DRAIN. DRAINAGE
aucune hésitation sur les points de la tumeur qu'il s'agit crattaquer, il la traverse d'un seul coup de part en part. S'il désire, après avoir pratiqué l'ouverture d'entrée, se renseigner sur le lieu d'ouverture de sortie, il retire l'instrument et, après avoir retourné le poinçon, s'en sert comme d'un instrument d'exploration, après quoi, le poinçon étant remis en place, il pratique la contreouverture au lieu d'élection. Quand les deux ouvertures ont été ainsi établies, on fixe le drain à la coche du trocart, lequel, en se retirant, le conduit à travers la canule jusqu'à ce que son extrémité inférieure dépasse l'ouverture d'entrée, l'autre dépassant de son côté l'ouverture de sortie. Ce drain consiste en un tube de caoutchouc vulcanisé de dimension variable, percé dans sa longueur d'un nombre également variable de trous, tantôt dans une direction rectiligne, tantôt en spirale, et d'un diamètre qui ne doit pas excéder le diamètre intérieur du tube. Le foyer se trouve ainsi traversé par un conduit dans lequel les liquides viennent se déverser par un certain nombre d'affluents.
On peut très-bien remplacer le trocart à encoche par un ti'Dcart ordinaire. Celui-ci enfoncé, et le foyer traversé, on introduit par le canal une bougie fine munie d'un fd auquel on attache le drain. Celui-ci est ramené avec la bougie. Beaucoup de chirurgiens préfèrent d'ailleurs le bistouri au trocart, même lorsqu'il s'agit de collections dgà formées; à plus forte raison quand on a affaire à des parties simplement infiltrées. Le bistouri, aidé de la sonde cannelée, leur paraît un moyen plus siir d'atteindre le but, sans exposer plus que le trocart aux hémorrhagies.
Le trocart, ordinairement droit, peut être quelquefois courbe pour mieux s'adapter aux conditions locales : le drain parcourt d'ailleurs ainsi une plus grande étendue de la tumeur et reçoit le liquide d'un plus grand nombre de points. On peut même le disposer en anse, ses deux extrémités sortant par une seule ouverture ou par deux ouvertures très-rapprochées. La forme courbe du drain convient principalement dans les cas où l'on peut l'adosser contre une partie solide, particulièrement contre une surface osseuse suppuravite.
Si l'on doit placer plusieurs) tubes, on les dispose tantôt parallèlement, tantôt obliquement, de manière qu'ils se croisent plus ou moins exactement en X. Dans certains cas enfin on pratique à la partie du drain qui émerge par en bas une division longitudinale et l'on écarte l'une de l'autre les deux gouttières ainsi formées, qu'on assujettit par un moyen quelconque.
Tel est le drainage véritable, celui qui ressemble réellement au drainage du sol. Mais on a continué de donner également ce nom à la pratique qui consiste à introduire dans un foyer purulent des tubes percés par les deux bouts et remplissant simplement l'office de tuyaux de conduite au lieu de l'aller recueillir, comme le drain perforé, dans la profondeur et en divei.- points des tissus en voie de suppuration. 11 en est de même de l'emploi de bougies filiformes, de fils de caoutchouc ou lie lin, qui sont également des conducteurs du pus. Ces procédés d'évacuation, antérieurs à l'invention du drainage et que Cliassaignac était loin d'avoir délaissés, offrent des avantages particuliers que nous n'avons pas à examiner ici. Disons seulement qu'ils servent à faire ce qu'on appelle le drainage préventif, lequel consiste à introduire dans une plaie, par son côté le plus déclive et avant rétablissement de la suppuration, un tube destiné à procurer l'écoulement du pus au fur et à mesure de sa formation. Ce départ continu du pus permet à la plaie de se cicatriser rapidement. Dans les cas mêmes où l'on recherche la réunion par première intention d'une plaie étendue, l'elfet
DRAKE (Lks). 561
est plus souvent obtenu par l'emploi d'un drain, parce tjue, si quelque partie échappe à la cicatrisation immédiate, le pus formé n'est pas retenu et ne nuit pas à la réunion du reste de la plaie [voij. Pansement, Plaie). D.
