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tous ont conservé les caractères essentiels du genre Meleagris. Ils ont en effet, comme les oiseaux sauvages du Nouveau Monde, des formes robustes et des pattes fortes, munies d'éperons chez les mâles, garnies de scuteiles transversales sur leurs faces antérieures et posîérieures et réticulées sur les côtés; leur tête et la portion supérieure de leur cou sont dénudées avec la peau généralement colorée en bleu et en rouge durant la vie de l'oiseau. Souvent sur ces mêmes parties on

emarque des plis, des pendeloques ou des caroncules turgescentes, tandis que sur le devant de la poitrine on observe une touffe de crins très-longue et très-fournie. Le genre Meleagris renferme actuellement deux types bien tranchés, le Dindon ocellé [Meleagris ocellata Cuv.), et le Dindon ordinaire {Meleagris gallopavo), qui se subdivise en plusieurs races. Le Dindon ocellé habite le Honduras et le Yucatan, et se distingue par la richesse de son plumage. La partie inférieure de son cou et la totalité de son corps ont des reflets verts, bronzés ou dorés, rehaussés par des bandes transversales noires et des taches pourprées ; ses ailes sont variées de vert bronzé, de noir et de blanc, et sa queue, vermiculée de noir sur fond gris, se termine par une bande dorée précédée d'une série de taches pourprées, mêlées de noir. Enfin, chez les mâles, la tête est ornée d'un tubercule frontal et d'une caroncule bleue retombant sur le bec, tandis que sur les joues et au-dessus des yeux s'élèvent sur un fond bleu des verrucosités d'une teinte orangée. Mais dans cette espèce il n'existe point de touffe de crins sur le devant de la poitrine. Cette dernière au contraire est très -apparente chez les Dindons sauvages des États-Unis du Canada et du Mexique et se montre aussi chez les oiseaux domestiques, surtout chez les mâles adultes. Les Dindons sauvages ou domestiques, de la forme ordinaire, portent d'ailleurs une livrée un peu moins éclatante que celle du Dindon ocellé ; leur cou dépourvu de tubercules orangés offre en revanche des plis et des pendeloques variant du rouge au bleu livide, et leur front est surmonté chez les mâles d'une longue excroissance charnue qui devient d'un rouge vif lorsqu'elle est injectée de sang et qui, en s'allongeant, cache une partie du bec et retombe même sur le devant du cou.

La queue, chez les Dindons sauvages et chez les Dindons domestiques à livrée métallique, est ornée d'une bande subterminale noire et de raies transversales plus étroites se détachant sur un fond brun marron; elle est bordée à l'extrémité tantôt par un liséré marron, tantôt par un liséré clair, qui se retrouve alors sur les couvertures caudales. Cette dernière particularité existe à la fois chez les Dindons domestiques à livrée métallique et chez les Dindons du Texas et du Mexique, tandis que l'autre semble propre aux Dindons des États-Unis. 11 est donc très-probable que nos Dindons domestiques descendent non de la race des États-Unis {Meleagris gallopavo, var. americana), mais de celle du Mexique [Meleagris gallopavo, var. mexicana). Cette dernière hypothèse concorde d'ailleurs beaucoup mieux avec les documents historiques.

Les mœurs des Dindons sauvages ont été fort bien décrites par J.-J. Audubon. A l'époque où cet illustre naturaliste recueillait des matériaux pour son grand ouvrage sur les Oiseaux de l'Amérique du Nord, les Dindons étaient encore trèscommuns dans les forêts de l'est des États-Unis et du Canada ; mais depuis lors ils ont été l'objet d'une chasse tellement active de la part des indigènes et des colons européens que leur nombre a considérablement diminué. Ces Gallinacés constituent un excellent gibier et atteignent parfois à l'état sauvage un poids de 8 ou 9 livres. Dans leur pays natal ils se nourrissent d'herbes tendres, de graines et de baies de toutes sortes, d'insectes, de lézards etde grenouilles, Vers

