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De pareils phénomènes me'ritent bien un nom spc'cial, et celui de causalgie, que leur ont donné, les auteurs américains, est admirablement approprié. Il ne laut pas croire que la causalgie soit spéciale aux névrites trauniatiques. Dans la remarquable thèse de mon ami Tédenat sur les gelures on trouve plusieurs exemples de causalgie consécutive à de très-anciennes gelures. Les douleurs cutanées, le glossij-skin , cet état luisant de la peau, qui est en même temps atrophiée, mince et congestionnée d'une façon permanente, en un mot, tous les symptômes indiqués par Weir Mitchell, se trouvent réunis. J'ai pu récemment observer moi-même un vieillard atteint de causalgie et de glossy-shm aux deux pieds et qui présentait en outre un mal perforant. Gomme dans les faits de Tédenat, il s'agissait de gelures anciennes.
Parfois des malades accusent non pas une sensation de chaleur ardente, mais de froid glacial ; d'autres voient s'ajouter à leurs douleurs locales de véritables douleurs fulgurantes. Toujours des troubles de la sensibilité tactile s'ajoutent aux douleurs spontanées. L'hyperesthésie est la règle; quelquefois même, fait exceptionnel, elje coïncide avec l'intégrité du tact. Souvent, au contraire, les contacts sont mal perçus, mal analysés. Enfin, les sensations thermiques sont presque toujours exagérées, amoindries ou perverties, sans qu'il ait été jusqu'à présent possible de saisir la loi qui préside à leurs altérations.
La névrite, qui donne naissance à cet ensemble de désordres anatomiques et fonctionnels, a pu être constatée par des nécropsies (Tédenat). Weir Mitchell avait cru d'abord devoir les attribuer à un acte réflexe, l'irritation traumatique d'un point du trajet nerveux étant simplement rapportée à la périphérie conformément à une loi bien connue. Mais il observa plus tard que la sensation de cuisson ne se rencontrait jamais dans les cas de division complète des nerfs, que les irritations locales au niveau des points causalgiques y exaspéraient les douleurs, alors que les mêmes excitations restaient sans action au niveau de la cicati^ice; qu'au contraire les injections hypodermiques de morphine, qui généralement peuvent être faites en un point quelconque, sont toujours beaucoup plus efficaces dans la causalgie lorsqu'on les fait « dans l'épaisseur des tissus affectés ».
Il conclut que les désordres trophiques et circulatoires produits à la périphérie, comme conséquences de l'irritation et de l'inflammation du nerf, deviennent à leur tour la véritable cause des phénomènes douloureux. Cette interprétation pathogénique nous amène naturellement à parler des autres lésions trophiques de la peau consécutives aux lésions des nerfs et des douleurs qui les accompagnent. Car le glossy-skin n'est pas la seule altération anatomique du tégument externe qui puisse survenir dans des conditions analogues.
5*^ Lésions trophiques de la peau consécutives aux affections des nerfs. L'affection la plus importante dans cet ordre de faits est le zona, que les documents connus jusqu'à présent font considérer comme la conséquence d'un état morbide dans la région du nerf, soit à son origine, soit dans son ganglion spinal, soit dans son trajet ultérieur (M. Kaposi, loc. cit., p. 413). Les caractères généraux de cet herpès sont trop connus pour qu'il soit utile de les rappeler. Si la névralgie et l'éruption, qui en forment les traits les plus essentiels, évoluaient exactement dans le même temps, il serait difficile de faire la part de la douleur qui doit être attribuée à l'état du nerf et de celle qui revient à la lésion cutanée. Heureusement, la marche du zona présente souvent des irrégularités qui peuvent nous éclairer. La névralgie peut précéder le zona de plusieurs jours
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on de plusieurs semaines ; et dans ce cas, il est bien e'vident que la douleur, quelle qu'elle soit, superficielle ou profonde, n'a rien à voir avec les lésions cutanées : c'est une névralgie dont les caractères, au point de vue de la dermalgie, sont ceux qui ont été indiqués plus haut. Mais l'éruption survient. Sur une base primitivement rouge s'élèvent des groupes de papules d'uii rouge vif, bientôt transformées en vésicules ; et sur les points de la peau ainsi atteints le malade éprouve une sensation de brûlure, parfois très-vive, qui se surajoute aux douleurs antérieures. Enfin, les complications qui sont le fait de la maladie même Ihémorrhagies, gangrène), ou quelquefois des pansements intempestifs (rupture des vésicules, application de collodion imparfaitement élastique), peuvent, en augmentant les désordres locaux, entretenir et accroître les douleurs.
Cependant, après une durée très-variable, les lésions cutanées finissent par guérir, et avec elles disparaissent ce sentiment de brûlure, celte hyperesthésie, qui ne peut supporter le plus léger contact; mais, dans quelques cas anormalement graves, il peut rester, outre des troubles trophiques très-divers, une névralgie rebelle.
A ce complexusde symptômes douloureux s'ajoutent fréquemment des troubles de la sensibilité tactile, qui rendent plus confus encore le tableau clinique. L'inégalité des lésions dans les différents filets cutanés du nerf enflammé amènera, outre des élancements douloureux, ici de l'anesthésie, là de l'iiyperesthésie; et ces troubles seront répartis dans le territoire du nerf sans affecter de rapport constant avec les placards éruptifs, de telle sorte qu'un groupe de papulo-vésicules, très-douloureux au dire du malade, pourra être, aux yeux du médecin qui explore la sensibilité, soit réellement byperesthésique, soit au contraire anesthésique (voy. Rendu, loc. cit., p. 111). En dépit de ces difficultés, nous croyons que d'une façon générale on peut admettre que dans le zona la sensation de cuisson, de chaleur, de brûlure, est le fait de la lésion cutanée; que les douleurs .paroxystiques, suivant le trajet du nerf, n'affectant avec l'efflorescence cutanée aucun rapport chronologique ni topographique absolu, sont au contraire le résultat de la lésion nerveuse. Les mêmes réflexions s'appliquent aux herpès de nature trophique, dont la description prend chaque jour plus d'importance.
Les éruptions pemphigoides (nous ne disons pas le pemphigus) , qui succèdent à des lésions des nerfs traumatiques ou spontanées, donnent lieu à desconsidérations analogues.
Dans le pemphigus vulgaire on note une sensation modérée de brûlure et de démangeaison au niveau des bulles, de la douleur et de la tension sur les parties couvertes de phlyctènes et de croûtes nombreuses et cohérentes ou excoriées à la suite de l'arrachement de ces dernières (Kaposi, loc. cit., t. Il, p. 52). Le pemphigvis zoster, qui succède à des lésions centrales, peut même être totalement indolent, ainsi qu'en fait foi une observation de Brissaud {Bull. Soc. clinique, t. m, p. 221).
