DÉCOCTION
Simarouba (ou coIombo) 10 grammes.
Quinquina 20 —
Racine d'ipéca 5 —
Teinture de cannelle 10 —
Via astringent 1 litre.
A prendre deux fois par jour 100 grammes, deux heures avant chaque repas, pendant quinze jours au moins. Quant à nous, après avoir expérimenté cette excellente préparation, qui est légèrement purgative à la dose de 100 grammes, nous pensons qu'il convient mieux de l'administrer à jeun, le matin, en guise de modificateur laxatif de l'intestin, au même titre que les sels, l'huile de ricin ou l'ipéca en infusion.
Après avoir obtenu l'effet du laxatif, il faut songer à combiner l'administration des aliments et des sédatifs de l'intestin. L'extrait d'opium à la dose de 2 à 5 centigrammes, le laudanum à la dose de 10 à 15 gouttes ou toute autre préparation opiacée équivalente, administrés avant ou après le manger, sont les remèdes les plus eftîcaces pour aider à tolérer les aliments. Ni les stupéfiants (belladone et autres solanées), ni les astringents, ui les amers, ne peuvent produire d'aussi utiles résultats. C'est donc aux opiacés et à leurs diverses combinaisons qu'il faudra recourir.
On associe parfois avec avantage dans le même but, la vieille préparation de diascordium avec le sous-nitrate de bismuth (soit -4 à 5 grammes de diascordiura avec 5 à 10 grammes de sous-nitrate de bismuth, à prendre en deux ou trois doses par jour avant ou après les repas).
Parmi les préparations composites qui doivent leur efficacité à l'opium, aux narcotiques et aux stupéfiants, il faut citer le remède d'origine anf^laise fort usité dans l'Inde et chez nos voisins d'outre-mcr, et qui est connu sous le nom bizarre de chlorodyne.
La composition de ce remède n'est pas exactement connue ou plutôt on trouve dans le commerce de la pharmacie divers composés portant le nom commun de chlorodyne. Voici la formule des deux qui nous paraissent les plus efficaces :
204 DIARRHÉE ENDEMIQUE.
CHLORODYNE DE COLLIS BRO^VNE (dORVAULt)
Chloroforme 30
Elher sulfurique 20
Acide perchlorique 50
Alcoolé de cannubis indica. . ^O
Mélasse 200
Alcoolé de capsicum annuum 30
Morphine 10
CHLORODYKE DE M.UNAP.D ET DOUNON *
Chloroforme 20,00
Etber sulfurique 15,00
Acide perchlorique à 23" Baume 20,00
Teinture de cannabis indica 7,50
Mélasse pure 400,00
Teinture de capsicum annuum i5,00
Chlorhydrate de morphine 7,50
Acide cyanhydrique médicinal à 1/50. ... 10 ' Acide oyanhydrique au 1/24 6,00
Esîence de menthe (meulha piperita). ... 5!3 ; Huile essentielle de menthe poivrée . . . 7,50
Pour les détails de la préparation pharmaceutique, nous renvoyons aux indications ci-dessus mentionnées.
La chlorodyne s'emploie à la dose de 6 à 10 gouttes à la fois dans un peu d'eau avant ou mieux après manger, une heure après les repas. Ordinairement on doit donner deux de ces doses par jour et parfois trois, deux après chacun des deux repas et une ie soir avant le coucher. Cette dernière dose est des plus utiles pour procurer le calme nécessaire pendant la nuit et diminuer ou faire cesser le besoin d'aller à la garde-rohe de bon matin. Parfois on remplacera utilement la chlorodyne du soir par un mélange à parties égales de sirop d'opium et de sirop astringent de cachou ou de ratanhia (une à deux cuillerées ou davantage). Dans les diarrhées chroniques, l'usage de la chlorodyne peut et doit être continué longtemps, pendant huit, quinze jours et [ikis, sans qu'il en résulte d'inconvénients. On peut parfois pousser la dose de la clilorodyne jusqu'à 50, 40 et même 50 gouttes par vingt-quatre heures sans inconvénients. C'est au médecin à en proportionner les quantités avec les effets obtenus et à obtenir.
