‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.29Chapitre 19 sur 83 · D1DY3IE · texte numérisé non relu

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construit si lentement à travers les siècles, grâce aux efforts accumulés de tant de générations successives. L. H^'.

DIDy:»IE (de ^i^iiuoi, jumeaux). Métal accompagnant toujours le cérium et le lanthane dans la cérite et autres minéraux analogues. Il a été découvert en 1840 par Mosander ; il a surtout été étudié par Marignac {Annal, de chim. et phijs. (5) t. XXXVIll, p. 148), Ilermann (Journ. prakt. Cltem.t. LXXXIl, p. 385) et, plus récemment, par Cleve, par Frericlis et Smith [Bull, de la Soc. chim., t, XXI, p. 24G. — Annal. Client. Pharm. t. CXCI, p. 344) et autres.

Le didyme métallique a été obtenu dans ces derniers temps sous forme compacte, en soumettant le chlorure de didyme fondu à l'électrolyse. C'est un métal blanc, avec une teinte jaunâtre, inaltérable à l'air sec, mais se ternissant à l'air humide. Sa fusibilité est voisine de celle de l'argent. Sa densité est égale à 6,544 (Hillebrand et Norton, Pogg. Annal, t. GLVl).

Le poids atomique du didyme est égal à 147, si l'on admet que son oxyde a pour formule Di"-Û" et non DiO, comme on l'a admis jusque dans ces derniers temps (Cleve, Hillebrand et Norton).

Vo.ryde de didyme Di^û^, obtenu par la calcination de l'oxalate, du carbonate, de l'azotate ou de l'hydrate est une poudre blanche ou bleuâtre. Il existe aussi un peroxyde, mais qui ne renferme que peu d'oxygène de plus (environ 1 pour 100). Le peroxyde est brun rougeâtre et se transforme en oxyde blanc par une forte calcination. L'hydrate de didyme Di-O^^H-0 est un précipité rose pale; séché, il attire l'acide carbonique de l'air.

Pour retirer l'oxyde de didyme de la cérite, on attaque celle-ci par l'acide sulfurique concentré, on chasse l'excès d'acide, on dissout les sulfates dans l'eau d'où on les précipite sous la forme de sulfates doubles peu solubles à froid. Un redissout ces sels doubles dans l'eau bouillante et on en précipite les oxydes par la potasse. On mélange les oxydes précipités avec de la potasse et on y fait passer un courant de chlore qui précipite le cérium à l'état d'oxyde cérosocérique, tandis que les oxydes de lanthane et de didyme se dissolvent et se transforment en chlorures. On répare ensuite le didyme et le lanthane par précipitation fractionnée à l'aide de l'ammoniaque; l'oxyde de didyme est précipité eu premier lieu. Si le didyme est accompagné d'yttrium, on peut séparer le didyme sous forme de formiate très-peu soluble, tandis que le formiate d'yttrium est très-soluble.

he chlorure de didyme Di'Cl^ + 12H^0 cristallise en prismes clinorhombiques roses, déliquescents, très-solubles dans l'eau et dans l'alcool. Si l'on évapore à sec sa solution sirupeuse, on le transforme en oxychlorure Di'-Cl^O^ -h oH^C

Les seU de didyme sont généralement d'un rose pur ; leur saveur est sucrée et astringente. Leurs solutions produisent un spectre d'absorption remarquable, qui se manifeste aussi lorsqu'on observe à l'aide du spectroscope la lumière réfléchie par les combinaisons didymiques solides.

La potasse produit dans les solutions de didyme un précipilé d'hydrate, insoluble dans un excès d'alcool. Les carbonates alcalins en précipitent du carbonate d'un blanc rosé. Le sulfhydrate d'ammoniaque donne un précipité d'hydrate et non de sulfure. L'oxalate d'ammoniaque donne un précipité tout à fait insoluble d'oxalate de didyme. Les sulfates alcalins donnent des précipités de sulfates doubles insolubles surtout dans un excès de sulfates alcalins.

Le nitrate de didyme (AzO^)''Di'^-|-xH-0 est très-soluble et se prend par le

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refroidissement de sa solution, évaporée à consistance sirupeuse, en une masse cristalline qu'on n'obtient anhydre qu'en la chauffant à 500 degrés.

he sulfate (S0*)''Di--|-8H-0 cristallise en beaux prismes clinorhombiques rouges. Les sulfates alcalins doubles peu solubles, ont pour composition générale (S0*)Di'.SO^>P -H H-0. Le phosphate est insoluble dans l'eau.

Vacétate {C^B^O^yDi- + 8H-0 forme de beaux cristaux rouges, très-solubles. Le formiaiBy très-peu soluble, est une poudre cristalline rose. Ed. Willm.

DIÉ (SAIXT-) (Eaux minérales de). Athermales, bicarbonatées , ferrugineuses faibles, carboniques faibles^ dans le département des Vosges, chef-lieu de l'arrondissement du même nom, sur la rivière de la Meurthe, est une ville de 10 000 habitants, ayant un évèché, une église calviniste, un tribunal de première instance, un collège, des fabriques de calicots, de mouchoirs, de potasse, de papiers, d'objets de quincaillerie. Son commerce en grains, en bestiaux, en fer, en lin, etc., est assez important. Saint-Dié (S. Deodatinn) doit son nom à saint Déodat ou saint Dié qui y fonda un monastère vers l'année 660. Les deux sources de Saint-Dié émergent au pied de la montagne Saint-Martin. Leur eau, qui n'a jamais été analysée, est claire, limpide et transparente, elle laisse déposer cependant, sur les parois intérieures des fontaines, une couche assez épaisse de rouille. Leur goût est franchement ferrugineux, et les chloro-anémiques des environs en font usage en boisson seulement. A. R.

DIEFFEXBACH (Joha>'>-Friedrich). L'uu dcs plus émineuts chirurgiens de l'Allemagne, naquit à Ronigsberg le 1" février 1794-, d'une famille d'origine hessoise, qui comptait déjà un grand nombre d'illustrations dans les belleslettres, L poésie, etc. Son père était instituteur à l'école primaire de Ronigsberg.

Dieffenbach fit ses premières éludes au gymnase de Rostock, puis s'adonna à la théologie à Rostock à partir de 1812, et ensuite à Greifswald. Après avoir fait, comme volontaire dans les chasseurs à clieval mecklembourgeois, les campagnes de 1815, 1814 et 1815, il reprit l'étude de la théologie à la même université, mais ne tarda pas à l'abandonner pour se livrer à la médecine, surtout à la chirurgie, qu'il étudia successivement à Ronigsberg (1816) et à Bonn (1820), en même temps qu'il donnait, paraît-il, dans la première de ces villes, des leçons d'escrime et de natation. 11 suivit ensuite les cours de Wallher, à Vienne, puis, en 1821, accompagna en France une dame aveugle, et écouta à Paris les leçons de Dupuylren et de Larrey. L'année suivante, il se rendit à Marseille dans le but de faire voile pour la Grèce et de prendre part à la guerre de délivrance, mais il en fut empêché par des affaires de famille qui le forcèrent à revenir en Allemagne, et peu après, vers la fin de l'année 1822, il prit le diplôme de docteur à Wurtzbourg.

Sa thèse, sur la transplantation des tissus animaux, fut très-remarquée. II s'établit ensuite à Berlin, où son talent d'opérateur lui valut bientôt une "rande réputation. En 1850, il obtint la direction de l'une des sections chirurcricales au grand hôpital de la Charité, et fut nommé membre de la commission supérieure d'examen; en mai 1852, il devint professeur de médecine opératoire à l'Université de Berlin. En 1854, il fit un nouveau voyage en France, et en 1857, un autre à Londres, puis en 1840 succéda à de Graefe comme chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité. L'année suivante il visita Vienne et, en 1845, Saint- Pétersbourg.

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L'enseignement de Dieffenbach était très-suivi et attirait un grand nombre d'étrangers a l'Université de Berlin. L'illustre chirurgien était à l'apogée de sa gloire et de ses succès, quand il mourut subitement à sa clinique le 11 novembre 1847. 11 était membre de l'ordre prussien « Pour le mérite » et chevalier d'un grand nombre d'ordres allemands et étrangers. Il était en outre président du Conseil de santé de Berlin.

Les mérites de Dieffenbach sont variés et de la plus grande importance. Le nom de l'habile opérateur allemand est, en effet, lié d'une manière inséparable à l'histoire de l'autoplastie et à celle de la ténotomie sous-cutanée; la première avait déjà été perfectionnée en France par Boux, qui donna le jour à la staphylorrhaphie, et par Larrey qui pratiqua la belle opération de rhinoplastie en 1820, en Allemagne par de Graefe, l'auteur de la première blépharoplastie, etc. ; la ténotomie avait pris naissance en France ; c'est à Delpech et à Dupuytren que revient l'honneur de l'avoir imaginée, Stromeyer et Dieffenbach ne vinrent qu'ensuite. Le mérite de Dieffenbach, c'est de s'être fait une spécialité de ces opérations, d'avoir créé des procédés opératoires et d'avoir perfectionné ceux qui existaient. Pour la restauration des lèvres en particulier, il a imaginé une modification très-heureuse qui consiste à laisser intacte la membrane muqueuse de la joue et à la renverser de manière à procurer à la lèvre artificielle un bord libre semblable à celui de l'état normal.

