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fonctions de professeur d'anatomie du dauphin. En 1679, Du Verney fut nommé à la chaire d'anatomie du Jardin du Roi, et la même anne'e l'Académie le chargea, conjointement avec de la Hire, d'explorer les côtes de la Basse-Bretagne pour étudier la sti'ucture et l'organisation des poissons qu'on rencontre dans cette partie du littoral de l'Océan. C'est là qu'il fit plusieurs découvertes importantes sur cette classe de vertébrés. Dans ses leçons au Jardin du Roi, il avait été pendant plusieurs années professeur et démonstrateur; en i673, il chargea Dionis de cette dernière fonction, place k laquelle celui-ci dut plus tard sa réputation et sa fortune.
Du Yerney fut constamment occupé d'anatomie et de recherches d'histoire naturelle jusqu'à la fin de sa carrière. Il travaillait avec Winslow, son élève, à une seconde édition de son Traité sur Vorgane de Vouie, lorsque la mort vint le frapper à l'âge de quatre-vingt-deux ans, le 18 septembre 1750.
Du Verney occupe un rang distingué dans l'histoire de l'anatomie ; c'est lui qui releva cette science du discrédit où elle était tombée depuis Riolan. Dionis, Winslow, Sénac, Petit, etc., se sont formés à son école. Il a enrichi l'anatomie comparée d'un grand nombre d'observations importantes, et ses travaux, ainsi que ceux de Claude Perrault et de J. Pecquet, ont donné à l'étude de cette partie fondamentale de la zoologie l'impulsion qui s'est soutenue avec une activité toujours croissante dans le dix-huitième et dans le dix-neuvième siècle. Guichard Du Verney a laissé les ouvrages suivants :
1, Traité de l'organe de Vouie, contenant la slriictiire, les usages et les maladies de tontes les parties de l'oi-eille, 1785, in-S" ; 1718, in-12. Leyde, 1751, in-l2. Ti-ad. en latin, Nuremberg, 1750; en allem., 1752. — II. Œuvres anatomiqiies de M. du Verney Paris,
1761, 2 vol. in-S». — III. Traite' des maladies des os. l'aris. 1751, 2 vol. in-8°. Trad. en anglais, 1762. Un grand nombre d'articles dans les Mémoires de VAcad. des se. 11 faut signaler surtout les suivants : IV. Observations sur l'organe de la vue et de l'odorat, t. I, p. 161. — V. Observations anatomiques sur un enfant à deux têtes, t. I, p. 260. — VI. Sur le cerveau d'un homme et sur l'organe de l'odorat, t. I, p. 257. — VII. Sur les ventricules du cerveau qui contenaient trois demi-setiers d'eau, t. I, p. 258. — VIII. Comparaison des nerfs olfactifs dans l'homme et dans les animaux, t. I, p. 258. — IX. Observations sur la salive, sur la liqueur qui se trouve dans les animaux ruminants, sur la présure, sur le chyle, t. II, p. 14. — X. Observations sur Veffet de l'injection de Veau froide dans la veine crurale d'un chien, sur une portion de la dure-mère, qui était osseuse, et sur un enfant desséché dans une des trompes de la matrice, t. II, p. 15. — XI. Sur une apoplexie causée par une éruption de sang du côté de la moelle épinière, t. Il, p. 28. — XII. Observations sur la situation des conduits de la bile et du suc pancréatique, t. II, p. 88. — XIII. Observations anatomiques sur les effets du tonnerre tombé sur un jeune homme, t. II, p. 111. — XIV. Sur un calcul qui fermait la canal de Vurèthre, t. II, p. 152. — XV. Sur un fœtus double joint par la poitrine, t. II, p. 152. — XVI. Réflexions sur la situation des conduits de la bile et du suc pancréatique, t. X, p. 18. — XVII. Nouvelle découverte touchant les muscles de la paupière interne, t. X, p. 427. — XVIIl. Nouvelles observations touchant les parties qui servent à la nutrition, t. X, p. 129. — XIX. Sur la circulation du sang dans le fœtus, t. I, p. 227, H. 54. — XX. Sur un ver trouvé dans le cerveau d'un enfant qui souffrait beaucoup à la racine du nez, 1700, Hist., p. 59. — XXI. Observations sur une grenouille, qui prouveraient que les nerfs ne sont que des tuyaux, 1700, Hist., p. 40. — XXII. Des vaisseaux omphalo-mésentériques, 1700, p. 202, H., p. 14. — XXIII. Observations anatomiques faites sur les ovaires de vaches et de brebis, 1701, p. 184, Hist-, p. 45. — XXIV. Mémoire sur la circulation des poissons qui ont des ouïes, et sur leur respiration, 1701,p. 226, H. 46. A. C.