Sans doute la chlorodyne agit à titre de calmant et en quelque sorte de stupéfiant de l'intestin (à haute dose). Sans posséder de vertus vraiment spéciales en dehors des autres sédatifs comme les opiacés, et tout en admettant qu'elle agit beaucoup au moins par la morj)liine qu'elle renferme, il n'en est pas moins vrai qu'elle paraît produire, mieux que les opiacés seuls, la sédation locale de l'intestin sans étendre autant sa sphère d'action sur les centres nerveux. En un mot, la chlorodyne est le calmant local des voies intestinales — on pourrait peutêtre dire l'opium de l'intestin — et c'est à ce titre qu'elle mérite en général la préférence sur les opiacés dont elle produit les etfets locaux sans en avoir les inconvénients généraux.
Rien de plus variable d'ailleurs que les diverses sortes de préparations désignées sous le nom de chlorodyne, quant à la qualité et à la quantité des substances y contenues. On voit, par exemple, que des deux formules ci-dessus données, celle de GoUis Browne est près de trois fois plus active que celle du docteur Dounon. Le médecin devra donc se baser sur les effets constatés par lui pour régler les doses du médicament.
Le régime lacté qui se place à la tète des aliments à conseiller dans la diarrhée endémique des tropiques, devra être essayé dès le premier jour. Le lait sera de bonne qualité, à dose modérée, 1 litre au maximum pour le premier jour; il sera pris en plusieurs fois, par portion de 150 à 300 grammes au plus; froid ou chaud, ordinairement pur, quoi qu'il puisse être cependant légèrement sucré ou salé sans grand inconvénient. 11 faut savoir que durant les deux à trois premiers jours, le lait produit souvent une sorte de purgation qui augmente la diarrhée au lieu de la diminuer, que si cet effet se prolongeait, malgré
' Guide pratique pour le traitement par la chlorodyne de la diarrhée de Cochinchine. Toulon, 1872.
l'emploi des médicaments, clilorodyne à la dose de 20 à 50 gouttes par jour et opiacés, il est manifeste qu'alors il deviendrait indigeste et nuisible; force alors serait d'y renoncer.
Mais habituellement il amène vers le troisième ou quatrième jour une diminution des évacuations et par la suite une constipation relative. Les selles deviennent tout au moins plus rares, quelquefois pâteuses et jaunâtres, souvent dures et comme ovillées, sans cependant être moulées. C'est ce dernier résultat qui est bienfaisant et c'est lui qu'il faut viser av.mt tout. V.n même temps le malade sent renaître l'appétit et on est obligé d'augmenter la quantité de lait d'un tiers, de la moitié et même de la porter à 2 litres par vingt-quatre heures. Parfois, mais exceptionnellemenl, on délivrera 5 à 4 litres de cet aliment liquide. Toutefois il faut savoir que ces dernières doses et même de plus considérables, sont fort rarement utiles; n'étant pas complètement digérées, elles deviennent nuisibles en entretenant ou en faisant réapparaîtie les selles diarrhéiques. Le lait est d'autant plus efficace qu'il e>t mieux absorbé, c'est-à-dire qu'il donne moins de résidu par les selles et qu'il produit une diurèse assez abondante. Bref, l'utilité du lait dans la curu de la diarrhée endémique, soit comme quantité, soit en tant qu'espèce alimentaiic, se reconnaît à ce qu'il est complètement et facilement digéré. Dans le cas d'intolérance digostive, il faut ou le diminuer ou le supprimer.
En se basant sur des considérations hypothétiques et en attribuant gratuitement au sucre de lait contenu dans ce dernier l'utilité du régime lacté dans la diarrhée de Cochinchine, Talmy a conseillé la lactose à la dose de 200 à 500 grammes par jour comme succédané du lait. Mais le succès n'a point répondu à l'attente de ce remède {De la diarrhée endém. chronique des pays chauds; so)i traitement par le sucre de lait. Paris, 1876).
