‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.30Chapitre 112 sur 119 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

1. A la suite de sou dernier cours fait à Strasboiu-g, en 1858, ses auditeurs, pour lui témoi- "■ner leur reconnaissance, firent frapper une médaille d'or. Sa bienveillance et son dévouement pour ses élèves étaient inaltérables ; au nombre de ces derniers se trouvaient Lereboullet père et de Quatrefages.

DYLIUS. 735

DUVET. Petites plumes fines et molles qu'on recueille chez certains oiseaux, particulièrement chez les palmipèdes, et dont on fait notamment des oreillers et des édredons. Le duvet de cygne est très-estimé [voy. Tégumentâire {Appareil).

DUVIVllER (Philippe-H.-N.). Médecin distingué, né à Beauvais en 1775, fut reçu docteur à Paris en 1802, et nommé chirurgien de première classe en 1805, plus tard, professeur d'anatomie, de physiologie et de chirurgie à l'Ecole de perfectionnement du Val-de-Grâce et, après la Restauration, chirurgien en chef de la maison civile et militaire du roi.

Duvivier vivait encore à Paris en 1845. 11 était officier de la Légion d'honneur et chevalier de l'ordre du Mérite civil de Prusse. « Les postes importants qu'il a longtemps occupés, dit Lachaise, tant dans le service actif des armées que dans les hôpitaux militaires, et surtout le zèle qu'il a déployé, pendant douze années consécutives, pour l'instruction des élèves de l'hôpital de perfectionnement du Val-de-Grâce, ont rendu son nom un des plus connus de ceux dont s'honore la médecine militaire ». On a de lui :

I. Traité de la sypJiilis. Diss. inaug. Paris, 1802, in-4''. — II. Delà me'deci?ie C07isidé7-ée comme science et comme art; suivi d'une dissertation médico-pi-atique sur les exanthèmes en général et sur l' exanthème tniliaite en particulier. Paris et Montpellier, 18"26, in-S". î^ouv. édit., ibid., IS'IO, in-8°. — III. Traité philosophique des maladies épidémiques considérées sous le rapport des plicnomènes morbides produits par le seigle ergoté, les blés charbonnés , niellés, infestés par les charançons, etc. Paris, 1836, in-8°. — IV. Éléments de médecine pratique. Paris, 1'° livraison, 1842. — V. Statistique du Val-de-Grâce de 1800 « 1825. — VI. Recueil d'observations physiologico-pathologiques, j)^'ises tant dans les ambulances que dans les hôpitaux militaires du Val-de-Grâce, etc. Paris. L. H.n

DUïSilVG (Justus-Gerhard). Médecin allemand, d'une famille néerlandaise, né à Berlebourg, le 4 mai 1705, mort à Marbourg, le 15 février 1761. 11 fit ses humanités dans sa ville natale, commença en 18"i5 ses études médicales à Cassel, les continua en 1724 à léna, où il eut pour maître Wedel, et y obtint le grade de docteur en 1728. Après avoir exercé la médecine pendant quelque temps à Hirschfeld, il se rendit à Strasbourg pour se perfectionner dans l'atanomie et la chirurgie. Peu après son retour, en 1750, il devint professeur extraordinaire de médecine à Marbourg, professeur ordinaire en 1752, et y joignit la chaire de physique en 1748. Nous citerons de lui :

I. Diss. de morbis intempérie. lenae, 1728, in-4°. — II. Diss. de catarrho suffocativo. Marburgi, 1734, in-4». — III. Diss. de apoplexia. Marburgi, 1748, in-4°. — IV. Diss. de methodo medendi febres intermittentes tertianas. Marburgi, 1753, in-8». — Y. Commentatio phyiica de salubritate aeris Marhurgensis, variis observatiotiibus, etc. Marburgi, 1753, in-4». — VI. Diss. de hœmoptysi. Marburgi, 1754, in-4». L. Hn.

DYCTIOX. Voy. Araignées.

DÏLIUS (Daniel). Chirurgien hollandais, né à Amsterdam vers 1775, fut reçu docteur à Leyde en 1798. 11 paraît avoir exercé la chirurgie avec succès à Utrecht et à Amsterdam. On a de lui :

I. Specim. med. tnaug. de claudicatioiie. Lugduni Batav., 1798, gr. in-4°. — II. Oralio de rare medicorum pi-incijmm proventu, ad ampliftcandam tamen medicinam sufficiente. Trajecti ad Rhenum, 1817. — III. Verzameling van waarneemingen over de borstwounden. In Verhandel. van het Genootsch. ter bevord. der heelk. te Amsterdam, Deel. 6, Bl. 1. Mémoire couronné par la Société batave pour l'avancement de la chirurgie. L. Hn.

DY1\AMIQUE. 1. La dynamique est la partie de la mécanique dans laquelle on étudie les relations qui existent entre les mouvements des points matériels ou des corps et les forces. Les questions qui s'y rattachent se présentent naturellement, d'une manière générale, sous deux formes distinctes : 1° connaissant les forces, déterminer la nature du mouvement produit; ou bien 2° connaissant la nature du mouvement d'un corps, déterminer les forces qui ont pu lui donner naissance.

11 importe de remarquer que les forces sont des données abstraites qui n'ont pas nécessairement d'existence réelle et que l'on introduit en mécanique pour représenter d'une manière uniforme les causes réelles de mouvement qui peuvent être très-diverses.

