‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.29Chapitre 16 sur 83 · DIDELOT · texte numérisé non relu

DIDELOT

DICOTTLÉ DOIVES. Voy. Botanîqoe, p. 131.

DICROTIS.IIE. Voy. Pouls.

DICTAMXE (et non Diclame). Nom appliqué à plusieurs plantes employe'es en médecine et jadis conside'rées comme des panacées, endormant les douleurs, gue'rissant de tous les maux ou les faisant oublier, etc. :

Le Dictamne-Frajcinelle, de la famille des Hutacées, a été étudié au mot Fraxlnelle (sér. 4, YI, 35).

Le Dicfamne blanc est la variété à fleurs blanches de laFraxinelle, considérée parfois comme espèce sous le nom de Dictamnus aîbus.

Le Dictamne de Crète., de la famille des Labiées, a été traité au mot Amaracos (sér. l.III, 515).

Le dictamne ou Dictame des Barhades est la fécule de la principale plante à VArroiv-root, le Maranta arundinacea L.

Le dictamne de Virginie est le Pouliot {Mentha Pulegium L.). — Voij. Menthe.

he Dictamne faux ou Fau.v-Dictamne est le Marrubiinn Psei/do-Dlcfcunnus L. [Molucella fruticosa Forse.), qui a les propriétés du Marrube blanc. H. Bn.

DICYAXIQUE (Acide) ou DirARBi:tiiDE. S'obtient sous forme de cristaux jaune clair en faisant agir l'acide nitreux sur la cyanurée {voy. Urée). D.

DICYPELLIOI Nées. Genre de plantes Dicolylédones, appartenant à la famille des Laurinées, ayant : des fleurs dioiques, en grappes, nues. Le calice est coriace, rotacé, profondément sexpartite, persistant. Les fleurs mâles sont inconnues; les fleurs femelles ont 12 étamines stériles, disposées sur 4 rangs, les 3 extérieures pétaliformes; celles de la seconde série portant des anthères à 4 loges ; celles de la troisième série plus petites ; enfin celles de la quatrième squamiformes, oblongues, pressées contre le pistil. Le fruit est une baie sèche, entourée à la base par le calice charnu, et placé sur un disque plan à 6 angles.

La seule espèce de ce groupe est le Dicypellium caryophyîlatum Nées, plante <lu Brésil, dont toutes les parties ont une odeur prononcée de girofle. Les feuilles de ce Dicypellium sont éparses, cartilagineuses, atténuées dès la base, oblongues acuminées, glabres, brillantes en dessus.

La plante fournit l'écorce désignée sous le nom de Cannelle giroflée {voy. ce mot). Pl,

Bibliographie. — Nées. Syst. taurin., p. 343. — Esblicher. Gênera, p. 320, n" 2045,

ilEiss>ïR. Gênera, p. 526, et D. C Prodromxis, XV, p. 171. — Gcibocrt. Drogues simples, 1' édit., II, p. 400. Pl.

DIDELOT (Nicolas). Né à Bruyères dans l'ancienne Lorraine, ce chirurgien après s'être établi à Rémiremont, devint premier chirurgien du roi de Polof^ne, associé correspondant du Collège de Nancy, correspondant de l'Académie de chirurgie de Paris. 11 mourut vers l'année 1790. Ses ouvrages, dont nous donnons la liste ci-dessous, sont presque tous écrits pour l'usage du peuple, et sont le fruit d'une longue expérience des besoins des gens de la campa^^ne. Didelot ne se fait pas du reste illusion sur l'importance de son œuvre et sa modestie égale son mérite et ses louables intentions. « Quiconque écrit, dit-il

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quelque part, doit s'atfendre à quelques éloges ou à une foule de critiques; c'est son apanage ordinaire. Si cela arrive, je n'aurai d'autre réponse à faire que de me corriger et de conserver, pour celui qui m'aura éclairé, la reconnaissance que l'on doit à un bienfaiteur et à un guide. L'orgueil et l'ingratitude seuls doivent insulter un homme qui veut bien nous donner la main quand nous sommes égarés. »

I. Lettre à Messieurs les Président, Doyen et Docteurs du Collège royal de médecine de

Nancy, sur la cause de Vépidémie de Vannée 1771 Bruyères, 1771, in-12. — II. Avis

uux gens de la campagne, ou Traité des maladies les plus communes Nancy, 1772,

in-12. — III. Précis des maladies chroniques et aiguës; servant de suite à l'Avis aux gens de la campagne; contenant l'histoire des maladies, la manière de les traiter d'après les plus célèbres médecins ; avec des remarques et des observations très-intéressantes pour la pratique. ISancy, 1774, 2 vol. in-12. — IV. Deso-iption topographique, minérale et médicinale des Vosges, 1780, in-8°. — V. Avis aux personnes qui font usage des eauxde Plombières. Bruyères, 1782, in-S". — VI. Instruction pour les sages-femmes, ou méthode assurée pour aider les femmes dans les accouchements naturels et laborieux, dédiée à M. de la Galaizière, intendant de Lorraine et Barrois. Nancy (s. d.), in-12, une planche. A. G.

DIDELPHES. Le nom de Didelphes [Didelphys, du Sic, double, et 5cX(puç, matrice) avait été appliqué par Linné et par Shaw à un genre renfermant nonseulement les Sarigues d'Amérique, les Kanguroos d'Australie et les Couscous de la Nouvelle-Guinée, en un mot tous les Mammifères dégradés qu'on désigne plus communément aujourd'hui sous le nom de Marsupiaux [voy. ce mot) ; c'est pourquoi, en employant le mot proposé par Linné comme un adjectif, on dit encore quelquefois, en parlant des Marsupiaux, les Mammifères didelphes., par opposition aux Mammifères monodelphes qui sont les Mammifères les plus élevés en organisation. Mais d'ordinaire le terme de Didelphe a, dans les ouvrages de zoologie moderne, un sens beaucoup plus restreint et désigne exclusivement les Sarigues d'Amérique. Le genre Didelphys comprend donc les Sarigues proprement dites et constitue le type de la famille des Didelphydés, qui est exclusivement propre à la faune du Nouveau Monde et dont l'aire d'habitat s'étend des Étals-Unis à la Patagonie. .

