‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 17 sur 75 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

DÉBRIDEHEXT. Le mot débridement est un terme pittoresque qui porte avec lui sa propre définition.

Supposons un gonflement pathologique du tissu cellulaire, au-dessous de la peau ou au-dessous d'une aponévrose ; ce tissu cellulaire, par le fait de son développement anormal, tend à occuper un espace plus grand que celui qui lui a été anatomiquement assigné, il fait effort contre la peau ou l'aponévrose, mais il ne parvient pas à les rompre ; celles-ci s'opposent à son extension, elles le brident. Eh bien ! faire une incision à la peau ou à l'aponévrose, de façon à donner une issue au tissu cellulaire qui se presse contre elle, c'est faire un débridement. Voilà un exemple. En voici un autre : des viscères quelconques,

118 1)KBridi<:ment.

une portion de tissu, ont passé à travers une ouverture naturelle ou accidentelle, ils ont fait hernie, c'est le mot propre, à travers cette ouverture; mais alors ils sont serrés par ses bords; ceux-ci les élreignent, les compriment, et ne permettent plus aux parties ainsi herniées de se retirer, de revenir à leur première place. Ces tissus sont alors ce qu'on appelle étranglés. Pour les délivrer de l'étreinte qui les presse et les retient, il faut élargir l'ouverture à travers laquelle ils ont pénétré, et dont les bords les brident étroitement. Pour cela on incise ces bords dans une plus ou moins grande étendue, sur un ou plusieurs pomts, de façon à agrandir cette ouverture devenue trop étroite. L'opération faite amsi est ce qu'on nomme un débridement. Je pourrais multiplier les exemples de pareils faits.

Le rapide exposé que nous venons de faire suffit, je crois, pour donner une idée exacte de ce que l'on entend par ces mots : pratiquer un débridement.

Dans ce court article, nous nous occuperons du débridement en général, pratiqué sur la peau ou au sein des tissus, mais nous ne parlerons pas de l'opération du débridement appliquée aux hernies abdominales [voy. Kélotomie et JIerme).

. Le dictionnaire de Nysteu accorde au mot débridement une acception qui nous semble un peu trop étendue. Il dit, sans doute, qu'on donne ce nom à l'action de couper un tissu membraneux ou aponévrotique qui comprime ou étrangle les parties sous-Jacentes ; qu'on le donne aussi à l'opération qui consiste à agrandir l'ouverture qui étreint le collet des hernies. Mais il dit de plus que le débridement est une opération qui consiste à enlever les brides ou filaments dont la présence dans une plaie mettrait obstacle à la libre sortie du pus. 11 nous semble qu'appliquer à ces dernières manœuvres le mot débridement, c'est lui faire perdre de sa précision et de son exacte intelligence. Nous ne traiterons donc pas la question du débridement à ce point de vue particulier du traitement des plaies et des abcès.

Nous allons indiquer sommairement les principales indications du débridement, puis nous dirons quelques mots des procédés opératoires applicables à cette manœuvre chirurgicale.

On peut dire d'une façon générale que le débridement doit èli'e pratiqué dans tous les cas où des tissus subissent une compression exagérée. Un des principaux faits de la physiologie pathologique, assez important pour qu'on puisse lui donner le nom de loi, c'est que les tissus animaux ne peuvent pas supporler la compression, et qu'ils se révoltent, pour ainsi dire, contre elle. Dans un autre travail, plus important que celui-ci, nous avons beaucoup insisté sur ce fait, et nous avons cherché à lui donner une formule saisissante en disant : le corps humain ne peut pas plus supporter la compression que l'esprit ne peut supporter 1 oppression.

Prenons pour exemple une maladie assez commune, le phlegmon, et, pour préciser, le phlegmon de la jambe à la suite d'une écorchure au pied. Le tissu cellulaire enflammé augmente de volume, il fait un effort contre la peau qui l'emprisonne; celle-ci est rouge, tendue, et tout le membre est le siège d'un certain gonflement. J'ajoute que le malade souffre cruellement. La meilleure pratique à suivre, en pareil cas, est de faire sur la peau plusieurs longues incisions longitudinales. Ces incisjons, dont l'effet thérapeutique est excellent, sont des débridements de la peau. La plupart des phlegmons, avant même la formation du pus, présentent au chirurgien une formelle indication de débridement.

DÉBRIDEMENT. M»

De même l'inflammation, la turgescence du tissu cellulaire profond, est une indication de débridcment par incision <les aponévroses.

