L. ll.v
BEIDIER (Antoine). Médecin français, mort à Marseille, le 50 avril 1746. Fils d'un chirurgien de Montpellier, il lut reçu docteur ù l'Université de cette ville en 1696, puis, en 1691, oblhit au concours la chaire de chimie. Mais il ne l'occupa que 1 année suivante, et en 1720 fut choisi pour aller porter des secours à Mars( ille durant la terrible peste qui y régnait. Les services qu'il rendit en celle circonstance lui valurent le cordon de Saint-Mithcl, le tilrc de médecin du roi et son admission dans la Société royale de Londres. Eu 1752, il quitta la chaire de chimie qu'il occupait avec honneur depuis trente-cinq ans, pour venir exercer à Marseille les fonctions de médecin des galères.
Comme praticien, Deidier a joui d'une gr;ini!c réputation; il était le gendre du célèbre analomiste Yieussens. Malgré les idées bizarres qu'il a émises sur la maliulie vénérienne et sur quelques aulies sujets, on ne peut nier que les ouvrages de Deidier renferment beaucoup de bonnes choses; Aslruc a piut-ctre été un peu trop sévère pour lui en disant : « Ce professeur avait de l'esprit, du savoir ; mais pour ne rien dissimuler, il paraît qu'il courait après la nouveauté beaucoup plus qu'après la vérité ». Ses expériences sur la bile cl, les cadavres des pestilérés, et sur la transmission de la peste à des chiens avec de la bile injectée dans leurs veines méritent d'être citées.
Yoici les titres des ouvrages de Deidier:
I. Qiiœstin nicdica de motu mvsruhri IUon.=pclii. 16(19, in-4''; réimprimé dans la Col- JeclioiJ annlnmiquede llallcr. — II. Diss. acnd. de humorîbiis. Mons[)elii, 1708, in-8°. — 111. rhyssiolofiin tribus dixscrtaliuiilus coniitrelinisn. Mon.«pelii, 1708, in-S". — IV. Diss. dejiwrbisiiilervisrajilisel Ihoracis.llow^K'W], 1710. in-S"; ibid., 1723. in-S". — \.Diss. de tu/1101 ibiis; Monspdii, 1711, in-8° ; ibid., 1714, in-8°. Trad. franc, par Devaux, Paris, 17S5, in-lS"; il id.. 175-', in-S" : ibid., 17."i8, in-lJ. — M. Explic. mnteriale sensalionum. Moiiffelii, 1715, in-8". — Vil. C/ii'uie raisonnc'e, oii l'on lûclie de découvrir la nature et la manière d'agir des remèdes chimiejues les jdus en jisoge en médecine et en chirurgie. Lyon, 1715, iii-li. — VIII. Instiludones medicinœ Iheoredcd' physiologiam et jmlhologiam
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complecte>ites.ilonspc]h,illi), in-12. Parisiis, 1751, in-12. ^'eap., ■1748, iii-8". Ed français. Paris, 1735, in-12. — W. Ergo non danlur spiritus animales. )Ioiispelii, 1718, in-*". — X. Temperamenta inlegrantibus corporis humaiii partibus unice debentur. Monspelii, 1726, in-4°. — XI. Lettre sur la maladie de Marseille. Montpellier, I721,in-4'>. — XII. Expériences sur la bile et les cadavres des pestiférés. In Journ. des savants, 1722, et Philosophical Transactions, N" 370. — XIII. Expériences sur la bile et les cadavres des pestiférés, faites par Ant. Deidier, accompagnées des lettres de M. Montresse et de J.-J. Scheuchzer. Zurich, 1722, in-8°. — XIV. Diss. qua peculiaris de contagio p^stilenti opinio adstruitw\ etc. Disc. pron. le 22 oct. 1725. (Ces divers opuscules sur la peste sont réunis dans le tome III des Consultations indiquées plus bas). — XV. Ergo rabiei caninœ balneum. Monspelii, 1722, in-4"'. — XVI. Z)/ss. (/e niortis venereis, accedit diss. de tumoribus. Monspelii, 1723, in-S". Londres, 1724, in-8°. Traduct. franc, par J. De\aux. Paris, 1735, in-12; 1750, in-12. — XVII. Diss. de arthritide, an arthritide curandce quœrendum lithontripticum, Monspelii, 1724, in-8°. — XYIII. Abrégé complet d'ostéologie. Avignon, 1737, in-12; ibid., 1759, in-12. — XIX. Matière médicale, oîi l'on traite des médicaments simples, ensuite des médicaments composés artificiels. Paris, 1738, in-12. — XX, Anatomie raisonnée du corps humain, où l'on trouve la manière de disséquer, et où Von explique les fonctions de i économie animale. Paris, 1742, in-8°. — XXI. Consultations et observations médicinales. Paris, 1754, 3 vol. in-12. L. Us.