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le commencement d'octobre, ils effectuent des migrations plus ou moins étendues, et en hiver ils s'approchent des fermes isolées et se mêlent quelquefois aux volailles domestiques. C'est alors qu'on s'en empare avec le plus de facilité. Dès les premiers jours du printemps, les mâles se mettent à la recherche des femelles et leur font la cour en tournant autour d'elles et en faisant la roue, c'est-à-dire en se rengorgeant, en rendant turgides leurs pendeloques charnues et en redressant en éventail les plumes de leur queue. Souvent alors ils se livrent de terribles combats qui se terminent par la mort d'un des adversaires, puis des couples se forment, et vers le milieu d'avril la femelle pond dans une excavation du sol, sur un simple lit de feuilles sèches, de quinze à vingt œufs d'un jaune crémeux. Elle couve avec ardeur et, quand les petits sont éclos, elle les soigne avec beaucoup de sollicitude.

Dans nos basses-cours, les Dindons ne se montrent pas moins querelleurs, et les Dindes sont aussi bonnes mères; quant aux jeunes, ils sont fort délicats; ils craignent le froid et l'humidité et réclament des soins tout particuliers au moment oii ils prennent le rouge, c'est-à-dire lorsque leurs caroncules commencent àrevêtirleurcouleur caractéristique. On les nourrit d'abord avec du pain, des œufs cuits durs et hachés, de la viande, du riz bouilli, etc. Soumis à un régime convenable, ils grandissent assez rapidement pour qu'on puisse les sacrifier à l'âge de trois ans. En Angleterre, une Dinde rôtie est, dans les familles uu peu aisées, le plat de résistance du repas de Noël, et chez nous une de ces belles volailles, abondamment truffée, jouit de l'estime des gourmets {voy. Viande).

Les noms français de Coq d'Inde, Dinde ei Dindon, rappellent évidemment l'origine américaine du Meleagris gallopavo, les Antilles et le Mexique ayant été primitivement appelés les Indes Occidentales. E. Oustalet.

Bibliographie. — Ch. L. Bonaparte. American Ornithology, 1825, t. I, p. 79 et pi. 9. — J.-J. AuDUBOx. The Birds of America, 1842, t. V; p. 42, pis. 287 et 288. — R.-S. Dixon. Omamental and Domestic Poullnj, 1850, p. 34. — M. DoytE. The Hlusirated Book of Domestic PouUrij, 1854, p. 218. — Ë. B^ziti. Scènes de la nature dans les États-Unis, trad. d'Audubon. Paris, 1857, t. I, p. 28, — Isid. Geoffboï Saint-IIilaire. Acclimatation et domestication des animaux utiles, 4« édit., 1861, p. 173. — E. Peers. Des poules, suivi de notices sur les oies, les canards, les pintades, les dindons, etc. Paris, 1863, p. 112 — D.-G. Elliot. The new and heretofore unfigured Species of the Birds of Norlh America, in-folio. New- York, 1869, t. I, pis. — J. Pelletan Pigeons, dindons, oies et canards. Paris, 1873, p. 71. — Ellioxt Coues. Birds of the North-West. Washington, 1874, p. 591. E. 0.

DlXGHENS DE Dl!\€iHE!M (Léonard-François). Né à Brée, dans la Gampine liégeoise, docteur de l'Université de Louvain et professeur, est auteur d'un ouvrage intitulé :

Fundamenta physico-medica ad scholarem helgicam studiose adoptala. Accedit Tractât us de febribus. Louvain, 1678, in-fol. x. D.

DI!\K4S (Les). Tribu qui peuple, avec celles des Chillouks, des Nuehr, des Kytch, desBokr, des Aliab,des Schir, les rives septentrionales du Nil blanc (Backer). |j

DlîXO IIEL GARBO. Savant médecin italien, naquit vers 1280, à Florence, d'un père, habile chirurgien, nommé Buono ou Bruno; il suivit les leçons de son père et de son célèbre compatriote Taddeo, et se fît recevoir à Boloone en 1300. 11 fit là des leçons publiques, mais des troubles politiques ay^mt amené la dissolution de l'Université de Bologne en 1306, il accepta à Sienne

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une chaire avec appointements. Vers 1308, il revint à Bologne d'où les magistrats de Padoue l'appelèrent en 1313 pour reconstituer l'Université de cette ville qui avait beaucoup souffert pendant la guerre contre Henri YII ; après de nouvelles pérégrinations à Florence et à Sienne, chassé d'une ville dans l'autre par les luttes de ce temps d'agitation, il retourna enfm à Florence et y mourut dans un âge peu avancé le 30 septembre 1327.