Ses élèves, enthousiasmés, ont voulu faire à l'illustre chirurgien la part trop belle ; selon eux, on ne se serait occupé d'autoplastie, par exemple en France, qu'à partir du voyage qu'y fit Dieffenbach en 1834.

Quoi qu'il en soit, Dieffenbach a bien mérité de l'humanité. Citons entre autres, outre ses belles opérations autoplastiques, son procédé de ténotomie pour remédier au strabisme, son procédé pour guérir le balbutiement, sa méthode de section du tendon d'Achille pour remédier au pied bot. Notons encore qu'il a continué l'œuvre de Scheel, relativement à la transfusion du sang et à l'injection des médicaments dans les veines.

Dieffenbach n'était pas professeur brillant; ses leçons manquaient de ce charme de la forme et de cet art oratoire qui rendent attrayantes les questions les plus ardues; il en est de même de ses livres, écrits absolument sans art, et par cela même d'une lecture quelque peu pénible.

On trouve de lui une foule d'articles et de mémoires dans Heckers Annalen der Heilkunde, Berliner Choiera- Archiv, Rusfs Handbuch der Chirurgie, Schmidt's Jahrhiïcher der Medicin, Husfs Magazin der Heilkunde, Gràfe unà Walthers Journal der Chirurgie, Caspers Wochenschrifi fur Heilkmide, Animons Zeitschrift fiïr Ophthalmologie, Pierers medicinischeZeitung, etc. ,etc. , et dans le Zeitschrift fiir Medicin, qu'il rédigea en 1856 et 1837. On tiouvera rénumération d'une partie de ces articles dans Callisen, Nous ne mentionnerons que les ouvrages plus importants :

I. Nonnulla de regeneralioiie et transplanlalione . Dissert, inaug. Herbipoli, 1822, gr. in-S". — II. Die Transfusion des Blutes unrl die Infusion der Arzneien in die Blutgefàsse, historisch und in Rûcksicht auf die praktische Heilkunde bearbeitet. Tlil I. Berlin, 1828 (1827), gr. in-8°. — III. Chirurgische Erfahrungen besonders iiber die Wiederherstellung zerslôrter Thcile des menschliclien Kbrpers nach neuen Methoden. Berlin, 1829-1850, 2 parties in-8°. Trad. en angl. par J. St. Bushnan. London, 1835, in-8°. — ■ IV. Ueber den organischen Ersatz (Extr. de liust's Handbuch der Chir., Bd IV, p. 496). Berlin, 1831, gr. in-8° ; neue Auflage, ibid., 1858, gr. in-8''. — V. Phxjsiologisch-chirurgische Bcobachtungen bei Cliolerakranken (Extr. de Berliner Cliolera- Archiv, Bd. I, II. 1, 1852). Berlin, 1832, in-8° ce mémoire obtint le prix Moniyon, médaille d'une valeur de 1000 francs, et

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du roi de Prusse une autre médaille d'or. 2" Aufl., ibid., 1854, gr. in-8°. Trad. en franc, par A. Gérard et P. Gaimard. Paris, 1852, in-S"; trad. en italien. Pavia, 1855, in-8». — VI. Anleitung zur Krankenwartung. Berlin, 1852 (1851), gr. in-12; trad. en danois. Kjôbenhavn, 1855, in-12. — VU. Ueber die Transfusion des Blutes und die Infusion der Arzneien (Extr. de Rust's Handbuch, Dd IX, p. 588). Berlin, 1855, in-8°. — VIII. Vortràge

in der chinirgischen Klinik der kônigl. Charité zu Berlin herausg. von C. Tli. Meier.

Berlin, 1840, roy. in-4°. — IX. La chirurgie de Dieffenbach, etc. par Cli. Pliilipps, 1" part. Berlin, 1840, gr. in-8°, pi. — X. Ueber die Dui-chschneidung der Sehnen und Muskeln. Berlin, 1841, gr. in-8», 20 pi. litli. — XI. Die Ueilung des Stotlerns durch eine neue chirurgische Opération. Ein Sendschreiben an das Institut von Frankreich. Berlin, 1841, gr. in-S»,

4 pi. lith. — Xlï. Veber das Schielen und die Ueilutjg desselbcn durch die Opération. Berlin, 1842, gr. in-S», 5 pi. — XllI. bie operalive Chii^urgie. Nach dem Iode des Verfasscrs herausgegeben von Jul. Biïhring. Leipzig, 18U-1848, 2 vol. in-S" (ouvrage capital). — XIV. Dieffenbach a traduit l'ouvrage de Kou.x Sur la staphylorrhaphie (Berlin, 1826, gr. in-8°', et celui de De Serres Sur les yeux des insectes (Berlin, 1826, gr. in-8°), et a publié une nouvelle édition du Traité des pansements de Henkel (Berlin, 1829, gr. in-S"), et a pris part en outre à la rédaction àeV Encgclopàdisches Wôrterbuch der medicinischen Wissenschaften. L» Hn.

Dieffenbach (Er>st). Médecin et naturaliste, cousin du précèdent, naquit à Giessen le 7 janvier 18H. En 1859, il fut adjoint par la Société géographique de Londres à l'expédition de la Nouvelle-Zélande. Il contribua beaucoup aux progrès de cette colonie, et les services qu'il rendit à la science en publiant les résultats de ses recherches sur la géognosie, la géographie, l'ethnographie et l'histoire naturelle de cette contrée lui valurent, à son retour en Allemagne, la place de professeur extraordinaire de géologie à l'Université de Giessen. 11 mourut dans cette ville le 1" octobre 1855.

Outre une édition allemande d'un ouvrage de De la Bêche [Vori^chule der Géologie, Braunschweig, 1855), on a de lui :

I. New Zealand and ils Native Population. London, 1841. — II. Travels in Neiv-Zealand. London, 1845, 2 vol. — III. Une traduction : Darwin, Naturioissenschnftliche Reisen. Braunschweig, 1844, 2 vol. in-S". L. IL\.

DIEFFE\B\CHIA Schott. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la famille des Aroïdées, caractérisé de la manière suivante : Fleurs unisexuées par avortement, nues ; les mâles ayant 4 à 5 étamines, réunies en une masse sessile, tronquée au sommet, à 4 ou 5 sillons, formées d'antlières conliguës, comme insérées au-dessous du disque du connectif; les femelles à 4 ou

5 slaminodes linéaires, à sommet épaissi, ayant un ovaire à 2 ou 3 carpelles épaissies, d'un seul côté, et contenant dans chaque lobe carpellaire un seul ovule dressé, anatrope. Le fruit est une baie didyme ou à 5 lobes, sphéroïde, à 1, 2 ou 5 loges, contenant chacune une semence globuleuse ou ovoïde.

Ces plantes sont originaires de l'Amérique tropicale. Elles ont une souche épaissie, et des tiges aériennes dressées, feuillées au sommet; les feuilles longuement pétiolées, sont oblongues, munies d'une forte nervure médiane et de nervures latérales arquées. Les fleurs sont enveloppées d'une ?palhe oblongue, persistante, enroulée à la partie inférieure, terminée en lame droite ou recourbée, et placées sur un spadice, dressé, le plus souvent, incurvé au sommet. Les fleurs femelles sont à la partie inférieure, qui est adhérente à la partie contournée de la spathe; les fleurs mâ'es sont au-dessus, séparées des femelles par un pelit espace, occupé par des fleurs avortées.

La seule espèce intéressante pour le racdecin est le Dieffenhachia Seguine Schott [Arum segiiinum L., Caîadium Seguinum Vent.), dont les feuilles vertes ou maculées de blanc, sont ovales, oblongues, arrondies à la base ou brièvement

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cordées ; la spathe longue, d'un vert plus ou moins pâle ; les fruits d'un rouge orange'.

Elle habite le Brésil et le Venezuela. On en distingue de nombreuses formes. Le suc de la plante a une odeur désagréable ; il brûle et corrode la peau et doit la faire considérer comme une espèce dangereuse. Pl.

BîCLiOGRAPHis. — ScHOTT. Mclef., I, 20. — Ku.NTH. Enuiiievatio plant., III, 55. — Endlicher. Cenera, n° 1692. — Exgler, in Flora Brasil., p. 112, et in De Candolle, Monograpliiœ 2^hanerog., II, p. 445. Pt.