Le panaris est, peut-être, de toutes les affections chirurgicales coranmnes, celle qui présente l'indication la plus précise du débridemont. On sait que, lorsque le panaris est profond, l'incision libératrice doit être profonde aussi, doit aller jusqu'à l'os.

Une autre affection, toujours grave, et pas très-rare, l'anthrax, ne peut être traitée utilement que par le débridement. Velpeau conseillait de pratiquer sur les anthrax une large incision cruciale, à ciel ouvert. D'autres, Bonnet et Valette en particulier, faisaient cette même incision avec un cautère cutellaire, disant que l'emploi du 1er rouge, en pareil cas, mettait à l'abri de l'érjsipèle. J, Guérin a proposé de traiter les anthrax par des débridements sous-cutanés

{vOy. A.NTHRAX).

Il est souvent utile de pratiquer un débridement sur les gencives, dans certains cas de périostite alvéolo-dentaire, dans les cas aussi oiî les dernières molaires, celles qu'on appelle les dents de sagesse, poussent contre la muqueuse, trop résistante pour leur livrer passnge.

C'est encore un débridement que l'incision du périoste, dans quelques cas de périostite ou d'ostéo-périostite, et que l'application d'une couronne de trépan sur un os atteint d'ostéo-myélite.

L'opportunité de pratiquer le débridement se présente surtout Iors(iue la membrane d'enveloppe des tissus turgescents est dure, résistante, peu élastique.

Les tissus fibreux offrent les conditions que nous venons de dire. Aussi le débridement de la tunique albuginée est fort utile dans les orcliites parenchymateuses. Certaines opérations pratiquées sur les yeux, la ponction de la cornée, l'iridectomie dans les glaucomes, sont encore des débridements assez souvent indiqués.

Dans toutes ces circonstances, un débridement largement pratiqué provoque une amélioration admirable de l'état pathologique, et procure aux patients un soulagement immédiat et durable.

Je ne puis citer ici tous les cas dans lesquels la pratique du débridement est imposée; ce serait faire œuvre inutile comme une répétition, les indications du débridement étant posées à propos de chacune des lésions qui le réclament, et fastidieuse comme une nomenclature, car je ne devrais que les énumérer sans développements, leur étude étant faite ailleurs.

Je dirai pourtant un mot de ce qu'on appelle le débridement préventif, dans les cas de blessures par armes à feu.

Nos premiers maîtres en chirurgie d'armée avaient donné le précepte absolu de la pratique du débridement préventif dans toutes les blessures par coups de feu. Ils se proposaient, disaient-ils, par ce moyen, de convertir en plaie simple une plaie confuse, à bords déchiquetés. La raison qu'ils invoquaient ainsi n'était pas très-bonne, mais leur pratique n'était certes pas très-mauvaise. Que se passe-t-il dans une plaie faite par une balle? Je parle ici de plaie simple des parties molles, sans fracture des os, sans déchirure immédiate des gros vaisseaux, et voici pourquoi : c'est que, lorsque les os sont brisés ou les vaisseaux ouverts, la nécessité de l'exploration complète, l'enlèvement des esquilles, la ligature des artères sectionnées, obligent à agrandir la plaie par des incisions suffisantes, lesquelles, quoique n'étant pas faites dans le but du débridement, ne le pratiquent pas moins. Je parle donc seulement des blessures simples, dans lesquelles

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aucune incision n'est immédiatement commandée par l'état des parties ou la nécessité des recherches., le reprends l'histoire de ces blessures. Une balle pénètre dans les chairs de la cuisse, s'y enfonce à une profondeur de 4 centimètres, je suppose; qu'a-t-elle fait? D'abord elle a diiacéré la peau, les aponévroses et les muscles jusqu'au point où elle s'est arrêtée; mais de plus elle a contusionné, sans les déchirer, les parties molles situées au-dessous de son point d'arrêt, de même qu'une halle, qui ne traverse cependant pas la peau, produit une contusion du tissu cellulaire et des muscles situés au-dessous d'elle.

Une pareille plaie par coup de feu n'est pas comparable à celles faites par des instruments tranchants. Dans celles-ci le mal ne dépasse généralement pas les limites de pénétration de l'arme qui a fait la blessure, tandis que dans la plaie par projectile, au delà des limites de la blessure proprement dite, se trouvent des tissus qui, pour n'avoir pas été ouverts et traversés, n'en sont pas moins contus.

