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DICT. ESC. XXIX

454 DIGITALE (bibliographie).

eu recours habituel lemeut à l'usage du café à hautes doses, des spiritueux et de l'opium, à tous les moyens, eu un mot, qui sont propres à relever la chaleur, à exciter le cœur et à tirer les malades de l'état de dépression dans lequel ils sont tombés. Nous croyons que c'est la conduite qu'il est rationnel de tenir. Les injections d'élher dans cet empoisonnement, comme dans les autres empoisonnements froids, sont susceptibles de rendre de grands services, à raison de l'énergie et de la rapidité avec lesquelles elles peuvent relever une circulation languissante. H ne faut pas oublier que, même dans les cas où tout marche régulièrement, les sujets qui ont été intoxiqués par la digitale doivent être maintenus assez longtemps couchés, de manière à prévenir une syncope qui, un fait cité par Mazet le prouve, peut devenir rapidement mortelle quand les malades se lèvent trop tôt.

Nous renvoyons ce que nous avons à dire de l'expertise médico-légale, dans le cas d'enipoisoimemciit par la digitale, àia toxicologie de la diglaline.

FONSSAGRIVES.

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DIGITALINE (giiimie). 455

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DICITALÉINE. Voy. Digitaline.

DIGITALIX'E. § I. Chimie. La digitale pourprée [Digitalis jmrpurea h.) renferme plusieurs principes immédiats qui communiquent à cette plante ses qualités physiologiques et thérapeutiques. La communauté apparente des propriétés de ces divers principes avait f lit croire à l'existence d'un corps unique que crurent extraire Homolle et Quévenne, et auquel ils donnèrent le nom de ligilaline [voy. plus loin le chapitre Pharmacographie) . Mais des recherches ultérieures, entre autres celles de Nativelle, ont démontré que la di"ituliiie de Homolle et Quévenne se compose an moins d un principe cristal'isable et insoluble dans l'eau, la digitaline cristallisée, et d'un principe amorphe, trèssoluble dans l'eau, la digitaline amorphe. Ce même chimiste a remarqué en outre que les semences de Digitalis purpurea ne renferment pas de dioitaline insoluble cristallisée, mais qu'en revanche elles contiennent beaucoup dedi^italéine amorphe soluble, accomp.ignée d'une substance cristallisable à laquelle il a donné le nom de digitaléine cristallisée.

436 DIGITALIÎ^E (chimie).

L'existence de la digitaline cristallise'e, prépai'e'e à l'état de pureté simultanément par Ilomolle et par Nativelie, et celle de la digitaléine amorphe, découverte par Nativelie, paraissaient être des faits acquis à la science, à (elles enseignes que la première était entrée, du moins en France, dans le domaine de la thérapeutique, quand Schmiedeberg est venu tout remettie en question. D'après lui, en effet, la digitaline de Nativelie ne serait qu'un mélange d'une digitaline amorphe insoluble dans l'eau, d'un principe éminemment toxiijue,la digitoxine ivoy. ce mot), et d'un troisième principe, h paradigitogénine. Nous ne pensons pas que l'opinion de Schmiedeberg soit absolument hors de conteste et, vu qu'on continue à se servir, en France, de la digitaline de Nativelie, comme si elle constituait un principe nettement défini, nous en donnerons ici la préparation, d'après la méthode de Tanret, qui nous paraît la plus simple [Journal de pharmacie, ¥ sér., t. XXII, p. 503, 1875).

(( Les feuilles de digitale sont grossièrement pulvérisées (on l'ejette le dernier quart), mélangées intimement avec de l'alcool à 25 degrés centésimaux, puis traitées par déplacement. Quand la lixiviation a été bien conduite, la plus grande partie de la digitaline a passé dans les premières portions recueillies. Alors on agite cette liqueur a\ec environ le quinzième de son poids de chloroforme et on laisse reposer. Quand le chloroforme s'est bien séparé, on l'enlève avec un entonnoir à rolnnet, et l'on recommence d'agiter avec une nouvelle dose de chloroforme, le vingtième seulement cette fois. Le chloroforme des deux opérations, mêlé des matières extractives albumineuses qu'il a précipitées, est abandonné quelque temps au repos. On peut en retirer facilement les trois quarts. il est coloré en vert brunâtre intense et contient la digilaline, la digitaléine, la chlorophylle et les matières grasses qu'il a enlevées au liquide alcolique. On le lave avec son poids d'eau pour en séparer l'alcool qu'il a dissous, puis on l'agile avec un volume égal au sien d'une solution assez concentrée de tannin. Il se sépare alors du tannate de digitaline qu'il est facile de recueillir, qu'on malaxe avec du chloroforme nouveau, pour entraîner celui qui est coloré et le souille, puis qu'on dissout dans l'alcool à 70 degrés. Alors on y délaye soit de l'oxyde jaune de mercure, soit mieux encore de l'oxyde de zinc, et on abandonne le mélange à lui-même, en l'agitant de temps en temps. Il se forme un tannate métallique, et la digitaline, mise en liberté, se dissout dans l'alcool. On ûltre, on agite avec du charbon animal lavé jusqu'à entière décoloration. Si elle marche vite, on n'obtient que des grains de digitaline blanche, que le microscope montre com[iOsée d'aiguilles rayonnant du centre, et des aiguilles de digitaline, si elle se fait lentement. Quand la cristallisation n'augmente plus, on décante le liquide aqueux qui contient la digitaléine ».

