‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.27Chapitre 31 sur 49 · DÉOÎs'TOLOGIE · texte numérisé non relu

DÉOÎs'TOLOGIE

Pour la mettre en mouvement, les familles tantôt désignent celui ou ceux qu'elles désirent appeler, tantôt s'en rapportent au choix de leur médecm habituel. En général, celui-ci doit accepter quiconque lui est proposé, sans considération de rang ou de réputation. Certaines notabilités croiraient s'abaisser en consentant à s'adjoindre un modeste praticien que le bruit de quelques succès dans des cas analogues au cas actuel, ou une confiance née de relations fréquentes, ont désigné à l'attention de la famille. « Moi, disait dans une telle circonstance un médecin des hôpitaux, je puis donner des conseils à un confrère, mais non en recevoir. » C'est un lier langage, mais doublement déplacé; il est la négation brutale du droit le plus indéniable du malade ou des parents, et il est une insulte à la confraternité. Le refus de consultation ne doit être exercé qu'à l'égard de confrères indignes d'estime; on n'est pas tenu de comprometire son nom pour être agréable à autrui ; mais, dans ce cas même, il n'appartient pas au médecin de mettre un empêchement absolu à la satisfaction d'un désir formellement exprimé. Ses observations présentées, soit que le malade se rende chez le confrère, soit qu'il le reçoive chez lui, le médecin habituel doit encore garder à un client qui l'avait loyalement averti de son intention assez d'intérêt pour jeter un coup d'œil sur l'ordonnance rapportée et s'assurer qu'elle ne renfeime rien de nuisible à son état. Après quoi il doit se retirer jusqu'à expérience faite du nouveau traitement. Il en est qui voient, en de semblables occurrences, des causes de rupture. C'est toujours, sous couleur de dignité, l'opposition de l'intérêt du médecin à l'intérêt du malade. Celui-ci agit comme vous agiriez vousmême, si vos rôles étaient intervertis. Et la preuve, c'est que des médecins atteints d'une de ces affections pour lesquelles sont renommés certains remèdes secrets ont souvent, en désespoir de cause, recours à ces remèdes et quelquefois à la personne même de ceux qui les ont exploités. Un ancien agrégé de la Faculté de Paris, qui avait promené sa goutte dans les établissements thermaux, s'était mis à la fin entre les mains d'un de ces inventeurs. Il est même deux cas oii le médecin fait bien d'aller au-devant d'un désir latent et de prévenir ainsi des regrets, dont il subirait un jour les conséquences. J'avais appris que la famille d'un client arrivé au dernier terme d'une maladie organique du cœur, — famille animée pour moi d'une grande affection, que je lui rendais, — était pressée par son entourage de remettre le malade entre les mains d'un homœopalhe qu'on désignait. Je provoquai amicalement une explication; on me proposa en elfet de me rencontrer avec cet homœopathe, je refusai ; de continuer mes visites hors de sa présence, je refusai; mais je promis deux choses : premièrement, de faire prendre des nouvelles du malade en garantie de mon amitié persistante; secondement, de rentrer dans la maison, si l'homœopathie en sortait. Ce dernier cas s'est réalisé avant la mort du pauvre patient, et les vieilles relations se sont renouées aussi fidèles que jamais.

Le projet de consultation arrêté, les familles ont une propension marquée à charger leur médecin habituel de se concerter directement avec le ou les confrères désignés. C'est un service qu'on peut convenablement rendre, mais qui expose à des déplacements, à des pertes de temps, surtout quand le nombre des consultants rend la négociation compliquée. 11 est plus simple de faire par écrit des propositions de jour et d'heure, qu'un parent se chargera d'aller présenter à qui de droit.

Entîn, on s'est entendu, et les consultants se réunissent. Ils n'entrent pas directement dans la chambre du malade, mais dans une pièce séparée, où le mé-

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decin habituel expose l'histoire du cas, son début, sa marche, la médication employée, ses effets, etc. Cette conférence préliminaire a une grande importance en ce que, loin du sujet, il est permis de s'exprimer librement sur la nature et la gravité du cas, et aussi en ce que les consultants peuvent poser des questions de fait, dont la solution prépare l'interrogatoire en éclairant déjà l'examen auquel il est ensuite procédé.

