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toires ordinnires, par la peau, par les voies urinaires, par l'intestin; que cette oxydation reste insuffisante, et il s'établit une dyscrasie acide que la pathologie accuse de la façon la plus claire. La chaux ou ne se forme plus , ou est reprise par les acides dans le tissu osseux : de là l'ostéomalacie qui donne une réaction acide ; ou bien c'est l'acide phosphorique qui ne se forme pas ou ne se fixe pas eu quantité normale sur les os. L'oxalurie est une maladie connue; il y a de l'acide oxalique dans le sang des goutteux. On sait que dans certaines maladies la quantité des acides éliminés augmente notablement, comme on peut s'en assurer par l'examen des urines, de la sueur, des produits de l'expiration. Ils peuvent y être en assez grande quantité pour que l'odeur seule des sécrétions suffise à en accuser la présence. Toutes ces conditions morbides donnent lieu à des indications formelles, et ce sont, pour la plupart, de véritables indications de chimiàtrie, tendant à prévenir la formation des acides en excès, ou à les neutraliser avec des bases alcalines, ou à les éliminer de l'économie, ou enfin à fournir à l'économie en grande quantité les principes qui détruisent en elle une acidification exagérée. Le tout, bien entendu, sous réserve du traitement approprié aux causes premières de tout le désordre, si elles peuvent être discernées.
La glycosurie est dans le même cas. Elle est en réalité, quelle que soit sou origine, le résultat direct d'un vice d'action chimique. Le sucre s'est formé en trop grande quantité pour être consommé dans l'organisme; ou, formé en quantité normale, il n'a pas subi, de la part d'un organisme malade , les métamorphoses nécessaires et ne s'est pas assimilé; ou encore, suivant une autre théorie, il provient d'une désassimilation de tissus renfermant de la matière glycogène. Dans tous les cas, outre l'indication d'en arrêter la production ou d'en faciliter l'assimilation, il y a celle de l'éliminer; c'est ce qu'on essaie d'obtenir à l'aide surtout des diurétiques.
On pourra demander si tout cela rentre légitimement dans la doctrine et dans la pratique de la dépuration. Oui, suivant nous, et complètement. La dépuration traditionnelle ne consiste pas seulement dans l'expulsion, spontanée ou provoquée, des principes nuisibles, des matières peccantes, des impuretés; elle se réalise aussi par des actions internes, dites dépuratives, accomplies à l'aide de moyens appelés dépuratifs et dont l'effet est de détruire sur place la cause des cachexies, comme, en pharmacie, on épure un liquide en le débarrassant de matières hétérogènes et on le maintient pur en empêchant ces matières de se reformer. Il est d'ailleurs constant que les maladies cachectiques où nous pouvons aujourd'hui assigner un rôle à la chimie vivante étaient jadis, sous d'autres dénominations, de celles qui relevaient de la médication dépurative.
Chiiniâlrie à part, il est beaucoup d'autres conditions pathologiques dans lesquelles l'éviction de matières nocives, qu'on peut bien appeler impures, puisqu'elles n'ont pas subi dans l'organisme les mutations voulues par leur destina- ~tion physiologique, est une des indications du traitement. Plus on étudie la goutte et plus on se persuade qu'elle est le résultat d'un vice de nutrition par insuffisance des métamorphoses nutritives. L'excès d'acide urique dans le sang en est l'expression la plus frappante : mais qui peut apprécier le coup porté aux éléments anatomiques, à ceux du sang surtout, aux fonctions sécrétoires ou excrétoires? N'est-il pas vraisemblable que nombre d'éléments perdent, à la suite des accès principalement (car les accès ne mesurent pas leur violence à la constitution de l'individu), assez de leur vitalité pour ne plus être en état de
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prendre part à la vie générale et passent à l'état de déchets, de corps étrangers? N'est-on pas autorisé à supposer que l'économie se charge des principes retenus dans le sang par le défaut de sécrétion, ou des principes sécrétés retenus par le défaut d'élimination? Toujours est-il que le praticien qui se met en présence de cette hypothèse, si vague qu'elle puisse être, en tire un parti avanl^ageux, au moins transitoire. Rien ne nous paraît mieux établi, en effet, que l'efficacité, au début d'un accès de goutte, de purgatifs drastiques, dans lesquels on se sent porté à voir des agents d'élimination. Nous n'oublions pas que cette sorte de vicariat des quatre grands émonctoires de l'économie (poumon, reins, intestin, peau), par lequel ils se substitueraient fonctionnellcment les uns aux autres, est chose contestable. Mais, si l'intestin n'élimine pas ce que devrait éliminer le rein, par exemple, qui sait s'il ne donne pas issue à des principes nocifs autres que ceux qui font naturellement partie des matières d'excrétion? Ce bien-être qui suit d'ordinaire les accès eux-mêmes, ce silence de toutes les manifestations habituelles de la maladie, souvent d'autant plus long que l'accès a été plus fort, ne ressemble-l-il pas à l'effet d'un acte dépuratif accompli par l'économie, mais à la violence duquel aurait résisté l'énergie vitale des éléments organiques. Il faut compter aussi avec l'hypothèse défendue par M. le professeur Bouchard dans ses remarquables leçons sur Les maladies par ralentissement de la nutrition : à savoir que, si l'accès de goutte rend pour un temps au malade l'intégrité de sa santé, « ce résultat est dû à l'activité inaccoutumée que l'état fébrile imprime à des mutations nutritives habituellement ralenties ». Cette hypothèse n'est pas en contradiction formelle avec la précédente. On peut très-bien admettre tout à la fois que des matières devenues nuisibles dans l'économie provoquent un accès fébrile dont la conséquence soit de les éliminer au dehors, et que ce même accès ait pour elfet d'activer les métamorphoses nutritives. C'est bien même ce qui parait arriver d'après les recherches directes de cet auteur, puisque, dans la fièvre goutteuse, les urines éliminent au commencement une quantité exagérée d'acide urique et n'en contiennent plus après l'attaque.
Ainsi se confirmerait dans ce cas particulier la thèse ancienne de la fièvre dépiiratoire, toute fièvre d'ailleurs ayant pour effet, suivant les auteurs anciens et surtout suivent Sydenham, d'expulser en dehors de l'économie les matières nuisibles ou de corriger un état vicieux de l'acidilé sanguine. Fred. Hoffmann avait écrit, à son point de vue solidiste : « Salutaris — elïectus sequitur, si « spasmi ejus sunt naturge nt causam a qua proveniunt, nempe sanguinem « stagnantem, évacuent » {Verœ pathol. natura, c. m, §37).
Les paiHisans des causes finales voient dans l'acte dépuratoire un but au lieu d'un effet: le mouvement fébrile serait en quelque sorte intentionnel; il aurait sa raison dans l'acte qu'il va réaliser. Il est au moins inutile de pousser l'interprétation jusque-là [voy. Science).
Les exemples que nous venons de citer prêtent à la doctrine un appui physiologique qui dispose l'esprit à la considérer comme fondée. Les fièvres, l'accès de goutte, sont les expressions d'une vie en état d'excitation et do tumulte, où nous venons de voir qu'on peut trouver l'explication d'une purification des humeurs. Cette ressource fait défaut dans les diathèses apyrétiques. Jusqu'ici, la physiologie n'est guère en mesure, et n'a pas essayé, croyons-nous, d'interpréter dar s le même sens ces suppurations multiples et prolongées qui ••^'effectuent par des furoncles, ces poussées d'eczéma qui rendent, dit-on, la