‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.27Chapitre 36 sur 49 · DÉPURATION · texte numérisé non relu

DÉPURATION

santé, ni ces ulcères chroniques qui passent pour l'entretenir. La composition du pus ne dit rien à cet égard, car les matières non comburées qu'il contient appartiennent sans doute aux parties malades au lieu d'être en circulation avec le sang. Cette disparition plus ou moins durable des accidents, cette éclaircie dans la santé, qu'on dit suivre les sécrétions pathologiques et la suppuration, est-elle trompeuse? La santé s'améliore-t-elle simplement parce qu'une scène patliolo-iqne, qui s'exprimait en même temps par des symptômes généraux et par des symptômes locaux, \ient de se terranier, ou bien parce que le travail local a éliminé la cause matérielle de la maladie? Les opinions diffèrent à cet égard, mais aucune d'elles ne peut se prévaloir d'une démonstration véritable. Théoriquement il n'est guère douteux que les troubles permanents de la nutrition engendrent d'une façon permanente des substances anormales ou augmentent d'une façon habituelle la proportion de substances anormales : d'où résulte la mise en jeu irrégulière de quelque fonction d'excrétion et souvent un état pathologique de l'émonctoire correspondant. Que si l'on s'en rapporte uniquement à l'observation, on est forcé de convenir que, tout au moins, elle n'est pas en désaccord avec la doctrine de la dépuration. Le fait de périodes de sanlé exceptionnellement longues, ou de santé exceptionnellement bonne, après des explosions intenses d'une dialhèse apyrétrique, nous semble parfaitement réel. Il y a des maladies salutaires, sujettes à répercussion, et elles affectent de préférence les émonctoires sur tout l'intestin et la peau.

Autrefois, quand la doctrine régnait sans conteste, elle trouvait une appUcation dans la pratique quotidienne. On ouvrait à l'élimination des matières impures une voie artificielle, en établissant un vésicatoireouun cautère à demeure. Il n'y a pas plus de quarante ans que l'exutoire au bras ou à la cuisse était pour les dîmes les mieux portantes un moyen de coquetterie; il avait pour objet d'éclaircir le teint. Aujourd'hui les praticiens sont rares qui le prescrivent dans les cachexies ou les dyscrasies les plus prononcées. Etait-ce cependant une entière illusion de nos pères que cette confiance dans l'action dépurative des exutoires? Nous n'oserions pour notre part l'affirmer; ou plutôt, laissant l'explication pour nous en tenir au fait, nous n'oserions déclarer qu'un cautère n'exerce jamais une influence avantageuse sur un catarrhe chronique, un eczéma, une tendance aux furoncles, etc. Nous ne parlons pas ici de cautères appliqués sur la région du mal, à l'hypochondre dans les maladies du foie, au creux épigastrique dans les maladies de l'estomac, sous la clavicule dans la pbthisie; leur effet, quel qu'il en soit, appartient dans ces cas à l'ordre des révulsions; il s'agit de cautères appliqués loin du lieu malade, sur un point quelconque du corps, et ne pouvant guère être efficace que par action indirecte.

Nous le répétons, cette pratique était suivie encore il y a quelques lustres, et suivie avec une foi entière, par les praticiens les plus expérimentés; nous l'avons pu croire nous même à son déclin; mais nous l'avons imitée depuis assez souvent, quelquefois sur la demande expresse des malades, et les résultats que nous en avons obtenus, sans être manifestes comme ceux qui suivent l'emploi d'un remède spécifique, ne nous ont pas paru moins clairs que les effets de nombre de médications dépuratives aujourd'hui en honneur, tels que ceux de l'emploi du daphné mézéréum, de la fumetene, de l'Iiydrocotyle, etc.

Ces considérations générales suffisent peut-être à montrer que la doctrine de la déiiuration, avecap|dication à la thérapeutique, peut s'adapter en partie, avec un changement de forme, aux progrès de la médecine moderne, et pour établir

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en même temps qu'elle est loin de trouver dans ces progrès réponse à tous les problèmes qu'elle a posés. En tant qu'elle vise, non plus les réactions chimiques, non plus les combuslioiis, mais les conditions vitales «jui introduisent le trouble dans les opérations motritives, la vitalité diminuée ou éteinte de l'organisme; en tant qu'elle s'occupe, non du produit des réactions imparfaites, mais des éléments constitutifs du mixte organique devenus impropres à la vie ou de la composition vicieuse des humeurs; en face surtout de certaines diathèses, comme la scrofule, les dartres, la doctrine appelle toujours les lumières d'une science plus positive. En attendant, les médecins, consciemment ou non, continuent à la faire entrer dans leur pratique.

11 convient, du reste, de dire en terminant que le domaine de la dépuration, circonscrit plus haut à ce qu'il a de plus spécial et de mieux caractéiisé, est plus étendu qu'on ne le croit d'ordinaire. Il suffit, pour s'en convaincre, de passer en revue, avec Barbier (d'Amiens), la liste même incomplète des substances dépuratives. On y trouve des plantes émollienles et mucilagineuses, comme la scorsonère, la Ijourrache, la buglosse, etc., des substances mucososucrées, comme le raisin, les fraises, les pêches, etc.; des composés gélatineux, comme le bouillon de grenouille, de tortue, de poulet, de veau, le lait de vache, d'âne.<!se, de clièvre, le petit-lait; des substances amères, comme la patience, le pissenlit, le houblon, la fumeterre; des substances acres, comme le raifort, le pissenlit, le cresson; des substances stimulantes, comme la cannelle, la menthe, etc. C'est que la pratique de la dépuration avait ses règles. Ces diverses substances médicamenteuses ne se substituaient pas les unes aux autres indifféremment; elles répondaient à des indications multiples. Les médicaments adoucissants, tempérants, préparaient la dépuration; les amers et les stimulants l'opéraient, les premiers en rendant aux tissus le ton qui leur manquait, les seconds en provoquant, par une activité plus grande des fonctions circulatoires, l'acte vital à l'aide duquel s'accomplirait l'élimination des matières impures. On peut voir par quelques-unes des considérations précédentes que cette dernière indication ne saurait être désavouée par la thérapeutique de nos jours.

A. Dechambre.

DÉRADELPHES (de §eîpn, COU, et à^zlçoç, frère). Nom donné à divers monstres doubles, du groupe des monocéplialiens, dont les troncs, séparés audessous de rombilic, sont réunis en dessus [voy. Anencéphales et Diplogenèse ou Monstres Doubles), 0. L.

DE RAET (Jean). Médecin hollandais, né à Anvers vers la fin du seizième siècle. « 11 voyagea en Allemagne où il s'adonna à l'étude de la chirurgie. Ayant eu occasion de traiter la peste à Francfort en 1605 et 1606, il revint dans sa ville natale pour faire profiter ses concitoyens, surtout les pauvres et les habitants delà campagne, des connaissances pratiques qu'il avait acquises. L'occasion d'être utile à ses concitoyens ne se fit pas attendre. On sait que la pre mière moitié du dix-septième siècle fut marquée, pour ainsi dire, par des épidémies annuelles. Après avoir expérimenté sa méthode, il résolut de la faire connaître au public sous le titre : Cort verhael oft tractast van de Laestighe sierkte (1er peste met etteJycke onde geerperiuventeerde remedien ende preser-

vatien door JoAN^ES de Raet T'Antwerpeii, 1625, in-12. » Ce livre est de

peu de valeur. C'est l'œuvre d'un chirurgien de bonne foi, mais accordant trop

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