L'interrogatoire du malade dans ces conditions exige, au point de vue confraternel, du tact et de la mesure. La situation du médecin ordinaire est peut-être déjà plus ou moins fausse, la demande de consultation ayant pu être l'expression d'une confiance ébranlée. Il n'est pas rare alors que les familles donnent cours à leur prévention en mêlant leurs réponses à celles du m-dade, ou en posant au consultant des questions explicatives. Celui-ci, s'il a de la tinesse, pourra déjouer la tactiiiue sans avoir l'air de la comprendre. S'il n'y parvient pas, il la combattra directement en écartant ou en contre-carrant les observations. L'examen physique donne lieu aux mêmes remarques. Des parents intelligents sont attentifs aux signes de la percussion; ne pouvant suivre l'oreille ou la main du consultant dans l'auscultation ou la palpalion, ils guettent son visage et recueillent ses moindres mois. Le consultant doit faire en sorte que les résultats de l'examen ne paraissent pas, aux yeux des assistants, contraires à ceux qu'avait déclarés le médecin habituel. Ou, si la différence est manifeste et doit d'ailleurs ressortir du traitement à prescrire (comme l'application d'un vésicatoire sur telle ou telle partie de la poitrine), il doit le présenter comme un effet naturel de la marche de la maladie. Enfin, dans les cas où plusieurs consultants ont été appelés, on ne saurait trop leur recommander d'apporter tous une égale attention à l'interrogatoire et à l'examen. 11 n'est pas rare d'en voir qui, laissant toute initiative à l'un d'eux, paraissent étrangers à la scène, et regardent le plafond ou les tableaux. Quoique cette manière de pratiquer la consultation doive toucher surtout le patient, elle ne laisse pas de jeter la défaveur sur le corps médical et particulièrement sur le groupe de ceux en qui les familles ont coutume de mettre leur refuge.

Après l'examen, les médecins se retirent de nouveau dans une pièce séparée. Dans cette pièce, qui leur est ordinairement désignée, les portes ont souvent des oreilles, et c'est une précaution utile de s'assurer matériellement de leur discrétion. Cela même ne suffit pas toujours; je connais des délibérations qui ont eu des témoins secrets derrière un piano ou sous le tapis d'une table. Dans cette seconde réunion, chacun présente les observations que le cas lui suggère, et l'on convient du traitement et de ce qui devra être dit au malade ou à la famille. C'est la coutume de régler les tours de parole par rang d'âge, en commençant par le plus jeune. L'ordonnance est écrite par le médecin habituel, signée par lui d'abord et ensuite par le ou les consultants. Inutile de rappeler aux médecins la bonne harmonie, la tolérance mutuelle qui doit régner dans ces petites assises, sans faire tort à la liberté des opinions, et aussi la nécessité de ne pas s'égarer en de vaines discussions théoriques, mais de rester attachés au fait, et de rechercher seulement ce qui est attendu du malade, à savoir un moyen de guérison ou de soulagement.

Les médecins rentrent dans la chambre du malade ou, s'il est trop fatigué, dans le salon de famille. C'est là surtout que le porte-parole doit s'efforcer de concilier l'intérêt du patient avec les scrupules de la confraternité. L'ignorance du public en médecine rend d'ailleurs la tâche aisée. Ce n'est pas que je

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recommande l'exorda banal : « Je partage entièrement l'avis de » Je le trouve

un peu maladroit et de nature à faire soupçonner une divergence. On attend le seulement d'une pièce connue. Au lieu de proclamer lui-même l'accord, il vaut mieux amener la famille à le constater comme une conséquence de l'exposé fait devant elle. Dans cet exposé, on s'appliquera notamment à ne pas laisser soupçonner une critique du diagnostic antérieurement porté et du traitement qui s'en est suivi.