Ce n'est pas tout. Le trajet d'une balle est habituellement sinueux, plus ou moins irrégulier; le projectile traverse des tissus de résistance et d'élasticité inégales, qui ont été ouverts par éclatement et non par une division complète nettement opérée; il en résulte qu'ils reviennent inégalement sur eux-mêmes, et que telles parties peuvent former bouchon dans ce trajet, tandis que d'autres restent ouvertes en forme de canal tubulaire. 11 peut donc arriver que du pus et autres produits d'inflammation, se formant dans les parties profondes, ne trouvent pas d'issue à l'extérieur, arrêtés par l'obstacle que présentent les tissus revenus sur eux-mêmes.

Tout cela étant bien compris, les conditions d'une blessure par coup de feu étant ainsi exposées, on voit tout de suite quels avantages on peut retirer en pareils cas d'un débridement largement pratiqué. Que l'inflammation s'empare des tissus profonds, non entamés, mais contus, ils pourront se développer sans être comprimés, et la liljerlé que le débridement leur aura donnée sera le meilleur calmant de leur inflammation, qui pourra s'éteindre avant d'aboutir à la suppuration. Que si du pus se forme, il trouvera toutes facilités pour son écoulement au dehors. 11 en sera de même pour les parties directement atteintes par le projectile. Leur gonflement possible ne sera pas arbitrairement maintenu par des barrières inextensibles, et les liquides épanchés dans leur sein, sérosité, sang, pus, ainsi que les détritus organiques, résultats du passage d'un corps vulnérant, seront facilement entraînés à l'extérieur.

Voilà, esquissée rapidement, l'histoire du débridement préventif et de ses avantages. Il a ses adversaires, qui ont dit qu'il était inutile et dangereux. Dangereux, il ne l'est pas, fait avec les précautions voulues, guidé par les connaissances anatomiques du chirurgien. Inutile, il peut l'être. Mais il est fort difficile, en présence d'une blessure, de dire s'il ne surviendra dans la plaie qu'on explore aucun accident dû à la compression des tissus ou à la rétention du pus.

Ces accidents sont certainement toujours à redouter, et l'on peut être sûr qu'ils se produiront dans la plupart des cas.

La question du débridement préventif dans les blessures par coups de feu a été très-clairement exposée et magistralement discutée par M. Legouest, dans son Traité de chirurgie d'armée. Je me rallie à l'opinion de cet éminent praticien, estimant que le principe du débridement préventif, pas plus, du reste, que la plupart des préceptes de la pratique, ne doit s'imposer avec une rigidité

DÉCANTATION. 121

absolue, mais qu'il convient le plus souvent d'y obéir, plutôt que de le repousser systématiquement.

Je serai bref sur la question du manuel opératoire.

Les débridements sont pratiqués par des incisions faites presque toujours avec le bistouri, en suivant toutes les règles imposées par la prudence, ;ifin de ne blesser aucun organe important, vaisseau, nerf ou viscère. L'incision doit être suffisamment longue et profonde pour libérer complètement le tissu comprimé. Dans la pratique du débridement préventif en particulier, il faut que tous les tissus soient coupés de la peau au fond de la plaie. Ce n'est qu'à cotte condition que ce débridement peut donner les bons résultats qu'on lui demande. 11 conviendra en pareil cas, comme pour beaucoup de débridements profonds, d'introduire d'abord un doigt dans la plaie ouverte, et d'inciser de dedans en dehors, en appuyant sur le doigt conducteur le dos du bistouri.

Je n'ai pas besoin de dire que suivant les cas, la nature et la disposition des parties sur lesquelles on opère, on devra conduire le bistouri à main levée, ou le guider sur la sonde cannelée, inciser d'un seul coup, ou diviser les tissus couche par couche.

Le débridement peut aussi se faire au moyen d'incisions multiples. Vidal (de Cassis) les conseillait souvent. Ainsi, étant donné une aponévrose qu'il s'agit d'inciser pour un débridement, on la divisera d'abord, je suppose, par une incision longitudinale de 5 centimètres, puis, voyant que cette incision ne suffit pas à la libération complète des parties sous-jacentes, au lieu de la prolonger on pourra faire sur ses bords de petites incisions perpendiculaires à la première.

Dans cectains cas les débridements se font par de simples ponctions : ainsi, celui pratiqué sur la tunique albuginée dans le traitement des orchites, celui pratiqué aussi sur la cornée transparente pour les accumulations de liquide dans la chambre antérieui-e de l'œil.