Nous ne dirons rien de plus de la préparation de la digitaléine.

Suivant Nativelie, la digitaline insoluble ou cristallisable se présente sous la forme de petits cristaux légers, formés d'aiguilles courtes et déliées, groupées autour du même axe ; sa saveur est d'une amertume excessive, persistante, qui rappelle celle de la plante. Chauffée dans une capsule de platine, la digitaline fond, sans se décolorer, en gouttelettes limpides, puis brunit, dégage d'abondantes vapeurs blanches et disparaît sans laisser de traces. Elle est à peine soluble dans l'eau ; l'élher n'en dissout que des quantités insignifiantes ; l'alcool la dissout en forte proportion, et d'autant plus qu'il est plus concentré; mais c'est le chloroforme pur qui est son meilleur dissolvant. L'acide sulfurique la dissout eu prenant une teinte brun verdàtre, qui vire au rouge groseille sous l'influence

DIGITALINE (cuniiE). 437

de la vapeur de brome; étendue d'eau, la solution devient vert émeraudc; de l'acide ddorliydrique à 20 degrés la dissout en prenant une belle couleur verte. La digitaline cristallisable est formée de carbone, d'bydrogène et d'oxygène; elle ne contient pas la moindre trace d'azote. Sa composition centésimale est la suivante :

Carbone 62,08

Hydrogène 8,23

Oxygène 29,69

La formule de la digitaline n'est pas bien établie, puisqu'on ne connaît pas de combinaisons bien définies de cette substance avec des corps ù poids moléculaire connu. Cependant NativcUe lui a assigné pour composition G-^1P''0'^ tandis que Homolle la formule G^'^IP-O'^.

Nous avons dit plus haut que Schmiedeberg considère la digitaline cristallisée de Ilomollc et de Nativelle comme un mélange d'une digitaline amorphe insoluble, de digitoxine et de paradigitogénine. Pour extraire de ce mélange sa digitaline, ce chimiste traite la digitaline de Nativelle par un mélange d'alcool et d'éther, puis, après évapora tion, successivement par l'eau, par une lessive faible de soude, le chloroforme et l'alcool chaud. Il obtient ainsi un corps en grains amorphes, sphériques, mous, incolores, aisément solubles dans l'alcool pur, dans l'alcool chloroformé et dans l'acide acétique, peu solubles dans le chloroforme et l'éther, presque insolubles dans l'eau. L'acide sulfurique concentré la dissout sans coloration; parla chaleur, la liqueur devient vert jaunâtre ; par l'addition d'un peu de bromure de potassium, d'un beau rouge. Les acides en général la transforment en glycose et en digitalirétine. La digitaline de Schmiedeberg aurait pour formule C-'fPO^

La dùjilaléine amorphe de Naiivelle est incristallisable et forme une solution d"aspect gomnieux qui, séchée en couches minces, se présente en écailles translucides, à peine colorées; pulvérisée, la digitaléiiie constitue une poudre blanche très-àcre, amère et très-irritante. Chauffée, elle fond sans se colorer, puis elle brunit. Elle est soluble en toutes proportions dans l'eau. L'alcool la dissout dilficilement, l'éther ne la dissout pas; l'acide chlorhydrique à 20 de grés la dissout avec une coloration brun verdàtre.

La digitaléine ne renferme pas d'azote; sa composition répond à peu près ù la formule C^H'^O.

Les propriétés physiologiques de la digitaléine soluble étant moins bien connues que celles de la digitaline insoluble, on ne l'a pas encore utilisée en thérapeutique.

