‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.29Chapitre 71 sur 83 · DIPIITIIERIE · texte numérisé non relu

DIPIITIIERIE

sidéiable à Rilliet qui préférait en administrer seulement 5 à 10 centigrammes toutes les deux heures, de manière à faire prendre de 50 centigrammes à 1 gramme dans les vingt-quatre heures, soit en poudre, soit dans un looch. Il est donné le plus ccmmuncnient à Genève sous forme d'un sirop composé par Chaussier, dont voici la formule : mêler 80 centigrammes de sulfure de potasse avec 50 grammes de sirop simple. Donner toutes les deux heures une cuillerée à café du mélange. Klaproth (cité par Frankel, loc. cit.) en faisait aussi un sirop qui ne diffère pas sensiblement du précédent. Le docteur Bienfait, de Reims (in Gaz. hebd., 1859) a vanté de nouveau ce médicament. Ce qui l'a décidé en faveur de l'efficacité du foie de soufre, c'est la comparaison qu'il a faite de deux séries de malades. Dans la première, 16 malades furent traités par les vomitifs, la cautérisation, les mercuriaux, etc., un seul guérit. Dans la seconde, il obtint 3 guérisons sur 6 en donnant le sulfure de potasse à la dose de 15 centigrammes dans un looch de 120 grammes.

Malgré ces succès, le foie de soufre a paru à beaucoup d'auteurs un médicament dangereux. Son odeur et sa saveur fort désagréables le rendent difficile à administrer : ii blanchit l'intérieur de la bouche et occasionne une sensation de brûlure à l'épigastre. Plusieurs médecins, Bourgeois (Quelques considérations sur V emploi du sulfure de potasse dans le croup. In Bibl. me'd., t. LXVII) et Chailly (in Bull, de la Faculté de méd., 1814, n° 3), entre autres, l'ont vu produire fréquemment des vomissements ainsi que des coliques et une diarrhée cholériforme. M. Barlhez l'a donné souvent, et l'a abandonné à cause de la diarrhée qu'il provoquait, et de son insuccès.

2° Brome. M. Ozanam [Compt. rend. deVÂcad. d. se, 1856. — Mémoire sur remploi du hrcme dans les affections pseudo-memhraneuses y 1869) a préconisé le premier l'emploi du brome et de ses composés dans le traitement de la diphlhérie. Il attribue au métalloïde lui-même une propriété désagrégeante et au bromure de potassium une propriété à la fois fluidifiante et désagrégeante. Le brome serait le spécifique des affections pseudo-membraneuses : angine, croup et muguet {sic). Cette prétention d'un médicament à une action spécifique sur des maladies aussi dissemblables que la diphthérie et le muguet suffirait à ébranler la théorie de l'auteur. Mais conclure du pouvoir dissolvant que possède un agent médicamenteux sur des produits morbides à une action spécifique sur la maladie qui donne naissance à ces produits, c'est se lancer en pleine hypothèse. Nous prenons encore moins au sérieux la théorie homœopathique de l'action du médicament. hv-:^

Si le brome possède une action sur la diphthérie, elle est d'une tout autre nature. Les travaux de Gubler, de MM. Voisin, Martin Damometle et Pelvet,etc., ont démontré que le brome et ses composés s'éhminent par les glandes salivaires, par la muqueuse buccale et par la muqueuse aérifère. On peut donc voir dans ce métalloïde un modificateur de ces muqueuses ; de plus, les fausses membranes, étant sans cesse en contact avec une substance qui exerce sur elles une certaine action chimique, peuvent être utilement modifiées. Les effets du brome seraient analogues à ceux du chlorate de potasse. Réduite à ces termes, l'action thérapeutique du brome est acceptable théoriquement.

Dans plusieurs cas d'angine diphthérique avec coryza et albuminurie, j'ai fait l'emploi de la médication bromée intus et extra. Les résultats en ont semblé satisfaisants. Voici ma manière de procéder :

1° Irrigations dans le nez et dans la gorge avec de l'eau brcmée au 1/500;

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2° Faire prendre toutes les heures une cuillerée à soupe de la potion suivante :

Eau distillée 125 grammes.

Brome pur. 6 gouttes.

Bromure de potassium 0«',50

Sirop 30 grammes.

Ce traitement a toujours été bien supporté.

Ainsi comprise, la médication bromde est d'un emploi rationnel et peut agir sur les manifestations de la diphthérie, dans la mesure permise aux médications analogues, c'est-à-dire non comme spécifique, mais comme topique.

Le docteur Glemens {Deulsch. Arch. f. klin. Med., 1875) mélange le bromure de potassium à àe.Yeau chlorée. Il prescrit une potion au bromure de potassium, composée de la manière suivante :

Bromure de potassium 2à 4 grammes.

Eau distillée SO à 100 —

Sirop simple 20 à 30 —

Prendre toutes les heures une cuillerée de cette potion mélangée à une cuillerée à thé à.' eau chlorée.

3° Iode. Employé surtout comme topique et comme antiseptique, l'iode a été donné aussi à l'intérieur, notamment par M. Forget. Le docteur Hamilton (in Edinb. Med. Journ., 1865) parle de deux frères atteints de diphthérie auxquels il donnait de l'iodare de potassium. L'usage du médicament ayant été suspenda, la maladie empira ; elle marcha vers la guérison dès qu'on le reprit. Encouragé par ce succès si brillant, j'ai répété l'expérience, mais, hélas! avec un résultat bien différent.

4*^ Balsamiques. Le docteur Trideau [Nouveau traitement de l'angine couenneuse, du croup et des autres localisations de la diphthérie^ 1866. — Gaz. d. hop., 1870. — Traitent, de Vangine couenneuse par les balsamiques, 1874), se fondant sur la propriété que possèdent le copahu et le cubèbe de s'éliminer par les voies respiratoires, a cru trouver dans ces médicaments des spécifiques qui favorisaient le détachement des fausses membranes du larynx. 11 dit avoir employé cette méthode avec succès dans plus de trois cents cas. La maladie cédait au bout de trois ou quatre jours ; elle résistait tout au plus une semaine.

Ces médicaments sont donnés sous forme de sirop. En voici les formules :

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