2. Si l'on considère un corps isolé dans l'espace et en repos, on admet, par la généralisation de faits expérimentaux sur lesquels il est inutile d'insister, qu'il ne peut se mettre en mouvement de lui-même et que le mouvement, s'il se produit, aura toujours une cause extérieure. De même aussi la généralisation des faits observés conduit à admettre que, si un corps est en mouvement, il ne peut, de lui-même, changer ni le sens, ni la direction, ni la grandeur de la vitesse dont il est animé; si un changement quelconque de l'un de ces éléments se manifeste, il faut alors qu'il ait une cause extérieure.

Cette idée qu'un corps ne peut de lui-même changer son état de repos ou de mouvement constitue ce que l'on appelle le principe de Vinertie (il importe de ne pas confondre Vinertie et l'inactivité; un corps est inerte parce qu'il ne peut modifier son état de repos ou de mouvement ; mais en même temps il peut être actif, c'est-à-dire déterminer dans un autre corps des variations diverses de l'état de repos ou de mouvement).

3. La cause réelle qui produit le mouvement peut être très-variée dans sa nature, et c'est un des progrès de la physique contemporaine d'avoir mis en évidence ce fait incontestable, que des causes très-différentes par leur nature peuvent donner naissance à des effets identiques, et d'avoir établi, pour presque tous les cas, {"équivalence de ces causes.

Mais cette diversité de cause aurait été une gêne dans les questions de mécanique : on a donc imaginé un intermédiaire, dont la nature fût invariable, entre ces causes variées et l'effet constant, le mouvement ; cet intermédiaire, c'est la force. Au lieu d'admettre que la cause réelle produit directement le mouvement, on imagine que cette cause donne naissance à une force et que la force produit à son tour le mouvement.

Entre deux phénomènes dont l'un est la cause et l'autre l'effet, se manifestant par une variation dans l'état de repos ou de mouvement, et que l'on peut considérer directement comme la transformation l'un de l'autre, on interpose un agent spécial dont rien ne démontre l'existence réelle et qui ne s'explique que par les facilités qu'il a apportées dans l'étude des questions mécaniques; nous pensons d'ailleurs que, plus tard cette notion de force perdra l'importance exagérée qu'on lui a donnée et qui résulte de ce que l'on a étudié les phénomènes mécaniques en les séparant complètement des phénomènes physiques et chimiques ; nous croyons que cela est aussi arbitraire que si l'on voulait étudier les phénomènes calorifiques, par exemple, sans les rattacher en rien aux phénomènes chimiques ou aux phénomènes électriques. Les phénomènes qui correspondent à des manifestations de l'énergie ne sauraient, sans inconvénient, être isolés, quelle que soit la nature de ces manifestations.

Sous ces réserves que ce n'est pas ici le lieu de développer complètement *, nous considérerons donc les mouvements des corps comme dus à l'action de forces ayant leur origine immédiate en dehors de ces corps.

4. Nous ne pouvons arriver à mesurer directement les forces, quoique ce soient des grandeurs, puisque nous ne pouvons les observer en elles-mêmes, et l'on se trouve ainsi réduit à effectuer cette mesure par la considération des effets produits, c'est-à-dire à l'aide des éléments mêmes du mouvement et grâce à une hypothèse qui n'est que la généralisation de faits observés et qui constitue le 2** principe général ou principe de V indépendance des effets des forces.

Sans insister, nous indiquerons sommairement comment on arrive à cette notion de mesure.

D'abord, et cette définition s'impose, on dit que deux forces sont égales lorsque, appliquées simultanément dans les mêmes conditions, elles produisent le même effet.

Ceci posé, considérons deux forces et supposons-les appliquées simultanément dans les mêmes conditions; d'après le principe indiqué, leurs actions s'ajouteront : i^i donc une autre force, seule, produit le même effet, on devra dire que, produisant la même action que ces deux forces, elle est égale à leur somme. On sait que la possibilité d'ajouter deux grandeurs conduit directement à la comparaison de ces grandeurs et, par suite, à leur mesure, lorsqu'on aura fait choix d'une unité. On pourra donc mesurer les forces quand o\\ aura fait choix d'une unité de force.

L'expérience, aussi bien que le raisonnement déduit du 2*^ principe, permet <le reconnaître qu'une force agissant sur un point matériel lui communique un mouvement, dont la nature dépend de la constance ou de la variabilité de la force. Si la force est constante en intensité et en direction, le mouvement est rectiligne et uniformément varié, c'est-à-dire que l'accélération correspondante est de grandeur et de direction constantes. Si, au contraire, la force est variable, l'accélération n'est pas constante.

Il est donc naturel de comparer les grandeurs des forces à celles des accélérations, de se servir des dernières pour mesurer les premières.

5. On vérifie par l'expérience et on se rend compte par le raisonnement (mais il ne faut pas s'illusionner, le raisonnement repose sur le second principe, qui n'est que la généralisation des faits observés), que lorsque deux forces agissent successivement sur un même corps, elles lui communiquent des accélérations qui leur sont proportionnelles.

On conclut de là que pour un même point le rapport de la force à l'accélération produite est constant ; que ce rapport, ce quotient est donc spécifique, qu'il caractérise ce point en ce qui concerne les actions mécaniques; ce rapport constant, c'est la masse du corps ^.

A la surface de la terre, chaque corps est soumis à l'action d'une force que

* On pourra lire à ce sujet un ouvrage intéressant de M. Jouffert : Introduction à la théorie de L'énergie.

