‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 64 sur 75 · DENONCIATION · texte numérisé non relu

DENONCIATION

cales. Il prit ensuite du service dans le corps de santé de la marine et y resta jusqu'en 1763. La paix survenue l'ayant rendu libre, il revint à Londres, devint l'un des bons élèves de Smellie, avec l'intention de se consacrer à la pratique des accouchements, se rendit à l'Université d'Aberdeen, où il prit le grade de docteur, et alla s'établir à Winchester; mais il quitta bientôt cette petite ville pour retourner à Londres, fut nommé, grâce à de hautes protections, chirurgien d'un yacht royal, et ouvrit bientôt des cours d'accouchements qui attirèrent un grand nombre d'élèves en raison de la simplicité et du talent d'exposition du professeur, qui visait plus à instruire et à former de bons accoucheurs qu'à discuter les théories de l'art obstétrical. Les succès de ses cours, ceux de ses ouvrages devenus populaires dans son pays, le firent nommer médecin-accoucheur de l'hôpital de Middiesex, fonction qu'il conserva jusqu'en 1791. 11 se retira ensuite à Feltham où il mourut le 20 novembre 1815. On cite de lui :

I. An Essmj on Puerpéral Fever. Londres, 1768, in-8°; trad. en allemand, Altenbourg-, 1777, in-8°. — II. An Essay on Natiiral Labour. Londres, 1786, in-8°. — III. Introduction to the Praclice. In Midwifery. Londres, 1. 1, 1787, in-S" ; t. II, 1795, in-8'' ; autres éditions : 1801, 1806, in-4° ; 1816, in-8°; trad. en allemand par Johann Jakob Rœmer, Zurich et Leipzig-, 1791, in-8°; trad. en français par Jean François Kluyskens, Gand, 1802, in-8°. — IV. Aphoristns on the Application and Use of the Forceps and Veclis in Prœternatnral Labours. Londres, 1788, in-8"; 1817, in-8°. — - V. Collection of Engravings tending to illustrale the Génération and Purturition of Animal and ofthe llwnon Species. Londres, 1791, in-fol. — VI. Engraving of two Utérine Polypi. Londres, 1801, in-fol. — VII. Observations on the Rupture ofthe Utérus, ofthe Shuffles in Infants, and on the Mania lactea. Londres, 1810, in-8°. — VIII. Observations on the Cure of Cancer. Londres, 1814, in-8". A. U.

DEIVIVISOK (Les deux).

Dennison (Richàrd). Médecin anglais, né à Norfolk vers 1750, fit ses études sous W. Donne, praticien distingué de sa ville natale, et au Norfolk and Norwick Hospital, puis à Edimbourg, où il fut reçu docteur en 1775 {Dissert. . inaug. de vasorum irritahilitate). 11 se fixa ensuite à Slafford, où il exerça son art pendant plusieurs années, et fut médecin à l'infirmerie générale du comté. Après quoi il se rendit à Londres, se fit recevoir licencié du Collège des médecinsen 1796, puis se consacra exclusivement à la pratique des accouchements et acquit une grande réputation dans cette branche. L'époque de sa mort nous est inconnue.

Dennison (R.-B.). Fils du précédent, né à Londres, le 7 septembre 1785, fit ses études au London Hospital et à Edimbourg, où il prit le degré de docteur en 1806, et devint membre du Collège royal des médecins en 1815. Il fut pendant de longues années médecin du Rojjal Maternitij Lijing-in Hospital et du Queen Charlottes Lying-in Hospital, puis en 1852, lorsqu'il se retira àMargate, devint médecin du Roijal Sen Bathing bifirmary. Il mourut le 17 juin 1852, ne laissant que dés articles dans divers journaux médicaux. L. Hn.

DÉIV'OXCIATIOX. L'article 578 du Code pénal punissant ceux qui, dépositaires par état ou profession, des secrets qu'on leur confie, révèlent ces secrets, réserve le cas où la loi les exige à se porter dénonciateurs. Les prescriptions légales auxquelles se rapporte cette restriction sont aujourd'hui abrogées, ù l'exception de l'article 50 du Code d'instruction criminelle, qui atteint le médecin non plus comme homme de l'art, mais comme simple citoyen. De là un conflit

DRNONVILLIERS. 7-i3

entre les deux ordres de dénonciation que la loi lui impose. Celte question est examinée sous tous ses aspects à l'article Secret médical. D.