Toutefois cette protection du médecin habituel ne doit aller que jusqu'où il lui convient. Certains auteurs n'hésitent pas à soutenir que, pour lui, la consultation est impérative (Hufeland, je crois, dit inviolable), et qu'il doit l'exécuter strictement. C'est le plus inacceptable des principes. 11 viole la conscience de l'homme de l'art et sent un peu son code médical de l'Egypte antique. Un médecin honorable peut bien consentir à prendre un conseil, mais s'obliger à le suivre, non. Sa responsabilité personnelle domine tout. Il est des cas où son savoir, son expérience, l'habitude de son client, lui crient que le consultant se trompe ; il doit déclarer à la famille ouvertement, franchement, l'impossibilité où il se trouve de partager l'opinion de son confrère, et provoquer une seconde consultation. Si celle-là et d'autres encore lui donnaient tort itérativement et qu'il persistât dans sa conviction, son devoir rigoureux ser;iit de se retirer provisoirement; mais, comme la pratique des consultations deviendrait à ce prix bien périlleuse, il peut croire sa responsabilité dégagée et consentir à surveiller l'emploi de moyens qu'il n'aurait pas approuvés. Je connais une circonstance dans laquelle le médecin résista à deux consultants successifs de haute renommée ; le troisième (c'était Andral) lui donna raison, et encore plus la marche de la maladie, qui finit par devenir caractéristique. Un confrère aussi distingué qu'honorable, le docteur Riembault, va jusqu'à faire aux droits du médecin traitant une part bien plus grande encore. Pour lui « le médecin traitant est l'arbitre unique qui dirige et décide tout » ; étant le mandataire du malade, il doit présider les réunions de médecins, surveiller l'examen clinique, recueillir les avis et conseils, décider seul le traitement qui convient. C'est même lai qui doit faire part à la famille du résultat de la consultation. Il est bien à craindre que notre confrère ne gâte la part de ce médecin en la rendaut si large. Il est vrai qu'il s'agit seulement de Saint-Étienne, ainsi que l'indique le titre de l'opuscule.

L'usage veut que le médecin habituel s'occupe des honoraires du consultant. Si l'on voulait lui en faire une règle, il sei'ait juste de lui laisser quelque action sur la fixation de la somme, car, d'une part, ce n'est pas lui toujours qui a fait appeler le consultant et il n'a contracté envers lui aucune ob'igation ; et d'autre part, il est avant tout, suivant une expression juste de M. Riembault, le mandataire de son client, dont il a à sauvegarder les intérêts autant et plus que ceux d'un confrère. C'est môme son devoir, dans les cas de prétentions excessives, de se placer entre le malade et le consultant pour protéger le premier contre 1 âpre té du second.

Enfin, c'est une loi pour le médecin de refuser la continuation de ses soins à un malade qu'il a vu en consultation avec un confrère. Beaucoup d'auteurs rappellent cette loi ; mais M. Foissac s'exprime avec une justesse particulière, en spécifiant que l'indélicatesse est grande surtout quand ce confrère a ft honoré le consultant de sa confiance. » Des cas, en effet, peuvent se présenter où la rencontre de deux médecins auprès d'un client a été toute fortuite et

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où, l'un d'eux ayant cessé d'être appelé parla famille, l'autre pourrait prendre sa place en toute se'curité de conscience. 11 ne s'agit plus là que d'un changement de médecin.