- Si l'on appelle f et /' deux forces agissant sur un point et lui communiquant séparément des accélérations y et/, l'expérience montre que l'on a :

j }' d'où l'on est conduit à :

j 7'' DICT. ENC. XXX. 47

l'on suppose émanée du centre de notre globe : c'est son j)oids. La masse d'un corps pourra donc être obtenue en divisant son poids par l'accélération qui se produit dans la chute libre. Or, en un même point du globe, l'accélération étant la même pour tous les corps, on en conclut que les masses des différents corps sont proportionnelles à leurs poids ^

Comme nous l'avons rappelé, l'idée de mesure comporte nécessairement le choix d'une unité; ce choix est arbitraire, conventionnel. On sait que l'unité de force adoptée est le poids du gramme, c'est-à-dire le poids de 1 centimètre cube d'eau distillée au maximum de densité pesé à Paris, dans le vide et au niveau de la mer.

A cause de la relation qui unit la force, la masse et l'accélération, l'unité de masse est déterminée : c'est la masse d'un corps qui, soumis à l'unité de force,, prendrait l'unité d'accélération^.

6. Un autre principe général, le troisième, qui n'est également que le résultat de la généralisation des laits observés, consiste dans Végalité de l'action et de la réaction. Il consiste en ce que, si l'on considère deux points A et B qui agissent mécaniquement l'un sur l'autre et si, par suite de cette action, A est soumis à une certaine force, B sera soumis à une force égale et contraire. Si, par exemple^ on prend deux aimants mis en regard par leurs pôles contraires A et B, le pôle A sera attiré par B avec une certaine force, mais B subira de la part de A une force contraire qui sera attractive et de même intensité.

Il importe de remarquer que, de ce que les forces ont la même valeur, il n'en faudrait pas conclure que les mouvements produits sont identiques : on sait en effet que, pour des forces égales, les accélérations sont en raison inverse des masses.

Bien que ces deux forces, l'action et la réaction, soient égales, de même direction et de sens contraire, on ne doit pas en conclure qu'elles se font équilibre, car, pour que deux forces présentant ces caractères se fassent équilibre, il faut qu'elles soient appliquées en un même point ou que leurs points d'applica-

f c'est ce rapport - (qui est constant pour un même corps, puisqu'il conserve la même valeur;

quelle que soit la force) qu'on appelle la masse du corps; si on la désigne par m, on a donc d'une manière générale :

-=:m ou fz=mj.

Le mot masse ne saurait avoir aucun autre sens précis que celui que nous indiquons.

* Si^ est le poids du corps en un point du globe et g l'accélération en chute libre en ce

point, on a donc :

-^m ou p = mg.

* Dans le système absolu des mesures dont l'emploi en physique tend à se généraliser et qui est adoplé complètement pour l'électricité, on n'a pas fait choix directement de l'unité de force, mais, au contraire, de l'unité de masse. Le poids d'une masse déterminée a l'inconvénient de varier avec le lieu où l'on opère ; la masse est constante.

Les unités adoptées pour les longueurs étant le centimètre et pour le temps la seconde sidérale, on prend pour unité de masse la masse de 1 centimètre cube d'eau distillée au maximum de densité. Ces trois unités principales définissent le système qui porte le nom de système d'unités centimètre-gramme (masse)-seconde ou simplement système G. G. S.

L'unité de force se trouve alors définie implicitement : c'est la force qui, appliquée à l'unité de masse, lui communique une accélération égale à l'unité, c'est-à-dire une accélération de 1 centimètre par seconde.

On reconnaît aisément que cette unité de force est égale à ^ ^ •

tion soient invariablement liés l'un à l'autre. Cette liaison invariable des points d'application de l'action et de la réaction existe quelquefois, mais non toujours.

7. Étant donné un point matériel au repos soumis à une ou plusieurs forces quelconques, on peut déterminer le mouvement qu'il prend en s'appuyant sur ce que l'accélération communiquée par la force unique (ou par la résultante du système) a la même direction que la force et qu'il existe, entre cette accélération, la force (ou la résultante) et la masse du corps, la relation que nous avons indiquée plus haut. Il nous suffit ici d'indiquer la possibilité de résoudre ce problème, et nous ne saurions entrer dans le détail. Nous ferons seulement i-emarquer que la détermination de l'accélération et la connaissance de deux données du mouvement, par exemple, la position du point pour deux instants déterminés, permettent de préciser absolument toutes les circonstances du mouvement.

Mais, si les indications précédentes sont suffisantes, elles ne sont pas les seules qu'il puisse être utile ou commode de considérer, et nous devons indiquer deux autres éléments qui sont fréquemment employés.

On appelle quantité de mouvement d'un point le produit de la masse par la vitesse dont il est animé. Cette quantité de mouvement est constante, si le mouvement est uniforme; elle varie au contraire, si le mouvement n'est pas uniforme. Il existe une relation simple entre la force et la variation de la quantité de mouvement, relation que nous indiquerons seulement dans le cas le plus simple, celui d'un mouvement rectiligne, la direction de la force étant alors celle môme du mouvement, c'est-à-dire celle de la vitesse.

Si l'on considère un temps pendant lequel la force reste constante (et l'on peut toujours prendre un temps assez petit pour qu'il en soit ainsi), on appelle impulsion de la force le produit de son intensité par le temps considérée Si l'on prend un temps quelconque pendant lequel la force a varié, on appelle impulsion totale la somme des impulsions élémentaires correspondant à des temps très-petits dans lesquels on aurait divisé la durée considérée. Le théorème que nous voulons signaler est le suivant : La variation de la quantité de mouvement dans un temps donné est égale à l'impulsion totale de la force pendant le même temps.

8. D'autres éléments , peut-être plus importants encore , doivent être signalés.

On appelle force vive d'un point le produit de sa masse par le carré de la vitesse dont il est animé. La force vive est constante ou variable, suivant que le mouvement est uniforme ou non.