DE^ox VI LICIERS (Charles-Pierre). Ce chirurgien éminent, ce professeur remarquable, cet écrivain clair et correct, naquit à Paris le 4 février 1808 ; il appartenait à une ancienne famille de robe, originaire de la Champagne. Élevé à Yerneuil-sur-Oise, petit village voisin le Greil, il eut pour premier maître le curé de cette paroisse, l'abbé Chartron, homme fort instruit, versé surtout dan s les langues anciennes. Puis, à l'âge de douze ans, il fut mis au collège de Versailles, qu'il quitta eii 1824, pour un autre centre d'instruction de Paris, celui de Sainte-Barbe. Inscrit, en 1826, à la Faculté de médecine de Paris, il se rangeait bientôt dans cette catégorie d'étudiants que le concours attire, était mis, en 1829, au nombre des externes des hôpitaux de Paris, et l'année suivante proclamé interne, grâce au prix unique de l'externat qu'il avait obtenu. C'était à une des époques les plus émouvantes de l'histoire de la Faculté de médecine de Paris. Un grand acte s'accomplit alors : les professeurs, chassés de leurs chaires en 1822, étaient rappelés et réintégrés dans leurs fonctions; plusieurs chaires étaient cependant devenues vacantes par suite d'extinctions; le concours fut rétabli. Denonvilliers, qui était docteur depuis le 8 août 1837, entre en lice, et dès l'année 1849 il disputait et obtenait la chaire d'anatomie laissée vacante par la mort de Breschet : il n'avait que trente-neuf ans, il était déjà, au reste, chef des travaux anatomiques (1841), agrégé, chirurgien du bureau central. Dans ces divers emplois, Denonvilliers a laissé le cachet de ses talents ; les pièces anatomiques préparées de 1834 à 1837, pour ses quatre concours de prosecteur, sont restées célèbres. La plupart de ces belles et très-nombreuses préparations sont au musée de la Faculté, où elles figurent encore parmi les plus remarquables et les mieux conservées. On lui doit encore l'adoption de diverses mesures relatives à l'assainissement des amphithéâtres de dissection et à la discipline intérieure. Ses leçons sont encore en souvenir chez tous ceux qui l'ont entendu professer, par la clarté de l'exposition, la précision, la netteté, l'absence de mise en scène, la limpidité, le naturel, en quelque sorte, de la parole. D'ailleurs, opérateur hors ligne, il a été cependant peu connu du public ; c'est qu'il n'aimait point à faire la clientèle de tous les jours, et qu'il ne s'attachait qu'à un certain nombre de malades qui devenaient ses amis. On ne peut néanmoins s'empêcher de citer ses opérations autoplastiques, celles surtout qui sont applicables à ces affreuses difformités qui résultent de la destruction ou du renversement des paupières ; les garanties que donnent à la réussite de ces opérations les perfectionnements apportés par Denonvilliers resteront comme un de ses plus beaux titres chirurgicaux. Élevé par décret du 7 décembre 1858 aux fonctions élevées d'inspecteur général de l'Instruction publique pour la médecine, et appelé à siéger au conseil supérieur de l'instruction publique, Denonvilliers a pu intervenir d'une manière active dans la discussion de l'application de mesures consacrées au perfectionnement de l'enseignement médical. Mais de tristes douleurs vinrent assombrir une existence jusque-là si heureuse. Paul Denonvilliers, fils aimé et chéri, était emporté, au milieu des plus grandes espérances, le 10 septembre 1864; une fille, non moins chère, succombait peu de temps après. Assombri, découragé, frappé dans ses plus tendres affections, le père, miné pendant huit années par une affection rhumatismale du cœur, fut foudroyé le 5 juillet 1872. Il se préparait à sortir lorsqu'on présence de son

gendre et d'un de ses élèves il s'écria tout à coup : « Quelle affreuse crise je sens au cœur! » Puis il tomba sans connaissance, il était mort. Nous connaissons de Denonvilliers les publications suivantes :

