ÉLAN
On l'obtient encore en décomposant par un acide le savon formé par la saponification de l'élaïdine [voy. ce mot).
L'acide élaïdiquc fond à la température de 44 degrés, il est insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool, moins soluble dans l'éther. Exposé à l'air, il rancit plus rapidement que l'acide oléique. Mis en contact avec le brome, il s'y combine directement sans dégagement d'acide bromhydrique et forme l'acide bibromoélaulique.
L'acide élaïdique se combine avec les bases, et ses sels ont la même composition que les oléates correspondants. Les élaïdates alcalins seuls sont solubles; un excès d'eau les décompose en élaïdates acides insolubles et en élaïdates basiques solubles. Les élaïdates insolubles s'obtiennent par double décomposition d'un élaïdate alcalin avec un sel soluble de la base que l'on veut transformer en élaïdate. Liiz.
ÉLAiniÈTRE. Voy. Oléomètre.
ELAIS. Voy. Elj:is.
ÉLAX. L'Élan [Alces machlis Ogilb.) est le plus grand de tous les Cervidés de la faune actuelle [voy. les mots Cerf et Ruminants) et l'unique représentant d'un petit genre [Alces) qui est propre aux régions froides des deux mondes. Les caractères les plus saillants de ce genre résident dans l'allongement de la région faciale, dans le développement considérable du museau, qui n'est dénudé que sur un petit espace en avant des narines, et dans la grandeur des bois, qui se terminent par une vaste empaumurc, divisée en deux portions inégales et fortement dentelée sur son bord externe. Ces bois n'existent d'ailleurs que chez les mâles et tombent tous les ans; ils atteignent parfois le poids énorme de 30 kilogrammes et cependant se renouvellent complètement dans l'espace de quelques mois.
Parvenu à son développement complet, l'Élan mesure 2 mètres 1/2 de long et 1"',70 de hauteur au garrot; il a la tête longue, mais assez étroite, le museau velu, les yeux petits et profondément enfoncés dans les orbites, les oreilles larges, le cou robuste et paraissant d'autant plus épais qu'il existe une crinière dans les deux sexes, la queue courte, le corps massif, revêtu d'un pelage rude et cassant, d'un brun roux tirant au noir sur la crinière et au gris sur les membres, les jambes hautes et ornées d'un boucjuet de poils sur la face interne du canon, les sabots rninces et profondément fendus, les pinces pouvant s'étaler largement sur un sol fangeux. La femelle diffère du mâle non-seulement par l'absence de bois, mais encore par sa taille plus faible ; sa tète rappelle un peu celle d'un Ane.
Les grandes forêts de pins, de bouleaux, de saules et de peupliers, celles surtout dont le sol est creusé de fondrières et parsemé de marécages, sont le séjour de prédilection des Élans. Ces animaux vivent en troupeaux composés d'une vingtaine d'individus et se nourrissent de feuilles, de bourgeons, d'écorce et d'autres substances végétales. Moins agiles que les Cerfs, ils courent cependant avec une certaine rapidité, traversent sans y enfoncer les marais et les tourbières et nagent avec aisance. Leur vue est excellente et leur ouïe des plus fines; mais leur odorat n'est pas très-développé et leur intelligence paraît assez bornée. A l'époque du rut, les mâles brament comme les Cerfs et se livrent
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des combats acharnés. Ils sont alors dans un état d'excitation qui les rend très-dangereux pour l'homme lui-même. Lorsqu'ils sont blessés ils se précipitent sur le chasseur avec une véritable rage et chcrclient à le frapper avec leurs bois et leurs sabots. Ces armes leur permettent de se défendre facilement aussi contre les entreprises des Loups et des Ours, mais ne leur sont d'aucune utilité contre les Lynx et les Gloutons, qui surprennent les Élans et leur ouvrent la gorge.
L'Élan occupait jadis une aire géographique beaucoup plus vaste que celle qu'il occupe de nos jours; il était répandu d'une part sur tout le nord du continent américain, de l'autre sur la portion septentrionale de l'Ancien Monde, et en Europe il habitait même la grande forêt hercynienne qui couvrait un immense territoire depuis les frontières du pays des Helvétiens jusqu'au pays des Daces. Aussi était-il connu des Romains. C'est certainement l'Alces de Pline ot de César. Il est probable cependant que l'auteur des Commentaires n'avait vu que des femelles ou plutôt des mâles n'ayant pas encore renouvelé leurs bois, puisqu'il décrit YAîces comme une sorte de Cerf qui a les cornes tronquées. César ajoute que cet animal a les jambes sans jointures ni articulations, que, par suite, il ne se couche jamais et que, s'il lui arrive de tomber, il ne peut ni se relever ni se mettre sur pied. « Pour se reposer, dit-il, VAlces s'appuie contre un arbre : aussi les chasseurs, qui connaissent cette habitude, ont-ils soin de scier à demi les troncs que l'animal choisit d'ordinaire. Ces arbres tombent alors sous la plus légère poussée et l'animal, perdant son point d'appui, s'abat lourdement sur le sol et est à la merci de ses ennemis. « Mais, comme Buffon l'a fait observer, César s'est fait ici l'écho d'une croyance populaire qui s'est perpétuée presque jusqu'à nos jours et qui repose d'ailleurs sur une observation assez exacte, l'Élan ayant en effet les articulations plus fermes, plus solides que beaucoup d'autres Cervidés.