Lorsque l'on considère une force agissant sur un point, tangentiellement au chemin que celui-ci décrit, et pendant un temps assez court pour que cette force puisse être regardée comme constante, on appelle travail élémentaire de la force le produit de cette force par le chemin parcouru par son point d'application ^ On appelle travail total pour un temps quelconque la somme des travaux élémentaires obtenus en divisant le temps en instants assez petits pour que, dans chacun d'eux, la force puisse être regardée comme constante.

Il existe entre ces deux derniers éléments une relation très-importante :

* La définition générale est la suivante : L'impulsion d'une force est le produit du temps par la projection de la force sur la direction de la vitesse.

2 Si la force présente une direction quelconque par rapport à la trajectoire, le travail éléraenlaire est le produit de la projection de la force sur la tangente par le chemin parcouru.

La variation de demi-force vive pendant nn certain temps est égale au travail total de la force dans le même temps.

Comme ou démontre que :

L'impulsion d'une résultante est égale à la somme des impulsions de ses composantes;

Le travail d'une force est égale à la somme des travaux de ses composantes ; on voit comment il conviendrait d'appliquer les théorèmes précédents dans le cas où le point considéré serait soumis à l'action simultanée de plusieurs forces.

9. Il faut également considérer le cas oii le point matériel considéré n'est pas absolument libre dans son mouvement, mais où il est astreint à se mouvoir le long d'une ligne déterminée ou sur une surHice donnée, comme il arriverait, par exemple, d'une perle enfilée sur un fil rigide qu'elle pourrait parcourir, ou d'un corps qui ne pourrait que glisser sur un plan ou sur une sphère.

En général, le point, libre, sous rinfluence des forces auxquelles il est soumis, décrirait une autre trajectoire que celle qu'il est astreint : à suivre il en résulte que la loi du mouvement qu'il prendra ne sera pas la môme que celle qu'il aurait prise, s'il eût été libre.

D'autre part, à chaque instant, le mobile, tendant à prendre une autre direction que celle qu'il suit en réalité, exerce sur le corps qui le guide un effort que l'on démontre être normal au chemin parcouru lorsqu'on ne tient pas compte du frottement. Mais alors, d'après ce que nous avons dit, le point subit de la part de ses appuis une réaction égale et contraire à cet effort. C'est par l'existence de cette réaction que, au point de vue mécanique, se manifeste seulement l'existence de l'appui qui guide le point, si bien que l'on peut, par la pensée, supposer cet appui supprimé, à la condition de supposer que, à chaque instant, le corps est soumis à une force égale à celte réaction, dont il faudra tenir compte au même titre que l'on tient compte des forces réellement existantes.

Le problème dans ce cas est donc ramené à être tout analogue au cas d'un corps libre; seulement, parmi les forces dont il y aura à tenir compte, il en est une qui n'est pas connue d'avance, car l'action du corps sur l'appui et, par suite, la réaction de l'appui sur le corps, dépendent de la loi du mouvement qui est précisément une des inconnues de la question. Mais la difficulté est plus apparente que réelle, car on aura une condition nouvelle en exprimant que la force inconnue que l'on a introduite est normale à la ligne ou à la surface que le corps est astreint à parcourir. En un mot, on reconnaît en étudiant le problème complètement que la solution est toujours possible.

10. Lorsqu'on tient un corps à la main, par exemple, et qu'on le déplace sur une trajectoire donnée et suivant une loi donnée, on est obligé d'exercer sur lui à chaque instant un certain effort; ce ne serait en effet, d'après le principe de l'inertie, que si le mouvement était rectiligne et uniforme, qu'il pourrait se continuer sans que le corps subît l'action d'une force. Mais alors, en vertu du principe de l'égalité entre l'action et la réaction, la main subira de la part du corps une force égale à celle qu'elle lui communique, mais dirigée en sens contraire : cette force appliquée au corps qui détermine le mouvement (et non au corps en mouvement) est ce que l'on appelle la force d'inertie. Et comme le dit très-bien Bour : « Ce terme est heureusement choisi. En effet, la réaction à laquelle nous donnons ce nom est bien la force qu'un corps exerce sur nous en vertu de son inertie, quand nous cherchons à le faire sortir des lois naturelles

qui régissent la matière, c'est-à-dire quand nous le forçons à suivre une trajectoire courbe, ou bien que nous accélérons ou retardons son mouvement uniforme. Ce sont les réactions de ce genre qui constatent pour nous l'inertie de la matière en mouvement (c'est-à-dire sa tendance au mouvement rectiligne et uniforme), de même que l'effort que nous exerçons sur un corps pour rempccher de tomber nous donne la notion de la pesanteur de la matière ».

A chaque instant, la force d'inertie est égale et contraire à la force qui agit sur le corps pour produire son mouvement; il n'en faut pas conclure cependant qu'il y a équilibre entre ces deux forces; il ne saurait en effet y avoir équilibre entre des forces appliquées à des coips indépendants comme c'est ici le cas, puisque la force est appliquée au corps en mouvement et la force d'inertie au corps qui provoque le mouvement (nous avons supposé tout à l'heure que le contact existait entre ces deux corps, mais cela n'est pas nécessaire : ainsi, quand un aimant met en mouvement un morceau de fer placé à distance, la force qui produit le mouvement est appliquée au morceau de fer, et la force d'inertie est appliquée à l'aimant). II est évident cependant que, au point de vue mathématique, les relations qui existent entre la force et la force d'inertie sont les mêmes que celles qui existent entre des forces en équilibre; mais cela ne fait pas que l'équilibre existe réellement, à cause de l'indépendance des points d'application*.