Les représentants assez nombreux de cette famille sont des Mammifères grimpeurs, de petite taille ou de taille moyenne, ayant la tête généralement allongée, le museau pointu, les oreilles grandes, les yeux largement ouverts, la queue longue et préhensile et les pattes terminées chacune par cinq doigts. Leur bouche est armée de 50 dents, 2ô à la mâchoire supérieure et 24 à la mâchoire inférieure, celle-ci possédant une paire d'incisives de moins que son antagoniste qui porte 5 paires d'incives, 1 paire de canines, 5 paires de prémolaires et 4 paires d'arrière-molaires. Ces dernières dents ressemblent un peu aux dents carnassières de certains Mammifères carnivores, tandis que les incisives sont pointues comme celles d'un Ouistiti.

Aux pieds postérieurs le pouce est nettement séparé des autres doigts et peut leur être opposé de manière à constituer un organe de préhension, une sorte de main, ce qui a valu aux Didelphydés le nom de Pédimanes, par lequel on les désigne quelquefois. Enfin les mamelles sont logées tantôt dans une poche bien constituée, tantôt entre deux simples replis de la peau.

Ces diverses particularités d'organisation sont en rapport avec ce que nous connaissons des mœurs et des allures des Didelphydés.

Les voyageurs nous les dépeignent en effet comme des animaux plutôt nocturnes que diurnes, passant la plus grande partie de leur vie sur les arbres,

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grimpant aux branches avec beaucoup d'agilité ou s'y accrochant à l'aide de leurs pieds postérieurs et de leur queue préhensile, et dévorant non-seulement des fruits, mais encore des œufs, de jeunes oiseaux, de petits mammifères et des insectes. Dans leurs pérégrinations certains Didelphydés, ceux dont les mamelles ne sont protégées que par de simples replis cutanés, transportent sur leurs dos leurs petits qui enroulent leur queue autour de celle de la mère, tandis que d'autres espèces, possédant une poche abdominale complète, y logeut leur progéniture jusqu'à ce que celle-ci ait acquis un développement suffisant.

Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et son fils Isidore, ont proposé de diviser la famille des Didelphydés en quatre genres : 1° Sarigue ou Didelphys; 2° Chironecte [Chironectes Illig.); o" Micouré [Micoureus Is. Geoff.) et Hémiure [Hemiums Is. Geoff.) ; mais nous pouvons laisser de côté le premier de ces groupes qui est l'objet d'un article spécial {voy. le mot Sarigue).

Les Chironectes sont des Didelphydés de petite taille, qui doivent leur nom à l'existence, entre leurs doigts postérieurs, de larges palmatures au moyen desquelles ils peuvent nager aussi facilement que des Loutres : aussi Buffon avait-il décrit sous le nom de petite Loutre de la Guyane le Chironecte oyapock [Chironectes variegatus) qui vit à la Guyane et au Brésil et qui est à peu près de la taille d'un Rat, avec un pelage tacheté de noir, de gris et de blanc.

Dans le genre Micouré que l'on appelle aussi Philander, les femelles n'ont pas une poche abdominale complète comme dans les genres Sarigue et Chironecte, mais la queue reste longue et préhensile; au contraire dans le genre Hémiure, comme le nom même l'indique, la queue se trouve singulièrement réduite.

Ces différences sont très-apparentes quand on compare l'Hémiure tristrié [Hemiurus tristriatus) que Buffon avait pris pour un Musaraigne, et le Micouré de Mérian ou Philander Enée [Micoureus dorsigerus), qui habite les plaines boisées du nord-est du Brésil. Dans cette dernière espèce qui a l'aspect extérieur d'un Bat, avec des proportions un peu plus faibles, la femelle met bas cinq à six petits complètement informes qui restent attachés à ses mamelons jusqu'à ce qu'ils aient le corps couvert de poils et qui, à ce moment, se hissent sur le dos de leur nourrice et s'accrochent à sa queue. En cas de danger, la mère s'enfuit chargée de son précieux fardeau en poussant des sifflements ai<T^us et en émettant une odeur alliacée très-pénétrante. Gomme tous les Didelphydés, le Micouré de Mérian est arboricole et passe la journée caché dans un trou d'arbre ou au plus épais d'un buisson; il est chassé par les indigènes qui le considèrent comme un gibier assez délicat. La chair de tous les Didelphydés est cependant imprégnée d'un fumet particulier, que lui^ communique un produit de sécrétion des glandes anales et auquel le palais d'un Européen a beaucoup de peine à s'habituer. Certains Sarigues fournissent aussi une fourrure très-chaude et très-solide; mais les espèces que nous venons de quitter sont sans valeur sous ce rapport, à cause de leur petite taille.

Pendant la période tertiaire, la famille des Didelphydés, aujourd'hui reléguée en Amérique, comptait d'assez nombreux représentants en Europe, comme le prouvent les débris exhumés successivement des plâtrières des environs de Paris des calcaires marneux de Uonzon et des phosphorites du Quercy. Plusieurs de ces espèces éteintes ont été décrites et figurées par Guvier, par M. Aymard et par M. H. Filhol, sous les noms de Didelphys Cuvieri, D. arvernensis Feratherium Bertramli, P. exile, P. crassunij etc. E. Oustalet.

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