DRAKE (Les).
Drake (William). Né à York, en 1687, fit ses études médicales à l'Université d'Oxford, où il fut reçu docteur. II est mort en 17G0. II s'occupait beaucoup d'archéologie et a laissé, outre de nombreux articles spéciaux, un grand ouvrage portant le titre de :
Eboracum, or the llistory and Antiquities of the City of yorh, froni ils Origîn to the Présent Time. York, 1730, in-lbl. A. D.
Drake (James). Né à Cambridge, en 1G67, commença ses études à l'Université de cette ville, puis se rendit à Londres dans l'intention d'embrasser la carrière médicale. H fut reçu docteur en 1696 et devint membre de la Société royale et du Collège des médecins. 11 se jeta dans la politique et prit rang dans le parti opposé au gouvernement d'alors. Cité devant le Parlement en 1702, pour un passage de son History Lof ast Parliament, il fut acquitté; mais peu de temps après, un autre pamphlet, publié sous le voile de l'anonyme, fut poursuivi et brûlé par la main du bourreau. De nouveaux articles insérés dans son journal Mercurius politicus le menèrent de nouveau devant la justice. L'affaii'e n'eut pas de suites, mais il paraît que les nombreux adversaires et ennemis de Drake l'attaquèrent de tous côtés, et il en fit une maladie dont il ne se releva pas. Il est mort en mars 1707. Nous indiquons ci-après ceux de ses écrits qui concernent la médecine :
I. Dissertatio de febrc interuiiltenle. Cambridge, 1690, in-4». — II. Dissertalio de va?-iolis et morbillis. Cambridge, 1G94, in-4''. — IL Dissertatio de pharmaciâ hodierniu. Cambridge, 1696, in-4°. Ces trois tlisserlalions ont été réunies par Edward Milward. Londres et Amsterdam, 1742, in-4''. — IV. A New System of Anatomy. Londres, 1707, 2 vol. in-S"; 2° édition sons le titre: Anthropologia nova, or a New System of Anatomy, describing the Animal OEconomy, and a Short Rationale of many Distempers incident to Human Ladies. Londres, 1727-28, 2 vol. in-8° et atlas; ibid., 1757, 3 vol. in-8°. La plupart des planches contenues dans cet ouvrage sont copiées dans celui de Cowper. — V. ^ Discourse concerning sonie Influence of Respiration on Hie Motion ofthe Ileart, Jtillierlo unobserved. la Philos. Transactions, n° 281, 1702. A. D.
Drake (Nathan). Médecin et homme de lettres, né à York, le ISjanvier 1766. d'une famille très-ancienne de théologiens. II reçut sa première éducation à York, puis en 1779 entra en apprentissage chez Francis Bacon, praticien trèsrépandu dans sa ville natale, qui l'initia à la chirurgie, puis apprit les premiers éléments de médecine avec Walker et Yonge, apothicaires du prince de Galles. En 1784, il se rendit à Londres, puis en 1786 à Edimbourg. En 1787, il fut reçu membre de la Société royale de médecine ; il a dii prendre à cette époque une part plus ou moins directe à la formation d'une autre Société, le Lijceum Mediciim, car on a de lui : An Address to the Members of the Lyceum on the First Night of ils Institution, oit il étudie l'organisation des principales sociétés littéraires et scientifiques de l'Europe. Peu après, il lut à l'une ou à l'autre de ces sociétés un mémoire en réponse à cette question : WJiat are the Doctrines which hâve tented to retard or accelerate the Progress ofthe Médical Art ? Enfin en automne de 1789 il obtintje diplôme de docteur après avoir soutenu une dissertation sur le sommeil.