Si, au contraire, l'éruption pemphigoïde succède à une névralgie, alors la lésion du nerf ajoute à l'éruption une série de douleurs lancinantes, cuisantes dans la peau, au point où apparaîtront les bulles, mais, avant leur apparition, de sensations anormales et pénibles telles que fourmillements, engourdissements, tiraillements des ongles. Les exemples abondent dans le traité de Weir Mitchell, le mémoire de Rendu, la thèse de Leloir. Il n'y a point de doute : la dermalgie
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qui accompagne ces éruptions est attribuable à l'état des nerfs, non à l'éruption même.
De même, si l'on étudie, au point de vue de la douleur, les dermatoses trophiques, que Leloir a si remarquablement exposées, on reconnaît que les affections naturellement indolentes, telles que le vitlligo et Vichthyose, peuvent s'accompagner de douleurs très-vives, apparaître sur des plaques dermalgiques, lorsqu'elles reconnaissent pour origine une lésion des nerfs péripliériijues. Nous pourrions étendre cette affirmation jusqu'à l'érythème de Vacrodynie, si nous avions la preuve qu'il n'est lui aussi qu'une lésion trophique; mais, si probable que soit cette supposition, elle manque de démonstration, et il vaut mieux ne rien préjuger.
En résumé, les affections tropbiques de la peau s'accompagnent souvent de douleurs en disproportion avec leur lésion anatomique, et ce fait pourrait au premier abord sembler en contradiction flagrante avec la loi qui, dans des affections génériques, nous a paru régler les rapports de la dermalgie et de l'état anatomique de la peau. Mais cette contradiction n'est qu'apparente; la lésion cutanée détermine toujours son contingent régulier de douleur; l'excès de soutfrance, ainsi qu'on peut en juger par les rapports chronologiques des douleurs et des éruptions, par la comparaison des divers cas entre eux, appartient à la névralgie ou à la névrite. C'est même là un fait si évident que la disproportion de la douleur avec l'étendue ou la profondeur d'une lésion de la peau doit toujours engager le clinicien à rechercher dans l'état des nerfs l'origine de cette dermatose.
4° Migraine. Points de côté. Il eût été intéressant d'étudier si la dermalgie intervient à un titre quelconque dans certaines douleurs, telles que la migraine, les points de côté, etc. Mais l'analyse symptomatique est sur ce point-là si peu avancée, qu'il vaut mieux réserver à des observations ultérieures le soin d'élucider ces questions et ne pas s'engager prématurément dans une discussion stérile.
DERMALGIE DANS LES MALADIES DES CENTRES NERVEUX. 1° Moelle ÉpiNiÈRE. Un assez grand nombre d'affections spinales s'accompagnent de violentes douleurs dans les membres. Au premier rang se trouve placé le tabès dorsalis; c'est par lui qu'il importe de commencer l'étude des dermalgies d'origine centrale.
Les douleurs des membres dans l'ataxie affectent deux types principaux : le type fixe, dans lequel elles ont le caractère de rongement, de martèlement, de tenaillement; le type intermittent, auquel appartient la fulguration. Malgré leur instantanéité, les douleurs fulgurantes se présentent avec des caractères si nets, sont décrites par les malades en termes si précis, qu'on ne saurait en méconnaître la localisation. La plupart des ataxiques que nous avons interrogés à ce point de vue nous ont répondu que ces douleurs sont profondes, dans les os ou près des os.
Paifois elles sont plus superficielles. Pierret rapporte que les malades se plaignent d'élancements, de coups de canif dans les rameaux cutanés du trijumeau.
Charcot signale aussi la fulguration douloureuse le long des nerfs cutanés ; alors il n'est pas rare de voir des lésions trophiques succéder à une crise de douleurs fulgurantes. Mais, dans ces cas, on le voit, la souffrance est par son
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siège plutôt névralgique que dermalgique. Elle peut cependant avoir dans certains cas ce dernier caractère. Sans parler des démangeaisons très-cuisantes dont se plaignent certains ataxiques, il en est qui mentionnent des sensations multiples de coups d'épingle dans la peau, analogues, nous disait un malade fort intelligent, aux piqûres profondes qu'on lui avait faites pour explorer sa sensibilité.
Les douleurs fixes le plus souvent aussi sont profondes : « Ce sont les os qui sont rongés, les chairs déchirées par des tenailles, ce n'est presque jamais la peau qui souffre. » Cependant le cas se rencontre. Une femme de quarantequatre ans, que nous observons en ce moment et chez qui l'at.ixie se caractérise par des douleurs fulgurantes, des crises gastriques, des symptômes oculaires, présente chaque jour, après ses repas, des plaques rouges nettement circonscrites sur les joues, plaques au niveau desquelles elle gouffre pendant plusieurs heures d'une sensation atroce de rongement. Chez un malade du service de M. le professeur Pitres, il existe, presque symétriquement sur le bord externe des pieds et la partie postérieure des talons, deux zones oii le malade ressent un rongement perpétuel à la surface de la peau. Cette douleur redouble au moment des changements atmosphériques. Les zones qu'elle occupe sont peu sensibles à la douleur (piqûres), assez sensibles au froid. Les contacts comme les excitations douloureuses y sont perçus avec un retard de deux à trois secondes.
Cette anesthésie au niveau des régions douloureuses dans l'ataxie est fréquente, mais est loin d'être la règle. Chez une de nos malades, il existait au contraire dans un cas analogue de l'hyperesthésie. De même, après les douleurs fulgurantes, on trouve les régions qui en ont été le siège soit pourvues de leur sensibilité normale, soit anesthésiées, soit hyperesthésiées.
Telle est la dermalgie dans l'ataxie. A quelle lésion faut-il la rapporter? Peutelle servir au diagnostic de localisation de la sclérose dans les divers territoires de l'axe médullaire? Nous nous garderons de répondre à ces questions; nous ferons même à cet égard une réserve : c'est que peut-être certaines lésions des nerfs périphériques ont une part importante dans la production de ces douleurs. Des observations récentes de Déjerine et de Pitres ont montré qu'il pouvait y avoir des lésions dans les nerfs des ataxiques.
Ces faits, bien qu'isolés encore, sont de nature à laisser en suspens toute ten talive d'interprétation pathogénique de la dermalgie, ausfi bien que des douleurs plus profondes dans le tabès.
D'autres affections spinales peuvent s'accompagner de douleurs périphériques, par exemple, la sclérose en plaques, la compression lente et les plaies de la moelle, les méningites racbidieiines, etc. Ces douleurs sont le plus souvent profondes. Dans tous les cas, d'ailleurs, on retrouve soit une lésion plus ou moins étendue des coi-dons postérieurs, soit une altération des racines, des ganglions ou des nerfs rachidiens, c'est-à-dire les désordres anatomiques du tabès dorsal ou de la névrite.
Dans ces conditions, la dermalgie, si elle existe, prend des caractères qui nous sont déjà connus et sur lesquels il est inutile de revenir. On peut mentionner seulement la sensation excessive de chaleur qui tourmente les sujets atteints de paralysie agitante et qui a son siège habituel au creux épigastrique, au dos, à la face, aux membres. Cette sensation, avec laquelle coïncide une abondante sécrétion de sueur et que ne justifie aucune élévation de la terapé-
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rature centrale, est une cause de plaintes incessantes de la part des malades et mérite peut-être d'être rapprochée de la dermalgie.