Garbo fut un des médecins les plus célèbres de l'Italie au quatorzième siècle; il était surtout renommé pour l'éclat et la lucidité de sa parole, ce qui lui avait valu le nom à'Expositor. « Il a laissé, dit Spreugel, des commentaires sur le Traité de la génération d'Avicenne, et sur le livre De la nature du fœtus d'Hippocrate. Entre autres, il cherche à y prouver, par des raisons astrologiques, que le foetus n'est point viable à huit mois {Expos, supr. cap. de gêner atione)^ et que la cause des maladies héréditaires réside dans un vice organique du cœur, parce que l'esprit, que la semence du père communique, prend sa source dans cet organe [ihid.). Il examine avec beaucoup de subtilité si cet esprit est vivifié et doué d'intelligence [Expos, in lih. Hipp. de Natura fœtus) et si dans l'acte de la génération il provient du cœur ou en même temps des parties principales du corps [ibid.]. Pour justifier l'idée de la chaleur animale il divise le feu en lumière, flamme et charbon {ihid.). Les plantes qui proviennent d'une semence peuvent, aussi bien que les animaux, devoir leur naissance à utie simple fermentation » (Sprengel, II, 146).

Malgré les éloges que Marruchelli a faits du caractère de Dino Del Garbo, la part qu'il prit à l'injuste condamnation et à l'affreux supplice de Cecco d'Ascoli pèsera éternellement sur sa mémoire. Cecco, médecin, poète et astrologue, avait été accusé de sorcellerie, son crime envers Dino était de s'être permis quelques critiques sur un de ses ouvrages et de lui avoir fait concurrence dans la pratique médicale.

I. Recollectiones in Hippocratem de natura fœtus. Venetiis, 1502, in-fol. — II. Chirurgia cum tradalu ejusdem de ponderibus et mensuris; necnon, etc. Ferrarae, 1485, in-fol.; Yenel., 1536, in-fol. — III. Ënarratio caulionis Guidonis de Cavalcantibus de natura et motu amoris. Venetiis, 1498, in-fol. — IV, Super Fen IV primi Avicennœ prœclarissima commentaria quce dllucidatorium totius practicœ, etc. Ferrarae, 1489, in-fol.; Veneiiis, 1514, in-fol. — V. ExposUio super Canones générales de virtutibus medicamentorum simplicium secundt canonis Avicennœ. Venetiis, 1514, in-fol. — VI. De cœna et prandio epistola (avec les ouvrages d'André Thurinus). Romae, 1545, in-fol. L. Hn.

OirvOBRlTElVS. Famille d'Infusoires flagellés composée d'animalcules piriformes, munis d'un flagellum principal et d'un flagellum accessoire plus court et plus fin. Le corps contractile présente un point oculiforme rouge, et deux grandes plaques latérales de matière colorante jaune ou brune. L'histoire de ces animalcules est loin d'être encore bien connue, surtout en ce qui concerne la reproduction ; suivant Biitschli, ils se multiplieraient par division longitudinale; d'après Stein, au contraire, la division serait transversale.

La famille des Dinobryens, créée par Ehrenberg en 1833 et 1834, renferme deux genres : les Epipyxis Ehr. et les Dinobryon Ehr., que l'on trouve dans les eaux douces, et qui diffèrent surtout par leur manière de vivre ; les premiers sont solitaires, tandis que les autres se groupent en colonies ; parmi ces derniers le Dinobryon sertularia est le plus commun ; il vit dans les capsules trèsallongées, formant des séries plus ou moins ramifiées, l'extrémité effilée et fermée d'une capsule s'insérant sur le bord interne de l'orifice évasé de la capsule située immédiatement au-dessus. F. H.

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