Du Verney (Pierre). Frère cadet de Gnichard-Joseph. Il naquit à Feurs en 1650 et se livra particulièrement à l'étude de la chirurgie et de l'anatomie. Nommé élève anatomiste de l'Académie des sciences, le 9 avril 1701, associé le 5 février 1707, il se retira de la compagnie en l'année 1715. Ses mémoires consignés dans les savants volumes de l'Académie, sont ;
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T. Observations d'anatomie et'cle chirurgie sur plusieurs espèces d'hydropisics, p. 149, 1701. — II. Observation sur une cure extraordinaire d'un coup d'épée par un onguent, p. 201, 1702. — m. Observations sur l'hydropisie, p. 214, 1702. — IV. Observations sur un fœtus trouve' datts une des t7-ompes de la matrice, p. 298, 1702. — V. Histoire des symptômes survenus à une dame, à Voccasion d'un remède appliqua, pour des dartres, p. 18, 1703. — VI. Observation sur une excroissance de l'œil, guérie, II. 41, 1703. — Vu. Observ. sur un cerveau pétrifie', p. 261, H. 2(3, 1703. — VIII. Examen des faits observés au cœur de la tortue de mer, p. 451, H. 32, 1703. — IX, Description du cœur d'une grande tortue terrestre de V Amérique, avec des rc flexions par M. Mérij, p. 457, II. 52, 1703. — X. Observ. sur la guérison d'une frénésie amoureuse et violente d'une jeune demoiselle, II. 22, 1704. — XI. Observ. d'une tumeur carci7wmateuse, attachée à l'entrée du vagiii à une fille de vingt-cinq ans, U. 52, 1703. A. C.
Du Yerney (Jacques-François-Marie). Troisième frère de Guichard-Josepli. Il fut nommé maUre-cbiruvgien, démonstrateur d'anatomie au Jardin du Roi, membre de l'Académie des sciences, et mourut à Paris, le 16 octobre 1748. 11 avait e'pousé Marie Du Verney, une de ses parentes, laquelle mourut le 10 décembre 1750. J.-F.-M. Duverney a laissé quelques ouvrages analomiques qui le recommandent à l'attention de l'histoire :
I. l'art de disséquer mélhodiquemenl les muscles du corps humain, mis à la portée des commençants. Paris, 1749, iii-12. Le faux titre porte : Mgotomologie ou dissection raisonnce des muscles. C'est ce qui fait que l'on a vu là, d'une manière erronée, deux ouvrages distincts. Ilaller [Bibliothec. anat., t. II, p. 9), en mentionnant cet ouvrage, a porté ce jugement sur J.-F.-M. du Verney : « Minime malus scriptor, brevis et varius. Mus- « cula habet propria, est muscuhim insertum in tendiuem orbicularis m... palpebrarum ; « styloglossum intègre nonnunqiiam a maxilla ortum, aponcvros in cubiti inlernam ; psOcE « tendinem vas a cruralia obvolvenlem, etc. Duos coccygeos habet. Multa ab eo sumsit « Garengeotus, exemple musculi vermicularis a processu styliformi in meatum auditorium « euntis. In minutiis passim aberral. » — II. Essai d'anatomie en tableaux imprimés, qui
représentent au naturel tous les muscles de la face Comprenant huit grandes planches.
Paris, 1745, gr. in- fol. — III. Anatomie de la tête en tableaux imprimés Disséq. et
préparés par M. du Verney Dessinés par M. Jacques Gautier. Paris, 1758, gr. in-fol. Cet
ouvrage a été la source d'un procès intenté pnr du Verney et Métrud au graveur Gautier, lequel gagna la cause par arrêt du Conseil du 3 mai 1747. Aussi, en 1754, avait-il donné au public, sous son nom seulement, un autre ouvrage toujours gravé d'après son précédé, et intitulé : Anatomie générale des viscères et de la névrologie, angéologie et ostéologie du corps humain, en figures de couleurs et de grandeurs naturelles, gr. in-fol. A. C.
