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DROSÉRA (thérapeutique

produites par Vicat et Eugène Curie. A coup sûr, cependant, nul n'admettra que le droséra puisse rendre les animaux tuberculeux et provoquer chez eux une maladie, la tuberculose, dont on admet aujourd'hui de plus en plus la nature parasitaire et le développement sous l'influence du bacille spécial bien décrit récemment par l'Allemand Koch.

Quant aux lésions du système lymphatique, elles devront être recherchées à nouveau et ne sauraient s'imposer à l'esprit du thérapeutiste par la seule lecture des deux observations de Curie.

Il est bien certain que, sous prétexte d'administrer à des chats du droséra, cet expérimentateur leur donnait en réalité beaucoup d'alcool, puisqu'il a employé l'alcoolature à la dose de IGOO gouttes, et une préparation acide très-capable d'irriter les voies digestives et d'agir par contre-coup sur les glandes lymphatiques du mésentère et sous-maxillaires. Je ne prétends pas dire que le droséra est absolument inoffensif chez les animaux, loin de là, je crois au contraire que ses propriétés caustiques le rendent chez eux redoutable quand ils l'ingèrent en nature comme font les herbivores. Mais je ne puis admettre sans nouvelles preuves l'action si spéciale que lui attribue E. Curie sur le système lymphatique en général, pas plus que je n'ai admis qu'il engendre la tuberculose.

Chez rhomme, il n'a pas été fait de recherches spéciales pour établir ses effets physiologiques. Les cliniciens qui ont administré les préparations de droséra n'ont pas observé qu'il modifiât sensiblement les fonctions de circulation ou de calorificatiou même à doses élevées : 5 grammes d'extrait et 200 gouttes d'alcoolature.

Peut-être agit-il comme eupeptique à la façon de la pepsine ou de la papaïne, cette autre pepsine végétale, et rend les digestions meilleures et plus actives.

Pour mon compte, j'ai vu souvent chez les enfants atteints de coqueluche et vomissant avec la plus excessive facilité les préparations de droséra faire cesser les vomissements et rendre aux malades l'appétit perdu.

m. Usages en médecine. J'ai dit déjà en retraçant l'histoire de l'emploi médical des droséras qu'au seizième et au dix-septième siècle ces petites plantes passaient pour guérir ou améliorer la goutte, d'où leur nom dlierbe aux goutteux ; la phthisie pulmonaire, les bronchites catarrhales et la coqueluche, et qu'en outre on s'en servait comme irritant local et caustique superficiel contre les verrues ou les cors aux pieds. Or, la science moderne n'a rien ajouté, absolument rien, à ces données de la tradition, et les médecins qui se sont occupés des droséras pour les remettre en honneur ont montré simplement que l'on pourrait tirer un bon parti d'un remède oublié à tort depuis longtemps.

E. Curie a particulièiement appelé l'attention de ses confrères sur les propriétés thérapeutiques des droséras dans la phthisie pulmonaire.

Quand la maladie débute, les effets du médicament sont des plus remarquables, selon lui, toutes les fois que l'état général des sujets reste bon. Il suffit d'une vingtaine de gouttes d'alcoolature de droséra données chaque jour pour faire disparaître au bout d'une quinzaine la toux, les douleurs thoraciques, l'oppression, les sueurs nocturnes, relever les forces des patients, leur rendre l'appétit et l'embonpoint disparus. En même temps, on constate que les signes physiques observés s'amendent manifestement.

Malheureusement, dans Ics^cas avancés, la drogue n'a plus aucune efficacité.

Voilà donc, suivant Curie, qui confirmerait la loi des semblables en théra-

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peutique, car, ainsi que je l'ai lappoilé plus haut, les droséras produiraient d'après lui la tuberculisalion chez les chats et les moutons.

Hélas I il n'est pas plus démontré que la rorelle guérit la tuberculose pulmonaire qu'il n'est prouvé qu'elle la donne aux animaux. De sorte que la doctrine homœopathique ne trouve encore dans l'histoire thérapeutique des droséras qu'uu bien pauvre argument à l'appui de sa valeur.

11 est présumable que, si les préparations de droséras sont utiles aux phlhisiques, c'est à titre d'eupeptique. Ceux de ces malades qui digèrent et mangent bien résistent mieux que d'autres et peuvent finir par triompher de l'affection consomptive.

L'action thérapeutique de la rorelle a été mieux étudiée récemment dans une autre maladie beaucoup moins grave, mais qui cependant fait parfois le désespoir des médecins et des familles, je veux parler de la coqueluche. Ici j'entrerai dans quelques développements, car on a pu croire un instant qu'enfin le remède tant cherché de cette désagréable et souvent grave maladie était trouvé et résidait dans l'emploi des préparations de droséra.

C'est en 4878 qu'elles ont été préconisées par Louvet-Lamare, dans une communication à la Société de thérapeutique, comme particulièrement propres au traitement de la seconde période de la coqueluche, alors que les quintes ont apparu. Suivant cet honorable praticien, sous l'influence de la teinture de droséra, administrée d'abord à la dose quotidienne de 1 gramme pour les enfants de sept ans, et augmentée graduellement tous les jours de quelques gouttes, la fréquence et la violence des quintes diminuent et la durée de la maladie est de beaucoup abrégée; au lieu d'évoluer en six semaines ou deux mois elle s'arrête après un temps moitié moindre.

Bien que les enfants supportent sans le moindre inconvénient la teinture de droséra à la dose de iO grammes, \\ n'est pas nécessaire d'aller au delà de 2 à 3 grammes pour obtenir la sédation des quintes de coqueluche.

*Louvet-Lamare se déclare incapable d'expliquer le mode d'action du droséra dans la coqueluche, mais il affirme sa supériorité sur les agents prescrits d'ordinaire contre cette maladie, dans laquelle il se montre aussi efficace qu'inoffensif.

Paul Catrice confirme les appréciations précédentes et voit dans les préparations de droséra un remède commode à manier autant que sur pour combattre la coqueluche (Thèse inaugurale).

Depuis 1878, bien des médecins ont essayé le nouveau médicament suivant la méthode de Louvet-Lamare et sont arrivés à des résultats fort variables. Tantôt le médicament paraissait agir merveilleusement, tantôt il échouait complètement ou à peu près.

En définitive, si le droséra peut rendre quelques services dans le traitement de la coqueluche, il n'y a pas plus à compter sur lui que sur bien d'autres agents tout aussi vantés lors des premiers essais et tombés plus tard dans l'oubli.

J'ai, de mon côté, souvent prescrit la teinture de cette plante à de jeunes enfants affectés de coqueluche, sans grand succès. Sans doute, les vomissements et la violence des quintes paraissaient s'amender, mais l'affection poursuivait fatalement son cours ordinaire. Je dois même dire que l'hydrate de chloral, seul ou associé à la belladone, m'a beaucoup mieux réussi que les préparations de rorelle, à titre de calmant des crises de toux. Aussi bien, je me borne main-

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