2° Encéphale. Nous ne dirons rien de la dermalgie dans ses rapports avec les maladies de l'encéphale. Nons serions même embarrassé de dire si elle existe ou si elle n'existe pas. L'iiyperesthésîe a été rencontrée trois fois, d'après Ballet, consécutivement à des lésions de l'écorce cérébrale ou du centre ovale, au niveau du lobe frontal, c'est-à-dire en dehors de la zone sensitive qui dans ces cas aurait été excitée par action de voisinage. Quant aux douleurs spontanées de la peau, nous n'avons pas trouvé à leur égard de documents utilisables.
5° Névroses. La dermalgie n'est pas un symptôme de l'épilepsie; on ne saurait en effet donner ce nom à la sensation d'air frais qui constitue l'aura. Quelquefois cette aura est douloureuse. Mais la douleur, dans ces cas, paraît être plutôt limitée au trajet d'un nerf qu'étendue à une portion de la surface de la peau.
Dans l'hystérie, au contraire, les douleurs cutanées sont fréquemment observées. Malheureusement les auteurs ne distinguent pas assez nettement entre l'hyperesthésie et la dermalgie. Ainsi, d'après Briquet, qui fait de celle-ci le degré le plus élevé de celle-là, ce symptôme pourrait passer inaperçu, s'il ne s'applique qu'à de petites surfaces, affirmation qui vise évidemment les douleurs provoquées, mais qui dans aucun cas ne peut concerier les douleurs spontanées. Axenfeld, qui reprend la description de Briquet, ajoute cependant que « quelques malades accusent spontanément à la peau un froid glacial ou une ardente chaleur, des fourmillements, des picotements, des élancements, de vives démangeaisons » {loc. cit., p. 622). Nous ne saurions utiliser ici les divisions, les statistiques que donnent ces auteurs; la confusion que nous avons signalée exige que ces études soient reprises.
On trouve à ce sujet de remarquables observations dans les leçons de Brodie. C'est ainsi qu'à propos de la coxalgie hystérique, après avoir montré par combien de signes elle se rapproche en apparence de la vraie coxalgie : douleur spontanée, douleur à la pre<^sion exercée sur les os, immobilité, il ajoute : « Partout la sensibilité siège dans l'enveloppe cutanée ; si vous pincez la peau jusqu'à la soulever des parties sous-jacenles, la malade se plaint plus que si vous poussez fortement le fémur dans la cavité cotyloïde; » signe important qui peut mettre sur la voie du diagnostic. Puis, avec une grande finesse d'observation, il remarque qu'il n'y a pas d'amaigrissement malgré la longue durée des douleurs, pas d'élancements douloureux pendant la nuit, et que, si la douleur empêche la malade de s'endormir, le sommeil une fois venu persiste plusieurs heures sans interruption.
Au sujet de certaines paraplégies hystériques, Brodie fournit encore des observations de graufle valeur. La malade se plaint d'une douleur dans le dos. Mais celle-ci, plus vive d'ailleurs que dans la carie vertébrale, siège dans la peau, dont le pincement est plus douloureux que la percussion des apophyses épineuses. De plus, elle est mobile et se déplace fréquemment; enfin elle n'est pas limitée à un point, mais s'étend dans les diverses régions du rachis.
Le clou hystérique est-il formé par une région dermalgique du cuir chevelu? Pour Briquet la question n'est pas douteuse; c'est simplement une myalgie. Valieix, en le rattachant à la névralgie de la cinquième paire, ne tranche pas la question, car il ne se préoccupe pas de sa localisation superficielle ou profonde.
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Sans nier que les parties profondes, nerfs ou muscles, participent à cette douleur continue, térébrante, qui constitue le clou hystérique, il nous semble <jue la sensibilité à des pressions très-légères, telles que le passage du peigne, ^st de nature à faire admettre que la peau joue aussi un rôle important.
Dans la faiiase péritonite des hystériques, les douleurs cutanées ont également leur grande part. « C'est une douleur vive, très-vive même; les malades ne peuvent supporter le moindre attouchement, le poids des couvertures; elles s'éloignent par un mouvement instinctif du doigt investigateur. Joignez à cela un certain degré de gonflement, et vous aurez l'ensemble de la fausse péritonite, apurions peritonitis des auteurs anglais. 11 est évident qu'ici les muscles et la peau elle-même sont de la partie. La douleur occupe alors une assez grande surface. » Cette citation, empruntée à M. Charcot, s'applique aux douleurs de la région ovarienne. Mais ce n'est pas la seule qui puisse être atteinte. Dans une observation de la thèse de Marcé, où des vomissements verdtitres complétaient le tableau de la fausse péritonite, c'est dans le flanc droit que la malade soulfrait. « Dans toute cette zone qui répond au muscle grand oblique, la douleur est violente, à peu près uniforme; elle s'accroît par la pression, mais plus encore lorsqu'on pince la peau pour la détacher des couches profondes. »
La dermalgie h yslérique peut, on le voit, affecter les sièges les plus vai'iables : cuir chevelu, tronc, membres ; elle occupe en général des surfaces dont l'étendue est loin d'être la même chez les divers sujets, mais qui ont des limites assez tranchées; elle ne suit la direction d'aucun trajet nerveux connu, mais s'associe au contraire à des douleurs des muscles et des viscères sousjacenls à la peau qu'elle frappe; elle est toujours accompagnée d'hyperesthésie; ajoutons enhn qu'elle est très-mobile, ou plutôt très-irrégulière dans son allure, et qu'après avoir habité de longues semaines la même région de la peau, elle peut se déplacer brusquement ou même disparaître, sous l'influence d'une vive émotion, en attendant qu'une autre secousse physique ou morale vienne déterminer son retour.
Ces caractères font de la dei'malgie hystérique une espèce bien distincte, au milieu des autres dermalgies que nous avons étudiées soit dans les dermatoses, soit dans les névralgies, soit dans l'ataxie.
La dermalgie hystérique n'est pas fréquemment associée aux douleurs qui pi'écèdent et annoncent les grandes attaques; elle ne se lie pas volontiers aux zones hijstérogènes. Ce n'est pas là un fait absolu; c'est ainsi qu'à travers la peau endolorie par la fausse péritonite on i-elrouve parfois la douleur ovarienne. Mais en général, aussi bien au niveau de l'ovaire qu'au niveau des zones mammaires, brachiales, poplilées, etc., la peau ne présente que sa sensibilité normale ou même est absolument insensible, s'il s'agit d'une zone du côté hémianesthésié.
Ce fait, déjà indiqué dans la thèse de Buet, m'a été confirmé par MM. Pitres et Gaube, qui préparent en ce moment une étude complète des zones hystérogènes et m'ont communiqué leurs documents avec une complaisance dont je suis heureux de les remercier.
