‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.30Chapitre 78 sur 119 · DRYAS · texte numérisé non relu

DRYAS

Dryander (JoNAs). Cité par la biographie médicale, naquit en Suède, en 1748, étudia à Lund, y fut reçu maître es arts en 1776, puis eut pour maître Linné et ne tarda pas à attirer sur lui l'attention par des mémoires sur la botanique. Banks l'appela à Londres et lui confia la direction de sa bibliothèque. C'est dans cette situation que Dryander rédigea le catalogue raisonné de la belle collection d'ouvrages d'histoire naturelle de Banks, travail immense, qui a rendu les plus grands services à la bibliographie et qui, comparativement au travail similaire que Ploucquet a exécuté pour les sciences médicales, est bien supérieur à ce dernier. Dryander mourut en ISlO.Thunberg lui a dédïé h §^eme Dry andra de la famille des Euphoibiacées.

Outre quelques mémoires publiés dans les T ransactiom delà Société linnéenne de Londres, on a de lui :

I. Biss. fungos regno vegetabili vindicans. Liindae, 1776, iii-4"'. — II. Catalogns bibliothecae historico-iiaturalis Josephi Banks. Londini, 1776-1800, 5 vol. in-8°. L. Un.

DRYAIVDRA. Sous le nom de Z). cordata, Thunbcrg a décrit en 1784 {FI. jap., 267) une plante nommée depuis par Correa de Serra D. Vernicia (in Ami. Mus., VIII, 6'), t. 2), qui est aussi le D. oleifera de Lamarck {Dict. encycL, II, 529). A. de Jussieu a conservé à tort, pour cette plante (dans son TentamenEuphorbiacearwn, t. H, fig. 35), le type d'un genre Elœococca établi par Sprengel. Celui-ci avait décrit un E. Vernicia dans son Systema (III, 884), et ce n'est qu'une variété de cette plante qu'A, de Jussieu considère comme spécifiquement distincte, sous le nom de E. vernicosa. Toute cette nomenclature s'applique à VAbrasin de Kxm^pkr, devenu pour M. iMuellcr une section du genre Àleurites. Originaire du Japon, cette plante a été introduite en Cochinchine et aux îles Mascareignes. Elle est cultivée dans nos serres et l'on a proposé de la planter en Algérie. Elle serait d'un grand intérêt, à cause des caractères de l'huile qui abonde dans ses graines et qu'a étudiée Cloez. C'est Vhiiile de bois de Maurice. Elle sert d'aliment au Japon, quoique légèrement acre. Mais c'est pour" l'éclairage, la fabrication des vernis et divers autres usages industriels, qu'elle présente le plus d'importance. H. Bn.

Bibliographie. — Mkr. gIdeL., Dict. Mat. niéd., II, G90. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 827. — H. Bn, Euphorbiac, 518, t. XII, fig. 33-36; Hist. des pi., V, 116, fig. 170, 171 ; Tr. Bot. méd. phanér., 933. H. Bn.

DRYAS (L. Ge/2., n. 637). Genres de plantes, du groupe des Rosacées- Fragariées, qui a tous les caractères des Benoîtes, sinon que leurs fleurs hermaphrodites y sont d'ordinaire 8-9- mères. Les fruits sont surmontés du style allongé et devenu barbu, plumeux. L'ovule est ascendant, et, par suite, la graine renferme un embryon à radicule infère. Les Dryas sont d'humbles sousarbrisseaux, à tige courte, épaisse, à feuilles alternes, polymorphes, à fleurs solitaires, pédonculées et terminales. Ce sont là les caractères principaux de notre D. octopetala L., assez commun dans les montagnes moyennes des Alpes, des Pyrénées, dans le Jura, au Mont-d'Or, etc., et parfois cultivé pour ses jolies fleurs blanches. Il ne devrait peut-être représenter qu'une section du genre Geum; il en a toutes les propriétés, notamment l'astringence : aussi est-il employé à ce titre; il sert surtout à préparer une sorte de thé digestif. C'est XHerba Chamœdryos alpinœ des pharmacopées allemandes. H. B-\.

COO DRVOBALANOPS.

