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DIOCLÈS DE CARYSTE

DIOCLÉS DE CARYSTE. Aiov.Xyjç b Kocpy;Tioç. L'im des médecins les plus célèbres de l'antiquité, le plus important des successeurs immédiats d'Hippocrate, secundus aetate famaque, dit Pline, placé par quelques-uns à côté du père de la médecine. Galien, tout en le rangeant dans la secte des dogmatiques, l'égale à Hippocrate pour la rigueur de ses principes médicaux et pour la noblesse de son caractère (Galenus, De uteri dissectione, G. X [éd. Kûlm, t. II, p. 905], De diebus criticis, I, 2, 3 (éd. Kiilm, t. IX, p. 775, 777).

Dioclès était né à Caryste, dans l'île d'Eubée, et vivait à Athènes 550 ans avant l'ère chrétienne. Il écrivit un grand nombre d'ouvrages, dont il ne reste que les titres ou quelques fragments conservés par Galien, Caîlius Aurelianus, Oribase et quelques autres écrivains. Le plus long de ces fragments serait une lettre au roi Antigone, intitulé : "Ev:i<7Tolri TtpovvlaxxLy.-n, et insérée par Paul d'Égiiie à la fin du premier livre de son ouvrage sur la médecine. L'original grec s'en trouve dans la Bibliotheca grœca de Fabricius (t. XII, p. 587 de l'ancienne édition) et dans les Sylloge phijùcœ de Neander (Lipsiae, 1591, in-8°); nous ne poursuivrons pas plus loin l'histoire de cet opuscule dont le peu d'authencité paraît démontré aujourd'hui.

Il nous est difficile de nous faire une idée exacte des mérites de Dioclès par les quelques fragments qui ont été conservés de ses ouvrages. Nous sommes obligés de nous en rapporter aux appréciations des auteurs anciens, qui, comme nous l'avons vu plus haut, sont fort élogieuses. Dioclès paraît avoir été un anatomiste zélé, quoique Galien lui reproche de n'avoir étudié l'anatomie que sur des animaux; plusieurs de ses ouvrages se rapportaient à cette science, Galien en cite un intitulé ■Kzfi Tr^paa/eurj? àvxToauô?. Plusieurs écrivains modernes lui ont attribué, on ne sait trop sur quel fondement, la découverte de l'aorte et du système artériel; il avait au contraire des idées très-erronées sur la distribution des vaisseaux en général.

Athénée {Deipnosoph., VII, 320, 324), Galien [desimpl. medic. facult., II, 5 [éd. Kûhn, Xf, 472]) et Oribase {OEiivres, éd. Bussemaker et Daremberg, 168 et suiv.), donnent des fragments d'une lettre de Dioclès à Pleistarchus sur la diiitétique, -mpï ÛYistvwv (Kùhn, Opuscula, II, 115).

D'autres ouvrages de Dioclès traitaient de la gymnastique et de la séméiotique (Soranus), du pronostic, des fièvres et des excrétions (Cselius Aurelianus), de la thérapeutique et de la toxicologie (p(.?;oTO!/.f/ov, Tzzpl ôavaaffiwv cpap^zay-wv) , de l'Iatréion {Kspl twv xâr' loTpsîov). L'un des plus célèbres est son ouvrage sur les maladies, leurs causes et leur traitement : il y recherche attentivement les causes de chaque symptôme; la fièvre elle-même n'est qu'un symptôme (ÏTZLyivnpLy) de divers processus morbides ; le premier peut-être il établit une distinction entre la pleurésie et la pneumonie (il assignait à cette dernière comme siège les vaisseaux du poumon), entre les ascites d'origine hépatique et d'origine splénique. Dioclès admettait la méthode numérique de Pythagore. Comme le fait voir son ptÇoropiizov, il employait de préférence les remèdes d'origine végétale. Gruner a réuni les préceptes de thérapeutique de Dioclès ; le médecin grec s'est surtout attaché à retracer les règles de conduite que les voyageurs et les navigateurs doivent suivre. La chirurgie lui doit, paraît-il, l'invention d'un instrument appelé himlque ou Diocleum graphiscum et destiné à pratiquer l'extraction des flèches.

