DÉPORTATION
qu'elles s'engrènent plus étroitement entr elles, telles sont les trochlées comparées aux éiiarthroses.
Le rôle du chirurgien n'est plus aussi simple en face des déplacements qui, en vertu même de leurs causes, sont fatalement sujets à récidive. Dans ces cas où la nature est impuissante, son devoir est d'intervenir, mais comment? Ici, deux indications se présentent: ou bien instituer un traitement palliatif, c'està-dire maintenir la réduction à l'aide d'un appai'eil, dont l'application permanente répondra seule de la contention du déplacement; ou bien chercher à obtenir un résultat durable et faire appel à la médecine opératoire pour créer à l'organe déplacé une barrière artificielle qu'il ne puisse franchir. C'est ainsi que, dans les hernies, on se bornera à appliquer un bandage ou qu'on tentera la cure radicale ; que, dans la chute de l'utérus, on soutiendra ce viscère à l'aide d'un pessaire, ou que l'on en préviendra l'abaissement en accolant les parois du vagin.
Lequel de ces deux modes de traitement mérite la préférence? A cela il est bien difficile de répondre d'une manière précise, et nous ne pourrions que répéter ici ce que nous avons dit à propos des indications générales de l'anataxie. Qu'il s'agisse de réduire un déplacement ou de maintenir la réduction, les considérations dont il faut tenir compte pour admettre ou rejeter une intervention armée sont identiques. C'est la même question d'opportunité, de jugement, de comparaison entre les bénéfices et les dangers de l'opération. Si l'opinion est faite sur certains points, sur d'autres elle ne saurait être fixée d'avance. Pour nous en tenir aux exemples que nous citions tout à l'heure, il est bien certain que la cure radicale des hernies ne doit être tentée que tout à fait exceptionnellement, et que, dans l'immense majorité des cas, on doit préférer l'application d'un bandage bien fait aux risques d'une opération périlleuse. Mais, dans la chute de l'utérus, faut-il aussi s'en tenir constamment aux pessaires ? Non, car ils sont souvent une cause de gêne ou de douleurs, ils sont incommodes on répugnants. Que faut-il donc faire? Pratiquer l'épisiorrhaphie ou l'élytrorrhaphie, rétrécir la vulve ou le vagin? Soit; mais alors la question se complique d'un nouvel élément, car le maintien de la réduction ne peut être obtenu qu'au prix de l'abolition d'une fonction, celle du conduit vulvo-utérin, et telle opération qui sera justifiée chez une femme âgée ne le sera pas chez celle qui n'a pas dépassé la I ériode de la menstruation et des rapports sexuels.
Nous pourrions poursuivre cette discussion, la soutenir par de nouveaux faits, mais ce serait sortir de notre catire pour arriver à la même conclusion, à savoir qu'il est impossible d'établir un parallèle général entre le traitement curatif et le traitement palliatif des déplacements, et d'en fixer la valeur relative. Les indications, en effet, varient non-seulement suivant l'espèce de ces états morbides, miiis encore, dans la même espèce, d'un malade à un autre. Aussi ne sauraientelles être établies utilement, et avec tout le développement qu'elles comportent, si ce n'est dans les articles consacrés à chaque déplacement en particulier.
G. HUMBERX.
Bibliographie. — Maisonseove. Des déplacements, clinique chirurgicale, t. I. Paris, 1865 voy. Anaplastie, Anataxie, Déviations). G. H.
DE POIS, ou LE POIS, en latin ?iso. Voy. l'article Le Pois (Les). DÉPORTATiox. Voy. PÉNITENTIAIRE [Système).