Bibliographie. — Lamx, ///., t. 443. — Giien. et Godr., FI. de Fr., I, 518. — P.osenth., Syn. 2)1. lUaphor., 967. — II. Bn, liist. des pi., I, 578, 407, iig. 435; Tr. Bot. méd. pkanér., 548. II. B\.

DRYMis. Voy. Drimys.

DRYMOPOGOIV. Un des noms grecs de la Barbe de Bouc, qui est le Spirœa Aruncus L., de la famille des Rosacées. Pl.

DRYOBAI.AKOPIS (Geutn,). Genre de plantes dicolylédones-polypétales, que nous avons pris pour type de la famille des Diptérocarpacées. Ses fleurs sont régulières, hermaphrodites et pentamères. Leur réceptacle est légèrement concave. Il porte cinq sépales et cinq pétales alternes, à peu près tons égaux, un peu périgynes les uns et les autres, les premiers imbriqués en nuinconce, et les derniers tordus dans la préfloraison. Les étamines, également un peu périgynes, sont libres et formées chacune d'un fil court et d'une anthère allongée, à connectif étroit, un peu aplati, allongé en pointe au-dessus des loges linéaires, inégales, légèrement introrses ou presque marginales, déhiscentes suivant leur longueur.

Le gynécée est presque entièrement libre, supère, formé d'un ovaire à trois loges, complètes ou incomplètes, surmonté d'un style dont l'extrémité stigmatifère est un peu dilatée, creuse, crénelée sur les bords. Dans l'angle interne de chaque loge, on observe deux ovules collatéraux, descendants, incomplètement anatropes, avec le micropyle tourné en haut et en dehors. Le fruit est une capsule qui s'ouvre à partir du sommet en trois panneaux à sommet triangulaire. Elle est enchâssée dans une courte capsule basilaire qui supporte sur ses bords cinq grandes ailes allongées, obtuses au sommet, à peu près égales entre elles, membraneuses, rigides et presque coriaces. Dans la capsule se trouvent une graine, ou plus rarement deux, qui souvent même germent dans l'intérieur du péricarpe. Gliacune d'elles renferme sous ses téguments un gros embryon charnu, dont les cotylédons contortupliqués sont très-irrégulièrement lobés et comme ruminés, et très-inégaux entre eux, le plus grand enveloppant complètement le plus petit, autour duquel il est convoluté. La radicule est supère, conique, plus ou moins longue, suivant l'âge de la graine. On ne connaît jusqu'ici qu'une espèce de ce genre, le D. aromatica, plus connu sons le nom de Camphrier de Sumatra ou de Bornéo. C'est un bel arbre à suc résineux, dont les feuilles alternes sont simples, entières, coriaces, penninerves, à nervures secondaires nombreuses, obliques, parallèles, à pétiole court accompagné à sa base de deux petites stipules très-caduques. Ses fleurs sont disposées, au sommet des rameaux ou dans l'aisselle des feuilles supérieures, en grappes ramifiées, sur les axes desquelles elles sont alternativement insérées, articulées sur un petit coussinet saillant au-dessous duquel se trouve la cicatrice transversale d'une bractée.

Dans les troncs insuffisamment âgés du D. aromatica existe, non pas encore du bornéol, mais seulement une huile de camphre qui peut se rencontrer aussi dans les jeunes branches. On assure qu'en percutant le tronc avec un bâton les indigènes, qui se livrent à la récolte du camphre, savent reconnaître s'il y a des cavités renfermant des produits utiles dans les arbres examinés. L'arbre est incisé en travers à une profondeur de quelques pouces, et des incisions obliques