On peut ajouter utilement au lait, dans le but de le rendre plus digestible ou mieux supporté, un peu de bicarbonate de soude ou mieux encore un peu d'eau de chaux, et même de petites quantités de sous-nitrate de bismuth.
Quand il est bien toléré, le régime lacté, non-seulement rappelle l'appétit, tarit la diarrhée, mais encore il restaure les forces et amène une amélioration qui se traduit toujours par la cessation de l'autophagie et par l'augmentation de poids du corps appréciable à la balance.
Après un temps variable entre quinze, trente jours et même davantage, si le régime lacté sufiit à entretenir la nutrition, il est temps de songer à y adjoindre quelques aliments. En premier lieu, se présente la crème de riz bien préparée soit à l'eau ou mieux au lait, puis les œufs mollets, les crèmes ou bouillies faites avec du lait ou de l'eau pure, simples ou un peu aromatisés.
A cette période il y a également lieu de commencer à faire prendre du bouillon dégraissé, avec ou sans accessoires amylacés, du jus de viande cru ou mieux cuit, enfin quelques fragments de viande crue ou rôtie, mais soi"^neusemeut mondée de toutes les parties grasses. Entin viendront, mais avec beaucoup de précaution, les viandes crues, rôties ou grillées avec lesquelles on concédera un peu de pain très-cuit et mieux grillé. Nous n'insisterons pas ici sur l'utilité reconnue du traitement de la diarrhée chronique tropicale par la viande crue, parce que ce traitement s'applique à toutes les espèces de diarrhée et de dysenterie chronique en général {voy. Diarrhée et Dïsemerie).
Le professeur Féris (de Brest) vient d'essayer les peptones dans la cure de l'entérite chronique des pays chauds. Il a employé la solution de peptone à la
dose de 5 à 6 cuillerées à soupe ou la poudre ù la dose de 5 à 6 cuillerées à cale, par la voie gastrique. 11 conclut que la diète lactée doit être considérée comme un régime intermédiaire entre la peptone et lalimentation ordinaire. C'est à l'expérience de l'avenir à se prononcer là-dessus {Arch. de méd. nav..
octobre 1882).
Durant tout le temps de celle cure, le malade sera aussi complètement que possible, abstème de toute boisson fermentée; seul peut-être l'usage du koumys frais et peu alcoolisé pourra être permis. D'ailleurs il faut s'abstenn- d'eau autant qu'on le peut; la diète sèche étant un des éléments efdcaces du traitement, en dehors du lait bien entendu; celui-ci servira de boisson unique au moins durant les premiers quinze jours ou le premier mois. L'usage du tabac sera éfralement interilit. Le patient fera un peu d'exercice dans la chambre, mais il évitera la marche prolongée; le séjour au lit dans la saison froide, au moins au début est le plus favorable. A mesure que l'amélioration se dessinera, on diminuera et on supprimera même les médicaments.
Tel est le sommaire du régime alimentaire et médicamenteux qui convient à la première période de la cure de la diarrhée chronique, en supposant que, comme dans les cas les plus favorables, le progrès vers la guérison soit conlinu et non interrompu. Mais il faut d'avance savoir que ces cas ne sont qu'une heureuse exception fort rare, et que les rechutes, les accidents, les exacerbalions subaiguës, etc., constituent la règle et que l'on doit être prêt à les prévenir ou à les combattre.