On voit par ce qui précède que la position de médecin ordinaire en face du consultant n'est pas aussi inférieure et subordonnée qu'on pourrait le croire. En fait pourtant, il faut bien le reconnaître, le public en juge autrement. Je ne fais que constater une vérité incontestable, et dont la bonne confraternité des consultants s'afflige quelquefois elle-même, en disant que tout, dans ces réunions de médecins, depuis l'inégalité d'influence jusqu'à celle des bonoraires, tend à amener une dépression profonde et souvent imméritée du médecin traitant. A cet inconvénient y a-t-il un remède? En 1870, il s'organisa à Paris des conférences médicales dont le but général était évidemment de pousser à l'émancipation de la masse des médecins en lui communiquant une vie, professionnelle et scientifique, indépendante des sociétés officielles. Ces conférences eurent quelque succès, mais ne furent pas contimiées, pour plus d'une raison. Je me permis alors d'émettre cet avis que, si les espérances des organisateurs de l'institution semblaient exagérées, elles étaient du moins dans la nature des choses. « Les grandes réunions, disais-je, mettent en présence les bons et les mauvais éléments, l'or et le plomb vil que renferme le corps médical.... Sans doute on ne redressera pas le faux jugement du monde ; mais ce sera déjà quelque chose que de le mettre en présence du sentiment public des médecins.... D'un autre côté, avec de grandes discussions scientifiques, avec la publicité de la presse, les valeurs du corps médical seraient cotées plus justement, au dehors comme au dedans, qu'elles ne le sont aujourd'hui. En mettant en lumière leurs connaissances spéciales, leurs aptitudes diverses, les membres de la conférence constitueraient un fonds commun de ressources au service tout à la fois de la science et de la pratique, qui, en les associant à l'œuvre du progrès, les rendrait aussi plus utiles les uns aux autres, plus indépendants des idoles du public. En un mot, les conférences pourraient créer, pour une masse actuellement obscure de confrères, une école de notoriétés; notoriétés au petit pied, si l'on veut, notoriétés de quartier comme la force des choses en a créé, qui, sans prétendre faire échec aux célébrités d'un autre origine, s'y substitueraient souvent avec moins de péril pour l'égalité confraternelle » {Gaz. hebdomadaire, 1870, p. 449).

Pour achever ce qui concerne les rapports des médecins entre eux, il resterait à parler de l'Association de secours mutuels et des cercles confraternels. La première question a été traitée au mot Association ; la seconde donnera lieu à quelques remarques.

La fondation de cercles médicaux dans le but de faciliter les rehitions entre confrères, de leur apprendre à se mieux connaître, de se renseigner et de se concerter pour leurs affaires communes, de se procurer les uns aux auti'es des moyens d'instruction, a été souvent proposée et plusieurs fois tentée. A Paris, elle a toujours échoué. Pourquoi? C'est qu'une idée, excellente en soi, est une graine qui ne peut fructifier que dans certains milieux et avec des moyens particuliers de culture. On a été séduit par l'existence de nombreux cercles, dont beaucoup sont florissants. Mais, si l'on y regarde de près, on s'apercevra qu'ils ne déposent guère en faveur d'un projet de cercle médical. En effet, un très-petit nombre d'entre eux sont professionnels. Les professions qui veulent se créer des centres de réunion et d'action fondent des Sociétés où l'on discute, dans des assemblées

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plus ou moins fréquentes, les intérêts communs, et où l'on organise l'assistance mutuelle. Cela n'a rien de commun avec le cercle, qui est une réunion cosmopolite de personnes se recrutant elles-mêmes par élection et se cotisant pour se procurer en commun un lieu de lecture et de délassements. On est à la fois membre d'une société et membre de tel ou tel cercle ou club, dont le nom seul indique le caractère extra-professionnel : Cercle des pommes de terre. Cercle Montmartre, Cercle du jeu de paume, Cercle des arts, Club de l'univers, Jocke^j-Club, etc. Même le Cercle du commerce, le Cercle agricole, le Cercle des chemins de fer, ne peuvent passer pour représenter une profession; chacun d'eux est né du besoin de défendre des intérêts communs à des protessions multiples. Pourquoi les cercles professionnels vraiment cercles et vraiment professionnels sont-ils si rares? C'est qu'ils seraient, dans la majorité des cas, plus gênants qu'utiles. Dans toutes les professions qui ne laissent pas une certaine liberté de temps, surtout la liberté des soirées, on a son journal ou sa revue et, si l'on sent le besoin de quelque distraction, on aime mieux la prendre au café voisin, ou chez des amis, que d'aller la chercher plus ou moins loin, avec la charge d'une cotisation annuelle. Or, de toutes les professions, la moins libre, la plus tyrannique et la plus capricieuse, est assurément celle de médecin. Le commerçant le plus en vogue dispose de sa soirée aussi bien que le moins occupé dès qu'il a fermé sa porte. 11 n'y a pas d'heure réglée de repos pour le médecin, en sorte que les praticiens les plus éminents seraient ceux surtout qui feraient défaut au cercle. Parmi les humbles même, il en est qu'accable une clientèle improductive et qui ne soupirent le soir qu a regagner le foyer.