DIGT. ENC, A\A. 50
5G2 DRAKENA. DRAKŒNA.
Encore celte même année il fonda, avec Edward Ash, un pe'riodique littéraire The Spectator. 11 se fixa ensuite à Biilericay (Essex), en 1790, et peu après à Sudbury (Suffolk), où il se lia avec le chirurgien Mason Good. Knfm en 1792, il alla résider définitivement à Hadleigh et y exerça avec zèle et succès son art pendant quarante-quatre ans. C'est là qu'il écrivit^tous ses ouvrages littéraires, si remarquables par leur élégance et le goût exquis qui y règne.
L'attention de Drake se porta particulièrement sur les affections pulmonaires. 11 fit l'essai de la digitale dans la phthisie et à partir de 1799 publia plusieurs mémoires sur ce sujet. Il mourut à Hadleigh Je 7 juin 1856, âgé de soixanteonze ans. Nous ne citerons pas les œuvres littéraires de Nathan Drale, qui ont fait sa célébrité. Ses publications relatives à la médecine sont peu nombreuses :
I. Teniamen jjhysiol. inaugurale de somno. Edinburgi, 1789, gr. in-8°. — II. A Lelter to ])r. Bedoes conlaining Observations on tlie Use of Ihe Digitalis in Pulmonary Cousumption, wilh two Cases in which il proved permanenthj Successfull. In Contributions to Médical
and Physical Knowledge, 1799, et The Médical and Physical Joutai., May 1799, p. 290.
m. Autres articles relatifs à l'emploi de la digitale dans the Médical and Physical Journ. t. II, Oct. Dec. 1799; t. III, April 1800; t. IV, Dec. 1800. — IV. The History of a Case ôf Diseased Spleen, with the Appearenccs on Dissection. In the Edinhurgh Médical and Surg Journ., t. II, p. 409, 1806.
Nathan Drake avait un frère plus jeune que lui, Richard Drake, également médecin distingué, qui avait lait ses études à Edimbourg et à Londres, et mourut à York, sa ville natale, en 1826. L. Hn.
Drake (Daniel). Médecin américain du plus grand mérite, né à New- Jersey, le 20 octobre 1 785, fit ses études dans le Kentucky et commença l'exercice de son art à Cincinnati en 1804. 11 ne tarda pas à acquérir dans cette ville une situation prépondérante tant comme praticien que comme homme de science. « Drake, dit Toner, était doué d'un talent d'observation puissant et original et (à son époque) fit pour les progrès de la science et pour relever la dignité de la profession médicale plus que tout autre de ses confrères des États- Unis ». En 1817, il fut élu professeur à la Transijlvania University de Lexington (Kentucky), puis l'année suivante fonda le Collège médical d'Ohio, à Cincinnati, y professa de longues années et créa en 1819 un hôpital. De 1827 à 1839, il publia le Western Journal of American Médical Sciences'; ce journal passa ensuite à Louisville (Kentucky) et prit le titre de Western Journal of Medicine and Surgery; il resta attaché à la rédaction de ce recueil jusqu'en 1848.
Drake mourut à Cincinnati le 6 novembre 1852, laissant un assez grand nombre d'ouvrages estimés :
I. 'Notes concerning Cincinnati. Cincinnati, 1810, in-S» (ouvrage de topographie médic). — II. Naîural and Stalistical View of Cincinnati and the Miami Country. Cincinnati, 1815, in-S». — m. Practical Essays on the Médical Education in the United States. London, 1852, in-8''. — IV. Diseuses of the Interior Valley of JSorth America, vol. 1. Cincinnati, 1850, in-8°; le deuxième volume de cet ouvrage a paru après la mort de l'auteur. Dans cet ouvrage, qui mériterait d'être mieux connu, sont condensées l'expérience et les obserTations de près d'un demi-siècle. L. Hw.