DRYOPIIANON. 601

rejoignant la prennière sont ensuite pratiquées au-dessus d'elles. Dans la cavité ainsi produite on allume un roseau, ce qui en peu de temps « attire l'huile » (Marsden). Quand la cavité est vidée d'huile, on peut, s'il existe, apercevoir le camphre solide en cristaux tapissant la cavité. Pour les obtenir, il faut détruire l'arbre, après quoi les cristaux sont passés au crible, nettoyés et classés selon leur grosseur, souvent blanchis par divers procédés. La plus grande paitie de ce camphre est employée dans le pays, principalement pour la conservation des cadavres des princes, ou bien elle est exportée en Chine, au Japon, en Cochinchine et à Siam. Bornéo n'en exporte plus guère, en moyenne que 500 kilogrammes chaque année. Canton en reçoit annuellement jusqu'à 1600 kilogrammes, et son prix est d'environ 200 francs le kilogramme. Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'on en consomme peu en Europe où l'on emploie surtout le camphre de Cinnamomum. Le bornéol se présente sous forme de petits cristaux durs, blancs ou grisâtres, dont l'odeur est à la fois celle du camphre du Japon, du poivre et du patchouly ou de l'ambre gris. La saveur du bornéol est chaude, brùlanle. Sa formule est C*" H'^0

L'huile de camphre de Bornéo a pour formule CTP". Elle est incolore ou jaunâtre; son odeur est celle du cajeput ou de la térébenthine combinée avec celle des cardamomes et du camphre; on croit que, se formant dans des lacunes des axes du Dri/obalanops, même très-jeunes, elle passe de là dans le tronc où elle s'hydrate et ?e concrète en cristaux. On a aussi cru pouvoir comparer la façon dont cette huile s'amasse dans le tronc à celle suivant laquelle s'accumule l'oléorésine dans les cavités de la tige des Copaiers.

Le bornéol est vanté par les Chinois comme remède des ophthalniies; on l'emploie, de même que son huile, au traitement des contusions, des entorses, des diverses phlegœasies, surtout ^es affections rhumatismales. L'huile mélangée au jus de tabac sert au traitement des maladies du cuir chevelu. On assure que ce camphre est souverain contre les coliques néphrétiques (Motby), et les Chinois le déclarent, contrairement au camphre du Japon, tonique aphrodisiaque; il fait chez eux partie de tous les remèdes cardiaques, diaphorétiques, alexipharmaques, et, selon l'expression des médecins japonais, « il donne de l'âme à tous les médicaments. »

La synonymie de l'espèce utile est la suivante : D. aromatica Gert.n. f. — D. Camphora Colebu. — Pterijgium teres Corr. — Shorea campliorifera 1\oxb. — Dipterocarpus Dryobalanops SïExNd. — D. teres Steisd. — Camphora sumatrensis W. T. Rhy.n. Le tissu de la tige a été étudié par M. Maisonneuve, dans la thèse que nous citons plus bas et à laquelle nous renvoyons le lecteur.

H. Bn.

Bibliographie. — G-ertn. F., Fruct., III, 50, t. 187, ISS. — Colebr., in Asiat. Hes., XII, 536. — Endl., Geii , n. 5595. — De Vriese, in Ned. Rruitlk. Arch., IIII, 38, t. 1 ; Mé/ii. sur le Camphrier de Sumatra et de Bornéo, avec pi. — Benth. et Hook. F., Gen , I, 191. — OuDEM., in Ann. se. nat., sér. 4, V, 90, t. 4. — A. DC, Prodr., XVI, 60G. — Correa, in Ann. Mus., X, 159, t. 8, iig. 2. — ^'ér. et de L., Dict. Mat. niéd., II, 40, 6;'0. — Pereira, Elem. Mat. med., éd. 4, II, p. II, 552. — Hook. F., in Trans. Linn.Soc, XXII, IGO. — GuiB., Drog. svnpl., éd. 7, H, 417; III, 643. — T. Dyer, in Journ. Bot. [1874], t. 142.— Maisonneuve, Etude sur le Camphrier de Bornéo ou Brijohalanops aromatica (Thés. Fac, méd. Par. [1875J, n° 450). — H. Baillo.n, Rist. des plant., IV, 202, 210, 213, fig. 211-214; Tr. Bot. méd. phanér., 812, c. fig. II. En.

DRTOPHAlVOl\. Nom qu'on suppose être appliqué par Pline au Mijrica Gale L. Pl.