J'ai dit que quelques chirurgiens avaient employé le fer rouge pour faire certains débridements, tels que ceux des anthrax. Bonnet, qu'il faut toujours citer quand il s'agit de l'emploi de la cautérisation en chiruigie, a débridé également au fer rouge des phlegmons de la marge de l'anus. Pour ceux qui voudraient suivre son exemple, le cautère Paquelin serait d'un emploi plus commode que le gros fer cutellaire dont se servait Bonnet.

C'est avec le ténotome qu'il conviendrait de pratiquer les débridements souscutanés conseillés par J. Guérin. Servier.

DECADIA. Les publications du P. Loureiro ont rendu célèbre, sous le nom de Decadia albuminosa, un arbre de la Cochinchine et des Moluques, qui passe pour astringent et dont l'écorce est employée à teindre les toiles en rouge, de même que l'écorce. C'est, dit-on, YArbor albuminosa de Rumphius {Herbar. amboin., V, t. 100) et le Bobu de Hermann {Thés, zeylan., 26), c'està-dire : Arbor hohn dicta, « cujus folia tinctoribus inserviunt (Petiv., Mus., 89) », jadis rapporté aux Rosacées et dont M. de GandoUe [Prodr., Vlll, 246) fait un Symplocos. Mais cette opinion n'est pas adoptée par des auteurs plus récents (B. H., Gen.,ll, 668). H. Bs.

BiBLioGBAj-HiE. — Loureiro, FI. cochinchin. (éd. 1790), 315. — Mér. et de L., Bid. Mat. méd., II, 605. jj gj,

DÉCANTATION. Opération par laquelle on sépare un liquide d'un autre

122 DECANTATION.

liquide plus dense ou d'un précipité, après qu'un repos plus ou moins prolongé a permis aux parties lourdes de gagner le fond du vase et que la liqueur à extraire est bien éclaircie. Il suffît souvent d'incliner le vase doucement et d'en faire écouler peu à peu la liqueur ; mais, quand il s'agit de petites quantités, ou que la différence de densité entre la couche supérieure et la couche inférieure est assez faible pour permettre leur mélange au moindre mouvement, on a recours à des procédés qui permetti'nt de laisser le vase immobile.

On se sert habituellement d'un siphon, c'est-à-dire d'un tube recourbé dont une branche est plus longue que l'autre ; la petite branche plonge dans le liquide. On aspire avec la bouche par la longue branche ; le liquide monte d'abord jusqu'au coude de l'inslrument, puis le dépasse, et à partir de ce moment il descend et s'écoule de lui-même jusqu'à ce que son niveau dans le vase soit descendu au niveau de l'extrémité inférieure de la petite branche. On a soin, du reste, de faire descendre celle-ci jusqu'à la couche inférieure du liquide à extraire.

Celui-ci peut être de telle nature qu'il y ait de l'inconvénient à en introduire dans la bouche pendant l'aspinition. Dans ce cas, on se sert d'un siphon particulier, dont la disposition générale est la même que pour le précédent, mais dont la longue branche est, près de son extrémité, en communication avec un tube étroit qui remonte le long de cette branche jusque près de son coude et se termine par une légère courbure. C'est par ce bec que se foit l'aspiration. Il est manifeste qu'une aspiration pratiquée sans préliminaire par le tube montant n'aurait d'autre effet que d'attirer l'air extérieur dans la longue branche du siphon et point du tout le liquide du vase : il faut donc amorcer le siphon, et pour cela il suffit de fermer avec le doigt l'extrémité de la longue branche pendant l'aspiration, jusqu'à ce que le liquide attiré cette fois dans l'instrument soit descendu jusque près de cet orifice.

On peut d'ailleurs se dispenser, par une décantation, de toute aspiration par la bouche ; c'est ce qu'on fait surtout quand le liquide est dangereux par lui-même ou par les vapeurs qu'il dégage. On se sert alors du siphon ordinaire, mais préalablement rempli d'un liquide, soit semblable à celui qu'il s'agit do décanter, soit de nature à s'y mêler sans inconvénient, et retenu dans les deux branches par deux doigts appliqués sur les orifices. On plonge la petite branche dans le liquide et on retire le doigt correspondant ; puis on retire le doigt qui fermait l'autre branche : le liquide s'écoule par celle-ci et continue à couler exactement comme après une aspiration.