4** iMoxiCATioiNs. Les intoxications chroniques par le plomb et l'alcool déterminent des troubles de la sensibilité au nombre desquels la dermaliiie a été signalée. On a même décrit une forme hyperesthésique de l'alcoolisme (Racle), dans hiquelle le moindre attouchement provoque des cris et où des douleurs atroces peuvent survenir spontanément dans la peau. Mais, dans ces intoxica-
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lions, la diminution, les perversions de la sensibilité, sont beaucoup plus fre'quentes que les modifications en excès. La dermalgie y est trop rare et trop peu décrite pour que nous nous y attardions plus longtemps.
5° Aliénation mentale. La sensibilité cutanée est fortement troublée dans les diverses formes de l'aliénation mentale. L'hyperesthésie, d'après Fèvre, rare dans la démence et l'idiotie, serait plus fréquente cbez Ifs maniaques et les mélancoliques hallucinés. « Tel malade, par exemple, sent à chaque instant des courants électriques très-intenses que des ennemis lui appliquent sur maintes parties de l'enveloppe cutanée; tel autre se plaint constamment de piqiàres d'aiguilles sur la peau, qui le font horriblement souflrir. On s'aperçoit que ces hyperesthésiés éprouvent réellement les douleurs qu'ils vous dépeignent, par les contractions des muscles de leur visage, le jeu et l'expression de leur physionomie, et par la vérité et la vivacité qu'ils mettent dans la description de leurs tourments. »
Les hypochondriaques, les délirants par persécution, accusent fréquemment de l'engourdissement, des picotements, fréquemment aussi des fourmillements qui, d'après Semai, seraient d'un fâcheux augure, car ils dénoteraient l'approche de paralysies. Un aliéné cité par Morel (Racle, loc. cit., p. 75) se plaignait amèrement qu'un chat lui grimpât le long des jambes en enfonçant ses griffes dans les chairs. Un hypochondriaque, observé par Beau, présentait une analgésie de toute la surface du corps et cependant éprouvait une sensation fort pénible, dont il ne parlait qu'avec agacement et qu'il appelait une attaque de nerfs dans la peau. Cette sensation le forçait à se lever la nuit et à se promener dans la salle.
Ces faits se rapportent évidemment à la dermalgie : mais la douleur prend dans tous ces cas des cai-actères particuliers. Il ne s'agit pas de sensations fixes, permanentes, mais au contraire des phénomènes rapides, instantanés, imprévus. Tantôt la sensation est générale et se répand sur toute la surface du corps, tantôt elle est localisée à un membre ou à une surface limitée du tronc. Dans les deux cas, elle se complique presque toujours d'hallucinations. L'aliéné ne se contente pas de ressentir une impression pénible ; il en découvre aussitôt la cause : c'est un ennemi qui le frappe, c'est un animal qui le pique ou le mord. On conçoit combien ces hallucinations peuvent devenir dangereuses, soit pour l'aliéné même, soit pour ceux qui l'entourent. Elles poussent parfois le malade à tuer son persécuteur, à écraser l'animal qui le tourmente; ces hallucinations douloureuses de la peau ont certainement une part dans les déterminations de certains aliénés et méritent d'être attentivement étudiées. îl serait intéressant de rechercher si elles provoquent des actes de violence plus facilement que les hallucinations du toucher sans douleur, qui ne rentrent pas dans notre cadre.
DERMALGIES RÉFLEXES. Les dermalgies réfiexes ont été plutôt mentionnées que décrites; en réalité on trouve peu d'observations qui les représentent d'une façon précise. On admet généralement que les diverses régions de la peau sont en sympathie avec les viscères immédiatement sousjacents; quelques auteurs même, frappés de la coïncidence des douleurs superficielles avec les lésions des organes profonds, ont supposé que les filets sympathiques qui vont à ces derniers tirent leur origine de la moelle aux mêmes points où naissent les nerfs des parties correspondantes de la peau. C'est ainsi qu'on a indiqué des dermalgies du thorax dans les affections pulmonaires; de
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l'épigastre dans les maladies de l'estomac et du foie; du dos et du cuir chevelu dans les le'sions de la moelle ou de l'encéphale. Quelquefois aussi c'est loin du point de départ que se fait sentir la douleur, à la peau du nez, par exemple, dans les cas de vers intestinaux (Beau) ou dans les régions symétriques du membre opposé à celui qui a été atteint de gelures (Tédenat). Mais, nous le répétons, on ne trouve à cet égard que des affirmations sans descriptions. L'étude des dermalgies réflexes est tout entière à reprendre, ou plutôt à faire.
RÉSUMÉ. INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES. En résumant les notions actuellement acquises sur la dermalgie, on voit que ce symptôme peut se rencontrer dans un grand nombre d'affections, souvent avec des caractères variés qui lui donnent une certaine importance séméiologique. Dans les lésions de la peau, associé le plus souvent à un degré plus ou moins élevé d'hyperesthésie, il présente une intensité en rapport avec le siège des lésions, la rapidité de leur évolution, avec leur nature. Chez les rhumatisants, la dermalgie se fait surtout remarquer par sa marche et la coïncidence d'autres déterminations rhumatismales. Un peu effacée dans la névralgie simple, elle se place au premier rang dans la névrite, liée à la fois à l'état des nerfs et aux lésions trophiques, et accompagnée de troubles de la sensibilité tactile qui lui donnent dans ces cas une physionomie toute spéciale. Assez peu fréquente dans le tahes dorsal, peu marquée dans les autres affections spinales, absente ou méconnue dans les lésions encéphaliques, elle tient une large place dans la symptomatologie de l'hystérie, où sa topographie spéciale, son nssocialion à l'hypéresthésie et aux myalgies, en font un symptôme des mieux caractérisés, et dans certaines formes d'aliénation mentale où elle exerce une influence incontestable sur les troubles psychiques et les actes du malade.
Il n'existe pas de traitement vrai de la dermalgie. Dans certains cas, en effet, elle peut passer inaperçue au milieu d'autres douleurs. Quand elle est reconnue, c'est en s'adressant à la cause même qui la produit qu'on peut le plus sûrement la combattre. Rappelons seulement que dans le rhumatisme et l'hystérie l'application de vésicatoires loco dolenti a paru exercer une action favorable; que dans les autres cas où elle mérite d'être directement attaquée, les injections hypodermiques de morphine mieux que toute autre application narcotique ont paru soulager le malade ; que dans la causalgie elles doivent de préférence être faites au niveau des régions douloureuses (Weir Mitchell). Aiunozan.
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DERMA^ISSE (.îsppa, peau, et vO(7(Tâj, piquer, qui pique la peau). Nom d'un genre d'Arachnides du groupe des Acariens et de la famille des Gamasidés. Ces animaux attaquent les oiseaux et même accidentellement l'homme. J'ai donné les caractères du genre, la description des principales espèces, ainsi que des détails sur leurs mœurs et leur nocuité, à l'article Gamases (yoij. Acariens, Gamases, Dermanyssus, ¥ série, t. VI, p. 620-622). A. Laboulbène.
«ERMAPTÈRES. Nom donné par Kirby à un ordre d'insectes que Burmeisler et Huxley ont nommé depuis Dermatoptères {voy. ce mot). Ed. L.
DERMATALGIE. Voy. DermALGIE.