D'abord il est un assez grand nombre de malades qui ne peuvent suppoiler le régime lacté, malgré la meilleure volonté; le lait n'est pas digéré, il provoque du dévoiement, il amène un dégoût et une fatigue insurmontables aux plus décidés; il faut savoir y renoncer ou ne l'ordonner qu'à doses minimes et à des intervalles éloignés. Le lait caillé sous diverses formes est parfois mieux supporté. Si l'on est obligé de renoncer au régime lacté, il ne reste plus qu'à appliquer les succédanés de celui-ci, c'est-à-dire les crèmes ou bouillies amylacées et lactées, principalement la crème de riz, deux à trois fois par jour. Seule d'abord, puis accompagnée d'un à deux œufs mollets dans les vingt-quatre heures; le jus de viande, les potages concentrés, les viandes rôties ou crues en quantité modérée, le fromage, etc., tout en proscrivant rigoureusement toute matière grasse, tout mets préparé à des sauces excitantes et nécessairement toute boisson fermenlée, et restreignant le plus possible la quantité des boissons.
Quand il y a rechute de la diarrhée, il faut reprendre en quelque sorte le traitement à ses premiers jours, c'est-à-dire recourir à des laxatifs moditicateurs de la muqueuse, augmenter les calmants de l'intestin, chlorodyne et opium. enfin ramener le régime à celui du début. Souvent même quand se poursuit l'amélioration, on constate des mucosités plus ou moins abondantes, des enduits glaireux parmi les selles déjà solidiliées au moins à demi. C'est alors que l'usage des purgatifs salins ou l'huile de ricin sont indiqués le malin à jeun, jusqu'à disparition de ces mucosités anormales.
L'usage des purgatifs salins à petite dose ou mieux de l'ipéca infusé s'il y ^^ des signes d'acuité, sera de règle, toutes les fois que des rechutes de la diarrhée ou des mucosités abondantes se manifesteront comme signes de recrudescence ou de continuation de l'inflammation catarrhale de la muqueuse. La reprise du régime alimentaire des premiers jours, la diète la plus sévère, devant concourir également à la disparition de la rechute et au retour de l'amélioration.
Nous supposons ainsi le diarrhéique arrive, après un à deux ou même plusieurs mois, à cette période qui est comme la convalescence, non encore la cruérison du mal; les selles sont solides, mais cassantes, par fragments souvent imprègnes ou recouverts de mucosite's, non naturelles enfin. Souvent il y a de la constipation exagérée qu'il faut combattre par les lavements émollients ou huileux, ou bien par quelque laxatif, car la constipation dépassant trente-six ou quarantehuit heures au plus, devient nuisible en irritant la muqueuse et en produisant, par réaction, ces débâcles de matières accompagnées de gaz, de douleurs, phénomènes qui découragent le malade et sinmlent de vraies rechutes.
A h période dont nous parlons, les médicaments cèdent le pas au régime alimentaire; les opiacés, la chlorodyne, la thériaque ou le diascordium, les astrino-ents associés à l'opium, le bismuth à petites doses, ne devront plus être donnés qu'avec parcimonie et seulement quand il y aura nécessité, par exemple, le soir avant le coucher, pour calmer la sensibilité intestinale pendant la nuit et prévenir les dérangements du matin.
Les aliments plus substantiels seront mis à l'essai graduellement et avec prudence; les potages privés de légumes, les panades, les viandes rôties dégraissées, les œufs, certains poissons privés de graisse, rôtis ou bouillis, des farines, des pommes de terre. On fera bien de recommander aux convalescents de s'en tenir à deux ou trois sortes de substances alimentaires parmi celles qui leur conviendront le mieux. On pourra essayer aussi le maigre de jambon froid, le fromage à la fin des repas, des confitures de coing, des huîtres mais toujours en quantité modérée.
C'est alors aussi qu'il sera utile de permettre un peu de vin coupé d'eau, surtout des vins rouges astringents et peu excitants que l'on pourra également mélanger avec des eaux minérales alcalines bicarbonatées digestives. A ce degré le malade fera de l'exercice, il se couvrira de flanelle, portera des ceintures spécialement chaudes sur l'abdomen, évitera tout refroidissement et devra se conformer à une hygiène rigoureuse. Les amers avant les repas, la bière en mangeant, puis plus tard un peu de café seront joints au régime alimentaire. En un mot après quelques mois de ce régime, il est extrêmement probable que les forces et l'embonpoint seront revenus au moins partiellement et que le patient pourra commencer à vaquer à des occupations modérées.