Du Verney (Emmakuel-Maurice). Fils du célèbre Guichard-Joseph et de Marie-Marguerite Mannet, naquit à Paris, le 4 juillet 1G88. Il se mit sur les bancs de la Faculté de médecine de Paiis, qui lui conféra le bonnet de docteur le 25 octobre 1718. Il mourut à Paris le 16 novembre 1761, et fut enterré dans l'église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Voici, du reste, son acte d'inhumation :
Paroisse Saint-Élienne-du-Mont. « Le mercredy dix-huit (novembre 1761), fut apporté de « la rue Coupeau (Copeau), en cette église, pour cstre ensuite apporté dans l'Eglise de Saint- « Nicolas-du-Cliardonnet, pour y estre inhumé, le corps de M« Emmanuel Maurice du Verney, « Docteur Régent de la Faculté de médecine de Paris, mort le jour précédent, âgé de « soixante et treize ans; pris rue Copeau. En présence des soussignés : Gaulier, Gaulier, « P. Baudequin, Baddequin, David Vasse, Le Thicuiuer, l'aîné, Doyen de la Faculté de « médecine. »
Nous ne connaissons de Emmanuel-Maurice Du Verney que ces quatre thèses quolibétaires auxquelles il présida :
I. An panis jurulentus, ad spissitudinem glutinosam percoctus, insalubris ? (oui), 1733. — II. An tritus chylosim juvet? (oui), 1757. — III. An pro varia inflammationis stutu varia therapeia? (oui), 1744. — IV. Anmultis in jnorbis elucescat corporis mechanismus? (oui), 1752. A. C.
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Duvernoj (Jean-Georges). Médecin et botaniste, né à Montbéliard, d'après la biographie médicale et d'après \n AUgem. Deutsche Biographie, à Tubingue, d'après la biographie Didot, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. Il fut, à Paris, le disciple de Tournefort, puis étudia à Tubingue, où il prit le grade de docteur en 1716 et fut nommé professeur d'anatomie. C'est lui qui guida les premiers pas de Haller dans l'étude de l'anatomie. On sait que c'est sous sa direction que ce célèbre physiologiste écrivit la fameuse dissertation contre Coschwitz [Diss. deductu salivali Coschwiziano (Tubiiigaî, 1725, in-4'^). Haller porte sur lui le jugement suivant, remarquable dans sa bouche : « EfsJ « pressus adversaforluna, nequehumana cadavera habebat, quœ inciderct, neque « per fortunge augustias librorum copiam poterat sibi curare, diligentiam equidem « summam bis impedimentis opposuit, neque tamen potuit eam acquirere rerum (( ab aliis dictarum notitiam, qua a paradoxis opinionibus avocaretur ».
Duvernoy fut nommé en 1725, sur l'instigation de Bûllîiiger, membre de l'Académie de Pétersbourg, qui venait d'être créée, et y obtint la cbaire d'anatomie et de chirurgie. En 1741, Duvernoy se démit de ses fonctions, revint en Allemagne et y résida successivement à Stuttgard et à Kirciiheim. On cite de lui :
I. Biss. de colenda cilo, tulo et jucunde, Lucina in puerperio. Tubing-ae, 1717, in-4». —
II. Designatio plantarum circa Tubingensam ercem nascenlium. Tubingae, 1722, in-8°. —
III. Nombreux mémoires, surtout d'anatomie comparée, dans les Actes de l'Académie de Saint-Pétersbourg (t. Il à XIY). L. Un.
Duvernoy (Georges-David). Probablement de la même famille que le précédent, habitait Montbéliard où il exerçait la médecine. Nous ne connaissons de lui que la dissertation suivante :
Dissert, de lathyri quadam venenata specie in comitatu Monsbelgardensi culta. Casilcae, 1770, in-4°. L. Hn.
Duvernoj ( Georges-Louis). Anatomiste et zoologiste distingué, fils du précédent, selon les uns, fils d'un pasteur, selon les autres, est né à Montbéliard, le 6 août 1777, et mort à Paris, le 1" mars 1855. 11 commença .ses études sous la direction de son père et, pour les compléter, il fut envoyé, en 1792, à l'Académie de Stuttgard; mais en 1793, la principauté de Montbéliard ayant été cédée à la République française, le jeune Duvernoy, sous peine d'être considéré comme émigré, dut rentrer dans sa patrie. Il poursuivit ses études médicales à Strasbourg, puis à Paris, jusqu'en 1799, où il partit pour l'année des Alpes, comme pharmacien de 3° classe, et bieutôt se distingua dans la violente épidémie de typhus qui désola à cette époque les hôpitaux militaires. En 1800, par l'intervention de Parmentier, il obtint son licencement, revint à Paris, termina ses études médicales, et soutint l'année suivante sa thèse inaugurale sur VUijstérie. Dès 1802, Georges Cuvier, son parent éloigné, lui confia quelques travaux scientifiques, et l'associa, ainsi que M. G. Duméril, à la rédaction de ses Leçons danatomie comparée. En moins de trois ans, Duvernoy, aidé des notes, des remarques et des conseils du maître, publia les trois derniers volumes de la première édition de cet ouvrage, comprenant les organes de la digestion, de la respiration, de la circulation, de la génération et des sécrétions, et il trouva encore le temps de publier neuf mémoires sur les divers sujets de physiologie, d'anatomie comparée et de pathologie. Il se maria vers cette époque, et retourna à Montbéliard exercer la médecine.
