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DOIGT ^PATHOLOGIE

doigts et de les suturer. Il donne même à entendre que c'est le seul procédé qui puisse réussir, ce qui est une exagération manifeste. Mais il est constant que c'est un excellent procédé, et que Huguier, Morel-Lavallée, Ph. Boyer, Follin, lui doivent des succès.

f. Procédé de Dieffenhach. Décollement de la peau pour faciliter la suture. Si les plaies latérales des doigts sont larges, il est impossible d'eu affronter les lèvres et de les suturer. Dieffenbacli remédie à cette insuffisance des téguments en décollant les lèvres de la plaie dans une étendue suffisante pour qu'on puisse les rapprociier. Il est même nécessaire, dans quelques cas, de pratiquer des incisions libératrices, et de faire une véritable autoplastie par glissement.

g. Procédé de Didot. Formation de deux lambeaux latéraux. Le plus intéressant et le plus ingénieux de tous les procédés qui s'adressent à la syndactylie est, sans contredit, celui de M. Didot (de Liège) (fig. 24).

Supposons, par exemple, que l'index et le médius soient adhérents. L'opération se compose de quatre temps :

Premier temps. Incision longitudinale ah sur le milieu de la face dorsale

du médius, mesurant toute la longueur de la membrane interdigitale. Aux deux extrémités de cette incision longitudinale, incisions transversales ac, bd, dirigées vers l'index et atteignant, en haut et en bas.

le milieu de sa face dorsale.

Ces trois incisions limitent un lambeau qui a la forme d'un volet, et dont le bord adhérent correspond à la face dorsale de l'index.

2^ temps. Faire sur le milieu de la face palmaire de l'index une incision longitudinale, terminée par deux incisions transversales, de manière à circonscrire un lambeau en volet, absolument semblable à celui de la face dorsale, mais d'une disposi-

Fig. 24. — Procédé de M. Didot. — x coupe qui représente la dispositioa des lambeaux dorsal et palmaire avant la séparation des doigts. — ij coupe qui i-eprésente la disposition des lambeaux appliqués sur les doigts séparés.

Disséquer les par cette disles

doigts

tion m verse.

ô'^ temps.

lambeaux et, section, séparer (fig. 24, m, n).

4* temps. Les doigts étant écartés, on applique, sur la surface dénudée du médius, le lambeau qui adhère à sa face palmaire, et sur la surface dénudée de l'index, le lambeau qui adhère à sa face dorsale, puis on les fixe par des sutures (fig. 24, coupes X et y).

Le procédé de M. Didot remplit admirablement le but thérapeutique, puisque

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les doigts sont recouverts d'emblée par une surface épidermique, qui rend impossible la récidive de l'adhérence. Néanmoins, cet ingénieux procédé n'est pas exempt de quelques reproches. 11 fournit des lambeaux un peu insuflisants pour les surfaces à recouvrir. Aussi est-il prudent de décoller ces lambeaux dans une petite étendue, pour les faire glisser et les amener sans tiraillement au contact du bord cutané oii on doit les fixer. La cicatrisation de la commissure donne également quelque souci. 11 est très-difficile d'y placer une suture, à cause de la distance qui existe entre la peau de la face dorsale et celle de la face palmaire, et à cause des lobules graisseux qui font hernie dans cet intervalle. La réunion immédiate est presque impossible en ce point. La cicatrisation se fait par bourgeonnement, et il faut veiller à ce qu'elle n'empiète pas d'une manière fâcheuse sur les faces latérales des doigts.

Le procédé de M. Didot a été mis en usage par son auteur et par Nélaton, Maisoniieuve, Déguise, Guersant, Foucher, Le Dentu,etc. Il donne ordinairement de beaux succès. Mais il ne faut pas croire qu'il en soit toujours ainsi. Guersant, qui l'aviiit employé trois fois, n'en avait pas été complètement satisfait, parce que la cicatrisation de la commissure avait en partie rétabli l'adhérence interdigitaic. Déguise vit les lambeaux tomber en gangrène et les cicatrices latérales des doigts imprimer à ces organes une direction vicieuse. Foucher observa la suppuration des lambeaux, ce qui n'empêcha pas le résultat final d'être bon. Dans ce procédé, plus que dans tout autre, la réunion immédiate et sans suppuration doit être recherchée comme étant une des meilleures conditions de sa réussite.

Tous les procédés que nous venons de passer en revue ont des succès à leur actif, mais aucun d'eux n'est applicable à tous les cas indistinctement. Le talent du chirurgien consiste à savoir choisir le procédé le mieux approprié à la difformité qu'il doit combattre, à savoir le modifier et le combiner avec d'autres procédés, selon les circonstances. Si on a affaire à une membrane mince, la section sèche par compression ou par ligature, la suture de la commissure et même l'incision simple, réussissent. Si, au contraire, la membrane unissante est épaisse et étroite, les procédés auloplastiques de Zeller et deDidutsont les seuls qui puissent amener la guérison. Enfin, il est souvent indispensable d'associer au procédé que l'on a choisi la compression de la commissure par un cordon ou lîn tube élastique attaché à un bracelet. Par une traction constante et trèsmodérée, on empêche la rétraction cicatricielle de la commissure et, par suite, la récidive de la syndactylie.

Lorsque la syndactylie occupe plusieurs doigts, je suis d'avis de n'opérer, en général, qu'une seule palmature à la fois. Ou ne peut se départir de celte règle que si l'on emploie les procédés qui consistent simplement à inciser la membrane et à exercer une compression sur la commissure. Mais, si l'on a recours au procédé de Zeller ou à celui de M. Didot, il serait dangereux de les exécuter, dans la même séance, sur deux espaces interdigitaux voisins. Non-seulement on pourrait avoir une perte de sang considérable, surtout pour des enfants, mais encore on se placerait dans de mauvaises conditions pour confectionner les lambeaux et pour assurer leur vitalité, même dans les cas faciles. Il est prudent de no procéder à la séparation de plusieurs adhérences digitales qu'à des intervalles d'au moins quelques semaines ou quelques mois.

L'hémorrhagie est un accident à prévoir pendant el après ces opérations d'autoplastie digitale. La compression avec la bande d'Esmarch mettra à l'abri de l'écoulement sanguin pendant l'acte opératoire, et la suture des lambeaux,

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