luoghi segreti, di migliorore la condizionc degli spedali riguardo la saiubrità deW aria , del modo di espurgar le cloaclie piii commodo, meno insaliibre, e nie no dispendioso ; cou un api)endice sulla conservazione delpollanie. Vercelli, 1790, iii-8°. A. D.
DARDAXIOI.'. Un des noms grecs de VAristolochia Cleniatitis L.
En. L.
D4RDA1VIS. Dioscoride {Maieria medica, IV, d79) désigne sous ce nom la Cuscute {Cîiscuta major C. Bauli.). Ed. L.
' DAitDEl\i\E. Botaniste et théologien français de la seconde moitié du dixhuitième siècle, s'est fait connaître par l'ouvrage suivant :
Traité des ranuncules . Paris, 1747, in-S". L. H^f.
nARDOA'ViLLE (Hippoi-vte). Médecin français, né à Gisors, département de l'Eure, vers 1780, vint étudier la médecine à Paris, où il suivit l'école pratique, et fut reçu interne en 1808. Il prit le grade de docteur en 1811 et se fixa dans la capitale, où il remplit pendant plusieurs années les fondions de médecin du bureau de bienfaisance du 111'' arrondissement. D'après Callisen, il fut médecin de l'hôpital Saint-Louis et de l'Hôtel-Dicu ; nous n'avons pu vérifier cette assertion et n'avons même pu voir aucun des ouvrages de Dardonville. Son nom ne se trouve plus dans les annualises médicaux de Paris à partir de 1850. On a de lui
I. Bissert. sur l'obésité. Th. de Paris, 1811, in-i", n" 22. — II. Notice sur la maladie de
Mad. Vve D"*. Paris, 1817, in-8°. — III. Réflexions pratiques sur le danger des systèmes
en médecine. Paris, 1818, in-8°. Trad. ital. par C. Speranza. Mantiia, 1821, gr. in-8°. —
IV. Mémoire sur les fièvres en opposition à la nouvelle doctrine médicale. Paris, 1821,
n-S". — V. Recherches pratiques sur laphthisie pulmonaire. Paris, 1825, iii-8°. L'annonce
de ce livre dans le Journ. gén. de méd., t. XCI, p. 427, est suivie des réllexions suivantes :
L'auteur vend son livre chez lui ; c'est une manière honnête de donner son adresse au
ublic. Mais, comme un homme du mérite de M. Dardonville est assez connu, urbi et orbi,
nous nous dispenserons de copier cette adresse. » — VI. Callisen cite encore de notre auteur
une Description des eaux minérales d' Aix-la-Chapelle, dont il n'indique que la traduction
anglaise. Aix-la-Chapelle et Leipzig, 1850, gr. in-12. L. Un.
DAREiviBERCi (Charles-Victor). L'étude de l'histoii^e des sciences médicales, qui compte, de nos jours, si peu d'adeptes, a trouvé dans ce médecin un nterprète eulliouslaste, habile, savant, et convaincu delà nécessité de regarder le passé, de voir les acquisitions faites par nos devanciers, ne serait-ce que pour juger de la valeur des données nouvelles de la science. Il a marché avec courage et persévérance dans cette voie, et, quoique enlevé prématurément à des études qui faisaient le charme de sa vie, il a laissé un nom qui ne périra pas. Né à Dijon, il fut d'abord interne dans l'hôpital de cette ville, puis il vint à Paris, et s'y fit recevoir docteur en 1841 ; le titre de sa thèse : Exposition des connaissances de Calvin stir Vanalomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux, indiquent assez les tendances du futur professeur de l'histoire de la médecine à l'école qui venait de le couronner des lauriers d'Apollon. Une paraît pas néanmoins s'être d'abord lancé dans la voie littéraire et historique, puisque nous le voyons, pendant plusieurs années, occuper les fonctions bien modes-tes de médecin d'un bureau de bienfaisance du faubourg Saint-Jacques, de tnédeciu inspecteur des écoles primaires du même quartier, et d'aide particulier, au Mu-