11. La force centrifuge est une force d'inertie, et il est regrettable que dans certains livres de physique on signale à ce sujet des expériences qui sont mal interprétées. Lorsque l'on oblige, d'une façon quelconque, un corps à se mouvoir sur une circonférence, il faut lui appliquer une certaine force dirigée à l'intérieur du cercle; dans le cas oii le mouvement est uniforme, cette force est normale : elle est donc alors dirigée vers le centre; pour celte raison, elle a reçu le nom de force centripète. Mais le coi'ps exerce sur les obstacles qui l'obligent à se mouvoir circulairement une réaction, la force d'inertie; cette réaction égale et contraire à la force centripète a été appelée force centrifuge. Si le corps est tenu à la main par l'intermédiaire d'un fil, c'est la main qui est soumise à la force centrifuge, et l'on sent bien en effet qu'il faut exercer un effort. Si le corps est astreint à se mouvoir à l'intérieur d'un cercle matériel, comme une bille qui roule le long des bandes d'un billard circulaire, la force centrifuge est appliquée à chaque instant à la bande au point où elle est en contact avec la bille.

Mais dans aucun cas on ne peut considérer la force centrifuge comme appliquée au corps mobile, et pour certains faits qui se manifestent dans les corps tournants et que l'on attribue à celte force les explications que l'on donne sont absolument erronées.

La confusion qui existe sur ce point a son origine dans une méthode usitée en mécanique pour la solution de certains problèmes relatifs aux mouvements relatifs et dont il est nécessaire de dire quelques mots.

Connaissant les forces qui sont appliquées à un point, on peut déterminer complètement son mouvement, c'est-à-dire déterminer à un instant quelconque sa position par rapport à des points de repère fixes [mouvement absolu). Consi-

* Quand on descend d'une voiture emportée rapidement, dès que les pieds se sont fixés sur le sol immobile, on sent le haut du corps [)Oussé en avai.t. On dit quelquefois alors qu'on est poussé par la force d'inertie : c'est une erreur, le fait observé est réellement le résultat de 1 inertie de la matière. Il faut une force pour mettre un corps en mouvement, il n'en est pas besoin pour lui conserver un mouvement acquis.

dérons maintenant un système de repères mobiles et tels que nous connaissions son mouvement par rapport aux repères fixes {mouvement d'entraînement) : on demande de déterminer le mouvement du point par rapport à ces repères mobiles [mouvement relatif).

La solution directe est simple et indique'e par la nature même du problême : on détermine le mouvement absolu, ce qui est possible, puisque l'on connaît les forces appliquées au point; on résout ainsi un problème de dynamique, puis par l'application de formules de cinématique, on peut déterminer le mouvement relatif en combinant les données du mouvement d'entraînement avec celles du mouvement absolu.

Mais on peut obtenir une solution immédiate, quoique indirecte, en ramenant la question à un seul problème de dynamique. On démontre, en effet, que l'on peut trouver la loi du mouvement apparent en le traitant comme un mouvement absolu, à la condition de supposer que le point considéré est soumis, en plus des forces qui lui sont effectivement appliquées, à des forces dont les éléments dépendent du mouvement d'entraînement. Ces forces fictives ont pour effet d'éviter la transformation cinématique; leur emploi peut être utile, il n'est jamais indispensable. Il serait sans intérêt de donner ici la définition de ces forces fictives, il était nécessaire de faire comprendre comment elles s'introduisent dans certaines questions de mécanique.

En particulier, quand le mouvement d'entraînement est un mouvement de rotation autour d'un axe, ces forces fictives se réduisent à une, qui est égale et contraire à la force centripète, c'est-à-dire que, si l'on cberche à déterminer le mouvement d'im point rapporté à des repères qui tournent d'un mouvement uniforme autour d'un axe, on peut traiter le problème comme si les repères étaient fixes et que le point fût soumis en m.ême temps aux forces qui lui sont directement appliquées et à une force égale et contraire à la force centripète. C'est cette force égale et contraire à la force centripète (comme la force centrifuge) que l'on confond souvent avec la force centrifuge dont elle diffère d'abord en ce que cette dernière n'est pas appliquée au point mobile, puis en ce que cette dernière est une force réellement existante, tandis que la force que l'on introduit est une force fictive.

12. On considère généralement les corps comme formés par la réunion, la juxtaposition d'un certain nombre de points matériels; mais, en général, ces points ne sont pas complètement indépendants les uns des autres; chacun d'eux subit de la part des autres des forces qui sont des tensions ou des pressions dont la grandeur dépend des distances qui les séparent. D'une manière absolue, ces distances varient dès que le corps, en un ou plusieurs points, subit l'action de forces extérieures; de telle sorte que le mouvement d'un point dépend nonseulement de ces forces et des pressions ou tensions émanées des autres pomts, mais aussi des variations de ces dernières résultant du mouvement même qui se produit.

Le cas le plus simple que nous pouvons considérer est celui où le corps est un solide invariable, c'est-à-dire un corps dont les points sont à des distances invariables les uns des autres; les forces intérieures restent alors constantes, ce qui simplifie le problème; elles n'en doivent pas moins entrer en ligne de compte dans les applications des théorèmes de dynamique, de telle sorte que le mouvement d'un solide invariable soumis à des forces est tout autre que celui d'un point matériel qui serait soumis à ces mêmes forces.

DYNxUIIQUE. liô

15. La masse d'un système de points matériels, la masse d'un corps est la somme des masses des divers points qui composent le système ou le corps. Il en est de même pour ce que l'on appelle la quantité de mouvement du système, la force vive du système, qui sont également les sommes des quantités de mouvement ou des forces vives des divers points.

