‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.29Chapitre 42 sur 83 · DIODORE DE SICILE · texte numérisé non relu

DIODORE DE SICILE

Mém. sur la faune ichthyologique de la période tertiaire. Annal, d. se. géol., 1873. — A. GcKTHER. An Introd. to the Study of Fishes, 1880. E. S.

DIODO^TOCÉPHALE (de Sic, deux fois, oBoùç, dent, •AZfv.'k-o, tête). Nom composé par Et. Geoffroy Saint-Hilaire, pour désigner d'un seul mot, d'après un seul fait (d'ailleurs équivoque), une anomalie caractérisée par l'existence d'une double rangée d'os dentaires ou de doubles mâchoires, sur une tête unique.

DIODORE. Médecin grec, vivait probablement vers le premier siècle de l'ère chrétienne. Galien parle d'un Diodore qui appartenait à la secte des empiriques et mentionne de lui quelques formules médicales. C'est probablement notre Diodore et celui que cite Pline. L. Hn.

DIODORE DE s»iciLE. Célèbre historien grec, né à Agyre, vivait vers 50 avant l'ère chrétienne; il fît de longs voyages en Europe et en Asie dans le but d'amasser les matériaux pour sa Bibliothèque universelle., puis habita longtemps Rome, où il recueillit de précieux documents qui lui permirent de terminer cet important ouvrage. Hœfer, dans sa préface à la traduction delà Bibliothèque de Diodore, insiste sur les nombreux et importants documents qu'on y trouve pour l'histoire des sciences naturelles. Voici (juelques extraits de cette préface : « La science des poisons et des médicaments est presque aussi ancienne que l'astronomie. L'homme à son origine semble avoir voulu connaître en même temps ce qui était le plus loin de lui et ce qui le touchait de plus près. C'est chez les Egyptiens qu'on trouve les premiers vestiges de l'astronomie et de la médecine. Beaucoup de récits fabuleux admettent une interprétation toute scientifique. C'est surtout vrai pour Hécate, Médée et Circée. Dans les larîgues anciennes, les mots donnent quelquefois la raison même des choses : pharmacum {'f(x.piJLa'/.ov) signifie tout à la fois poison et médicament. C'est qu'en effet les médicaments pris à hautes doses agissent comme des poisons; et inversement, les poisons à très-faibles doses constituent les meilleurs médicaments. Les matières qui sans doute jouaient le plus grand rôle dans les sortilèges et dans les enchantements, relégués parmi les fables, étaient empruntées aux plantes de la famille des Solanées. Les fruits ou les feuilles de la stramoine, de la belladone, de la jusquiame, de quelques espèces de solanum, voilà les véritables secrets des Médées de l'antiquité et du moyen âge. 11 y a surtout deux côtés singuliers que ces matières ne manquent presque jamais de produire : une aberration de la vision et une grande somnolence. C'est précisément ce qu'on remarque chez Pélias, succombant sous la puissance de Médée ; « D'abord il vit des figures de dragons, et plus tard il tomba dans un profond assoupissement ». Thémistocle périt comme Jason par le sang du taureau. Cette intoxication a été une pierre d'achoppement pour tous les commentateurs, qui se sont refusés à reconnaître au sang des propriétés vénéneuses. Le sang de bœuf, de porc, etc., ne sert-il pas tous les jours d'aliments? Il y a à cela une épreuve qui tranche toutes les difficultés : pour que le sang du taureau, comme celui de tout autre animal, devienne un poison, et des plus actifs, il faut qu'il soit non pas frais, mais à l'état de putréfaction. C'est du sang de taureau putréfié, c'est-à-dire un poison sepfique, que les Athéniens donnaient à boire aux condamnés à mort. Il résulte de Diodore et de V Alexipharmaque de Dioscoride que presque tous les poisons

DIONÉK. 475

connus des Anciens étaient empruntés au règne organique ; c'étaient à la fois les plus énergiques et les plus difficiles à constater en médecine légale. »

Page 1