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En 1809, Duvernoy fut rappelé à Paris et nommé, par de Fonlanes, professeur-adjoint de zoologie à la Faculté des sciences, que l'on organisait alors; mais il fut contraint par des exigences de familles de retourner dans son pays natal, sans avoir même ouvert son cours. Dès lors, et pendant vingt ans, il exerça la médecine pratique et ne lit paraître que quelques écrits sur des fossiles. Dans cet intervalle, il perdit sa fenmie et ses enfants ; il se décida alors à accepter, en 1827, une chaire d'histoire naturelle à la Faculté des sciences de Strasbourg, dont il devint le doyen en 1852. Il consacra son premier cours à une revue des progrès de l'histoire naturelle pendant les vingt-cinq premières années du siècle aôtuel, et publia de 1827 à 1857 vingt-sept mémoires sur des faits anatomiques inconnus. C'est à cette époque que se rapportent ses travaux Sur les serpents venimeux; la Monographie des musareignes; les Observations physiologiques sur le caméléon; les Études sur le foie; \si Découverte des cœurs accessoires de la chimère arctique; une Note sur r organisation des cœurs de crocodile; la Description d'une espèce de girafe fossile, etc.
Eu 1855, Duvernoy fut nommé correspondant de l'Académie des sciences et, en 1847, il en devnit associé libre; il appartenait également à un grand nombre d'académies et de sociétés savantes, tant françaises qu'étrangères. Après la mort de G. Cuvier, M. de Salvandy, alors ministre de l'Instruction publique, confia à Duvernoy, en 1857, la chaire d'histoire naturelle des corps organisés au Collège de France; sou enseignement continua sans interruption jusqu'en 1850 ^ Il y traita les sujets les plus variés et, dans les dernières années, il entreprit une revue complète des classifications zoologiques qui l'avaient déjà occupé à Strasbourg en 1828, et exposa dans une série de tableaux synoptiques une méthode qui, bien qu'ayant des rapports avec celles de G. Cuvier et de de Blainville, comprend quelques points qui lui sont particuliers. En 1850, la mort de de Blainville laissa vacante la chaire d'anatomie comparée; Duvernoy y fut nommé, et l'occupa quatre années.
La première période de la vie scientifique de Duvernoy, sa collaboration avec l'illustre auteur du Règne anijuaU a fait dire de lui qu'il fut le Daubenton de G. Cuvier; mais il faut attacher plus de valeur à sa seconde carrière scientifique ; il s'éleva des faits aux doctrines, et a laissé d'importants matériaux pour les anatomistes et les zoologistes. Ses travaux en effet sont extrêmement nombreux (Desmarets). Outre ceux déjà cités, les principaux sont :
I. Dissert, sur Vhystérie. Paris, tSOl, in-8°. — II. Mémoire sur l'hymen, imprimé dans le Recueil des savants étrangers de l'Institut, t. II. — III. Recherches anatomiques sur les organes du phoque commun {P/ioca vitulina). In Mém. du Muséum d'hist. naturelle, t. IX, 1^22. — IV. Discours de clôture du cours d'histoire naturelle de la Faculté des sciences de Strasbourg, prononcé le 50 juillet 1828, in-8°. — V. Notice historique sur la vie et sur les ouvrages de M. le baron Cuvier. Strasbourg et Paris, 1835, in-S". — VI. Leçons sur l'histoire naturelle des corps organisés, professées au Collège de France. Paris, 1859, in-8°. — VII. Leçons sur l'histoire des corps organisés, 1842, in-8°. — VIII. Un grand nombre de monographies publiées séparément et une foule de mémoires et d'articles dans les Métn. de la Soc. d'hist. nat. de Strasbourg, les Mém. et compt. rend, de l'Acad. des se, les Mém. et Arch. du Muséum, les Annal, des se. natur., la lievue zoologique, etc., le Dict. des se nalur., \ Encyclopédie du dix-neuvième siècle, le Dicl. univ. d'hist. natur. de D'Oi^bigny, etc.