Deidier (FRÉDÉnic). Né à Montpellier en 1825, élève brillant de l'École de cette ville, chirurgien chef-interne à l'Hôtel-Dieu Saint-Éloy, se distingua particulièrement lors des épidémies cholériques de 1849 et de 1854. 11 fut un démonstrateur d'anatomie extrêmement habile et promettait de devenir un clinicien de premier ordre. « Le service de l'hôpital, dit Dunal, l'enseignement, les exigences de lapratique ne l'empêchent point de s'occuper des travaux scientifiques. Il cousigne dans les journaux le résultat de ses observations, compose plusieurs mémoires inédits et travaille à l'achèvement de sa thèse inaugurale Sur le diagnostic des tumeurs de la fosse iliaque. Un Mémoire sur les fistules ve'sico-vaginales lui avait déjà valu le titre honorable de membre de la Société de médecine et de chirurgie pratique de Montpellier... » Deidier fut un collaborateur actif, particulièrement de la Revue thérapeutique du Midi. 11 mourut à Montpellier prématurément le 23 février 1855. L. Hn.
DEI]IIAI\I (JoANNES Rodolf). Médeciu et chimiste hollandais, né à La Haye, le 29 août 1743. Orphelin de bonne heure, il fut élevé par ses deux frères, l'un célèbre prédicateur, l'autre pharmacien habile, qui l'envoyèrent étudier la médecine à l'université de Halle et il fut reçu docteur en 1770. 11 se rendit à Amsterdam et y exerça la médecine pendant trente-huit ans. Il devint l'un des membres fondateurs de la Société des chimistes hollandais et l'un de ses plus laborieux coopérateurs. II propagea la vaccine avec un grand zèle, devint successivement médecin en chef du Grand-Hôpital, président du collège de médecine, etc. Deiman, à qui l'on doit la découverte du gaz oléfiant, avec lequel il obtint le bichlorure d'étbylène, produit connu sous le nom d'huile des quatre Hollandais, avait été chargé avec ses collègues les professeurs Brugmanns, Driessen et Yrolik, de la rédaction du Codex ou Pharmacopée hollandaise. Il a écrit aussi divers mémoires sur l'usage et l'abus des cantharides dans la fièvre putride maligne, les avantages du quinquina dans les fièvres rémittentes, les bons effets de l'électricité dans les maladies, travail fort loué par Sprengel, etc. Il a étudié également l'iniluence des climats et a rendu justice à Lavoisier. Deiman, qui avait été nommé premier médecin du roi de Hollande , Louis-Napoléon, était membre des principales sociétés savantes de l'Europe; il est mort à Amsterdam, le 15 janvier 1808. Voici la liste de ses travaux :
I. Geneeskundige prœven en beschouwingen over de gunstige werking der electricitet in
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verschillende ongesleldheden. Amsterdam, 1779. in-g". — II. Verhandeling om het nut van den grœi dcr bomen in der planlen tôt Zuivering van de lucht. Amsterdam, 1780, in-8». — III. Over het nul en nadel der Kina. Amsterdam, 1785, in-8°. — IV. Beschrijving van en electriseer- machine en van prœfnemingen met hetzelve. Amsterdam, 1790, in-S". — V. Over den steen en metaalregen. Amsterdam, 180i, in-8°. — VI. De geest en slœkking der christelyke injsbegeerte gedachte bij het graf van liant, Amsterdam, 1805, in-S". A. D.
DEIXOPE. Voy. Araignée.
DEISCH (Johana'-Andreas). Médecin et accoucheur allemand, né à Augsbourg en 1713, mort dans cette ville vers 1780. Il étudia la médecine à Strasbourg, notamment sous Fried, l'ancien professeur d'accouchements, et fut reçu docteur en 1741, puis de retour dans sa patrie, devint membre du Collège des médecins, médecin pensionné de la ville, examinateur des chirurgiens, et pratiqua surtout l'art des accouchements.