DIEL (August-Friedrich-Adrian). Médecin et naturaliste allemand, né le 4 février 1756, à Gladenbach, près de Giessen, était le fils d'un pharmacien. Il commença ses études à Giessen en 1775, les continua à Strasbourg en 1778, puis fut reçu docteur à l'Université de Giessen, en 1780. Deux ans après, il fut nommé médecin pensionné à Gladenbach, et en 1790, à Dietz, dans le Nassau; il fut en même temps attaché comme médecin aux bains d'Ems et conserva cette charge jusqu'en 1830. Il mourut en 1853.

Die! était chevalier de l'ordre de l'Aigle rouge de Prusse (1827), conseiller intime du duc de Nassau, membre d'un grand nombre de sociétés savantes, etc. 11 s'est beaucoup occupé de pomologie. On a de lui :

I. Diss. inaug. de slatu morboso qeneratim Giessae, 1780, in-4°. — II. Kurzer Unterricht fur den Landmann ziir Vorbaiiung und Ileilung der jetzt herrschenden llornviehseuche. Herliorn. 1796, in-S". — III. Ueber die Anlegung zii einer Obstorangerie in Scherben- Franktui t a. .M., 1798, 1805, in-8°. — JV. Art und ]Yeise um das laugensalzige Luftsauerwasser [Agua mepliitica alralina) mit leichter Miihe und ohne grosse Kosten vermitlelst des Fachinger Mincralwassers zuzubereifen von A. v. Stipriaan-Luiscius . Frankfurt a. M., 1799, gr. in-S". — V. Systemat. Bcschreib. der in Deutschland vorhandenen Obstsorlen. Frankf. a. M , 1818, in-S". — VI. Systemat. Verzeichniss der vorziiglichsten in Deutschland vorhandenen Obslsorten. Frankf. a. M., 1M8, in-S". — YII. Versuch einer systematischen Beschreibung der in Deutschland gewôhnlichen Kernobslsorten. Stuttgart u. Tùbingen, 1821- 1832, 6 vol. in-S". — VIII. Ueber den Gebrauch der Thermalbdder in Ems. Frankfurt a. M., 1825, pet. in-8°. — IX. Ueber den innerlichen Gebrauch der Themialquellen in Ems. Frankf a. M., 1832, pet. in-8°. — X. Traduction de divers ouvrages anglais, latins et français : les Edinb. Med. Commenlaries (1789-1799), Reid [Ueber Lungensucht, Oftenbach, 1786, in-8»), G. Strack [Ueber die Wechselfieber, Offenbach, 1786, in-8°), Schotte [Yom schwarzgelblichen Fieber im Sénégal, Slendal, 1786, in-8°), Rush [Ueber Einfluss kôrperl. Ursachen au f Mor alitât, Offenbach, 1787, in-8''), J. Hexdy u. J. Rollo {Ueber Driisenkrankheit in Barbados, Frankf. u, Leipzig, 1788, gr. in -8°), Th. AVhite [Ueber Skropheln und Kràm;e, Offenbach, 1788, in-8''), D. Campbell [Ueber Typhus, Altenburg, 1788, in-S"), Edw. Rigby [Ueber thierische Wdrme, Altenburg, 1789, gr. in-8''), Chicoy.neau [Von der Pest, 2" Tiieil, Slendal, 1790, gr. in-8°), etc., etc. — XI. Articles dans Baldinger's neues Magazin fur Aerztc, etc. L. Hn.

DlÉ.^iEiv (Terre de Yan). Voy. TasmaxMe.

die:vierbroech (Isbrand van). Célèbre médecin hollandais, naquit à Monlfoort le 15 décembre 1609. Il fît ses premières études à Utrecht, puis se rendit à Leyde, oîi il étudia les belles lettres sous Heinsius et Barlseus et la médecine sous 0. Heurnius, Schrevelius et Valkenburg. 11 passa ensuite en France et se fit recevoir docteur en philosophie et en médecine en 1627 à l'école alors florissante d'Angers. Après quoi il paraît avoir séjourne plusieurs années à Poitiers et avoir servi même dans la médecine militaire. Ce qui est certain, c'est qu'il était encore en France en 1652 (Banga). De retour dans sa patrie, il se fixa à Nimègue, en 1635, y fut nommé médecin de la ville et, durant l'épidémie de peste qui y sévit en 1656 et 1657, déploya un tel zèle et obtint de si nombreux

DIENHEIM. 283

succès qu'il acquit en peu de temps la renommée d'un excellent praticien et la conserva toute sa vie. Il res^ta à Nimègue une dizaine d'années, puis en 1646 se rendit à Uliecht, où le 7 juin 1641) il fut nommé professeur extraordinaire d'anatomie et de médecine en remplacement de Willem van der Straeten, puis le 7 avril 1651 devint professeur ordinaire. Il enseigna pendant vingt-quatre ans avec un succès prodigieux; de toutes parts aftluaient les élèves désireux d'entendre sa parole. Diemerbroeck mourut à Utrecht le 17 novembre 1674.

Diemerbroeck est surtout connu comme anatomisle; l'ouvrage qu'il a publie sur l'anatomie, quoique faible, était encore le meilleur manuel de son temps. Yoici ce qu'en disait Ilaller : « Gompendium anal ornes et pbysiologise integrum cura plurima controversionum excursione. » Diemerbroeck n'a fait en analomie que des découvertes de peu d'importance et dans ses appréciations des autres auteurs, tels que De Bils, Deusing, Regius, Svvammerdam, il n'a pas toujours été heureux ni juste. Il ne prétendait pas d'ailleurs se rattacher à aucune école et se défendait également d être partisan de Sylvius et Cartésien.

L'ouvrage sur la peste, publié par lui eu HJiQ, fit sensation; il est intéressant surtout par les détails qu'il renferme sur la marche de l'épidémie; il nous apprend entre autres que 20 000 personnes en furent la victime rien qu'à Leyde.

Mentionnons encore la polémique de Diemerbroeck avec Guy Patin au sujet de la tliériaque; il attribuait les mauvais effets observés en France à l'impéritie et à l'ignorance des pharmaciens chargés de la préparer; il défendit la même drogue contre les Allemands.

Yoici le titre des ouvrages de Diemerbroeck :

I. Be pexte libri quatuor. Arenaci, 104G, in-4'' ; Amstelodami, 1665, in-T. — lï. Oratio de reducenda ad medicinam chirurgia. Ultrajecli, 1649, in-fol. — III. disputationes practicae de morbis capitis, tlioracis et imi veiUris. l'ilrajecti, 1664, in-12. — IV. Anatome corporis humani. l'Itrrij., 167"2, m-¥\ Genev., 1679, in-4°; 1687, in-4»; Lugd. Bat. 1683, in-4»; Passaii, 1688, ii)-4". Trad. franc, par J. Prast. Lyon, 1688, 2 vol. in-4°. — V. Opéra omnia. Ulu^aj., 1685, in-fol.; Passau, 1688, 2 vol. in-4''; Genev., 1687-1721, 10-4° (Publié par son fils et contenant outre les ouvrages déjà cités deux autres : Tractatus de variolis et morbillh et Observaliones et curationes medicœ ccntuin). L. Hn.

DIE\ERT (Alexandre-Lodis). Médecin français, né à Meaux, fut docteur régent à la facidté de médecine de Paris et mourut en 1769. On reproche à Dienert d'avoir préconisé des remèdes secrets et de s'être livré plus ou moins au charlatanisme. On a de lui : .

I. An pars fibrosasanguinis abejusdem aitritu sobolescal (resp. Jac. Gourley de Lamotte). Paris, 1751, in-4°. — H. Introduction à la matière médicale en forme de thérapeutique. Paris, 1753, 1705, in-12. — III. Extrait du discours prononcé devant MM. les docteurs régents de la Faculté de médecine..... touchant une liqueur fondante, etc. Paris, 1755, in-12. — IV. Lettres à routeur du Mercure, le 12 et le 14 mars 1756. — V. An quantum sanguinis, fantum lymphœ momentum? (resp. N.-N. Mallet). Paris, 1757, in-4°. — y\. Précis de la démonstration de la propriété de la liqueur fondante de M. Dienert. In Mercure de France, mars, 1758, p. 8, et tirage à part, in-12. — VII. Démonstration d'une nouvelle liqueur fondante pour les maladies de la peau. Paris, 1757, in-8*. — VIII. Diss. sur la prééminence réciproque du sang et de la lymphe. Paris, 1759, in-12. L. Hn.