Ce n'est pas toute la difficulté. Dans cette immense ville de Paris, oii sera ce cercle? Quelles séductions offrira-t-il aux confrères venus de Belleville, des Batignolles ou de la barrière d'Enfer? On comptait sur l'attrait d'une bibliothèque. Les quatre cinquièmes des médecins de Paris ont assez ou trop de la leur; le reste dispose de la bibliothèque de la Faculté, de la bibliothèque nationale, de celle de Sainte-Geneviève; tous ceux qui travaillent font, en outre, partie de ([uelqu'une de ces sociétés de médecine aujourd'hui si nombreuses et si variées. Quelle sera aussi la capacité des salons du cercle pour le jour où, d'aventure, la foule des docteurs de Paris viendrait à s'y précipiter? Il est évident que, si l'on voulait tenter de nouveau l'expérience, il faudrait multiplier les cercles, en établir un, je suppose, par arrondissement. Mais les médecins de la circonscription se contenteront toujours vraisemblablement de leur Société d'arrondissement, où l'on ne lit pas de-journaux politiques, où l'on ne joue pas aux échecs, où l'on ne prend pas de rafraîchissements, mais où l'on échange des vues et des observations sur toutes les questions scientifiques et professionnelles.

On ne se méprendra pas sur le sens de ces observations. Personne n'apprécie [dus haut que moi les bienfaits d'une confraternité serrée et agissante; personne non plus n'est mieux disposé à la servir; mais l'agitation n'est pas le progrès; les intentions les plus généreuses ne sont que ■vent et fumée, si elles ne sont pas réglées par le bon sens et la raison, et ce n'est pas trahir les intérêts du corps que de l'empêcher de se fourvoyer. Je n'ai jamais adhéré aux divers projets de cercle médical par les raisons que je viens de rappeler, et aussi, puisque je suis amené à le dire, par la crainte d'une épuration insuffisante. Les faits ne m'ont pas démenti jusqu'ici; puissent-ils me donner tort dans l'avenir!

Parvenu à la fin de cet article, le souvenir me revient naturellement des plaintes qu'on a tant de': ois élevées contre l'absence de tout enseignement déontologique dans les écoles. L'élève, dit-on, quitte les bancs sans une idée suffisante de la carrière qu'il va parcourir, sans un guide pour s'y diriger. Gtla est vrai : mais un enseignement officiel de ce genre est-il possible? Est-il même souhaitable? On ne peut songer à créer une chaire pour un cours qui, devant être pratique, ne devrait pas occuper plus de quatre on cinq leçons. Le confier à quelqu'un des professeurs actuels? Qui voudrait s'en charger? Et puis un professeur, si habile qu'il soil, n'a fourni, quand les portes de l'école lui ont été ouvertes, que des garanties de capacité scientifique, et non celles, toutes spéciales et multiples, qu'exigerait ce genre d'enseignement. Tout ce qu'on peut faire, c'est d'engager ceux des maîtres qui s'y sentent du goût et de l'aptitude à donner bénévolement leurs conseils, en particulier ou en public, aux élèves qui sont prêts à commencer l'exercice professionnel. C'est, du reste, ce qu'avait compris un maître éminent dont les qualités intellectuelles et morales se prêtaient si bien à ce rôle. M. le professeur Jules Cloquet terminait autrefois son cours de clinique chirurgicale par trois ou quatre leçons oîi il posait avec esprit, finesse et sûreté dejugement, les règles de la conduite du médecin dans toutes les circonstances embarrassantes oii il peut se trouver.

Enfin, puisque j'ai risqué ailleurs la publication d'une pièce de vers résumant sous une forme simple et brève les principaux devoirs du médecin envers luimême et envers ses semblables, je serai assez brave pour demander au lecteur la permission de la reproduire ici :

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