Mais il faudra le prévenir qu'il devra continuer longtemps encore, des mois, des années, le même régime avant de voir sa guérison consolidée. Il y a plus, il est nécessaire qu'il sache que des alternatives de bien et de mal, que des rechutes l'attendent presque inévitablement; que sa santé sera traversée par mainte épreuve, que son intestin sera une sorte de baromètre fort sensible, non-seulement à tout écart de régime, mais encore aux vicissitudes des saisons, des climats et des moindres fatigues.
C'est donc avec le temps, beaucoup de temps, au prix d'un courage certes plus héroïque que bien d'autres, le courage passif de la patience et de la persévérance, la foi dans la guérison et dans l'efficacité d'un régime des plus sévères ; c'est redirons-nous, par le concours de tous ces efforts que l'individu atteint de diarrhée endémique grave et invétérée, parviendra au terme de ses souffrances et acquerra la consolidation d'une guérison complète. Voilà ce que malade et médecin doivent savoir, conseiller et observer sans défaillance jusqu'à obtention d'un rétablissement difficile, long, onéieux, mais certain et l'on peut dire presque infaillible.
208 DIARRHEE ENDÉMIQUE.
Sans doute il y a des exceptions, sans doute il y a des cas où la lésion intestinale est trop avancée ou trop enracinée, sans doute parfois l'organisme trop débilité est devenu réfractaire au traitement le mieux ordonné; nous n'avons eu que trop souvent la douleur de voir s'éteindre en France par l'une ou l'autre de ces causes, bien des existences frapjiées mortellement sous le ciel des tropiques. Mais il nous a souvent semblé que le manque de persévérance et les infractions au régime rationnel, entraient au moins pour une part dans le dénouement funeste. A ce propos nous redirons encore que le malade comme le médecin doit être prévenu que son appétit presque toujours dépravé l'expose à des erreurs pernicieuses; c'est au médecin à savoir que parfois il doit se montrer large à tracer et à varier ses prescriptions alimentaires, et au malade à se rnéûer des caprices désordonnés de son appétit vicié, qui est son plus grand ennemi.
Tel est le traitement sommaire et fondamental que nous conseillons dans la diarrhée chronique des pays tropicaux, en nous basant sur des centaines, peutêtre sur des milliers d'observations soit dans les colonies, soit dans les hôpitaux maritimes de France et ailleurs. 11 est certain que bien des détails, bien des formules variées et minutieuses y manquent. Mais tel qu'il est exposé, il nous paraît le plus rationnel, le plus efficace et le plus en rapport avec les résultats de l'expérience.
En le traçant nous n'avons eu en vue que la maladie typique, la diarrhée qui coïncide d'abord avec l'inflammation proliférante de la nmqueuse intestinale, et qui plus tard résulte de véritables plaies bourgeonnantes de cette muqueuse, ]mis de son atrophie. Certainement les iormes variées de cette afléction, les complications hépatiques, spléniques, palustres, scorbutiques ou autres, ont leurs indications. Mais outre que ces indications sont rares, le médecin expérimenté saura y satisfaire.
11 pourra paraître étrange que nous n'ayons pas parlé beaucoup des toniques, des cures hydro-minérales, de l'hydrothérapie et surtout du traitement antiparasitaire. Tous les toniques ferrugineux, quinquinas, etc., ne conviennent qu'en dernier lieu, sont inutiles ou nuisibles au commencement; il en est de même des eaux minérales et de l'hydrothéraitie qui rendent de grands services quand la situation de l'intestin est déjà presque satisfaisante. Quant aux agents dits parasiticides ou zymicides, ils ont été essayés souvent, mais ils n'ont donné que des résultats rarement utiles, souvent fort désavantageux.