DIEI\HEi:ti (Johann-Wolfgang). Médecin allemand de la première moitié du dix-septième siècle, exerçait et enseignait son art à Fribourg en Biisgau. Il exploitait une panacée, dont la base était l'eau de pluie. Il a publié :

Medicina universalis, seu de generali morborum omnium remedio liber. Ârgentorati, 1610, in-S"; en allemand avec deux autres opuscules sous le titre : Taeda trifida chymica,

dasUt, drey fâche chemysche Fackel dcn waliren Weg zu der edlen Cliymie-Kunst bescheinend. Nûrnberg, 1674, in-8°. L. Hx,

DIEPPE (Station marine et hydrothérapique), chef-lieu d'arrondissement du département de la Seine-Inférieure, sur la Manche, à l'emboucimre de la rivière de l'Arques, est une ville de 20 000 habitants, divisée en deux parties distinctes, la ville proprement dite et le PoJlet (port de l'est), que le port sépare et que réunit un pont volant. Le port de Dieppe est sûr mais étroit à son entrée ; un télégraphe sous-marin met en communication Dieppe et New-Haven. La vilie est entourée de vieilles murailles et possède un ancien château fort. Les églises de Saint-Remi et de Saint-Jacques sont remarquables ; 68 fontaines fournissent l'eau aux ménages et entretiennent la propreté des rues. La ville a élevé deux statues, l'une à Duquesne et l'autre à .1. Bouzard, pilote célèbre par le dévouement avec lequel il sauva un grand nombre de naufragés à l'entrée du port de Dieppe. La ville de Dieppe a des tribunaux de première instance et de commerce, une école de navigation, un collège, une bibliothèque, des chantiers de corderie, etc. Son commerce d'importation et d'exportation principal consiste en ouvrages d'ivoire, d'os et de terre cuite sculptés, en armements pour la pèche et surtout pour celle de la morue. Dieppe est la patrie du célèbre armateur Ango, de Pecquet et de Lamartinière. Cette ville n'était encore au onzième siècle qu'un petit village habité par des pêcheurs ; on fait dériver son nom de Deep (profond), ancien nom de l'Arques. Les Dieppois s'illustrèrent au moyen âge par leurs entreprises maritimes, visitèrent les côtes de l'Afrique oîi ils bâtirent Petit- Dieppe à l'embouchure de la Gambie, reconnurent les Canaries, créèrent plusieurs comptoirs dans l'Amérique du Nord, notamment au Canada, et fondèrent Québec. La prospérité du Havre a presque anéanti le commerce de Dieppe.

Nous nous sommes étendu sur la topographie, la climatologie et la thérapeutique marine de la station de Biarritz [voy. ce mot) parce qu'elle était pour nous le type des postes marins du sud-ouest de la France. Nous allons suivre la même marche à propos de la station de Dieppe qui est assurément la plus importante du nord-ouest de notre pays. Nous empruntons, pour faire celte étude, une partie des renseignements qui suivent au travail de notre collaborateur Dutrouleau, alors médecin inspecteur des bains de Dieppe, intitulé Bains de mer de Dieppe et publié dans les Annales de la Soc. dlujdrologie médicale de Paris, tome IV, 1857-1858, page 166-229.

Le port de Dieppe est situé au 49" 53' de latitude nord au fond d'une baie peu profonde ouverte aux vents du nord, depuis l'est-nord-est jusqu'à l'ouestnord-ouest. La vallée à l'entrée de laquelle il est placé a 2 kilomètres de largeur, se dirige du nord au sud et finit en entonnoir à 5 kilomètres environ dans les terres ; elle est bornée de chaque côté par des coteaux peu élevés, à pentes assez douces qui se continuent près de la mer avec les falaises calcaires et taillées à pic qui donnent un aspect particuher aux côtes de la Normandie qui semblent s'être déchirées pour former l'ouverture de la vallée. « Cette vallée, dit Antoine Passy, contient un dépôt alluvial remarquable qui paraît avoir commencé à se former lorsque les eaux de la mer remontaient à plus d'une lieue dans la vallée ; car aux environs d'Arqués on rencontre sous le sol des prairies des couches de gros galets semblables à ceux que roule encore la mer sur le rivage des falaises. Les travaux entrepris dans le port ont fait reconnaître sur la craie qui en forme le fond un lit de tourbe que surmontent des bancs alternatifs de vase et de galets )> {Description géologique de la Seine-Inférieure), Les travaux

de barrages opérés derrière la ville s'opposent aujourd'hui aux envahissements delà mer et l'emprisonnent dans le port; mais le fond de la vallée, occupé par la rivière d'Arqués dont le niveau est plas élevé que plusieurs des points de la plaine qu'elle arrose et sillonné par quelques cours d'eau qui trouvent difficilement à s'écouler, est toujours marécageux ou au moins très-humide, ce que ne peuvent corriger ses cultures intelligentes et productives. Lepecqde la Clôture avait déjà remarqué que le vent d'ouest qui souffle pendant la moitié de l'année à Dieppe est ulilc pour dissiper les brouillaids de la vallée. La ville, bàlie sur les bords de la mer et placée sous l'influence des vents marins, ne présente pas rhuraidité de la vallée. On ne peut, en effet, reconnaître sur les galets de la plage, pas plus que sur les pavés des rues de Dieppe, l'apparence d'un foyer d'émanation palustre ; or c'est là et le plus près possible du rivage, que se logent l'immense majorité des baigneurs. Un talus de cailloux à pente assez rapide sur lequel viennent déferler les lames constitue la plage proprement dite submergée tout entière à la haute mer ; à mi-marée, les galets sont remplacés par du sable qui amortit l'inclinaison de cette partie du rivage. Cette déclivité variable rend la mer plus ou moins forte suivant les heures, ainsi l'obstacle que lui offre la couche des galets la rend tellement dure, par les brises fortes du nord et du nord-ouest surtout, qu'il faut suspendre les bains pendant tout le temps que la mer bat son plein. Les guides ne sont plus sûrs d'eux-mêmes alors, et ne peuvent complètement diriger ceux qui leur sont confiés. Dutroulenu a remarqué que les leuimes sont les plus difficiles à retenir et elles bravent le plus volontiers le danger. Lorsque le flot commence à se retirer et que le sable apparaît, la mer devient abordable presque toujours, elle est même douce assez souvent.

La minéralisation de l'eau de la Manche est, nous l'avons déjà dit, moins forte que celle de la Méditerranée ; ce n'est pas le chlorure de sodium qui fait la différence, mais bien les chlorures et les sulfates à base de magnésie. Les bromures sont aussi en proportion semblable dans l'eau de l'Océan et de la mer intérieure. La température de l'eau du port de Dieppe varie aux divers mois de l'été, ainsi que l'a observé M. Gaudet, pendant une série de dix années, de 15 à 20 degrés centigrades; elle descend accidentellement à H et à 10 degrés centigrades. Sa chaleur moyenne est, pendant les mois de juillet, d'août et de septembre de 18 degrés centigrades. Pendant ce trimestre de 1857, année exceptionnellement chaude, la température maxima de l'eau du port de Dieppe a été de 200,5 centigrades, sa température minima de 16 degrés centigrades, sa température moyenne a donc été de 18°, 8 centigrades. La température de l'air de Dieppe ne nous est utile à connaître que pendant les trois mois dont nous venons de parler. Comme dans tous les climats des bords de la mer, l'air se distingue à Dieppe par une élévation et un abaissement moins marqués des extrêmes thermométriques que dans les localités de l'intérieur des terres situées à peu près sous la même latitude, (( La comparaison de ces chiffres avec ceux de Paris, dit Dutrouleau, pendant l'année 1857, en donnera un exemple. C'est à neuf heures du matin et à trois heures du soir, qui sont les heures de bain, que nous avons pris ces observations :

Maxima. Minima.

Juillet.

Août.

Paris 33%0 centigr. U',i centigr.

Dieppe; 5U*,2 — 10», 2 —

Paris 53%6 — 16°, 5 —

Dieppe 31°, 5 — 15°, 1 —

Paris 23°, 0 — 12», 5 —

Septembre, . ] j^-^^^^ 22°,5 - iS'io -

(( Cette différence qui va presque jusqu'à 3 degrés en moins pour Dieppe, entre les maxim;i est très-considérable pour ceux qui ont besoin, dans l'intérêt de leur santé, d'éviter les fortes chaleurs. Elle est rendue bien plus sensible encore par les brises de la mer, car les clnflres thermométriques sont loin de donner les sensatious éprouvées par le corps humain. »

Le climat de Dieppe subit encore l'influence des vents que fait naître sur les côtes et surtout à l'entrée de la vallée, la différence de température du sol pendant le jour et pendant la nuit. Les vents de jour viennent, en ge'néral, de la mer parce que les rayons "polaires ayant échauffé le sol, il doit s'établir et il s'établit un courant d'air de ;a mer à la terre. Les vents nocturnes viennent delà terre par la raison inverse à celle que nous venons de donner pour les vents diurnes. Les vents venant du large qui soufflent à Dieppe du nord-est au nordouest en passant par le nord, ajoutent à la poussière d'eau de mer dont ils sont saturés la température vive et tonii|ue qu'ils doivent à leur direction et qui modèrent les grandes chaleurs de l'été. En général d'ailleurs, les vents d'aval sont plus froids que ceux d'amont. C'est de la partie de l'ouest, depuis le nord-ouest jusqu'à l'ouest-sud-ouest que soufflent les vents pendant le mois de juillet avec le plus de fréquence. En août, ils prennent assez souvent la direction de l'est en passant par le nord et en descendant quelquefois jusqu'au sud-est ; la brise n'est forte que par moments et il y a plusieurs jours de calme. Ce sont les vents du sud-est qui dominent en septembre, puis ceux de l'ouest et ceux du nord ; leur intensité est variable.