Les travaux publiés par Deisch présentent de l'importance à ce point de vue seulement qu'ils permettent de se faire une idée de l'état déplorable de l'art des accouchements dans la plus grande partie de l'Allemagne à cette époque. Osiander et après lui E. de Siebold jugent très-sévèrement notre auteur. « Deisch, dit Dezeimeris, se fit remarquer entre tous par l'horrible cruauté de sa pratique et par ses efforts pour mettre en honneur l'emploi des crochets tranchants et aigus, du perce-crâne, du couteau à démembrement. Dans la dissertation qu'il écrivit en 1741 sur l'utilité des instruments dans l'accouchement, il a surtout en vue le perce-membranes de Fried, le perce-crâne , la cuiller à vider le cerveau, les tenailles incisives, les ciseaux. Sa pratique prouva bientôt que tout son art consistait dans le grossier emploi de ces divers instruments. Il fit la perforation du crâne sur son propre enfant, qui très-probablement vivait encore; plus d'une fois il arracha avec le crochet aigu des enfants qui expirèrent sous ses yeux, au milieu des cris et des convulsions. Gliez quatre femmes, ses manœuvres déterminèrent la chute du rectum ; à la vérité, il n'en fit point faire lu résection par une sage-femrae, comme il est arrivé (dit Osiander) à un accoucheur de notre temps, mais après en avoir fait la réduction avec violence il aoandonna ces malheureuses à leur sort. Le décollement, la perforation du crâne, la mutilation, le morcellement du foetus, étaient sans cesse à l'ordre du jour. Sur 59 cas de sa pratique, qu'il rapporte, il employa 29 fois le couteau et le crochet; les 29 enfants et 10 mères périrent dans cette boucherie; et quant aux 59 accouchements en général, 20 mères et 41 enfants y perdirent la vie. Deisch finit par être surnommé à Âugsbourg Vaccoucheiiv au couteau et au crochet, et son livre fut le Manuel du boucher. Les plaintes du public suscitèrent plusieurs fois contre lui les poursuites du magistrat ; la Faculté de Helmstâdt déclara qu'il n'était point innocent de toute faute d'omission ou de commission, et il finit par être interdit de pratiquer ces graves opérations, qu'il semblait affectionner, sans l'assistance et le consentement d'un autre médecin », Voici les litres des ouvrages de Deisch
'^ I. Diss.denecessaria in pavtuprteternalurali instruinentorum applicatione. Argentornli, 1741, in-4». —II. Kurze iind in der Erfahrmg gegrundete Abhandlung dass weder die Wendung noch oiglinche Zang<i in allen Gebarlifâllen von Millier und Kinder sicher gebrauchet noch dadurch die scharfen [nstrumente gân'Jich vermieden werden kônnen. Au"sburg, 1754, in-8°. — III. Diss. de usa cultrorum algue uncinorum scindentium exiniiuin. partu prœternaturali nec versione fœtus, nec applicalione forcipis unglicanœ velLevrcIi terminando, seclioninque cœsareœ, matre adkuc vivenfe, insliluendce securitate, atque utiiî-
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taie. Schwabach. 1759, in-4. — IV. Un mémoire sur l'incertitude des signes de la concejttion dans les Ephemcrid. Nat. Curios. — V. Traduction allemande du Traité d avatomie de Verdier. Augsbourg, 1744, in-8°. L. II.n.
DEITERS (Otto-Friedricii-Carl). Jeune médecin allemand du plus bel avenir, enlevé prématurément à la science, succomba au Ivphus à Bonn, le 5 décembre 1 865, ;'i l'àge de vingt-neuf ans. Il était ne à lionn le 1 5 novembre 1 834. Il fit ses liumanités au gymnase de sa ville natale, puis étudia la médecine à l'Université sous Albcrs, Budge, Buscb, Ilelmliollz, Kilian, Naumann, etc., et prit le grade de docteur en 1856. Il subit avec succès, de 1856 à 1857, les épreuves du Staats-Examen, puis servit pendant un an comme médecin au 2« régiment de la garde à Berlin, et profita de son séjour dans celte capitale pour suivre les leçons d'analomic pathologique de Yircbow. En octobre 1858, il entra à l'iiôpital de Bonn en qualité à'assistent, se fit vers la même époque agréer privat-docent à l'Université et se distingua surtout par d'excellentes leçons sur l'anatomie microscopique des centres nerveux, la pathologie générale, la percussion, l'auscultation, etc. Nous citerons de Deiters :
I. Diss. innug. de incremerrto tnusculorum. Bonnœ. 185C. — II. Uebcr den heuligen Stand der Le lire von dcr Zelle. In Deutsche Klinik, 1849, N° 18. — III. Merkwùrdiye ScharlachfâHe, hrohnchlfl in der Klinik des Hcrru î<aumann. Ibid. 1859, K"' 12, 51, 5'2 et 54. — IV. l'eber eivcn Fait von Leuhâniie. Jhid. 1801, ^'" 15, 18, 19 et 22. — Y. ViUcrsuchungen iiber die Sdmeikc dcr Vôgcl. In Reichcrl's u. {'Atb.-Rcynwnd's Archiv f. Anat., l.'-GO, p. 409. — VI. Deilriigc ztir Keimluiss der Lamina spiralis mcmbranacea der Schnecke. In Zeilschr. f. wiss. Zoofogie, Bd. X, p. 1. — Vit. Vntersuchungcn ûber die Lamina spiralis vicmbranacea ; cin beilrng ivr Erkenntniss des ihncrn Cehôrorgaties. Bonn, 18C0, in-8°, 8 pi. — VIII. Ueilioge zi/r Histologie der quergeslreiflen Itluskelti. \n Eeickert' s u. Diib.-Reymond's Archiv, IJ^GI , p . 513. — IX. L'eber das tunere Gehôrorgan der Ampidbien. Ibid. 1802, p. 202.