DER.^ATITE. Voy. Peau.
DERMATOBIE (oépua, peau, et p/o;, vie, qui vit dans la peau). Genre d'insectes Diptères, établi par Brauer dans les mémoires de la Société zoologique et botanique de Yieiuie {Verhandhingen der K. K. Zool.-botanisch. Gesellschaft in Wien, t. X, 1860), et renfermant des espèces rapportées aux Gutérèbres {voy. CnrÉRÈBRE) par Macquart, Joly, Goudot, etc.
Les principaux caractères taxonomiques qui différencient les Dermatobies des Gutérèbres sont les suivants : le troisième article des antennes est plus long que les deux premiers pris ensemble, allongé au lieu d'être oviforme ou elliptique comme dans les Gutérèbres. Le front est relativement plus large, plus avancé. L'abdomen est aplati, triangulaire, au lieu d'être voûté et cordiforme.
Ges insectes sont extrêmement intéressants en ce qu'ils ont été regardés comme parasites de l'homme sous le nom à'Œstrus hominis. Leurs larves ont été primitivement connues et décrites. Ge n'est que bien plus tard et presque récemment que les insectes parfaits ont été obtenus d'éclosion.
L'existence de larves de mouches vivant sous la peau de l'homme dans le sud de l'Amérique a dû être constatée par les premiers voyageurs et naturalistes de cette contrée. Mais le médecin français Artnre est le premier qui ait fait connaître le Ve7' macaque de Cayenne [Observations su7' Vespèce de ver nommé Macaque [in Mémoires de V Académie royale des sciences de Paris, Hist.,p. 72, 1753]). Linné, dans ses lettres à Pallas, avait mentionné des larves d'Œstre parasites de l'homme. Gmelin, dans le Systema naturœ de Linné (édit. XIII, I, V, 1788), admet, d'après Linné et Pallas, un OEstrus hominis, dont la larve vivrait six mois sous la peau avant de se transformer. Humboldt et Bonpland parlent de Mouches déposant leur œuf dans la peau de l'homme et produisant une tumeur dans laquelle elles vivent [Essai sur la géographie des plantes, p. 156, 1805).
Roulin, Guérin-Méneville et Vallot, en 1835, communiquent à l'Académie des sciences des documents sur V OEstrus hominis. Geoffroy Saint-Hilaire et Duraéril font un rapport, le 15 juillet 1835, sur trois notices relatives à l'existence de l'Œstre de l'homme (voy. aussi Annales de la Société entomologique de France, t. III, p. 518, et Bulletin, p. 85, 1855). La question de VŒstrus hominis était
DERMATOBIE. 635
très-discutée ; Latreille avait dit formellement : « Sans révoquer en doute la véracité de ces témoignages, il n'en est pas moins certain que toutes ces observations... sont incomplètes. Je présume qu'elles appartiennent plutôt à la Musca carnaria de Linut-eus ou à quelque autie espèce analogue, car toutes les larves d'Œstres que nous connaissons ne vivent que sur des quadrupèdes herbivores et rongeurs [Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, etc., t. XXlï, p. 270. Paris, 1818). Et cependant, depuis les faits d'Arture, ceux de Howship, de Say, de La Condamine, du Père Simon et de Barrère, tous ceux relatés par Hope dans son mémoire célèbre {Transactions of the Enlomological Society of London, vol. Il, p. 256-271, pi. XXll, 1840), ne se rapportaient pas à des larves de Muscides créopbages ordinaires.
Justin Goudot fixa la science à cet égard en décrivant dans les Annales des sciences naturelles {Zoologie, 5" série, t. III, p. 221, 1845) le fait d'une Œstride ayant vécu sous la peau humaine à l'état de larve à la Nouvelle-Grenade, et en même temps nuisible aux bœufs. 11 la décrivit sous le nom de Cnterebra noxialis.
Depuis cette époque, l'idée d'un Œstrus hominis, exclusivement propre à l'espèce humaine, adoptée par lUidolphi, Raspall, Guérin-Méneville, etc., est abandonnée, et tontes les observations qui ont suivi, propres à Coquerel et Salle, Friedrich MûUer, à Frantzius, etc., montrent que les Dermatobies attaquent à Ja fois les animaux domestiques et sauvages, ainsi que l'homme.
La synonymie des larves du genre Dermatobie est la suivante : à Cayenne, Ver macaque; au Brésil, Ura; à Costa Rica, Torcel; parmi les Indiens-Maynas, Suglacuru; à la Nouvelle-Grenade, Gusano-peludo ou Niiche; au Mexique, Ver moyacuil.
Les larves de Dermatobies sont allongées, terminées en pointe, pourvues d'épines à leur moitié antérieure et seulement au bord supérieur et inférieur de leurs anneaux {voy. pour les figures : Brauer, Monographie der Œstriden [in Verhandl. der K. K. Zool.-botan. Gesellschaft in Wien, tab. X, fig. 1 à 5, 1863]; A. LABonLBÈNE, Rapport sur une larve d' Œstride extraite de la peau d'un homme à Cayenne [in Mémoires de la Société de Biologie, 5- série, t. 11, p. 161, 1860]; Description et figure d'une larve d'Œstride de Cayenne [in Annales de la Société entomologique de France, 4* série, t. I, p. 249, pi. 7, 1861]). Ces larves sont très-différentes de celles des Cutérèbres, qui sont épaisses, ramassées, non atténuées en arrière, et simplement grenues, sans fortes épines lamelliformes ou unciformes {voy. Brauer, loc. cit., tab. X, hg. 4).
Les deux espèces principales de Dermatobies connues à l'état parfait, de perfectose ou d'imago, sont la Dermatobia cyaniventris de Macquart, décrite par lui en 1843 dans ses Diptères exotiques (t. 11, p. 19. Paris, l'ioret) sous le nom de Cuterebra cyaniventris {Extrait des Mémoires de la Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, 1840). Cette espèce du Brésil ne diffère de la Dermatobia noxialis de Goudot que par l'abdomen entièrement bleu.
La célèbre Dermatobia noxialis de Goudot, longue de 17 millimètres environ (7 à 8 lignes), a la face et la cavité frontale d'un jaune fauve, avec des poils courts d'un blanc soyeux; yeux bruns, rayés au milieu par une bande noirâtre; antennes jaunes, style brun; thorax brun, nuancé de bleuâtre, tacheté de gris et de noir, formant des zones longitudinales, couvert de poils très-courts et noirs; écusson comme le thorax; abdomen chagriné, d'un beau bleu, couvert de trèspetits poils noirs; le premier segment et le bord antérieur du second sont
636 DERMâTOBIE.
d'un blanc terne, avec des poils de cette couleur; ailes brunes; pattes fauves, avec des poils fauves (mâle).
Goudot a donné sur les mœurs des larves et des insectes parfaits les détails suivants, d'un haut intérêt : La Dermatohia {Cuterebra) notialis se trouve en très-grand nombre sur la lisière des grands bois et dans les prairies à taillis. Ce Diptère inspire beaucoup d'effroi aux bœuls à demi sauvages, qui préfèrent passer la journée dans des endroits stériles et sablonneux plutôt que de s'exposer en paissant à l'ombre aux attaques multipliées de nombreux ennemis.