Les premiers jours du mois de juillet 1857 ont été pluvieux et froids, puis le temps s'est mis au beau ; il n'y a eu dans tout le mois que neuf jours de pluie dont six avec quelques grains insignifiants; il n'y a pas eu d'orage. Il est tombé plus d'eau en aoiit qu'en juillet surtout pendant les nuits ; sur quinze jours pluvieux il y en a eu six où la pluie a été assez abondante, neuf avec des averses de peu de durée ; quatre orages sans violence ont été observés. On n'a compté que treize jours pluvieux en septembre, mais c'est pendant ce mois que la pluie a été la plus abondante. Le 2 et le 10 surtout, la terrasse et les jardins de l'établissement ont été transformés en un véritable lac pendant plu>ieurs heures ; le tonnerre ne se fit pas entendre. Cette quantité d'eau, beaucoup plus considérable que celle qui est tombée à Paris, est habituelle à Dieppe. Il y eut en juillet dix jours de beau temps avec un ciel clair, le temps couvert a été rare et les cirrhocumulus avec aspect orageux ne se sont montrés que deux fois. En août, le nombre des jours sereins et des jours couverts a été à peu près égal. Le 17, un vent fort du nord roulant des nuages comme en automne a fait descendre le thermomètre de 5 degrés centigrades au milieu du jour. Le mois de septembre fut remarquable par la beauté du ciel, malgré l'abondance de la pluie de certaines journées. L'air arrive en général de la mer pendant le temps que les rayons solaires échauffent l'atmosphère, celui de Dieppe est le même que sur les plages marines. Les expériences de Léwy, faites sur la mer du nord et loin des côtes, donnent pourJ'air la composition suivante : 21,019 d'oxygène, 78,94 d'azote en volume, c'est-à-dire 0,019 d'oxygène d3 plus et 0,06 d'azote de moins que dans l'air de Paris. Ces proportions sont variables mais conservent toujours |les rapports précédents. Le caractère le plus important de la constitution de l'atmosphère de la mer ou de ses bords immédiats, au point de vue de l'hygiène et de la thérapeutique, est l'absence des émanations le plus souvent délétères qui naissent de la terre et la présence des vésicules d'eau salée qu'enlèvent les vents

au moment de la vague et dont l'existence est incontestable. L'air des côtes est plus ou moins salin en raison de la force et de la direction des vents. En résumé, l'air de Dieppe est vif et tonique sans exagération des extrêmes de ses éléments. Il est en rapport avec la latitude et avec l'état variable, le plus souvent agité de la Manche. On ne reconnaît pas à Dieppe d'autres maladies propres au climat que les toux, les rhumes, les rhumatismes et la goutte. Lepecq de la Clôture ajoute qu'il régna en 1769, de la fin d'août jusqu'au coucher des Pléiades, une maladie épidémique qui ne frappa que les gens du peuple et qui fut caractérisée par le docteur Erambert de fièvre exanthématique pétéehiale. Cet auteur observa luimême en 1775 une épidémie de pneumonie putride, gangreneuse, qui succéda à la grippe. On ne constate à Dieppe que les maladies catarrhales particulières aux saisons humides et froides, propres aux marins et aux habitants des bords de la mer. Les épidémies graves y sont rares, accidentelles et paraissent étrangères au climat. En été, il n'y a point de maladies endémiques; les fièvres d'accès communes dans le fond de la vallée d'Arqués où le sol devient un foyer assez actif d'émanations palustres, sont rares dans la ville de Dieppe. La rencontre du courant d'air marin et terrestre pamît en être la cause.

Ce sont les enfants surtout auxquels convient le séjour de Dieppe dont l'atmosphère fortifiante et tonique les reconstitue promptement quand ils sont nés et ont vécu dans de grandes villes, ou quand ils viennent de subir des temps chauds et mous dans une campagne au milieu de la plaine. Les jeunes sujets faibles, nerveux, lymphatiques ou scrofuleux, les jeunes filles et les jeunes femmes pâles, nerveuses, affaiblies, sont les hôtes accidentels qui ont établi solidement la réputation du climat et des bains toniques et reconstituants de Dieppe. Les femmes plus que les enfants encore ne doivent pas être trop irritables pour se bien trouver de l'air marin et du bain de mer de Dieppe. Les vieillards font sagement de se préserver de l'humidité et de la fraîcheur, quelquefois trop grandes, des bords de la mer. Les convalescents de toute maladie longue et surtout de la fièvre typhoïde, se trouvent vite bien d'un séjour dans l'air vivifiant de Dieppe.

Emploi thérapeutique. Le climat, l'eau de mer en boisson, les bains et les douches froids et chauds sont les agents principaux de la médication marine. L'abondance, la facilité et la continuité avec lesquelles se fait l'inhalation de l'air de la plage, surtout lorque le vent souffle avec force de la pleine mer, explique l'importance de sa participation aux effets thérapeutiques des autres moyens qu'on vient chercher aux bains de mer de Dieppe. Les malade? affectés d'irritabilité nerveuse trop vive, d'activité de la circulation avec disposition aux congestions ou aux hémorrhagies, aux catarrhes, aux tubercules dans leur période d'activité, de susceptibilité trop grande des organes digestifs, etc., ne doivent pas séjourner longtemps sur les bords de la Manche, même quand ils n'y font que de l'inhalation pulmonaire.

L'eau de mer en boisson n'est qu'un accessoire de la cure marine. Le bain de mer est l'élément réellement intéressant à étudier dans le sujet qui nous occupe. Le bain froid agit en impressionnant vivement la sensibilité, en soustrayant brusquement à la peau une partie de sou calorique et en imprimant à la circulation un mouvement d'oscillation qui consiste en une rétrocession, en une concentration instantanée dans les organes internes, suivie d'un prompt retour vers la périphérie cutanée connu sous le nom de réaction. Le froid et la densité de l'eau de mer sont les deux causes principales de la concentration intérieure, la minéralisation et le choc des vagues expliquent la réaction pendant le bain.

Celte réaction pour être efficace doit être prompte et durable, ce qu'on ne peut obtenir qu'en restant peu de temps dans l'eau. A Dieppe, le bain ne doit qu'exceptionnellement se prolonger au delà de cinq minutes. L'action dynamique du bain de mer, en modifiant les actes physiologiques, change la nature des solides et des liquides altérés; c'est ce qui fait qu'il réussit en général dans les maladies où le sang est trop pauvre ou vicié, comme dans le lympliatisme, la scrofule el ses complications telles que le rachitisme, le tabès dorsalis, etc., la chloreanémie, certains phénomènes de l'herpétisme, de la syphilis, de l'arthritisme, du diabète simple ou de la glycosurie, certaines névralgies et certaines névroses rebelles dont les atteintes répétées ont profondément affecté la constitution et que le bain calme en réconfortant les malades. Or, tels sont les effets principaux du bain de mer de courte durée que les médecins le conseillent généralement à Dieppe et que les baigneurs prennent quand ils sont dociles, ce qui arrive trop rarement et ce qui serait pourtant nécessaire pour qu'ils puissent en retirer les heureux résultats qu'ils seraient en droit d'en attendre. Comme c'est dans cette station que Michel Lévyet Dutrouleau ont fait quelques remarques spéciales à ce sujet, nous demandons la permission de rappeler leurs observations.