En considérant un système auquel sont appliquées des forces quelconques et appliquant pour chacun des points les théorèmes relatifs aux quantités de mouvement et à l'impulsion des forces ou aux forces vives, et au travail des forces, et faisant la somme des équations obtenues, on a des relations qui comprennent, d'une part, la quantité de mouvement ou la force vive du système, et, d'autre part, la somme des impulsions ou la somme des travaux. 11 est clair que les équations élémentaires écrites pour chaque point doivent comprendre les forces intérieures, puisque le mouvement de chaque point dépend de toutes les forces auxquelles il est soumis. Seulement, comme on peut le reconnaître aisément, ces forces intérieures disparaissent lorsqu'on fait la somme des impulsions. Mais il n'en est pas de même pour la somme des travaux des forces, et ce n'est que dans quelques cas très-particuliers que les forces intérieures disparaissent de la somme totale.

44. L'application de ces théorèmes conduit à un grand nombre de résultats importants parmi lesquels nous signalerons seulement les suivants :

Le centre de gravité d'un système matériel se meut comme un point matériel qui aurait pour masse la masse totale du système et auquel seraient transportées toutes les forces extérieures qui sont appliquées aux divers points du système.

Le mouvement du centre de gravité se trouve ainsi indépendant des forces intérieures et des liaisons qu'on peut introduire ou supprimer pendant le mouvement.

Il résulte de là, par exemple, que, lorsqu'une bombe est lancée et décrit une parabole dans l'espace, si elle vient à éclater, chaque fragment prend un mouvement dépendant de sa masse et de la force explosive ; mais ces forces explosives, par rapport au système, sont des forces intérieures, et dès lors le centre de gravité de l'ensemble de tous ces fragments continue à se mouvoir suivant la même parabole.

Si l'on conçoit qu'un homme se trouve isolé au milieu de l'espace, qu'il ne soit soumis à aucune force extérieure et que son centre de gravité soit immobile, cet être animé ne pourra pas de lui-même mettre son centre de gravité en mouvement, de quelque manière qu'il fasse jouer ses muscles pour déplacer les diverses parties de son corps, parce qu'il ne peut développer ainsi que des forces intérieures qui ne sont pas capables de faire sortir le centre de gravité de son immobilité primitive.

Si cet homme est en mouvement soit en chute libre verticale, soit en mouvement parabolique, le centre de gravité prend le même mouvement que s'il était un point libre, et cela quels que soient également les déplacements des diverses parties des corps, quelles que soient les flexions ou extensions des bras ou des jambes. Il importe, pour ne pas appliquer ce théorème faussement, de remarquer que le centre de gravité du système change de position dans le corps avec les mouvements mêmes des membres et que, par conséquent, les divers points du corps ont un mouvement qui n'est pas le même que s'ils étaient isolés, que le mouvement de chaque point dépend dès lors du mouvement des membres. Le

théorème n'est applicable qu'au centre de gravité du système, point dont la position dans ce corps n'est point fixe.

15. Etant donné un solide invariable soumis à des forces quelconques, l'application du théorème des forces vives permet de déterminer le mouvement complet du corps. On sait que le centre de gravité se déplace comme si toutes les forces y étaient transportées : ce transport correspond à l'adjonction d'un couple appliqué au corps. Ce couple fait tourner le corps autour du centre de gravité, comme si celui-ci était fixe; la combinaison de ce mouvement de rotation et du mouvement du centre de gravité détermine le mouvement de totalité du corps.

On ne peut déterminer ainsi que le mouvement élémentaire, c'est-à-dire le déplacement du corps pendant un instant infiniment court; mais, par diverses considérations, on parvient à en déduire et à représenter le mouvement du corps dans un temps fini.

16. Il est utile de s'occuper des corps qui ne sont pas des solides invariablest d'autant que, eu réalité, il n'y a pas de solides invariables. Les corps solides, quels qu'ils soient, subissent toujours des déformations sous l'ialluence des forces extérieures; il en résulte des modifications dans les forces intérieures, et par conséquent les mouvements produits ne sont pas les mêmes que si le corps était réellement invariable. L'étude de ces déformations constitue la partie de la mécanique désignée sous le nom de résistance des matériaux; celte partie est spécialement utile dans les questions qui se rattachent à l'art de l'ingénieur ; elle est presque sans application dans les sciences biologiques, si ce n'est par l'indication de quelques principes généraux.

En général, les déformations des solides sont assez faibles pour que l'on puisse traiter ceux-ci comme des solides invariables, au moins comme première approximation.

L'étude des mouvements des systèmes articulés présente un intérêt d'autant plus grand en biologie que l'on peut considérer les animaux comme des systèmes articulés, c'est-à-dire comme constitués par des parties solides reliées les unes aux autres, chacune des parties étant ainsi un corps gêné, les liaisons résultant de la nature des articulations. Pour déterminer le mouvement d'un système articulé, il faut déterminer le mouvement de chacune des pièces qui le composent. D'autre part, les forces dont il faut tenir compte et qui se trouvent en relation avec les mouvements sont non-seulement les forces réellement appliquées, mais encore les forces par lesquelles on peut remplacer les liaisons, forces intérieures par rapport au système total, mais extérieures par rapport à chacune des pièces du système, forces dont on ne reconnaît à priori ni la grandeur, ni la direction ; ces éléments se trouvent liés au mouvement même : aussi le problème présente-t-il une grande complexité.