602 DSOJO.

DRYOPTERIS, c'est-à-dire en grec Fougère du chêne. Le Dryopteris, dit en effet Dioscoride [De materia medica, IV, 186), que l'on nomme aussi petite Fougère, ou Fougère femelle (les Romains, Filicula), naît le long des parties mousseuses des vieux chênes, semhlahle au Pteris; il a des racines fortement entrelacées, d'un goût à la lois astringent et sucré. On lui attribue la propriété de faire tomber les cheveux

Sibthorp et Fraas regardent VAsphenium Adiantum nigrum comme étant le Dryopteris de Dioscoride. On nomme aujourd'hui Pohjpodium Dryopteris une espèce qui habite les montagnes du nord de l'Europe, et qui probablement n'est point celle de Dioscoride. Suivant cet auteur, la plante à laquelle il donne ce nom, fait tomber les poils de la région du corps sur laquelle on l'applique. On n'a point constaté cette propriété pour l'espèce en question, pas plus du veste que pour les autres Fougères indigènes [voy. Polypode). E. F. et Pl.

Bibliographie. — Dioscoride. Mat. méd., lib. IV, cap. clxxxi. — Sprexgel. Historia Rei herh., 192. — Mérat et De Lens. Dict. Mat. méd., II, 691. Pl.

DRYPETES. Genre de Dicotylédones, appartenant à la famille des Euphorbiacées. Ce sont des plantes des régions chaudes du globe dont les fleurs, dioïques et apétales, ont un calice à 4 à 6 divisions imbriquées ; des étamines en même nombre que les pièces du calice ou en nombre double ou encore indéfinies, insérées autour d'un rudiment d'ovaire, ou d'un disque central. L'ovaire, à une ou plusieurs loges, devient un fruit indéhiscent, à demi charnu, globuleux ou ovoïde, à endocarpe osseux ou cartilagineux.

Le Drypeies alba Poit., qui porte à Saint-Domingue le nom de Bois côtelette , donne des fruits dont la chair acre cause une vive ardeur au gosier et comme une sorte de sinapisme local. Il en est de même du Drypetes crocea Poit. {Schœfferia lateriflora siv.), arbrisseau des Antilles. Pl.

Bibliographie. — Poiteau. Mémoires Muséum. I, 152, tab. 6-8. — A. de Jussieu. Euphorbiacées, 12. — Endlicheu. Gênera Plant., n" 5874. — Muller. In D. C. Prodromus, 453. — Bâillon. Hist. des Plant., V, 248. Pl.

DRYS. Le mot grec ApG; veut dire chêne. On l'applique d'ordinaire au Chêne blanc ou Quercus Robur, quoique Homère et d'autres anciens l'aient probablement donné à Y Yeuse ou Q. ilex. Ce mot rentre dans un certain nombre de noms composés, qui désignent des végétaux dont les feuilles ressemblent plus ou moins à celles du chêne : Chamœdrys ou petit chêne ; Dryopteris, fougère de chêne, etc., etc. Pl.

Bibliographie. — Sprexgel. Hist. Rei herbarice, I, 27. Pl.

DSCnUM-ZA. Nom donné au Thibet à la rhubarbe. Pl.

DSI^'DSOM. Nom Japonais du JYinsi, Sium ISinû Thunb., de la famille des Ombellifères. Pl.

DSISJ. ^om donné nu h^on au Camellia japonica. Pl.

DSOJO. Nom donné au Japon à une espèce d'Igname, le Dioscorea Japonica Thunb. Pl.

DUBLED. 605

DLiBAR (J.-V.-P.). D'abord officier de santé à l'hôpital militaire d'Ostendc, puis médecin et chirurgien à Gand, doit être mentionné pour plusieurs ouvrages estimés :

I. Mémoire sur les effets de la saignée, etc. Gand, 1809. — II. Le guide des baigneurs, ou Traite' sur l'usage médical et hygiénique des bains de mer. Ostende, 1825, in-8\ — III. Ostéographie de la haleine échouée à l'Est du port d'Osteude le 4 novembre 1827; précédée d'une notice sur la découverte et la dissection de ce cétacé. Bruxelles, 1828, in-8°, lig. — IV. Une traduction : J. Hunter. Traité sur le sang, l'inflammation et tes plaies d'armes à feu. Paris, 1799, 3 vol. in-8°. — V. Dubar fut l'un des rédacleui's àe?, Annales de la littérature médicale britannique et des Annales de la littérature médicale étrangère-

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