Lévy et Dutrouleau ont eu l'heureuse idée d'observer et de questionner les 24 hommes appelés guides qui sont employés à diriger et à assister les baigneurs à l'établissement marin de Dieppe. Ils les portent et les plongent ou leur font des affusions avec un seau d'eau, ils les soutiennent sur la lame et contre les efforts de la vague; ils surveillent leurs mouvements ou dirigent leurs exercices de natation; ils sortent fréquemment de l'eau et y rentrent; s'immergent à différents degrés chaque fois depuis les genoux jusqu'à la ceinture et sont même parfois recouverts par la lame qui, quand elle est forte, passe sur leur tête. Le temps que chacun des guides reste dans l'eau pendant les six semaines les plus occupées de la saison peut être évaluée à huit heures par jour. Les effets éprouvés par les guides diffèrent notablement de ceux que ressentent les individus qui travaillent dans les fleuves et les rivières. Théoriquement, ces effets se déduisent des secousses des vagues, de la densité de 1 eau de mer, de sa température, de sa composition chimique et aussi de l'exercice musculaire auquel ces hommes sont astreints. Et d'abord, les sujets de faible complexion ne résistent pas longtemps au métier de guide ; ceux qui font un usage habituel et assez copieux d'alcool ne conviennent pas davantage à cette profession. Non qu'une sobriété absolue soit indispensable aux guides , mais ils doivent ne presque jamais boire d'alcool concentré, tandis que l'usage de bon vin rouge leur est très-utile, aux repas surtout. Tant que l'immersion ne dépasse pas les genoux, le bassin même, les guides n'éprouvent aucun phénomène marqué, mais lorsqu'ils sont forcés de rester pendant un certain temps sous l'eau, immergés jusqu'au-dessus du pubis ou jusqu'à la poitrine, ils ressentent souvent une anxiété désagréable et une dyspnée assez fatigante pour les forcer à revenir un peu sur leurs pas. L'anxiété et l'oppression se montrent surtout quand les guides reprennent la mer quelques temps après leur repas, épreuve qui n'est pas sans danger, à laquelle ils sont trop souvent soumis et à laquelle la plupart finit par s'habituer. Le refroidissement des parties immergés arrive même chez les plus anciens guides, tant qu'ils sont dans l'eau ils n'en souffrent que par une grosse mer avec abaissement général de la température extérieure. On les voit alors frissonner, trembler même. Dans les journées calmes et chaudes ce n'est qu'au sortir de la mer qu'ils ont une sensation de froid, probablement à cause de

l'évaporalion de l'eau qui mouille leurs vêtements. Cetle impression les atteint plus vite dans l'eau même s'ils y entrent .à jeun. Un léger repas avant le commencement de leur travail aide et soutient leur réaction ; mais à certaines époques, la foule est tellement grande à Dieppe que plusieurs guides sont obligés de se mettre à l'eau sans avoir mangé et de rester ainsi cinq ou six heures sans interruption et sans avoir un moment pour déjeuner. Lévy et jjulroideau ont fait des expériences thermométriques dans lesquelles ils ont noté soigneusement la température des guides de Dieppe. Ces observateurs ont constaté que la chaleur de l'air étant de 20 degrés centigrades celle de l'eau de la mer étant de 19°, 5 centigrades, les guides étant à l'eau de huit à onze heures du matin, immergés jusqu'aux hanches ou jusqu'à la ceinture, le thermomètre étant placé sous leur aisselle et laissé jusqu'à ce que le mouvement ascensionnel du mercure eiit cessé, la chaleur est tombée d'un degré, excepté chez un seul qui conserva sa température normale. Les deux mêmes médecins ayant fait une deuxième série d'expériences, ont constaté sur 65 guides dans l'eau de neuf heures d)i matin à midi, la température de l'air étant de 15 degrés celle de l'eau de mer étant de 16 degrés centigrades, que les thermomètres sous leur bras ont oscillé entre 52 et 34^,5 centigrades, c'est-à-dire qu'ils sont restés, en moyenne, à 3 ou 4 degrés au-dessous de la températui'e normale. Un phénomène curieux et digne de fixer l'attention est la transpiration qu'éprouvent les guides de Dieppe dès qu'ils sont au lit et légèrement couverts; pour la prévenir ou la modérer, ils sont forcés de n'avoir point de couvertures. La sueur nocturne est générale et commune à tous les guides indistinctement ; elle est assez abondante pour les obliger à changer de linge, et elle a pour caractère de ne pas les affaiblir. Ces hommes se lèvent reposés et dispos et ils acceptent volontiers les inconvénients d'une transpiration qu'ils considèrent comme utile à Tentrttien de leur santé. Le médecin ne pourrait-il pas tirer une conséquence thérapeutique de la sueur profuse qui arrive régulièrement pendant toutes les nuits chez les guides dieppois en conseillant des bains prolongés aux personnes dont la peau est réfractaire à toute transpiration, quand il est indiqué d'amener ou de ramener une sécrétion abondante de l'enveloppe cutanée .''

Les guides nouveaux s'accoutument promptement à leur profession s'ils sont dans les conditions dont nous avons déjà parlé, leurs fonctions digeslives s'exécutent régulièrement, leur appétit se maintient, leurs évacuations alvines sont régulières, leurs urines augmentent de quantité pendant les heures où ils sont dans l'eau; c'est une véritable diurèse succédanée de la transpiration ou de la perspiration cutanée. Le sommeil des guides ressemble à celui de tous les ouvriers qui dépensent une somme de forces considérable; il est profond et réparateur. Il faut noter enfin l'œdème des pieds et du bas des jambes de quelques guides, mais de quelques-uns seulement. Point d'éruptions, point de congestions vers la tête, point de céphalalgies, point de vertiges, etc., de sorte que les guides n'éprouvent aucun des effets du refoulement Viisculaire que la théorie aurait pu l'aire redouter chez les guides qui restent de suite à Dieppe cinq à six heures immergés le plus souvent jusqu'au milieu du corps. Leur vue conserve sou intégrité quoi qu'ils soient presque tous presbytes, comme les marins d'ailleurs et les personnes placées en face de vastes horizons. L'action rhumatisante du froid humide semble se vérifier chez les guides qui sont sujets à des douleurs musculaires et articulaires qui ont presque toujours leur sié'^e dans les membres pelviens. Il faut ajouter pour être juste, que si les guides eu santé par-

DICT. ENC. XXIX. 19

290 DIERBACII.

faite contractent des rhumatismes à la mer, quelques guides rhumatisants avant leur séjour journalier et prolongé dans l'eau, pendant la saison marine, se sont vus débarrassés au bout d'un certain temps de leurs anciennes douleurs. Les guides de Dieppe sont ordinairement cordiers pendant l'hiver, le printemps et le commencement de l'été, ou ils s'occupent à une profession manuelle ; ils conviennent tous que c'est pendant la saison des bains qu'ils ont une santé plus florissante.

Les bains chauds et froids, les douches froides et chaudes avec de l'eau de mer se prennent à un établissement spécial et ne présentent rien de particulier à Dieppe. Ils ne sont suivis que par des personnes qui ont un motif pour se baigner à l'eau de mer chaude ou se faire donner des douches générales ou locales avec l'eau de la mer à sa température naturelle ou artificiellement chauffée. Une excellente pratique, appliquée à Dieppe comme dans la plupart des établissements marins du nord et de l'ouest de la France, est l'usage du bain de pieds après le bain froid, qui favorise une réaction prompte et franche, même chez les baigneurs dont la chaleur a de la peine à revenir.

Nous n'avons que peu de chose à dire des effets thérapeutiques de l'eau de mer de Dieppe en particulier. Nous aurions à répéter ce que nous avons dit déjà au sujet des bains de mer de Berck {voy. ce mot). Dieppe convient admirablement aux lymphatiques, aux scrofuleux, aux anémiques et aux chlorotiques. Rappelons que les bains de mer chauds ou froids ne conviennent pas plus que toutes les eaux thermominérales chlorurées sodiques fortes lorsque le lymphatisme ou la scrofule sont accompagnés de tubercules des organes intérieurs, comme le cerveau, la poitrine ou les ganglions mésentériques ; l'eau de mer en boisson et surtout en bains et en douches rend des services dans les accidents osseux consécutifs à l'existence de tubercules strumeux dans la tète ou dans le corps de l'un des points de la charpente du corps humain. Les bains de Dieppe sont employés également avec succès contre la leucorrhée simple, les névroses, les gastralgies, quand ces affections sont liées à l'aglobulie; et aussi contre les rhumatismes musculaires et articulaires chroniques.

La composition élémentaire de l'eau de mer, sa température variable suivant les saisons et les jours, sa densité, lui donnent des vertus particuliiTes quand elle est employée aux usages hydrothérapiqnes par les procédés et au moyen des instruments en usage dans les établissements de ce genre alimentés par des eaux de sources ordinaires et froides. Nous renvoyons, pour ne pas revenir à un sujet déjà plusieurs fois traité par nous, aux articles que nous avons publiés sur les stations marines du Croisic, par exemple, pourvues des appareils nécessaires à l'emploi méthodique de l'hydrothérapie par l'eau de mer. A. Rotdreau.