En ce qui concerne le mouvement des êtres vivants, de l'homme, par exemple, il est impossible de prévoir le mouvement d'après les forces mi^es enjeu; on n'est même pas encore renseigné complètement sur le mode d'action mécanique des forces musculaires. C'est évidemment le problème inverse qu'il faut étudier et c'est du mouvement qu'il faut chercher à déduire les forces; mais il faut que le mouvement soit entièrement connu, et l'on ne saurait s'appuyer sur des observations sommaires. Ce ne sera qu'en se basant sur des résultats précis fournis par les procédés rigoureux que l'on possède maintenant (méthode gmphique, photogiaphie des objets en mouvement) que l'on pourra arriver à des notions

DYNAMITE (emploi médical). 745

précises sur les conditions du mouvement et que l'on pourra essayer d'en déduire les éléments des forces qui interviennent.

17. Les liquides et les gaz sont considérés comme constitués également par des points matériels; mais ces points ne sont pas liés les uns aux autres d'une manière invariable, même approximativement. Aussi bien que l'on puisse appliquer à chacun de ces points les principes et les théorèmes de la dynamique» les résultats, pour une masse finie, sont-ils entièrement différents ? Il y a quelques résultats utiles à connaître dans cet ordre d'idées, ils seront indiqués dans l'article

HïDRODYNAMIQCE {VOIJ . aUSSi IIyDROSTATIQUe) .

L'application des théorèmes de la dynamique permet de résoudre toutes les questions relatives à l'équilibre des corps, toutes les questions de statique : il suffît en effet de chercher les conditions pour lesquelles un point considéré est en repos, a une vitesse nulle ; ce n'est qu'un cas particulier du problème général dans lequel on cherche les conditions pour qu'un point ait une vitesse déterminée. Ordinairement, on traite les questions de statique avant celles de dynamique ; on peut dire, en se plaçant au point de vue rationnel, que c'est une bizarrerie, pour ne pas dire plus. Cette bizarrerie est fâcheuse, parce que les données de la statique sont incomplètes et qu'on ne peut, sans inconvénient, les étendre à la dynamique, tandis qu'on peut appliquer en toute certitude les données de la dynamique à la statique. C.-M. Gariel.

I>¥i\AIîIIs:TaE. En médecine, doctrine d'après laquelle l'organisme, au lieu d'obéir aux lois générales de la mécanique, est gouverné par une ou plusieurs forces particulières, agissant suivant des lois qui leur sont propres, et qui déterminent les conditions dans lesquelles s'exercent les actions mécaniques. La doctrine du principe vital est dynamiste; de même celle de l'animisme, et l'on a appelé double dynamisme la réunion des deux doctrines. Au demeurant, il suffit d'attribuer à la matière vivante des propriétés autres que celles de la matière inorganique pour faire profession d'un certain dynamisme médical, puisque les forces, étant dans cette hypothèse une manitestation des propriétés, sont spéciales comme elles, tout comme, en philosophie générale, est dynamiste quiconque attribue tous les mouvements de la matière à des forces qui lui sont inhérentes. D.

DTIVAMITE. § I. Chimie. Nitroglycérine mélangée avec des matières poreuses inertes, plus particulièrement avec la silice ou l'alumine très-divisée

[voy. NITROGLYCÉRI^•E). D.

g II. Emploi médical. Si la dynamite n'a pas encore été employée en thérapeutique sous ce nom et sous cette forme, c'est qu'on lui a préféré la nitroglycérine diluée, substance plus commode à administrer, et objet, depuis quelques années seulement, des recherches des physiologistes et des thérapeutes. Aussi, tandis que la première faisait rapidement son chemin dans l'industrie et dans l'art de la guerre, parce qu'elle est plus facile et moins dangereuse à manier, la nLroglycérine prenait lentement droit de cité dans la matière médicale.

Pendant que, dans la nomenclature chimique française, elle recevait, de M. Bertlielot, le nom de trinitrine, désignation qui a l'avantage de ne pas effrayer les malades, on la désignait dans les pharmacopées étrangères par celui

746 DYNAMITE (emploi médical).

de glonoïne et même de dynamite. Il n'est donc pas illégitime d'étudier, dans le chapitre de la dynamite, les proj)riétés physiologiques, toxiques et thérapeutiques, de la nitroglycérine médicinale, renvoyant pour ses propriétés chimiques à l'article plus ancien de Nitroglycérine,

L'introduction dans la matière médicale de cet éther de la glycérine ne remonte pas à de longues années. Tout en ayant été découverte en 18-47 par Sobrero, la nitroglycérine ne fut essayée sur l'homme qu'en 1858, Q'est-à-dire il y a vingt-six ans, par le docteur Field, médecin anglais de Brighton, qui expérimentait sur lui-même. Les effets obtenus l'engagèrent à prescrire cette substance aux malades contre les névralgies, l'épilepsie, l'hystérie, et même contre le tétanos et l'hydrophobie.

Pelikan, Thoregwood et James Lawrence (de Brighton), Baker Edwards et surtout S. Brady, préconisèrent la glonoïne contre les névropathies rebelles. Cependant les premiers résultats de ces observateurs furent loin de paraître décisifs, et malgré ces affirmations, de convaincre tous les médecins. Contestées en Angleterre par Fuller et Harlay, en France par M. Yulpian, qui en administra des doses considéniblcs à déjeunes chiens sans provoquer ni phénomènes physiologiques ni effets toxiques, les propriétés organoleptiques de cette substance furent bientôt mises de côté et la nitroglycérine ne servit plus que dans l'industrie.