DR4KË (Racine de). On appelle ainsi, du nom de celui qui l'a importée, la racine du Dorstenia contra-yerva [voy. ce mot).
DRAKËiVxi. »KAK€Ei\A. Nom donné à une espèce de Co7itra-yerva, le
DRAMi^TlQUES (ARTISTES). 565
Dorstenia drakœna, à laquelle on attribue la racine de Brake [voy. Dorstejnia).
Pl.
DRA.1HATIQUES (ARTISTES). Nous entendons sous ce nom tous les artistes des théâtres autres que les musiciens et les chanteurs, auxquels il a été consacré des articles spéciaux dans ce Dictionnaire.
C'est particulièrement les comédiens et tragédiens que nous avons en vue.
Il est assez dilficile de spécifier les diverses considérations auxquelles pourraient donner lieu le genre de vie qu'ils mènent et la susceptibilité nerveuse que développe chez eux la mise en jeuconlinuelle de la mémoire et de l'imagination. >A cet égard, il ne serait pas sans intérêt de rechercher la part qui leur revient dans les statistiques de l'aliénation mentale, où les artistes occupent, comme on le sait, le rang le plus élevé.
Les seules considérations qui méritent de nous arrêter sont celles qui se rapportent à l'influence de l'atmosphère artificielle des théâtres dans laquelle ils passent une grande partie de leur temps, et de l'exercice spécial qu'ils sont appelés à faire de la voix.
L'altération progressive de l'air dans une salle de théâtre pendant les représentations est due :
1° A l'élévation de la température provoquée par les appareils d'éclairage, l'agglomération du public et le chauffage.
Cette élévation est assez rapide et telle que vers le milieu d'une représentation elle atteint environ un bon tiers en plus qu'avant le lever du rideau. C'est ce qui résulte de quelques-unes de nos propres recherches.
2° A l'humidité causée par la vapeur d'eau produite par la combustion du "-az d'éclairage et par celle exhalée par les spectateurs.
S*" A l'acide carbonique produit de la respiration humaine.
Voici comme exemple le résultat de recherches faites par le docteur Huebner ■à Saint-Pétersbourg dans la salle du théâtre Marie un soir de représentation.
L'expérience eut lieu le 1^'' décembre dans une loge de deuxième ran^^, faisant face à la scène.
La température s'élevait de quart d'heure en quart d'heure, malgré le mouvement du public sortant dans les entr'actes. Au lever du rideau, la température était de 18 degrés centigrades ; à la fin du premier acte, de 24 degrés et de 25 degrés au commencement du second.
La quantité d'humidité croissait moins rapidement. Cependant, en deux heures elle avait monté de 50 pour 100, et vers la fin du quatrième acte elle était devenue plus considérable que l'humidité de l'air extérieur. De 40 à 60 pour lOO au commencement du spectacle, elle était de 85 pour 100 à la fin c'est-à-dire qu'elle égalait l'humidité des logements malsains qui exercent une influence pernicieuse sur leurs habitants.
Quant à la quantité d'acide carbonique, elle était au second acte 6 fois plus grande que la proportion normale dans l'air respirable: 1,9 pour 1000 mètres €ubes ou 0,0019. A la fin du spectacle, elle arrivait à 4,5 pour 100 ou 0 0045 • ce qui constitue une altération de l'air respirable pouvant produire une action toxique sur les poumons des gens habitués à respirer un air pur.
Cette constitution de l'atmosphère des théâtres est selon nois éminemment prédisposante aux affections que sollicite l'exercice excessif de la voix Auss' l'angine glanduleuse est-elle fréquente chez les acteurs. Q»iant aux troubles
564 DRAPER (Les deux).
fonctionnels du larynx ou asynergie vocale, nul doute qu'elle soit plus commune chez les artistes qui ont coutume de jouer dans des salles mal ventilées où l'atmosphère intérieure est rapidement viciée. Il y a là une sorte d'anémie, conséquence d'une hématose en soutfrance qui favorise singulièrement les phénomènes nerveux.