Dans le commerce, la digilaline cristallisée de Nativelle est encore connue sous le nom de digitaline française, qui jadis était réservé pour désigner la digitaline impure de Homolle et Quévenne; la variété connue sous le nom de digitaline allemande, et qui est en grande partie soluble dans l'eau, serait, d'après Homolle, un produit complexe, renfermant, d'une part, des produils amers, insolubles, très-toxiques, d'autre part, des produits peu amers, solubles, d'une action physiologique plus faible [Dict. de chimie de Wurlz). D'après Schmiedeberg, la digilaline allemande soluble renfermerait de la digitonine [voy. ce mot), de la digitaline et de la digitaléine; il ne faudrait pas se fiourer cependant que ces deux derniers principes soient identiques avec ceux de Nativelle qui portent le même nom.

458 DIGITALINE (chimie).

Dans l'état actuel de nos connaissances, la vérité est difficile à débroniller. D'après les ncherclies des chimistes, la digitale renferme encore d'autres principes que ceux que nous avons mentionnés plus haut, mais on ne sait si ces principes préexistent dans la plante, ou s'ils ne sont que des modifications d'un autre principe peu stable. D'après Kosmann, la digitale ne renfermerait que de la digitaline soluble, susceptible de se transformer en glycose et en digitaline insoluble, en partie dans la plante «jlle-même, en partie pendant la préparation de la digitaline insoluble; cette dernière à son tour serait un glycoside capable de se transformer en d igitaUrél'me par élimination d'une nouvelle molécule de glycose. Du reste, d'après le même auteur, les deux variétés en question de digitaline offriraient les niêmes propriétés physiologiques; Kosmann attribue ;i la digitaline insoluble la formule C*-IF®0^^. Il est évident que le corps que ce chimiste désigne ici sous le nom de digitaline soluble n'est autre chose que la digitaléine soluble de Nativelle; mais la formule qu'il lui assigne, C^-fP*0^^, ne correspond nullement à celle que Nativelle a proposée pour sa digitaléine. Il faut en conclure que le produit obtenu par l'un ou par l'autre de ces chimistes n'est pas pur.

Enfin, nous devons encore mentionner quelques autres principes immédiats ou prétendus tels, découverts dans la digitale par divers chimistes: ainsi Homolle el Quévenne en ont retiré la digitalose, matière cristalline, d'un blanc éclatant, insipide, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et dans l'alcool à 90 degrés, surtout bouillant.

Le digUaUn, substance blanchâtre, cristalline, à peine soluble dans l'eau chaude à laquelle elle communique une saveur amère, soluble dans l'alcool à 90 degrés, insoluble dans l'éther.

Morin a extrait de la digitale Vacide dig italique, cristallisé en aiguilles, d'une odeur qui devient sulfocante par la chaleur, d'une saveur franchement acide, très-sol uble dans l'eau, soluble dans l'alcool et un peu dans l'éther, trèsinstable. A l'ébullilion avec les acides, il se dédouble en glycose et en digitalirétiue.

Vacide antirrhinique a été obtenu par la distillation des feuilles : huileux, volatil, d'une odeur de digitale fraîche.

L'acide digilaléiqiie, sorte d'acide gras, a été retiré par Kosmann des feuilles de digitale. Cristallin, de saveur acre et amère, peu soluble dans l'eau, trcssoluble dans lalcool et dans l'éther.

Walz a en outre retiré des feuilles de digitale un principe auquel il a donné le nom de digitasoline et qui parait peu dilférer de la digitaline soluble de Kosmann, ou de la digitaléine soluble de Nativelle : c'est un glycoside qui se dédouble en glycose, en digital irétine et en paradigitalétine. Cependant, d'après Walz, la digitaline cristallisable, en suspension dans de l'eau additionnée d'acide sultudque, subirait le môme dédoublement. Le même chimiste a encore découvert dans l'extrait aqueux des feuilles de digitale une matière grasse, la digitoléine, huile verte, de saveur acre et amère, d'odeur aromatique, très-soluble dans l'alcool et l'éther : c'est une combinaison de glycérine et d'acide digitoléique.

La digitale jaune [Digitalis lutea S.) renferme également de la digitaline (Kosmann); de cette même plante Walz a extrait quelques-uns des autres principe-; de la digitale pourprée, entre autres sa digitasoline.

Walz a en outre retiré des deuxespèc^'S un principe résineux, la ^«^/^«/«(^^«'^^i à laquelle il -a donné plus tard le nom d'«c/c?e digitaloïniqne, et un corps volatil,

DîGITALLNE (thérapeutique). 459

la digitaJoî^mine, principe odorant des fleurs qu'on obtient par distillation de celles-ci sous (orme d'une pellicule d'aspect gras. Nous en passons.

En somme, on ^oit que Thistoire chimique de la digitale est encore bien obscure et que, si elle était entreprise et menée à bonne fin, elle constituerait un travail de longue haleine et de dimensions vraiment sérieuses, L. Hahs^

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