I. Proposiiions et observations d'analomie, de physiologie et de pathologie. Thèse de Paris, doctorat, 8 août 1857, in-8°, 55 p. — II. Déterminer les cas gui indiquent l'application du trépan sur les os du crâne. Tlièse de conccurs, agrégation en cliirurgie, 1859, in-4'', 82 p. — III. Description des os malades du musée Dupmjtren. Paris, 184-2, in-8°, 658 p., avec un atlas de 18 pi. — IV. Compendium de chirurgie pratique. Paris, 1845-1801, 5 vol. in-S" (en collaboration avec Augiute Dérard et Gosselin). — V. Comparaison des deux systèmes musculaires. Thèse de concours, chaire d'anatomie, 1846, in-4°, 101 p. — VI. Ti-aité théorique et pratique des maladies des yeux. Paris, 1855, in-S" (en collaboration avec M. Gosselin). — Vil. Articles dans le Dictionnaire des études médicales pratiques .• Ai:cès, Aponévrose, Coxalgie, Maladies des os et du craxe. A. G.

DE:\$»iAiâTRE. Vov. Aréomî:tre et Densité.

DEI\!$I>ITÉ. 1. DlîFhMTIONS, REMARQUES GÉNÉRALES. 1. L'idée dc (leUsUe

en physique est toujours celle d'un rapport et implique nécessairement une comparaison. Nous ne nous arrêterons pas au sens que l'on attache à ce mot en mécanique (la masse de l'unité de volume d'un corps, ou masse spécifique) et nous donnerons seulement la définition de la densité relative : la densité d'un corps A par rapport à un corps B est le rapport des poids de volumes égaux de A et de B.

11 est une autre notion que l'on confond souvent, à tort, avec celle de la densité : c'est la notion du poids spécifique d'un corps. On appelle poids spécifique d'un corps le poids de l'unité de volume de ce corps.

Il peut arriver, il arrive dans certains cas, comme nous le dirons tout à l'heure, que le poids spécifique d'un corps et sa densité par rapport à un corps donné soient représentés par un même nombre ; il n'en existe pas moins une différence essentielle entre les deux idées.

La densité étant le rapport entre deux poids, quantités de même nature, est un nombre abstrait, et, comme tous les rapports, est indépendante de la grandeur des unités choisies pour faire les mesures, indépendante du système métrique adopté ; le poids spécifique n'est que le rapport entre les nombres qui mesurent des grandeurs de nature différente et dépend alors des unités qui ont servi à mesurer ces grandeurs.

2. Bien que l'on puisse prendre la densité d'un corps par rapport à un corps quelconque, on est convenu de faire choix de termes de comparaison déterminés une fois pour toutes; les corps qui servent ainsi de termes de comparaison sont:

L'eau pour les corps solides et liquides ;

L'air pour les gaz et les vapeurs.

Lorsque l'on emploie ces termes de comparaison, il est inutile de préciser que la densité a été prise par rapport à eux. Ainsi, absolument, la densité d'un solide ou d'un liquide est le rapport entre le poids d'un certain volume du corps et le poids d'un égal volume d'eau. On voit que l'on peut dire aussi que c'est le rapport entre le poids spécifique du corps et le poids spécifique de l'eau, puisque les poids spécifiques correspondent à des volumes égaux, l'unité de volume. Il importe d'ailleurs, comme nous le dirons plus loin, de tenir compte de la tempéiature.

De même, absolument, la densité d'un gaz ou d'une vapeur (abstraction faite

des conditions de lempéralure et de pression) est le rapport entre des poids de volumes égaux du corps considéré et de l'air.

5. Si nous appelons P le poids d'un corps homogène', dont le volume est V et le poids spécifique tt, on a évidemment :

P = ttV, puisque n = y-

Formule absolument générale : le poids d'un corps est toujours égal au produit de son poids spécifique par le nombre qui mesure son volume; il n'importe pas que l'on opère à une température ou à une pression déterminées, et la formule est toujours applicable, à la condition de mesurer le volume et de calculer le poids spécifique dans les mêmes conditions de température et de pression, s'il y a lieu.

Si, d'autre part, on appelle D la densité du corps considéré et p le poids spécifique du corps pris comme terme de comparaison, on a, comme nous l'avons indiqué ;

P d'où l'on tire n = Dp, et il vient par suite :

■ P= YD/3.