La différence de température qui existe le plus souvent entre la scène et la salle provoque des courants d'air de la première vers la seconde, auxquels les acteurs sont les premiers exposés, d'où la fréquence des congestions de l'appareil respiratoire : la laryngite, la bronchite, et avec elles les hémoptysies et l'emphysème pulmonaire se rencontrent assez souvent chez eux.
Il est un point d'hygiène qui intéresse plus particulièrement la profession que., nous avons en vue, et qui consiste dans l'abus des fards et des cosmétiques avec lesquels les artistes dramatiques se maquillent. Sans parler ici des préparations toxiques au mercure ou au plomb, sur les dangers desquels on est suffisamment éclairé, il est bon d'appeler l'attention sur les conséquences plus ou moins tardives, mais inévitables, qu'entraîne l'application répétée des fards. Les rougeurs, les elllorescences, les boutons que l'on remarque sur le visage de beaucoup d'actrices, sont dus à ces préparations, qui pour inoffensives qu'elles soient au ' point de vue de leur composition, n'en agissent pas moins comme agents irritants, alors que mélangés surtout avec la sueur elles forment des magmas obstructeurs des conduits excréteurs des glandes sébacées et sudoripares. Al. Layet.
DRAPJLRIVAUD (JACQUES-pHiLiprE-RAYMONDj. Médcciu naturaliste des plus distingués, et dont la science a pleuré la mort prématurée, à trente-deux ans au milieu de succès acquis par le travail. Il naquit à Montpellier, le 5 juin 1 772, et montra de bonne heure du goût pour l'étude, et une aptitude extraordinaire pour les langues. Ses parents le destinaient à la jurisprudence, mais un penchant irrésistible l'entraîna vers la médecine, et surtout vers l'histoire naturelle. Il l'enseigna, ainsi que la physique et la chimie, au collège de Soreze pendant deux années, à l'expiration desquelles il obtint la chaire de grammaire générale à l'école centrale du département de l'Hérault. Celle d'histoire naturelle étant devenue vacante, on la lui offiit et il l'accepta avec empressement. Enfin, en 1802, il devint professeur d'histoire naturelle à l'École de médecine de Montpellier, avec le titre de conservateur du cabinet. Ce fut seulement à cette époque qu'il se fit recevoir docteur en médecine, grade qui lui fut conféré en l'an X, après avoir soutenu une thèse fort remarquable par les aperçus nouveaux et ingénieux qu'elle renferme, et sur les avantages de l'histoire naturelle en médecine. Au bout d'un an, son mauvais état de santé, joint au chagrin de voir les attributions de sa place très-circonscrites par un nouveau règlement, le fit résigner à abandonner sa chaire. Il survécut peu de temps à cette retraite, car une phthisie pulmonaire l'enleva le l*^"" février 1805. Draparnaud a laissé une trentaine de mémoires sur divers sujets de physique et d'histoire naturelle, plus deux ouvrages importants :
I. Monographie des conferves, publiée par Bory de Saint-Vincent. — IL Histoire naturelle des mollusques terrestres et fluviatiles de la France, publiée par Cloz. Paris, 1805, in-4».
DRiVPER (Les deux).
Draper (John-William) . Célèbre physiologiste et chimiste américain, né à
DRAPER (Les deux). 565
Saint-Hélens, près de Liverpool (Angleterre) le 5 mai 1811, mort à Ilastings-onthe-Hiidson» près New-York, le 4 janvier 1882. Il reçut sa première éducation à une école anglaise dirigée par les méthodistes, et plus tard étudia à Londres ; il passa ensuite en Amérique (1855) et prit ses degrés de médecine à l'Université de Pennsylvanie, en 1856. Peu après il fut élu professeur de chimie, d'histoire naturelle et de pliysiologie au Hampden-Sidney Collège, en Virginie. En 1859, il devint professeur de chimie et d'histoire naturelle à l'Université de New- York. Enfin, en 1841, il fut élu professeur de chimie au Universitij Médical Col lege, qu'il avait conlribuéà fonder, et pluslard, en 1851, président des facultés des sciences et de médecine de l'Université.