DiERB.icn (JoHANN-HEiiNRiCH). Médecin allemand, né le 25 mars 1788, étudia d'abord la pharmacie et passa sept ans dans une officine de Heidelberg; s'étant adonné ensuite à la médecine, il obtint en 1815 le prix de la faculté de médecine et prit en 1816 le bonnet doctoral à Heidelberg. La même année, il Aeneni privat-docent , puis en 1833 professeur extraordinaire à l'université de cette ville. CurtSprengel a créé en son honneur le genre Dierbachia. Dierbach était membre de plusieurs sociétés savantes. Il a laissé une foule d'ouvrages et de mémoires sur la matière médicale, la botanique, etc. Nous citerons entre autres :

I. Dissert, inaug. de respirai ionis primae consecutionibus. Heidelbergae, 1816. — ll.Grundriss der Beceptirkunst, zumGebrauch bel seinen Vorlesungen. Heidelberg-, 1818, gr. in-8'. —

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III. Handbuch der medicinisch-pharmaceutischen Botanik oder systemalische Bcschreibung ^àmmUlcher officineller Gewàckse. Heidelber?, 1819, gr. in-8°. — IV. Flora Heklelbergensis plantas sistens in praefectia-a Heidelbergensi et in rcgione adfini sponte nascentes. Heidelbergae, 1S19-18-20, in-12. — V. Anleilwig zuni Sludium der Botanik. lleidelberg-, 1820, gr. in-S", pi. — VI. Die Arzneimillel des Hippokrates, oder Versuch einer sijstematiscfien Aufzâhlung der in allen hippokratisclien Schriflen vorkonimenden Medicamcnte. lleidelberg, 1824, gr. in-8°. — Yll. Beilràge zu Dcutsc/ilands Flora. Heidelberg, 1826-1853, gr. in-8°. — - \III. Die neuesten Entdeckungen in der Materia medica. Heidelberg und Leipzig, 1828, gr. in-S»; 2. Auflage, ibid., 1837-1845, gr. in-S". — IX. Uebersicht der neuesten Leistnngen im Gebiete der Materia medica. In lleidelberger klinische Annaleu, 1833-1858. — X. Uebersicht dervorziiglichsten, als Arzneimitiel oder zum ôkonomischen Gebrauche dienenden Gewàchse aus der Familie der Euphorbiaceen. In Geiger's Magasin der Pharmacie, Cd XXII, p. 4. 101; 1828, et d'autres articles du même genre dans ce journal ainsi que dans Ilànle's Magazin der Pharmacie depuis 1824, — XI. Abhandlung itber die Arzneikrâfte der Pflanzen. Lemgo, 1831, gr. in-S". — XII. Systematische Uebersic/it der uni Heidelberg wildwachsenden und hàu/ig zuin okonom. u. pharm. Gebrauche cultivirten Gewàchse, II. 1. Carlsrulie, 1828 (1827), gr. iu-8°. — XIII. Repertorium botanicum oder Versuch einer systematischen Darsteltung der neuesten Leistungen im ganzen Um fange der Pflanzcnkunde. Lemgo, 1851, in-S". — XIV. Flora Apiciana, ein Beiirag zur nàlteren Kenniniss der Nahrungsmittel der alten Borner. Heidelberg u. Leipzig, 1831, gr. in-8°. — XV. Flora tnythologica, etc. Frankl. a. M., 1835, gr. in-8°. — XVI. Pharmacul. ^oiizen fur •pract. Aerzte. Heidelberg, 1834, in-12. — XVII, Chloris medica, etc. Leipzig, 1834, pr. in-S", — XVIIl. Grundriss der al/g. ôkonomisch-technischen Botanik. Thl I. Heidelberg, 1835, in-S». — XIX. Articles dans Hecker's Annaleu der Ileilkunde, Annalen der Pharmacie, Brandes's Archiv d. Apothek., Pharmac. Centralblatt, Hufeland's Journal der Heilkunde, etc., etc. L. Hn,

DIÉRÈSE [SnipiX-j, diviser). On appelle diérèse en chirurgie l'action d'opérer la division des tissus, soit par un instrument tranchant, comme couteau, bistouri, ciseaux; soit par un moyen constricteur, tel qu'une ligature ou l'écraseur. La diérèse a été étudiée en même temps que la synthèse ou réunion des parties au mot Opération, D.

DIERYILLA (T.). Genre déplantes dicotylédones-gamopétales, qui est rapporté par la généralité des auteurs à la famille des Caprifoliacées, et qui nous a, entre autres, servi à relier cette dernière, comme simple série ou tribu, à la grande famille des Rubiacées. En effet, les fleurs et les fruits sont construits dans les DlerviHa comme dans un grand nombre de Cinchonées; mais leurs feuilles sont dépourvues de stipules. Leur réceptacle floral, en forme de gourde allongée, avec un goulot étroit, porte sur ses Ijords un calice de cinq sépales allongés, unis à la base, souvent persistants. Leur corolle en entonnoir ou en cloche, est à peu près régulière. Cependant un de ses cinq lobes, l'antérieur, est souvent un peu différent des autres, notamment par sa coloration, et sa base est accompagnée d'une glande de forme variable, qui ne se trouve pas en dedans des quatre autres. Leur préfloraison est imbriquée. L'androcée se compose de cinq étaraines, alternes avec les lobes de la corolle et insérées sur son tube, formées d'un filet et d'une anthère biloculaire, introrse et déhiscente par deux fentes longitudinales.

L'ovaire infère est à deux loges, complètes ou incomplètes, et il est surmonté d'un stjle dont la tète stigmatifère est parfois obscurément bilobée. Chaque loge renferme de nombreux ovules, primitivement descendants, anatropes. Le fruit, souvent surmonté du calice, est une capsule allongée, seplicide, dont les graines sont nues, anguleuses, ou bordées d'une aile, tantôt étroite, comme dans certains WeigeUa, et tantôt allongée, comme il arrive dans le D. Micldendorffiana, ty^e d'un genre Calijptrostigma. L'embryon, peu volumineux, est entouré d'un albumen charnu. Les Diervilla sont des arbustes dressés ou sub-

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sarmenteux, de la Chine, du Japon et de l'Amérique du Nord. Leurs feuilles sont opposées, sessiles ou pétiolées, entières ou serrées. Leurs fleurs sont disposées en cymes, simples ou composées, terminales ou axillaires; accompagnées de bractées ou de bractéoles. On en distingue actuellement sept ou huit espèces, dont plusieurs sont souvent cultivées dans nos jardins et y ont produit d'assez nombreuses variétés.

La première espèce connue en Europe y est arrivée avec la réputation d'un médicament très-efficace. C'est une plante américaine, le Diervilla acadiensis DuHAM. {Arbr. [1755], I, t. 87. — D. trifida Mœnch, Meth., 472. — jD. Tournefortii Mieux, FI. bor.-amer., I, 107. — D. humilis Pers,, Syn.^ I, 214. — D. canadensis W., Etmm., I, 222. — D. lutea Pursh, FI. amer, sept., I, 162) que Linné, dans son Materia medica (62), appelait Lonicera Diervilla. Dans son pays natal, elle est usitée contre les affections syphilitiques. Ses tiges fraîches ont une odeur désagréable, une saveur acre, nauséabonde; elles passent pour dépuratives, antigoutteuses. Les anciennes pharmacopées les nomment Stipites Dierviilœ. On les employait surtout en décoction. C'est un médicament qu'il importerait peut-être d'expérimenter de nouveau. Les affinités botaniques des Diervilla avec les Cinchonées sont, en effet, à notre avis, très-nombreuses et très-étroites, et il est possible qu'il en soit de même de leurs qualités.

Le D. japonica Dl. (Weigelia japonica Thujjb.), très-joli arbuste japonais, à fleurs roses, souvent cultivé dans nos parterres, passe pour être vénéneux.

H. Bn.

Bibliographie. — Tournef., in Act. Acad. Paris [1706], t. 7, fig. 1. — L., Hort. CUffort., 63, t. 7. — Juss., Gen. plant., 211. — DC, Prodrom., IV, 350. —Spach, Suites à Buff., VIII, 359. — Mér. et Del., Dict. mat. méd., II, 630. — Endl., Gen., n. 5356; Suppl., I, 139i. — A. DC, in Bibl. Gencv. (janv. 1839). — Benth. et IIook., Gen., Il, 6, n. H. — Rosenth., Synops.pl. diaphor., 551. —H. Bn, in Adansonia, XX^VI, 364; Hist. des plant., VI[, 352, 381, 497, fig. 355-359. H. Bx.

DIÉRY (SAIIVT-) (Ead minérale de). Athermale, hicarhonatée ferrugineuse faible, carbonique faible; dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement d'issoire, dans la commune qui lui a donné son nom, en face du Moulin-Neuf, sur le bord de la Couze d'issoire, émerge une source que les auteurs appellent aussi fontaine de Coteuge, ou source de Lains. Son eau est limpide, claire et transparente, mais elle laisse déposer une couche notable de rouille sur les parois intérieures de son bassin ; sa saveur est piquante et sensiblement ferrugineuse. On ne connaît ni sa température ni son analyse chimique exactes. Elle est utilisée seulement par les paysans de la contrée qui emploient cette eau pendant la belle saison dans les affections qui ont débilité leur constitution et notablement diminué leurs forces. A. R.

DIÈTE {Slccira., genre de vie). Voy. l'article Régime.

DIETERICH (Les).