Il est probable que les Dermatobies dé|tosent leurs œufs à la manière des Hypodermes {voij. Hypoderme et Œstre) ; elles choisissent de préférence les points les moins accessibles au museau ou bien à la queue de l'animal. Toutefois, les Dermatobies femelles paraissent extrêmement fécondes, puisque sur un seul bœuf on peut compter souvent, au dire de Goudot, plusieurs centaines de larves. Ces larves couvrent une grande partie des épaules des bêtes à cornes formant sous la peau, par leur réunion, une agglomération de nombreuses tumeurs, d'oii découlent continuellement, par une multitude d'orifices, des matières purulentes. Ces trous servent souvent à d'autres insectes diptères, qui viennent y déposer leurs œufs, produisant ainsi des plaies parfois dangereuses et toujours difficiles à guérir. On trouve aussi des larves de Dermatobies sur la tête, les flancs, la queue, le long de l'épine dorsale, mais c'est toujours sur les épaules qu'est le principal foyer d'habitation.
Une larve recueillie vers le milieu de juin, au district des mines de Marmafo, s'est métamorphosée en insecte parfait le 4 août suivant.
Justin Goudot a démontré que non-seulement les bœufs, mais encore les chiens transportés dans le Nouveau Monde, sont atteints, et que l'homme n'est pas épargné : il n'y a donc point de parasitisme exclusif pour l'homme, et YŒstrus hominis n'existe point comme espèce tout à fait à part. Lui-même a été atteint par les Dermatobies. « J'ai eu, dit-il, sur différentes parties du corps, et indistinctement sur toutes celles qui se trouvaient fortuitement découvertes, des larves qui ne différaient pas de celles du bœuf et du chien. J'en ai même conservé une pendant une quinzaine de jours sur une cuisse, et j'ai pu ainsi remarquer que l'espèce de succion qu'exécute la larve a lieu particulièrement de très-grand matin (de 5 à 6 heures) et sur le soir, produisant un effet analogue à celui d'une aiguille qu'on enfoncerait vivement dans la peau. »
J. Goudot nous a appris qu'en Amérique on emploie, pour débarrasser les bœufs des Dermatobies logées dans leur peau, des procédés analogues à ceux employés en Europe contre les Hypodermes. Après avoir fait sortir les larves des tumeurs, on lave celles-ci avec de l'eau salée, on cherche à entraîner les œufs que les Diptères ne cessent d'y déposer.
Souvent l'animal, nettoyé le matin, offre déjà le soir, dans les trous vides des Dermatobies, une fourmilière de petits vers qu'on ne parvient à faire mourir qu'en remplissant ces trous d'extrait de tabac, ou mieux encore en les saupoudrant avec les fruits réduits en poudre de ÏAsagrea officinalis Lindley.
11 convient de laisser croître pendant quelques jours les larves des Dermatobies qui ont été constatées chez un homme, afin que la pression que l'on exercera sur elles soit plus directe et plus efficace, et par là leur extraction plus facile. C'est ce que les indigènes savent faire lorsqu'ils nourrissent des larves de Dermatobies [voy. Diptères, Cotérèbre, Œstridks, Macaque).
A. Laboulbène.
DERMATOLYSIE. €37
DERMATOBRA!¥cnES. Groupe de MoJlusques-Opislhobranches comprenant tous ceux de ces animaux chez lesquels la respiration s'opère soit par la surface des téguments, soit au moyen de brancliies externes {voy. Opistho-
BRANCHES). Ed. LEFiîVRE,
DEBMATOCHELYS. Le nom de Dermatochelys (ou Dermochelys) a e'té proposé par de Blainville pour un genre de Tortues marines dont l'espèce la plus remarquable est la Tortue Luth {Testudo coriacea L.). Il est donc absolument synonyme de Sphargis {voy. ce mot) . E. 0.
DERMATODECTE {Sipij-ix, peau, et ^/jxTi/.ôç, piquant, mordant, qui pique ou mord la peau). Dès l'année 1841, Paul Gervais, ayant reconnu que VAcarus de la gale en plaques et en croûtes écailleuses du cheval diffère du Sarcopte de la gale humaine, avait établi pour cet Acarien un genre particulier qu'il caractérisa nettement et appela Psoroptes^ par opposition à Sarcoptes {Ayinales des sciences naturelles, Zoologie, 2^ série, t. XV, p. 9, pi. 2, fig. 6, 1841).
Ce n'est que plus tard que Gerlach désigna le même Acarien sous le nom générique de Dermatodecte, nom qui fut adopté à tort par 0. Delafond, malgré la priorité du terme Psoroptes. Enfin, Furstenberg a publié sans plus de nécessité un troisième nom géuérique synonyme, celui de Dermatocopte {oépp.a,peau, et xôTTTsiv, couper). Le professeur Charles Robin (voy. Mémoires de la Société' des Naturalistes de Moscou, 1860) a rétabli les choses en leur lieu et place ; il a rendu la priorité au nom de Psoroptes et rejeté en synonymie les Dermatodectes et Dermatocoptes [voij. Acariens, Sarcoptes et Psoroptes).
A. Laboulbène.
DER:matoltsie (de Sépi/.x, peau, et >ûsiv, relâcher). Ce mot a été créé par Alibert pour désigner une « affection caractérisée, selon lui, par une extension anormale de la peau, provenant d'une altération particulière de la faculté contractile de cette enveloppe. »
Cette définition est au moins incomplète. Elle ne tient aucun compte d'une modification très-importante, et peut-être la seule importante, éprouvée par le tissu du derme : je veux parler de l'accroissement en nombre de quelques-uns des éléments anatomiques qui entrent dans sa composition. Or, la dermatolysie ou relâchement de la peau, cutis pendula, cutis lapsus, chcdazodermie, etc., ne va pas sans un certain degré d'hypertrophie.
Enfin, il est nécessaire d'ajouter que la dermatolysie, affection le plus souvent congénitale et quelquefois acquise, appartient à la classe des difformité dse la peau ou affections cutanées arrêtées dans leur évolution.
Nosographie. La dermatolysie consiste essentiellement, comme nous venons de le dire, en une extension insolite avec épaississement et relâchement de la peau. Devenue trop large pour les parties qu'elle recouvre, cette membrane s'en détache, se [die en double en s'adossant à elle-même par sa face profonde, et retombe entraînée par son propre poids vers les régions déchirées [cutis pendula). De là la formation de plis ou prolongements cutanés variables en nombre et en étendue selon le degré de l'altération, et dont la forme et la direction sont en rapport avec la configuration des parties. Tout se borne, dans certain cas, à un ou deux de ces plis, comme il arrive plus particulièrement aux paupières; mais dans une forme compliquée de la maladie les prolongements cutanés sont multiples et donnent lieu par leur ensemble à des apparences
658 DERMATOLYSIE.
très -diverses. On les a vus simuler, par leur disposition, les plis flollants d'une draperie, ou s'enrouler autour du cou ou d'un membre à la manière d'une palatine. On les a comparés encore assez justement aux claies du dindon et a-iix plis qui existent naturellement au cou du taureau. M. Furneaux-Jordan a décrit une affection qui formait comme une sorte de collier autour de la cheville, et un cas analogue s'est également présenté à l'observation de M. Adams : l'hypertrophie de la peau s'étendait à toute la jambe et s'accompagnait de prolongements pendants sur différentes parties du corps.
