‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 7 sur 75 · DAUBENTON · texte numérisé non relu

DAUBENTON

nombreux articles de dictionnaire sont le fruit de ses labeurs. En 1778, il obtint que l'histoire naturelle serait easeigaée au Collège de France, afin que cette institution présentât une réunion plus complète des connaissances humaines, et l'une des chaires de médecine que l'on y avait établies fut consacrée au nouvel enseignement. En 1783, un autre enseignement lui fut confié à l'école vétérinaire d'Âlfoit; l'économie rurale commençait à prendre la forme régulière des sciences et le professeur d'Alfort contribua beaucoup à la faire placer au rang qu'elle occupe aujourd'hui. Il avait déjà bien mérité de cette science et des agronomes français, car il fit en France les premiers essais de l'amélioration des laines par l'intermédiaire des mérinos espagnols. Les orages de la Révolution ne troublèrent presque pas sa vie paisible, car on ne l'empêcha pas de travailler comme à son ordinaire et de s'occuper des mêmes objets. Lorsqu'on put songer enfin à réorganiser l'instruction publique, Daubenton fut chargé de quelques leçons à l'École normale et nommé ensuite professeur de minéralogie au Musée d'histoire naturelle. En 1799, il entrait au Sénat. Ce ne fat pas pour longtemps : à l'une des premières séances il fut frap|)é d'apoplexie, et quatre jours après il n'était plus. C'était le 31 décembre 1799. La longue vie de Daubenton fut toute pour les sciences ; les passions n'y obtinrent aucune place; l'heureuse tranquillité dont il jouit fut la juste récompense de la douceur de son caractère, de ses mœurs simples et pures. Il croyait sincèrement à la médecine ; ce fut comme médecin qu'il publia ses Recherches sur les indigestions, où il soutient que le corps hum.iin ne subirait aucune altération de ses diverses fonctions, si l'estomic était toujours en état de remplir les siennes. Pour soutenir les forces de cet organe essentiel, il conseillait l'usage des pastilles dipécacuanha, ce qui donna dans le temps une vogue prodigieuse à ce médicanit-nt, qui porte encore aujourd'hui le nom de pastilles de Daubenton. On ne peut guère s'étonner que Buflon et Daubenton n'aient pu vivre longtemps en bonne intelligence scientifique; trop de différences les séparaient : Buflon chérissait les hypolhèses qui l'ont souvent mal servi ; Daubenton, lai, les méprisait prolondément; il soutenait qu'une histoire ne peut être composée que de faits mis en ordre, et que nous ne connaissons pas encore assez de faits particuliers pour être en état d'apercevoir les rapports généraux qui lei lient, les lois auxquelles leur production est soumise. Buffon éblouit le lecteur, Daubenton l'éclairé.

Lu hommage, peut-être sans précédent, devait être rendu à la mémoire de l'illustre naturaliste.

Le lendemain même de sa mort, les professeurs du Muséum d'histoire naturelle étaient convoqués extraordinairement par Fourcroy, directeur; tous émettaient le vœu de conserver au milieu d'eux le corps du savant qui avait été l'un des fondateurs du Muséum, leur précurseur dans la carrière des sciences naturelles, leur doyen, leur ami, et d'inhumer ses cendres dans le Jardin même des plantes Ainsi fut fait, grâce à l'autorisation qui fut donnée par le ministre de l'intérieur. Un choisit pour le lieu de la sépulture une partie de la grande butte, du côté de l'orient, un terre-plein planté d'arbrisseaux, d'une verdure perpétuelle et d'une longue vie. La grande serre neuve, destinée à la culture des végétaux des climats tempérés, fut choisie pour exposer avec pompe le corps entoure de trophées analogues aux travaux du célèbre mort. Ce vaste local fut tendu dans toute sa circonférence des plus précieuses tapisseries des Gobelins. C'est au milieu de ces représentations fidèles de la nature que furent déposés

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