De 1859 à 1871, la trinitrine, abandonnée des thérapeutes, est considérée, surtout à l'étranger, comme une substance toxique. C'est à ce titre qu'elle est citée par divers auteurs, Schuckart et Schneider. En 1876, la thèse inaugurale de M. Bruel attira de nouveau l'attention sur elle.

Depuis cette époque, elle a été l'objet de très-nombreux travaux contemporains en France, en Angleterre et en Amérique. MM. \V. Murrel, Farquhar, M. CallAnderson, Craig, Osmurn, Alders, Stilt, Eulenberg, Water, démontrèrent les effets thérapeutiques de cet agent contre l'angine de poitrine; Mayo Bobson (de Leeds) dans le traitement des néphrites chroniques et même des néphrites aiguës; Green, pour combattre les affections cardiaques; Korcyiiski, dans la médication des dyspnées de causes diverses, et TurnbuU comme moyen prophylactique contre le mal de mer. Enfin, Hammond et Steward le préconisèrent contre 'les convulsions épileptiformes et puerpérales.

Par contre, à la même époque, un autre observateur, M. Martindall, en signalait les effets toxiques et les insuccès cliniques. Plus récemment enfin M. Henri Huchard, dans un important mémoire, M. Desrosiers (de Montréal), dans une remarquable leçon clinique, et M. Marieux, dans sa thèse inaugurale, ont exposé synthétiquement les qualités et les inconvénients de ce médicament.

I. Effets physiologiques. Au contact de la muqueuse linguale, comme l'a observé M. Bourru, la dynamite en très-petite quantité, donne la sensation d'une substance sucrée. Cette saveur devient bientôt acide et, peu de temps après, est remplacée par un sentiment d'ardeur et de brûlure à la langue.

Bientôt, comme Field le vit le premier, par l'absorption de quelques gouttes d'une solution au centième de nitroglycérine, on éprouve une sensation de plénitude, de congestion de la tête et du cou, des bourdonnements et des bruissements d'oreilles, des nausées; puis on observe de la petitesse du pouls, de la pâleur de la lace, de l'état syncopal, de la gêne respiratoire, phénomènes auxquels

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succèdent, après une demi-heure, de la ce'plialée, de l'abatlemcnt, une sorte d'engourdissement physique et de torpeur intellectuelle.

Enfin, après un sommeil calme de cincj heures, M. Field se réveillait, disaitil, sans éprouver d'autres inconvénients qu'une céphalalgie légère et fugitive.

Avec la dose de deux gouttes de la solution alcoolique au centième, Brady observa aussi la production d'effets rapides : défaillance, perte de connaissance, convulsions des muscles de la face, respiration stertoreuse; effets passagers d'ailleurs, mais qui effrayèrent cet observateur. Depuis, les observations cliniques ou expérimentales se sont multipliées, et on peut, d'après les travaux récents, établir quelle est l'action physiologique de la dynamite, de la trinitrine et de la glonoïde, c'est-à-dire de la nitroglycérine sur l'économie.

Elle agit sur la circulation, la respiration, les sécrétions et le système nerveux. Les modifications de l'appareil circulatoire sont de toutes assurément les plus importantes. Elles varient suivant la dose de substance active ingérée par la bouche ou administrée par la voie hypodermique.

Chez l'homme, peu de temps après l'administration de la trinitrine, la face se congestionne et devient rouge et vultueuse, en même temps que les artères temporales et carotides battent avec violence. Si, chez les animaux, on observe alors au microscope la circulation du péritoine ou celle de la membrane digitale de la grenouille, on la voit se ralentir, les globules du sang perdent leur mobilité et stationnent dans les réseaux capillaires. 11 y a stase sanguine et ibientôt encombrement vasculaire.

On observe donc le ralentissement de la circulation périphérique. En même temps l'impulsion cardiaque devient plus forte et plus rapide; il existe une accélération des battements du cœur, suivie en peu de temps de leur diminution •et de leur arhythmie. La tension vasculaire diminue ; le pouls radial devient plus rapide, parfois même dicrote et intermittent. Sur les tracés sphygmographiques, les lignes d'ascension sont presque verticales et plus hautes qu'à l'état normal. Les angles qu'elles forment avec les lignes de descente sont plus aigus, et quand on examine les oreilles d'un lapin, si on expérimente sur cette espèce animale, on constate par transparence leur coloration rouge et par le thermomètre, l'augmentation de la température locale.

Plus tard, le sang artériel n'a plus sa rutilance ; il a pris la coloration du sang veineux et a perdu ses qualités oxygénantes. C'est alors que la température s'abaisse, et que cette diminution est en rapport manifeste avec le ralentissement des échanges.

La respiration se modifie sous l'induence de ce médicament, mais les troubles qui en résultent sont moins étendus que ceux de la circulation. En outre, si les doses de trinitrine sont peu considérables, la respiration n'est pas modifiée chez l'homme. Néanmoins quand elles existent, ces modifications se manifestent peu de temps après l'administration du médicament et consistent dans l'accélération des mouvements respiratoires avec leur amplification. De plus, chez les animaux, leur rhythme est altéré ; ils deviennent intermittents et parfois, d'après M. Marieux, se suspendent pendant une sorte de période d'apnée.

Les sécrétions sont aussi quantitativement modifiées, parallèlement d'ailleurs à la dilatation vasculaire. C'est ainsi que le tronc et le visage de quelques malades soumis à l'administration de ce médicament se couvrent de sueurs abondantes. Cette hypersécrétion sudorale s'accompagne aussi parfois de l'accroissement de la diurèse. Sur ce point cependant les observateurs sont en désaccord.

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