Ainsi le poids d'un corps homogène est égal au produit de son volume multiplié par sa densité prise par rapport à un certain corps et par le poids spécifique de ce dernier corps.

En particulier, s'il s'agit d'un solide ou d'un liquide, le corps qui sert de comparaison est l'eau, et p est le poids spécifique de l'eau. Mais dans le système métrique décimal français le poids spécifique de l'eau a été pris comme unité de poids ; on a donc :

p = 1?% si l'unité de volume choisie est le centimètre cube ;

p = l'tiio?'-, si l'unité de volume adoptée est le décimètre cube ou litre ; et, par suite, suivant le cas :

P = VxDxl8^ ou P = Y.XDX l'^^'^s''.

Comme la multiplication par 1 ne change pas la valeur numérique du produit, on peut dire, lorsqu'il s'agit d'un solide ou d'un liquide, que le poids d'un certain volume de corps est égal numériquement au produit du volume par la densité.

S'il s'agit d'un gaz ou d'une vapeur (toujours à la température et à la pression normales), l'unité de volume adoptée est le litre et l'on a pour le poids de 1 liti'e

d'air :

p.= ls^295.

• On dit qu'un corps est homogène lorsque le rapport des nombres qui mesurent le poids d'un fragment quelconque et du volume correspondant est constant : c'est dans ce cas seulement qu'il existe à proprement parler un poids spécifique ou une densi'.é, coefficient numérique caractéristique. Dans le cas contraire, le corps est dit hétérogène, et l'on peut seulement considérer une densité moyenne, un poids spécifique moijen, qui ne sont applicables qu'à la partie considérée du corps prise dans son intégrité.

Il viendra donc :

Formule moins simple que celle que l'on a pour les solides et les liquides, parce que l'air, terme de comparaison dans ce cas, n'a point été utilisé dans la détermination des unités du système métrique.

II. Influence des variations de la température et de la pression. 4. Pour les solides et les liquides, la pression ne modifie pas d'une manière appréciable le volume, et il n'y a lieu que de tenir compte de l'influence de la température.

Le poids d'un corps donné étant invariable, tandis que son volume varie avec la température, il est évident que son poids spécifique doit changer. Soient, d'une manière générale, Vo, Y;, kq, ttï, les volumes et les poids spécifiques à 0 et à t° d'un corps de poids F ; on a :

V, = \o{^ + kt)

k étant le coefficient de dilatation du corps. Comme on a d'autre part :

on en conclut

TZt

1 +kt

Le poids spécifique d'un corps à une température quelconque est une notion simple et peut être facilement calculé par la formule précédente; mais il importe de définir la densité d'un corps à la température t. On a adopté la définition suivante :

La densité d'un corps solide ou liquide à la température t est le rapport entre le poids d'un certain volume de ce corps à la température t et le poids d'un même volume d'eau à la température du maximum de densité, soit à la température de 4 degrés centigrades.

Il importe de signaler que dans cette définition les deux corps dont on compare le poids ne sont pas à la même température (tandis qu'il en est autrement pour les gaz, comme nous le dirons) ; cela tient, au moins en grande partie, à ce que l'eau présente une loi de dilatation particulière et que les variations de son poids spécifique ne sont pas régies par la formule donnée ci -dessus.

Comme nous l'avons dit, on peut définir les densités en fonction des poids spécifiques et l'on aura alors :

La densité d'un corps solide ou liquide à la température t est le rapport entre son poids spécifique à la température t et le poids spécifique de l'eau à la température de 4 degrés.

On aura donc d'une manière générale :

D, = ^^ Pi

On comprend d'après cette définition que l'on puisse parler de la densité de l'eau à une température /. Si dt est cette densité, on ïurait :

dt=l^.

Pi

DENSITE.

D'après ce que nous avons dit, on a pour un corps quelconque :

et, comme on aurait, d'autre part, on a la relation :

TTO

Do

\-j-kt

En ce qui concerne l'eau, il n'existe pas de relation aussi simple, parce que l'on n'a pas la valeur de pt en fonction linéaire de p^. Aussi pour ce liquide, pour lequel il n'existe d'ailleurs aucune loi simple de dilatation, faut-il avoir recours à des tableaux dressés d'après les résultats de mesures expérimentales. Nous donnons quelques chiffres qui peuvent servir à ce sujet.

Page 1