Pour extraire des liquides de vases à petite embouchure, on emploie le siphon de Bunten, différent seulement du siphon ordinaire en ce qu'il porte une boule de verre à l'extrémité supérieure de la longue branche, près du coude de l'instrument. On emplit de liquide et la boule et la branche, en ayant soin de fermer l'orifice inférieur avec le doigt ; on immerge la petite branche, on retire le doigt, et le liquide s'écoule, amenant avec lui la liqueur du vase, attirée par le vide qui vient de s'opérer dans la petite branche.

Quelquefois la quantité de liqueur à décanter est trop petite pour permettre l'emploi des siphons. On a recours alors à la pipette, tube ordinairement recourbé, avec renflement en forme de boule sur un point de sa hauteur. L'extrémité inférieure du tube, qui est effilée, étant immergée, on aspire par l'autre extrémité; la liqueur monte dans le tube et se ramasse dans la boule. Avant de retirer l'instrument, on enferme avec le doigt l'extrémité inférieure et on le

DECAPAGE. . 125

transporte au-dessus du vase où la liqueur doit être recueillie> et l'ou ôte le doigt. On peut encore se servir d'une mèche de coton ou mieux d'une bande de papier buvard qu'on dispose à la manière d'un siphon, c'est-à-dire une des extrémités plongeant dans la liqueur, l'autre pendant au dehors. La liqueur monte par capillarité et s'écoule dans les vases qu'on a disposés à cet effet.

Bloch a imaginé un siphon fonctionnant d'une manière intermittente et destiné à rendre continue la filtration d'une liqueur. D.

DÉCAPAGE (HïGiÈiNE lndustrielle). On donne le nom de décapage k une opération industrielle qui a pour but le nettoyage ou ravivage d'une pièce de métal le plus souvent destinée à être brunie, dorée, argentée ou étamée. Le décapage, confondu à tort avec le dérochage, atteint toujours le métal lui-même dont une légère couche de la surface est plus ou moins détruite. Le dérochage a une signification plus restreinte; il précède le décapage et doit s'entendre de l'opération qui consiste à enlever les corps gras et les oxydes à la surface du métal, sans l'entamer lui-même.

Pour dérocher une pièce de métal, on commence par lui faire subir un recuit afin de briller les matières grasses dont elle est recouverte ; après quoi on achève la destruction de ces matières en plongeant le métal dans un bain d'acide sulfuriqueou d'acide nitrique étendu de dix fois son volume d'eau. On laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long, et on finit en brossant et en rinçant dans l'eau. Quand la nature de la pièce rend impossible le recuit préalable, on fait usage d'une lessive alcaline pour la dégraisser, mais pour enlever la légère couche d'oxyde qui la recouvre on se sert généralement du bain acidulé.

Vient ensuite le décapage. Celui-ci peut s'opérer par des moyens mécaniques qui consistent à frotter les pièces de métal, sous un filet d'eau, avec de la pierre ponce finement pulvérisée et une brosse appropriée. Ce procédé est fort usité chez les fabricants d'orfèvrerie galvano-plastique pour l'argent, le fer, le maillechort et le zinc. Il est désigné sous le nom de ponçage. Dans d"auti*es industries, on remplace la pierre ponce par de l'émeri, du sable, du rouge d'Angleterre, de la craie et toute autre substance dure, pulvérisée plus ou moins finement.

Le décapage proprement dit ou décapage chimique est basé sur l'emploi des acides concentrés. C'est, si l'on veut, un dérochage énergique qui attaque le métal.

Pour le cuivre ou les alliages cuivreux, c'est l'acide azotique que l'on emploie. Le métal est successivement plongé dans un bain d'acide azotique qui détruit lentement toute substance étrangère adhérente à sa surface, puis dans un bain dit de blanchiment, qui est un mélange de dix parties d'acide nitrique et d'acide sulfurique, pour une partie d'acide chlorhydrique. Ce dernier acide est souvent remplacé par une partie de sel marin que l'on projette par pincées dans le bain à déca[ter. Le décapage du cuivre est l'opération que nous devons avoir surtout en vue dans celte étude hygiénique. 11 est excessivement dangereux par l'abondance des vapeurs nitreuses qui s'échappent des bains et des pièces décapées, et qui agissent à la fois sur la santé des ouvriers et sur la salubrité du voisinage.

Pour le décapage du fer, on fait usage d'un bain d'acide sulfurique qui enlève la rouille et la couche superficielle du métal, de façon à en permettre l'étamage. Il se dégage, pendant cotte opération, une assez grande quantité de gaz hydrogène et de buées légèrement acides, mais qui sont loin de présenter les inconvénients

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