Un ouvrage célèbre de Dioclès cité par Soranus (éd. Ermerins, p. 233) et composé de douze livres au moins traite de la gynécologie [(7Te,ot 7uvaty£îwv);

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On y trouvait des particularités intéressantes sur le développement de l'embryon; Oribase {ibid.^ III, p. 78) nous les a conservés, et nous ne pouvons mieux faire que de citer le passage suivant : « Jusqu'au neuvième jour il n'y a, pour ainsi dire, que quelques lignes sanguinolentes qui se dessinent en relief, et vers le dix-huitième jour il se montre des grumeaux charnus et des corps fibreux dans lesquels on découvre les battements du cœur. Vers le vingt-septième jour, il se forme manifestement dans une membrane muqueuse des traces faibles de l'épine du dos et de la tête. )»

Longtemps le sperme n'avait été considéré que comme une simple écume; Dioclès le premier s'élève contre cette idée en faisant remarquer que ce liquide est plus dense que l'eau.

Pour ne rien omettre, ajoutons qu'Hiéroclès cite Dioclès comme l'auteur d'ouvrages de médecine vétérinaire, sur lesquels nous n'avons pas d'autres données.

Enfin on a attribué à Dioclès des Commentaires sur Hippocrate qui étaient peut-être des œuvres originales portant les mêmes titres que les ouvrages correspondants du père de la médecine.

Malthaxi a réuni une partie des fragments de Dioclès dans les XXI Medicorum grxcorum opuscida (Moscou, 1808, in-4°) ; d'autres ont été publiés par A. Mai, d'après les manuscrits du Vatican (1831, in-8°). Kiihn en avait déjà rassemblé la plupart dans : De Diode Carystio progr. V (Lispiae, 1820, in-4°), réimprimés ensuite dans ses Opuscula, etc., II, 86. Gruner les a traduits en allemand dans Bibliothek der alten Aerzte, II, 605. Enfin, l'édition la plus complète en est due à M. Frànkel : Dioclis Carystii fragmenta quae supersunt (Berolini, 1840, in-8°).

Un poète grec, du nom de Diodes Julius Carystius, a été identifié, probablement à tort, avec notre Dioclès. Nous n'avons pas à nous occuper ici de ce personnage.

Nous renvoyons pour plus de détails sur Dioclès Carystius à Ermerins {Anecdota medica grœca, préface, p. 16), A. Rivinus [Progr. de Diode Carystio, Lipsiae, 1655, in-4°), Kiihn {Opuscula academica et philologica, Lipsiae, 1827, in-8'', t. Il, p. 87), à la Biogr. média. , éditée par Panckoucke, à la Biogr. générale, éditée par Didot, et aux traités d'histoire de la médecine, en particulier à celui de Haeser. L. Hn.

DIODATI (Alexandre). Médecin français, parent du fameux théologien suisse Jean Diodati, vivait en 1665. Il était médecin du roi Louis XIV. On connaît de lui :

Valetudinarium, seu observationum curationum et consiliorum medicinaliwn natura. Amstelodami, Elzévir, 1662, 1668, in-12. L. Hn.

DIODOIV. Sous le nom de Diodons ou Orbes épineux on désigne d'étranges Poissons appartenant à l'ordre des Plectognathes [voy. ce mot) ; à l'état normal leur corps est plus ou moins allongé et se termine par une grosse tête, au front large et plat, au museau court et tronqué. Dans certaines circonstances toutefois, les Diodons, de même que les Tétraodons [voy. ce mot), changent complètement la forme de leur corps; ils avalent de l'air, qu'ils accumulent dans un diverticulum de l'œsophage formant une sorte de poche à parois minces et extensibles, adhérant intimement au péritoine et occupant toute la longueur de l'abdomen; lorsqu'ils sont ainsi gonflés d'air, les Diodons culbutent et flot-

DIODON. -iM

tent le ventre en Tair; chez la plupart des espèces, les épines dont le corps est hérissé se redressent alors et font ressembler l'animal à un fruit épineux.