La peau atteinte de dermatolysie n'a rien perdu de son activité fonctionnelle; sa coloration, sa température, sont restées normales, au moins dans la généralité des cas; les poils continuent à végéter à sa surface; ses diverses sécrétions n'ont 5ubi aucune modification appréciable. Quelquefois pourtant on remarque une certaine vascularisation du tissu cutané qui entre dans la formation des plis, et si l'on interroge sa sensibilité, on la trouve généralement un peu diminuée.
La dermatolysie est une affection absolument indolente ; mais elle peut donner lieu, par le seul fait de sa présence, à d< s désordres fonctionnels d'une véritable gravité. C'est ce qui arrive notamment à la face, où toute déviation du type normal devient si facilement une cause de trouble et de gêne pour les organes si importants qui s'y trouvent concentrés.
La dermatolysie est toujours partielle. Alibert en a mentionné cinq variétés selon le siège :
1° Une dermatolysie palpébrale (dermatolysis palpehrariwi) , variété trèscommune. Il cite le fait d'une jeune fille de la campagne dont les paupières supérieures s'étaient allongées d'une manière si prodigieuse qu'elles couvraient les yeux et la partie supérieure des joues;
2" Une dermatolysie faciale {dermatolysis faciei). Assez commune. Alibert en rapporte un exemple des plus extraordinaires, observé chez un nommé Lemoine, âgé de quarante-cinq ans. La presque totalité de la face et du crâne était occupée par une suite de plis, les uns longitudinaux, les autres transversaux ou obliques, la plupart d'une étendue considérable, et qui formaient des masses de peau pendantes, entraînées par leur propre poids vers les parties déchirées, et au milieu desquelles disparaissaient à peu près complètement les traits du visage ;
5" Une dermatolysie cervicale {dermatolysis collaris). Il s'agit ici d'un homme âgé de soixante-deux ans, chez lequel le mal se serait manifesté vers l'âge de quatorze ans. La tumeur avait la forme suivante : la peau singulièrement relâchée et sillonnée formait une sorte de triangle qui, de l'oreille droite, se propageait jusqu'au devant de la poitrine ; cet amas de peau ressemblait assez bien à celle que l'on voit pendre sous le cou des vaches ou au cou des gros chiens de basse-cour;
4" Dermatolysie ventrale {dermatolysis abdominalis) . Variété assez fréquente ; le relâchement de la peau de l'abdomen peut atteindre des proportions assez considérables pour nécessiter l'emploi de moyens spéciaux de contention;
5» Dermatolysie génitale {dermatolysis genitalium). Alibert cite un cas fort curieux, observé par lui chez une jeune fille de vingt ans. Cette affection, qui consistait en un relâchement de la peau située entre les grandes et les petites lèvres, lui parut avoir un rapport singulier avec l'appendice décrit par les voyageurs che2 les femmes des Boschimans.
DERMATOPHILE. 659
Les cinq localisations mentionnées par Alibert ne sont pas évidemment les seules que puisse affecter la dermatolysie. J'ai dit que M. Furneaux-Jordan avait observé cette affection sur la région du cou-de-pied, et M. Adams sur la totalité de la jambe; l'hypertrophie des orteils, maladie particulière aux Africains, est aussi vraisemblablement une lésion du même ordre. Enfin Turner, dans son T raité des maladies de la peau (Introduction, page xxi), cite un cas bien remarquable de dermatolysie (?) ayant pour siège l'épaule droite et la mamelle; ce fait mérite d'être consigné ici ; je laisse la parole à Turner : « Je n'ai rien vu, dit il, quant à la dilatabilité surprenante de la peau, qui approche de ce que Mekrin rapporte d'un jeune Espagnol qui, avec la main gauche, portait à sa bouche la peau de son épaule droite et de sa mamelle, comme il le fit voir dans l'hôpital d'Amsterdam à Van Horn, à Sylvius, à Pison, et à quelques autres savants médecins. Il étendait aussi la peau de son menton sur la poitrine, en forme de longue barbe, et la portait après sur le sommet de la tête, par où il se cachait les deux yeux ; après quoi, se remettant avec régularité dans sa situation naturelle, elle y paraissait aussi unie que celle d'aucune autre personne. Cet Espagnol pouvait étendre aussi en haut et en bas la peau du genou et de la jambe droite, de la longueur d'une demi -verge; mais, ce qui paraît encore plus remarquable, la peau du côté gauche du corps ne souffrait aucune extension pareille. »
La dermatolysie est presque toujours congénitale; quelquefois pourtant elle s'est manifestée à une époque variable après la naissance, mais peut-être ne faut-il voir dms ces faits que le résultat d'une conformation organique jusque-là restée latente et par conséquent méconnue : en effet, lai ésion qui nous occupe paraît susceptible d'un certain développement, mais tout se borne à des modifications de forme et de volume.
Comme je l'ai dit en commençant, la dermatolysie ne va point sans un certain degré d'hypertrophie ; le derme est épaissi, le tissu lamineux est plus dense qu'à l'état normal, les filets nerveux plus volumineux et parfois renflés de distance en distance de manière à constater des névromes. Ces caractères distinguent suffisamment la chalazodermie de tous les relâchements de la peau dus à des causes purement mécaniques, comme l'ascite, la grossesse, etc.
En résumé, la dermatolysie est une difformité de la peau due à une aberration de nutrition dont le point de départ remonte généralement à la vie intrautérine. Cette affection, absolument locale, n'aura aucune influence fâcheuse sur la santé générale, mais elle peut être grave en raison des déformations qu'elle produit et des troubles fonctionnels qu'elle occasionne, lorsqu'elle se trouve à proximité d'organes plus ou moins importants, comme il arrive à la face. Quant au traitement, il n'y en a qu'un, faire l'ablation des plis avec le bistouri, et réunir ensuite par la suture : mais on conçoit que ce moyen ne s'applique qu'aux cas où l'affection est parfaitement circonscrite et de peu d'étendue. Bazin.
DERMATOiiES. Tumeurs de la peau. Voij. Peau.
DERMATOPniLE {Sipixoc, peau, et tpi>oî, qui aime). Nom d'un genre d'insectes, créé par Guérin-Méneville pour désigner la Chique ou Puce pénétrante, si nuisible dans les pays chauds [voy. Chique). Les caractères de ce genre, dont la priorité appartient bien réellement à Guérin-Méneville, ont été exposés avec
640 DERMATOSES.
ceux de l'espèce typique (Chique, t,. XVI, p. 229). J'ai discuté la valeur des termes RJujnchoprion et Sarcopxj/Ua que Oken, Karsten et Westwood,ont voulu appliquer à la Puce pénétrante. J'ai enlin démontré que la désignation de Dermatophilus penetmns devait prévaloir (Chique, loco citato, p. 259) {voij. Lnsectes, Puce, Suceurs). A. Laboulbène.