Avant de finir, disons un mot du traitement externe. Les révulsifs de l'abdomen ne sont guère usités. Les lavements astringents, caustiques, modificateurs, le nitrate argentique (Gestin), de teinture d'iode (Delioux), etc., n'ont qu'une utilité curative contestable dans la diarrhée chronique endémique. Souvent le rectum est le siège d'ulcérations qui persistent et entravent ou retardent la guérison (rectite ulcérative, fréquente dans la diarrhée et la dysenterie de Cochinchine) ; alors la cautérisation avec le nitrate d'argent, l'acide phonique ou tout autre agent caustique léger peut devenir favorable. Mais, en somme, l'expérience ne s'est pas nettement prononcée sur ce sujet.
Quant à la fonction de la peau qui est d'ordinaire sèche, rugueuse et inerte, il est avantageux de la stimuler par les bains d'abord tièdes et énioltienles puis aromatiques et stimulants, enfin par les douches révulsives énergiques et courtes, par les frictions, le massage, etc. . J. Mahé.
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DIARRIIODON. 209
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DIARRHODOX (^là, avec, et po^Qv, rose). La rose rouge entrait dans plusieurs préparations usitées chez les anciens; le collyre diarrhodon était particulièrement renommé, et on le trouve mentionné sur beaucoup de cachets d'oculiste. On emploie quelquefois encore, sous ce nom, un électuaire ou plutôt une conserve de roses, qui n'est pas sans utilité dans l'atonie di^estive chez les enfants, les vieillards, les convalescents. On donne aujourd'hui le nom de diarrhodon spécialement à une poudre de composition variable, mais dont la formule classique comprend les substances suivantes : roses de Provins santal citrin et rouge, semence de fenouil, basilic, scarole, pourpier, plantain, f^omme arabique, ivoire calciné, mastic en larmes, semences d'épine-vinetle, cannelle bol d'Arménie, terresigillée et perles fines (?) préparées : dosede 60 centitrrammes à 4 grammes, comme tonique et astringent. Dorvault, donne la formule suivante usitée en Sardaigne :
21 Roses rouges gg
Santal ao
Cardamome 4
Cannelle , ^
DICT. ENG. XXIX. j^
210 DIASTASE.
Safran 4
Mastic 4
Nard indien 4
Fenouil 4
DIASCORDIU.^ (de 5tà et scordium). Le diascordium ou électuaire opiacé astringent se rapproche par son action de la thériaque [voy. Opium^ p. 224).
Pour le préparer on se sert de Wjmudve poiir'Je diascordium composée avec : scordium 60, cannelle 40, roses rouges, historié, dictame de Crète, benjoin en larmes, gentiane tormentille, semences de herhéris, galbanum, gomme arabique ââ 20, gingembre et poivre long âà 10, bol d'Arménie 80.
On fait dissoudre 10 d'extrait d'opium dans 200 de vin de malaga, on ajoute la solution à 1300 de miel rosat réduits à 1000 par l'évaporalion, puis peu à peu la poudre ci-dessus finement pulvérisée, de manière à obtenir une masse homogène. Ce n'est pas là la formule de Fracastor, l'auteur de cette préparation, mais celle du Codex qui en est l'expression assez fidèle.
L'électuaire diascordium ainsi préparé contient environ 6 milligrammes d'extrait d'opium pour 1 gramme. C'est un astringent très-usité, à la dose de 1 à 4 grammes, ou en lavements à la dose de 2 à 10 grammes.
Il se conserve bien; cependant à la longue sa couleur se fonce, ce qui tient aux réactions des composants entre eux et principalement des astrin-^ents sur le bol d'Arménie. Un inconvénient du diascordium préparé selon la formule du Codex, c'est qu'il est trop mou.
On donne le nom de Diascordium réformé à la Confection japonaise. C'est une simplification du Diascordium [voy. Confection).
Enfin on appelle Diascordium liquide h teinture des espèces du diascordium.