‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.29Chapitre 43 sur 83 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

DIODOTE. Médecin grec, florissait vers le début de l'ère chrétienne. Il avait composé un ouvrage sur la botanique cité par Pline dans son Histoire yiaturelle. Cet auteur l'appelle Diodotus ?etronius, à moins qu'il faille lire Diodotus et Petronius, auquel cas Diodote et Pétrone seraient deux individus différents. L. Hn.

DIOGÈ^VE d'apolloxie. Médecin et philosophe grec, né à Âpollonie, en Crète, selon les uns, sur les côtes occidentales du Pont-Euxin, selon d'autres, vivait vers l'an 450 avant l'ère chrétienne. Il avait eu pour maître Anaximène de Milet et appartenait à l'école de la philosophie naturelle, dite ionienne ; il enseignait, contrairement à Anaxagore, l'union intime de la matière et de l'esprit, tout, même la vie, procédant d'un élément unique, Vair considéré comme le principe de la vie universelle, l'âme du monde en quelque sorte. Nous ne discuterons pas ici les doctrines philosophiques de Diogène. Aristote {De respiratione , 7) a conserve un fragment de l'ouvrage de Diogène « sur la nature » où se trouve une description des vaisseaux de l'homme, la plus anciennement connue, et vraiment importante; on peut déjà y reconnaître l'aorte, etc.; la carotide, la veine cave, la veine jugulaire, etc.; le ventricule gauche y est mentionné sous le nom d'àpxepiyy.n -/.oCkia ; il connaissait le pouls, fkz^onockta, et enseignait que l'air inspiré passe du ventricule dans les vaisseaux, s'y mêle avec le sang, et se répand ainsi dans toutes les parties du corps, que les poissons eux-mêmes respirent de l'air avec l'eau. C'est en somme à Diogène qu'il faut peut-être rapporter la doctrine d'après laquelle le pneuma a son siège dans le ventricule gauche.

Un autre Diogène, médecin grec, vivait vers le commencement du premier siècle de l'ère chrétienne. Quelques-unes de ses formules médicales nous ont été conservées par Celse, Galien et Aétius. L. Hn.

DIOLÉIXE. Liqueur neutre obtenue en chauffant à 250 degrés la monoléine avec six fois son poids d'acide oléique. Cristallise entre 10 et 15 degrés. D.

DlOi\ÉE. Dionea EUis. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Droséracées et représenté par une seule espèce très-intéressante, le Dlonœa miiscipula h., nommé vulgairement Attrape-mouches on Gobe-mouches.

C'est une plante herbacée, glabre, à feuilles radicales, dont la hampe porte des fleurs à 5 sépales, 5 pétales ayant de 10 à 20 étamines à anthères s'ouvrant latéralement. Les fruits sont des capsules uniloculaires, à 5 valves, contenant des graines à demi plongées dans un tissu cellulaire à la base de la capsule, La plante vitdans les régions marécageuses des Etats-Unis et particulièrement de la Caroline.

Les organes les plus curieux de la Dionée sont les feuilles : elles se composent d'un pétiole dilaté en deux larges ailes latérales qui lui donnent l'apparence d'une spatule un peu échancrée au sommet et d'un limbe arrondi, avec une échancrure à la base et au sommet. Les bords du limbe ont une rangée de dents larges, étroites, pointues et raides ;ses deux moitiés peuvent jouer sur la nervure médiane comme sur une charnière, et l'irritation produite sur le limbe

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par un simple attouchement suffit pour faire appliquer les deux panneaux late'rauxl'un contre l'autre; les dents des bords s'entre-croisent entre elles et, si c'est un insecte qui a produit l'irritation de la feuille, tous les mouvements qu'il fait pour se dégager ne servent qu'à l'emprisonner plus fortement et plus étroitement. Les parties qui paraissent particulièrement sensibles et dont le contact annonce particulièrement le moment sont trois poils effilés qui se trouvent à la surface supérieure de chacune des moitiés du limbe.

Ces mouvements sont déjà très-curieux : mais un phénomène, qui est plus intéressant encore, c'est que les insectes, saisis par les feuilles de la Dionée, sont enveloppés d'un suc particulier, susceptible d'agir sur les matières albuminoïdes et de les dissoudre, à peu près comme cela arrive dans les phénomènes de la digestion. Aussi la Dionée est-elle un des types les plus curieux des espèces que l'on a dans ces derniers temps appelées plantes carnivores ou insectivores. Pl,

Bibliographie. — Ellis. Nova. Act. Upsal, I, p. 98, lab. 8. — Linné. Mantissa, 151 et 258. — De Candolle, Prodromus, I, 320. — Endlicher. Gênera. — Bentham et Hooker. Gênera. — DuiwiN. Piailles Carnivores. Pl.

Dlo:\lS (Les). Famille de chirurgiens et de médecins justsment célèbre.

Dionis (Pierre). C'est le chef de la famille médicale. Né à Paris, il acquit tant de réputation comme chirurgien qu'il obtint aisément les faveurs de la Cour, et qu'il fut attaché aux personnes de Marie- Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV, de Marie-Anne-Victoire et de Adélaïde de Savoie, dauphine de France. Professeur d'anatomie et de chirurgie au Jardin du Roi, il est le premier qui ait su attirer autour de lui une foule d'auditeurs avides d'entendre ce maître dans l'art de vulgariser la science. Dionis avait, en effei, le talent de noyer, en quelque sorte, l'aridité des descriptions techniques dans un curieux mélange de conversations, de conférences et d'anecdotes placées à point. Ses livres fourmillent de ces détails qui reposent l'esprit des auditeurs et qui rendent plus aisée la route ordinairement si ardue de la science proprement dite. Aussi ses cours publics eurent-ils un succès prodigieux, et les publications qu'il en a faites ont-elles eu une quantité considérable d'éditions et de traductions. Les presses chinoises se sont même chargées de répandre dans le Céleste Empire les leçons du célèbre professeur. Pierre Dionis est mort à Paris, le 11 décembre 1718, €t fut inhumé à Saint-Roch, dans une chapelle qu'il avait fait construire pour lui et pour sa famille. De sa femme, Marie-Madeleine Du Val, il eut plusieurs enfants, dont deux appartiennent à la profession.

Il a laissé les ouvrages suivants :

L Histoire anatomique d'une matrice extraordinaire. Paris, 1683, in-12. — IL Vanalomie de l'homme. Paris, 1690, in-S»; 1691, in-S»; 1694, in-8° ; 1698, in-8»; 1705, in-8°; 1715, in-S"; 1716, in-S"; 1729, in-8°. — III. Dissertation sur la mort subite avec l'histoire d'une fille cataleptique. Paris, 1710, in-S"; 1718, in-S". — IV. Traité général des accouchements, qui instruit de tout ce qu'il faut faire pour être habile accoucheur. Paris, 1718, in-8°. — V. Cours d'opérations de chirurgie démontrées au Jardin royal. Paris, 1707, in-8°; 1714 (2- édit.), in-8» ; 1756 (3° édit. revue par Lafaye)), in- 8°; 1746, 4« édit. ; 1763 (6« édit.), in-8°; 1782 (S* édit.), in-8».

Il n'est pas inutile de faire remarquer que cette matrice décrite en 1683 par Dionis appartenait à une jeune femme de vingt ans, atteinte d'une grossesse extra-utérine (ovarique?), et morte, aii cinquième mois, d'une rupture du kyste. 11 n'a garde de dire que par deux fois la reine de France se fit apporter la

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