Ainsi que l'indique leur nom, les Diodons ont le bec formé de deux pièces seulement, une supérieure, une inférieure; les mâchoires sont incrustées de productions éburnées et constituent en avant un véritable bec de Perroquet. Les Vertèbres sont toujours en petit nombre; il existe une sorte de dédoublement des premières apophyses épineuses, constituant un spina bifida; ce dédoublement ne porte cependant que sur les neurépines et laisse subsister l'arc neural dans ses conditions d'arc protecteur de la moelle; il existe, en effet, une lamelle osseuse qui recouvre le canal rachidien; il existe des apophyses transverses inférieures, bien que les côtes fassent défaut. La tête est très-large, relativement courte et déprimée; le sphénoïde antérieur forme une cloison interorbitaire; toute la région sphéno-frontale est tort développée; l'on constate l'union de l'aile palatine au crâne, au moyen d'une articulation en mortaise, du palatin avec le vomer, le prolongement interne du prémaxiliaire et du maxillaire inférieur, la brièveté de la fente branchiale. Le bord de la mâchoire supérieure est presque entièrement constitué par les intermaxillaires, les maxillaires étant très-petits ; le sous-opercule se présente sous forme d'une lame osseuse, l'interopercule, plus réduit encore, ne fait pas partie du battant operculaire, et n'est formé que par une tige très-grêle logée dans une rainure que l'on voit à la face interne du préopercule ; le nasal n'est représenté que par une membrane fibreuse qui conserve les conditions histologiques primitives du squelette.

Nous avons dit que le corps des Diodons proprement dits est armé d'épines; ces piquants, grêles, acérés, s'implantent dans la peau par une base à deux ou trois racines, auxquelles s'attachent des muscles destinés à les mouvoir; une dentine compacte et transparente iorme à elle seule la pointe de l'aiguillon, tandis que vers la base cette substance n'en constitue que la couche superficielle, le centre de l'épine étant composé de matière presque homogène; la dentine est disposée en couches concentriques très-régulières et traversée par un grand nombre de tubes calcarifères très-fins, droits, très-serrés, rayonnant vers la périphérie. Certains Diodoniens, dont on a fait le genre Ghilorayctère, ont les épines non mobiles; d'autres, comme les Trichodiodons, ont ces épines ténues et flexibles, tandis que d'autres [Trichocyclus] ont le corps couvert de filaments durs et comme cornés.

Les Diodoniens, qui ont vécu en Europe pendant l'époque tertiaire, habitent aujourd'hui les zones tropicales et subtropicales ; ceux dont les épines sont supportées par trois racines prédominent dans l'océan Atlantique, tandis que les espèces à deux racines, aux épines, se trouvent principalement dans l'océan Indien et le grand océan Pacifique ; certaines espèces toutefois, telles que le Dlodon hijstrix et le Diodon maculatus, ont une large distribution géographique.

La chair des Diodons passe, et à bon droit, pour vénéneuse, ce que l'on attribue aux polypiers et à certains crustacés dont ces animaux font leur nourriture. H. l!:. Sauvage.

Bibliographie. — Gcvier. Règne animal, t. II, 1829. — L. Igassiz. Rech. sur les poissons fossiles, t. I, n, 1833-1845. — Dareste, Recherches sur la classification des poissons ce l'ordre des Plectognathes. In Annal, d. se. nat., t. XIV, 1850. — Hollard. Étude sur les Gijmnodonies. la Annal, d. se. nat., t. VIII, 1857. — R. Owen. On the Anafonvj of Vertébrales, t. 1, 18G6. ~ A. GiiNTHER. Cat. Fish. Brit. Muséum, t. YIII, 1870. — II.-E Sauvage.

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