TC DIDEROT
r BiBijORRAPHiE. — LiXNÉ. Si/Slemû 7mt'jrœ, édit. Gmelin, 1788, p. 105. — G. Cuvier. Hègne animal, 1817, t. I. p. 172 et Ossements fossiles, 2« édit:, t. III, pi. 71. — P. Gkkvais. Histoire naturelle des Mammifères, 1853, t. II, p. 284. — Brehm. Vie des animaux, trad. franc, de Z. Gerbe, Mammifères, t. II, p. 18. — Claus. Traité de zoologie, trad. de G. Moquin- Tandon, 1878, p. 1053. — II. Filhol. Recherches sur les phosphorifes du Quercy, 1877, p. 467. — Du MÊME. Étude sur les Mammifères fossiles de Ronzon, 1882, p. 200. E. 0.
DIDEROT (DeiMs). Célèbre philosophe, né à Langres ea 1715, mort à Paris en 1781, l'un des principaux auteurs, avec d'Alembcrt, de la fameuse Encyclopédie du dix-huitième siècle. Fils d'un coutelier, élevé par les jésuites, puis brouillé longtemps avec sa famille, il mène à Paris une vie de privations, donnant des leçons, rédigeant des prospectus ou avis au peuple, et même des sermons, et faisant des traductions. Passionné pour l'étude, il lit tout et porte son attention sur les points les plus divers ; philosophie, théologie, littérature, histoire, médecine, sciences naturelles, rien ne lui est étranger'; il sait parler de tout, et en beau parleur; il écrit sur tout, on sait avec quel style brillant et imagé; mais dans toutes ses œuvres, il se montre l'ennemi des jésuites, ses premiers maîtres, aussi bien que des jansénistes et de toute secte cafarde, quoiqu'il ne se pose pas en athée. Il ne nous appartient pas de raconter ici toutes les persécutions auxquelles notre grand philosophe fut en butte. Nous ne l'aurions même pas mentionné dans ce Dictionnaire si, en sa qualité de philosophe leibnizien, il n'avait joué un rôle d'une certaine importance au point de vue du développement des sciences naturelles, et en particulier du développement des théories scientifiques d'un grand poëte allemand, de Goethe, que tout récemment Hœckel a présenté comme l'un des précurseurs du transformisme. A ce compte, nous réclamons le même honneur pour notre Diderot, qui a précédé Goethe et exprimé dans les mêmes termes en quelque sorte que ce dernier (heureuse rencontre!) ses idées sur le dynamisme universel, sur la continuité et l'évolution dans la nature, sur l'animal prototype de tous les autres, etc. Avis à M. Haeckel! Pour établir les droits de notre candidat, qu'on nous permette de citer quelques passages de V Interprétation de la nature : « Si les êtres s'altèrent successivement en passant par les nuances les plus imperceptibles, le temps qui ne s'arrête point doit mettre à la longue, entre les formes qui ont existé très-anciennement, celles qui existent aujourd'hui et celles qui existeront dans les siècles reculés, la différence la plus grande ; et le nïl sub sole novum n'est qu'un préjugé fondé sur la faiblesse de nos organes, l'imperfection de nos instruments et la brièveté de notre vie » (§ LVll). Et ailleurs : « Quand on considère le règne animal et qu'on s'aperçoit que, parmi les quadrupèdes, il n'y en a pas un qui n'ait ÏQi fonctions et les parties, surtout intérieures, entièrement semblables à un autre quadrupède, ne croirait-on pas volontiers qu'il n'y a jamais eu qxxiin premier animal prototype de tous les animaux dont la nature n'a fait qu'allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes?... Quand on voit les métamorphoses successives de l'enveloppe du prototype, quel qu'il ait été, approcher un règne d'un autre règne par des degrés insensibles et peupler les confins des deux règnes (s'il est permis de se servir du terme de confins où il n'y a aucune division réelle), et peupler, dis-je, les confins des deux règnes d'êtres incertains, ambigus, dépouillés en grande partie des formes, des qualités et des fonctions de l'un et revêtus des formes, des fonctions, des qualités de l'autre, qui ne se sentirait porté à croire qu'il n'y a jamais eu qu'un premier être prototype de tous les êtres?... )) (^ XII) ; et plus loin : « Je demande si les