DAUBENTON
1871. — Dictionn. de Larousse, art. Datubine. 1870. — Laurent. Tlièse de Paris. 1870, n° 155.— Amagat. J. de IhéiaijeuUque. 1X75, t. II. — Pebcepied (Élie). Thèse de Paris, sur les Mydrialiques. — Fano. Journal d'oculislique et de chirurgie. 1876-77, t. II. Annuaire de Bouchardat. 1878. E. L.
DlLlBEVrox (Louis-Jean -Marie), Membre de l'Académie des sciences, garde et démonstrateur du cabinet, et professeur de minéralogie au musée d'histoire naturelle, cet homme célèbre à plus d'un litre naquit le 29 mai 1716, à Monibard, dans le département de la Côte-d'Or, c'est-à-dire dans la ville même qui s'enorgueillit de compter Buffon parmi ses enfants. Son père, qui le destinait à l'élut ecclésiastique, l'envoya à Paris pour y faire, en théologie, des études plus approfondies que ne peuvent l'être celles des séminaires de province; le jeune homme, un moment détourné de sa voie, profita de son st^our dans la capitale pour acquérir d'autres connaissances, surtout en histoire naturelle et en analoinie. C'est en vain (|ue les familles se débattent contre les aspirations natives des enfants; le proverbe : « Chassez le naturel, il revientau galop, » sera éternellement vrai. Daubenton devait être un investigateur de la n.ture, il le fut. La mort de son père lui permit de suivre ses goûts. 11 étndia la médecine, alla se faire recevoir docteur à Reims, et vint dans sa ville natale pour s'y livrer à la pratique. Des relalions d'amilié l'unissaient à un autre camarade d'enfance, ■1 Bulfoii, leijuel venait d'être nommé intendant des Jardins du roi. Le grand naturaliste avait conçu le projet d'un ouvrage le plus complet que l'on eût publié sur l'histoire naturelle, mais pour l'exécution il lui fallait des aides : la faiblesse de sa vue lui interdisait les observations anatomiques un peu délicates, et le docteur Daubenton avait des yeux de lynx : il fut appelé et vint à Paris en 1747. Trois ans plus tard, il fut nommé garde et conservateur du cabinet d'histoire naturelle. Lorsque les deux naturalistes fuient arrivés à la description des animaux. '^ travail de Buffon devint facile en comparaison de celui que Daubenton devait fournir; les mesures de détail, les descriptions anatomiques et les observations qu'elles exigent étaient sans contredit la partie la plus laborieuse de l'entreprise. Daubenton y mit tant de zèle et de soin que, suivant l'assertion des anatomistes les plus instruits, aucune eireur ne lui est échappée, et que dans le nombre prodigieux de faits exposés dans ses écrits, la plupart n'étaient point connus, et devaient être considérés comme autant de découvertes dont la scienx lui est redevable. Il faut bien le dire : Duffon, en celte occasion, ne se montra pas à la hauteur de son beau génie ; c'est avec un véritable chagrin qu'on le voit, méconnaissant les immenses services que son collaborateur rendait à la science, se séparer de lui, et publier séparément ce qui lui appartenait dans le grand ouvrage rédigé en commun. On dirait que Buffon eut peur que la magnilicence de son laiigage ne fût ternie par l'aridité et la sécheresse des détails fournis par son vaillant compatriote. On dirait qu'il lui répugna d'accoler à ses pages immortelles la tripaille de Daubenton, comme on appelait les détails anatomiques de ce dernier sur les intestins des animaux. Quoi qu'il en soit, Daulientun cessa de contribuer à la publication de l'histoire naturelle et se renferma dans les lonctions dont il était chargé; elles étaient compliquées, souvent pénibles, mais la constance et le zèle ne manquaient pour aucun des devoirs qu'elles imposaient; par les soins de l'estimable savant, la collection du Musée d'histoire naturelle est devenue la plus complète et la mieux ordonnée que l'on ait lormée jusqu'ici. Daubenton n'était pas tellement absorbé par ses occupations qu'il ne lui restât point de temps pour écrire. De nombreux mémoires, de