Draper a été un chercheur et un écrivain infatigable. De 1857 à 1857, il a fourni plus de 40 mémoires au London and Edmburgh Phîlosophical Journal^ à Y American J ournal of Sciences and Arts qV^V American Journal ofthe Médical Sciences, sans compter ses travaux littéraires et une foule de revues, qu'il publia souvent sous le voile de l'anonyme. Nous mentionnerons parmi ses ouvrages : Memoirs on the Chemical Action of Light (New- York, 1845), traduits en allemand, en français et en italien, et renfermant un grand nombre de vues nouvelles sur la photochimie et la description d'appareils de mensuration et d'instruments nouveaux ; un grand nombre de mémoires sur l'actinisme et la photographie, 011 il fit d'importantes découvertes, puis A Treatise on the Forces which produce the Organization of Plants {^ew -York, 1844, in-4°), un manuel de chimie [Eléments of Chemistrij, New-York, 1846, in-12), un manuel de physique [Textbook of Natural Philosophy, New-York, 1846, in-12), un grand traité sur la chimie des plantes {The Chemistnj of Plants, New-York, in-4°) avec un Appendice, et son important ouvrage intitulé : Treatise on Human Physiology, Statical and Dijnamical (New-York, 1850, iu-8°, 500 fig. ; 2* édit., ibid.), qui eut un grand nombre d'éditions et fut traduit en presque toutes les langues. Nous devons mentionner à ce propos les vues très-ingénieuses qu'il a émises sur les causes de la cnxulalion sanguine.
Son History of the Intellectual Development of Europe (New-Yoïk, 1864, 2 vol. in-8°) fut également traduite en un grand nombre de langues, entre autres en français par Aubert (1868-1809, 5 vol. in- 8"). En 1865, quatre de ses leçons furent réunies en un volume sous le titre de Thoughts on the Future Civil Policy of America; en 1870, il mit au jour son History ofthe American Civil War en 3 volumes. 11 a fait des découvertes très-intéressantes au point de vue de l'analyse spectrale. Un ouvrage de lui, dénature philosophique, qui eut un retentissement universel, c'est History of the Conflict hetween Science and Religion, paru en 1875, puis traduit en français dans la Bibliothèque scientifique internationale. Enfin, son dernier ouvrage, intitulé Scientifîc Manoirs : Expérimental Contributions to a Knowledge of Radiant Energy, imprimé dans le Harpers Magazine, en 1878, renferme un résumé de toutes ses recherches en physique et en chimie, lumière, électricité, chaleur rayonnante, etc.
Draper (Henry). Médecin et naturaliste distingué, fils du précédent, naquit en 1857, en Virginie. Il étudia les sciences naturelles et la médecine et dès 1858 attira l'attention du monde savant par sa dissertation inaugurale sur les fonctions de la rate {voy. de lui : Modifications des globules du sang dans la rate, \\\ Journal de la physiologie, t. 1, 1858). Il s'occupa ensuite des applications de la photographie à la télescopie ; il fit construire dans ce but un télescope en
^GQ DREBBEt.
verre argenté de 40 centimètres de diamètre qu'on trouve décrit en détail dans les Smilhsonlan Contrihiilions to Science (1864). C'est avec cet instrument que Draper obtint les plus grandes photographies connues de la lune (1"',30 de diamètre). Un plus grand télescope encore, construit par lui, se trouve à l'Observatoire d'Hastings, sur l'Hudson.
Draper fut nommé en 1861 professeur d'histoire naturelle à l'Université de New- York. C'est là qu'il est mort, quelques mois après son père, en novembre 1882.