Sous l'empereur Gordien III, vers le milieu du troisième siècle de notre ère, dix Élans vivants furent amenés à Rome, et Aurélien fit paraître quelques-uns de ces animaux dans son triomphe.
Pendant le moyen âge, l'Élan jouit d'une grande célébrité et, dans le célèbre poëme des Niebelungen, il est fréquemment question de cette grande espèce sous le nom A'Elk, qui se l'etrouve à peine moditié [Elch) dans la langue germanique.
Les empereurs d'Allemagne, les évêques et les barons, par des ordonnances sévères, s'étaient, à diverses reprises, réservé le privilège de la chasse à l'Élan, chasse qui s'effectuait alors au moyen de filets ou de fosses dans lesquelles on poussait l'animal à l'aide de gros chiens, pour l'achever ensuite sans danger à coups de flèches et d'épieux. Mais plus tard, lorsque les armes à feu furent inventées, le massacre des Élans s'opéra sur une plus large échelle et fut singulièrement favorisé par les progrès de la culture et le défrichement des grandes forêts. Aussi peu à peu l'espèce disparut-elle des contrées où elle était jadis très-commune, et de nos jours on ne la trouve plus guère qu'en Suède, en Lithuanie, dans le nord de la Russie, sur les bords du lac Baïkal, dans le bassin du fleuve Amour et de l'Oussouri, dans l'Amérique russe, au Canada çt sur les frontières septentrionales des États-Unis. Quelques-uns de ces grands quadrupèdes vivent encore dans les forêts de la couronne de Prusse où ils sont protégés par des règlements spéciaux. En Norvège, l'espèce est aussi placée sous la protection de la loi, mais il n'en est pas de même dans d'autres contrées où
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la chasse de l'Élan se pratique avec d'autant plus d'ardeur que l'animal constitue un excellent gibier. La chair de l'Élan passe en effet pour plus tendre et plus savoureuse que celle du Cerf, et les oreilles, le nez, ainsi que la langue, sont fort estimés par les peuples du Nord. D'un autre côté, les tendons sont employés par les Lapons et les Sibériens aux mêmes usages que les tendons du Renne, et les os, remarquables par leur blancheur et leur dureté, servent à fabriquer des manches de couteau et des objets de parure. Jadis enfin diverses parties du corps de l'Élan étaient dotées par la crédulité populaire des propriétés les plus extraordinaires et entraient à ce titre dans une foule de préparations phai maceutiques. Ainsi Vesprit volatil et la quintessence obtenus par la distillation du sang d'Élan soit frais, soit putréfié, jouissaient d'une grande réputation; la graisse cl Élan entrait dans certains emplâtres cicatrisants ; la moelle d'Élan formait la base d'onguents ordonnés contre les affeetions arthritiques, l'ea?/ distillée de cerveau d'Élan, la poudre de bois d'Élan et la râpure d'ongle d'Élan, soit seules, soit mélangées à de la marjolaine, à de la tisane de centaurée et à de l'extrait de tormentille, étaient administrées dans les cas d'épilepsie, de vertige et d'hystérie, ou bien encore pour combattre les fièvres intermittentes et arrêter l'hémoptysie. Une gelée, nommée Gabreda et préparée avec le bois d'Élan, une essence alexipharmaque et un sel volatil de corne d'Élan, passaient pour guérir les maladies exanthématiques ; le hois d'Élan prépare philosophiquement à l'aide de l'eau de rose ou de tilleul, VÂqua typhis alcinis, Yhnile empyreumatique de bois d'Élan, étaient aussi renommés; enfin on allait jusqu'à faliriquer avec de la corne d'Élan des bagues et des amulettes antiépileptiques. Ces préparations diverses figurent encore dans les traités de pharmacopée du commencement de ce siècle, mais aujourd'hui elles sont tombées dans le même oubli que des préparations analogues dont le bois de Cerf constituait l'élément essentiel. E. OnsTALET.
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ÉLAIVDEI-VATR. Nom tamoul qui s'applique au Jujubier. Pl.
ÉLAA'lON. Le genre Élanion [Elanus Savign.) appartient, comme nous l'avons dit ailleurs {voy. le mot Oiseaux de proie), à la famille des Milvidés, et se distingue du genre Milan {Milvus G. Guv.) par une cire plus étroite, une queue moins fourchue, des ailes relativement plus développées et une livrée de teintes plus claires. Au lieu d'être d'un brun uniforme ou d'un roux strié de brun, comme la plupart des Milans, lesÉlanions, en effet, portent à l'âge adulte un manteau gris plus ou moins varié de noir sur les ailes et s'harmonisant très-bien avec le blanc pur des parties inférieures du corps. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses, mais presque cosmopolites ; elles manquent toutefois dans les régions froides des deux hémisphères et se trouvent surtout répan-