Dieterich (Johann-Conrad) . Né le 19 janvier 1612, àBiitzbach dans laîlesse, était le fils d'un fonctionnaire supérieur de l'administration. 11 fit ses études successivement à Marbourg, à Strasbourg et à léna, s'adonnant surtout à l'étude de la philologie et des antiquités. Bon helléniste pour son temps, il fut nommé professeur de langue grecque à Marbourg, et on le trouve étudiant sérieusement

DIETERICIl (Les). 293

la méJecine. Il se rend ensuite quel(}ue temps à Hambaurg, puis, en 1650, passe à Giessen, professeur d'histoire et de langue grecque. Il est mort dans celte ville le 24 juin 1669. On cite de lui, outre un certain nombre d'ouvrages historiques :

I. latreum ïïippocraticiim, conlinens nmf/iecium medicinœ veterîs et iiovœ, juxta ductwn Aphorismorum adornalum Giessen, 1G55; Ulin, 16t)l, in-^". Le litre varie quelque peu. — II. Hippocralis aphorismi illustrali. Giessen, 1656, in-4»; 1661; Ulra, 1661, 1665 ; Slesvig,

Haller mentionne une seconde fois cette édition grecque et latine avec commentaires sous le nom de Conrad Dietrich et la date de 1556; mais je n'ai rencontré nulle part celte dernière, qui n'est point citée par Litlrc dans sa bibliographie des Aphorismes cl Hlppocrate , A. D.

Dietericli (Helvvig). Né à Kitorf, dans le duché de Ilesse-Darmstadt, le 24 juin 1601, fit ses études à Giessen, où il fut reçu maître es arts en 1620. Il se destinait au sacerdoce, et donna quelque temps des leçons d'hébreu, mais il ne tarda pas à abandonner la théologie, et ayant visité Tubinguc, Wittemberg et plusieurs universités d'Italie, il se ht recevoir docteur à Strasbourg en 1626, disent les uns, en 1627 selon d'autres. Le souverain de Ilesse-Darmstadt le choisit pour médecin, et il remplit le même office près de plusieurs princes d'Allemagne. Il fut appelé, grâce à cette circonstance, près du priace royal de Danemark et reçut successivement les titres de conseiller d'Etat et de médecin de la cour. Il alla plus tard résider à Hambourg, où il lut nommé médecin pensionné delà ville. Il a écrit, dans un de ses ouvrages public eu 1655, qu'il avait découvert la circulation du sang en 1622 en disséquant un chien, mais celle assertion a été contestée. Il est mort h Hambourg le 13 décembre 1655. On lui attribue :

I. Dissertatio de Arthritide. Strasbourg, IG^ô, in-4°. Cette dissertation serait, disent quelques biograiihes, d'un autre Dietericli. — II. Elogium planétarium cœlestium et terresti-ium macrocosmi et microcosmi. Strasbourg. 1627, in-S". — III. Responna medica de probatione, facullale et usu acidularum fontium Schivalbaci susiiri-anlium. Francfort, 1631, in-4''. Ibid., 1644, in-4°. — IV. Vindidœ adversus Ossoiiem Tachenium. Hambourg, 1653, in-4°. A. D.

Oieterich (Johâ.nn-Georg-Nikolaus). Médecin de Ratisbonne, mort en 1757, serait l'auteur d'une jtartie du texte qui accompagne les planches de l'ouvrage de Johann-Wilhelm Weinmann :

Phytanihoza iconographia. A. D.

Dieterîch (G.-Ludwig). Né à Muuich, médecin, chirurgien et accoucheur dans cette ville, fut reçu docteur en médecine à Erlangen en 1850. Il est l'auteur des ouvrages et mémoires ci-après :

I. Skizzen ziir Geschiclite der Unterbindung einiffcr grosseren Arterien. Thèse de docloiat. Erlangen, 1830, in-S". — II. Das Aussuchen der Schlagadern behufs der Unterbindung -ur Heilung von Aneurysmcn, nebst Geschichte der Unterbinduiigen. Nuremberg et Vienne. 1831, in-S". — III. Beugalisches Feuer zur Beleucktung der homôopathischen Wiinderkur des Hrrn. Dr. Joh. Jos. liolh. Munich, i853, in-8°. — IV. Der Kan'dzer Brunnen bei Parlenkirchcn nebst seinen Umgi bungen. Munich, 1854, in-S" — V. Die Mercurialkranhheii in allen ikren Fornien, geschickltich, pathologiach, diagnoslisch icnd therapeutisch dargestetlt. Leipzig, 1837, in-S". — VI. Deobacktung iind Behandlung des wandernden Brechdurch^ faites in Mûnchen. ^nvemheig, 1857, in-S''. — Ml. Die Kraidiheitsfamilic Syphilis. Laiidshui, 18 i2, 2 vol. in-S". A. D.

294 DIÉTHOXALÎQUE (ACIDE).

DIETERICUS (Les deux).

Dieterichs (Ludwig-Michel). Médecin de Ratisbonne, né en 1722, a laissé

les ouvrages suivants :

I. Diss. nspi Tcoy (j7rc/5/AaTtxwv Çwwv. Gottingae, 1736, in-4». — II. Diss. sist. campum in quo medicina de morte triumphat. Lugduni Batavorum, 1757, in-4''. — HZ. Programma indicans duonim codaverum masculinorum sectionem anatomicam. Ratisb., 1743, in-4'». — IV. Progr. de thesi Boerhaaviana : functio lege mechanica fit et jjer eam tantum explicari possit. Ralisb., 1745, in-4''. — V. Rede von einem wahren Vorfall und darauf glûcklich unternommenen Absetzung der Gebàrmidter. Itegensburg, 1745, in-4°. — VI. Obse?'vaiiones de usu corticis Peruviani in cancro mammae exulcerato. Ratisb., 1747, in-4''. — VU. De fratrihus italis ad epigasirium connatis. Ratib^b., 1749, in-4°. — VIII. Abhandlung vondem berûhmten Wildbade zu Abach in JSiedcr-Bagern. Regensburg, 1754, in-S". L. Hn.

Dieterichs (Joachim-Friedrich-Christian). Médecin vétérinaire allemand, né à Stendal le i'^'" mars 1792, fit ses études élémentaires à Wusterhausen, puis apprit le métier de maréchal ferrant et fit son tour d'Allemagne. En 1813, il fut admis comme élève militaire à l'école vétérinaire de Berlin, et en sortit avec le titre d'élève maréchal des haras. Après avoir, pendant plusieurs années, exercé avec succès l'art vétérinaire, il étudia la médecine et les sciences naturelles, passa ses examens en 1817 et fut nommé médecin vétérinaire supérieur. Il fit un séjour en France, aux frais de l'Etat, pour y étudier les haras, l'élève des chevaux et les établissements de mérinos. Il voyagea ensuite pour des motifs analogues dans le Wurtemberg, la Bavière, l'Autriche et la Hongrie, et à son retour en 1819 fut nommé professeur à l'école vétérinaire de Berlin. 11 quitta sa chaire en 1825 pour se consacrer exclusivement à la pratique de son art. On a de lui un grand nombre d'excellents ouvrages sur la médecine vétérinaire ; nous citerons entre autres :

I. Handbuch der Veterinâr-Chirurgie, oderdie Kunst die âusseren Krankheiten der Pferde und anderer Hausllûere zu erkennen und heilen. Berlin, 1822, gr. in-8°, 2 pi.; 4. Aufl., ibid., 1836, gr. in-S". — II. Ueber die herrschende Lungenseuche des Rindviehs. Berlin, 1821, gr. in-8». — III. Ueber die Hufbeschlagkunst. Berlin, 1825, gr. iiJ-8°. — IV. Ueber Gestûts- und Ziïchtungskunde. Berlin, 1824, gr. in-8''; 3. Aufl., ibid., 1842, gr. in-8. — y.CatechismusderPferdezucht. Berlin, 1825, gr. in-S» (ouvr. couronné). — yi. Handbuch der allgemeinen undlbesonderen, sowolil theoretinchen als praklischen Arzneimiltellehre fur Thieràrzte und Landwirthe. Berlin, 1826 (1825), gr, in-8" ; 3. Ausg., ibid., 1859, gr. in-8°. — VII. Handbuch der speciellen Pathologie und Thérapie fur Thieràr'Ae und Landwirthe. Berlin, 1828, gr. in-8». — VIII. Handbuch der praklischen Pferdekenntniss. Berlin, 1854, gr. in-S"; 5. Aufl., ibid., 1845, gr. in-8% — IX. Anleitung das Alter der Pferde, der Rinder und der Schafe nach dem natiirlichen Zahnwechsel und den Verânderungen der Zâhne zu erkennen. Berlin, 1837, gr. in-8°. — X. Handbuch der Veterinâr-Chirurgie. Berlin, 1842, gr. in-8°; 2. Aufl., ibid., 1851, gr. in-8°. — XI. Handbuch der Geburtshulfe. Berlin, 1845, gr. in-S". — XII. Handbuch der gesammlen Hausthierzucht. Leipzig, 1848, in-S".

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