DERM.4TOPTÈRES {Dermcitoptera Burra.), de Sîpua, peau, et -^TÉpov, aile. Groupe d'insectes que leur aspect caractéristique, rappelant un pou celui des Coléoptères de la famille des Staphylinidés, et certaines particularités de leur organisation, ont fait considérer pendant longtemps comme devant l'ormer un ordre distinct, mais qui ne constituent plus aujourd'hui qu'une simple division de l'ordre des Orthoptères.
Ce "^roupe correspond aux Labidoiires de Duméril et de Léon Dufour, aux Dermaptères de Leacli, de Kirby et de Stephens, aux Euplexoptères de Westwood et d'Emile Blanchard, enfin aux Harmoptères de Fieber. Il renferme la seule famille des Forficulidés, dont les représentants, bien connus sous les noms vulgaires de Forficitles, Pevce-oreilles, sont remarquables autant par les deux organes en forme de pince qui terminent leur abdomen que par la manière compliquée dont s'opère le plissement de leurs secondes ailes sous les élytres {voy. Orthoptères). Ed. Lefèvre.
DERMATOSES (de Sipaa,peau), mot par lequel Alibert désignait indistinctement toutes les affections ou maladies de la peau.
Avant de tracer, de notre point de vue, l'histoire générale des dermatoses, il convient de faire connaître de quelle façon ce vaste sujet a été envisagé par les auteurs tant anciens que modernes. C'est donc par des considérations historiques que nous commencerons cet article.
HISTOBIQUE DES DERMATOSES. Afin de créer quelques points fixes qui permettent à la mémoire de se reconnaître au milieu des documents sans nombre que comprend cette étude, nous établirons trois époques correspondant aux grandes divisions de l'histoire universelle : la première s'étendra depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du quatrième siècle de notre ère; la deuxième depuis le commencement du cinquième siècle jusqu'au milieu du quinzième; la troisième depuis le milieu du quinzième jusqu'à nos jours. Je tracerai, s'il y a lieu, des divisions secondaires.
Première époque. Elle se réduit à peu près complètement pour nous à l'antiquité grecque et latine, en dehors de laquelle nous ne savons rien ou presque rien des différentes races qui ont peuplé le monde en ces temps reculés. On ne saurait douter pourtant que les dermatoses, exposées qu'elles sont à tous les regards, s'offrant sous mille aspects divers, atteignant tous les âges et les deux sexes, se montrant sous toutes les latitudes, aient dû, nécessairement, frapper l'attention des observateurs de tous les lemps. Une preuve de ce fait nous est fournie par le peuple Juif, dont les annales nous ont été transmises dans la Bible, oiî l'on trouve les affections de la peau pour la première fois mentionnées sous le nom de tsavath, traduit en grec dans la version des Septante par celui de liivpx. Or, ce mot tsavath s'appliquait, selon toute vraisemblance , à un certain nombre d'affections cutanées fort différentes, mais dont l'une présentait évidemment de grands rapports avec la lèpre tuberculeuse ou éléphantiasis des
DERMATOSES. C4I
Grecs; et ces affections étaient sans doute bien fréquentes chez le peuple Juil, et quelques-unes bien redoutables, si l'on en juge du moins par la frayeur qu'elles inspiraient et par les mesures sanitaires dont elles ont été l'objet de la part du législateur hébreu. Remarquons du reste que le penple Juif, tel que la Bible nous le représente, toujours errant, misérable, dénué des choses les plus nécessaires à la vie, se trouvait précisément dans les conditions qui favorisent au plus haut degré le développement des affections de la peau.
Autre fait qui prouve l'intérêt qui s'est attaché de tout temps à cet ordre d'états morbides : nous avons eu entre les mains un Traité des alfections de la peau, écrit en chinois 2000 ans avant notre ère. Ce traité, que nous avons fait voir à nos élèves en 1857, était illustré; mais, malgré les planches intercalées dans le texte, il nous a été impossible d'y trouver un seul dessin qui ressemblait à l'une quelconque de nos maladies cutanées : ce qu'on ne peut évidemment attribuer qu'à l'état d'enfance où se trouvait l'art de la peinture à l'époque où cet ouvrage a été écrit.
Si l'Egypte et la Chine peuvent disputer à la Grèce l'origine de la médecine, elles ne sauraient lui ravir la gloire de l'avoir amenée, par des révolutions successives, au degré de développement où nous la trouvons dans les œuvres d'IIippocrate et de Galien.
C'est par Hippocrate que nous allons commencer la revue des évolutions <[u'a subies la pathologie cutanée depuis les temps antiques jusqu'à nos jours. Et cette première partie de notre tâche n'en est certes pas la plus facile. En effet, Hippocrate ne nous a laissé généralement sur les affections de la peau que des indications tellernent vagues, concises et aphoristiques, qu'il semble n'en aA^ir eu qu'une connaissance forte imparfaite. Telle est du moins l'impression que l'on éprouve lorsque l'on relit, au point de vue spécial qui nous occupe, les œuvres de ce grand homme. Frappé de l'existence de celte lacune dans la médecine antique, Lorry a cru pouvoir en inférer que les maladies de la peau étaient sans doute beaucoup moins fréquentes autrefois qu'elles ne sont aujourd'hui, ce qui s'expliquerait, dit-il, soit par la sévérité des mœurs en ces temps primitifs, soit par la salubrité des lieux où fleurit d'abord l'art de la médecine. Lorry invoque en outre à l'appui de sa thèse le silence d'Hésiode et d'Homère, qui ne font mention des maladies cutanées dans aucun endroit de leurs ouvrages, et certains passages d'Hérodote et de Thucydide où ces maladies sont présentées comme très-rares et à peu près inconnues en Grèce. Mais toutes ces raisons ne nous semblent pas démontrer suffisamment que l'assertion de Lorry soit conforme à la réalité des faits.
Assez généralement les termes employésjpar Hippocrate semblent s'appliquer bien plutôt à des groupes ou catégories d'éruptions qu'à une forme éruptive bien déterminée : ainsi en était-il des mots lîizpxi, jiMpcf.i, ^sux.at, hr/jn-js;, è^avS/;para, etc., que l'on voit reparaître si fréquemment dans ses œuvres. Quant au sens qu'il convient d'attribuer à ces dénominations collectives, c'est ce qu'il est le plus ordinairement fort difficile de préciser d'une manière rigoureuse. Lorry lui-même, le savant Lorry, dont l'autorité est si grande en pareille matière, n'a pas toujours à beaucoup près réussi à débrouiller ce chaos, et c'est en vain que nous avons cherché dans plus d'un cas des éclaircissements dans son livre.
Essayons néanmoins de nous faire une idée telle quelle des principaux termes de nomenclature employés par Hippocrate pour désigner les affections de la peau.