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ÉLAPHE

dues dans les zones tempérées et dans la zone torride. Dans notre pays, on observe accidentellement TÉlanion blanc [Elanus cœruJeus Desf.), dont la véritable patrie est en Afrique ; aux Moluques, on trouve VElanus hypoleucus Gould ; en Australie, VEIaniis axillaris Latb. et VE. scriptiis Gould, et en Amérique YElanus leucurus V. Ces animaux ne diffèrent guère les uns des autres que par les proportions des diverses parties du corps et par la présence ou l'absence de taches noires sur la face inférieure de l'aile; mais ils ont tous les mêmes mœurs et le même régime. Ils se nourrissent de petits rongeurs, de mouches et de sauterelles, et doivent par conséquent être rangés au nombre des Rapaces utiles. Leurs nids, placés sur les arbres, renferment quatre ou cinq œufs qui ressemblent, dit-on, à ceux de la Gresserelle. E. Oustalet.

BiELioGBAPHiE. — Levaillam. Oiseaux d'Afrique, 1799, t. I, p. 147, pis. 36 et 57. — Gould (J.). Birds ofAustralia, 18i8, t. I, pis. 23 et 24, et Birds of Asia, 1800, part, XII. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, 2° édit., 1867, t. I, p. 09. — Shabpe (R.-B.). Cal. B. Brit. Mus., 1874, t. 1, Accipitres, p. 336. E. 0.

ÉLATVOÏDE. Le type et l'unique représentant de ce genre de la famille des Milvidés [voy. le mot Oiseaux de proie) est le Milan de la Caroline, de Brisson, qui porte maintenant dans les catalogues ornithologiques le nom d'Élanoïde à queue fourchue [Elanoides farcatus L.). C'est un oiseau de la taille d'un Autour, avec la queue profondément échancrée à l'extrémité et les ailes très-longues. Son plumage est fort agréable à l'œil, quoiqu'il n'offre qu'un petit nombre de couleurs, du blanc sur la tête, le cou et les parties inférieures du corps, du gris, du vert bronzé et du bleu pourpré sur les ailes et du brun noirâtre sur la région interscapulaire, et ses pattes sont d'un bleu grisâtre, tandis que chez les Milans et chez les Élanes les membres inférieurs sont généralement d'un jaune vif. Très-commun dans le sud des Etats-Unis, dans la Colombie et au Brésil, l'Élanoïde à queue fourchue, qu'on appelle aussi parfois le Naucler Martinet, s'égare accidentellement dans le nord de l'Europe. Il niche au sommet des pins et des bouleaux et pond des œufs blancs, lavés de verdàtre et marqués au gros bout de quelques taches brunes. Sa nourriture consiste essentiellement en insectes qu'il happe au vol, à la manière des Martinets et des Hirondelles, mais parfois aussi il fait la chasse aux Reptiles et a reçu, pour ce motif, dans la Caroline du Sud, le nom vulgaire d'Épervier à serpents. E. Ocstalet.

Bibliographie. — Gould (J.). Birds of Europa, 1837, t. I, pi. 30. — Addcbom (J.-J.). Birds Amer., éd. in-fol., pi. 72, et éd. in-8°, 1839, t. I, p. 78, pi. 18. — Deglaxd et Gerbe. Ornilh. europ., 2= éd., 1867, t. I, p. 70. — Sharpe (R.-B.). Cat. B. Brit. Mus., 1874, t. I, Accipitres, p. 317. E. 0.

ÉLAPHE. Les Élaphes sont des couleuvres {voy. ce mot et le mot Ser- PEiMs) qui ont la tête peu distincte du tronc, le plus souvent conique, le corps cylindrique, la queue de longueur médiocre, les écailles assez fortement carénées, les écailles du dos étant plus grandes que les autres; les dents sont toutes de même longueur et d'égale force. Les espèces dont on a fait le sous-genre Compsosome ont le dos un peu caréné, les côtés du corps étant fortement anguleux, la queue assez longue et robuste; ces espèces sont essentiellement arboricoles, les autres étant plus terrestres.

Les espèces, tant du genre Élaphe proprement dit que du sous-genre Compsosome, habitent l'Europe, le Japon, les Philippines, les îles de l'archipel indien et l'Amérique du Nord.

64 ÉLAPHOBOSCUM.

Parmi ces espèces, la plus connue est la Couleuvre d'Esculape ou Elaphis JEscidapi, qui habite la France, Tltalie et le sud de l'Europe. Ce serpent a été regardé comme celui d'Épidaure, dont l'image est le symbole de la divinité prolectrice; il orne la massue d'Esculape. C'est une Couleuvre qui atteint 1 mètre 1/2 de long, au corps allongé, à peine distinct de la tête, au museau peu proéminent, à la plaque rostrale non rabattue sur le museau, ayant vingt et une rangées longitudinales d'écaillés, les écailles de la partie postérieure du tronc étant seules bicarénées, et encore très -faiblement. Le dos est d'un noir verdâtre ou olivâtre, le ventre d'un blanc jaunâtre ; on voit sur un certain nombre d'écaillés des flancs une petite tache blanche, la réunion de ces taches formant un piqueté irrégulier ; sur le derrière de la tête se trouve une tache d'un jaune assez vif.

L'Élaphe de Sarmatie [Elaphis sauromates Pallas) est une autre espèce européenne qui habite la Russie méridionale et les contrées avoisinantes; le corps est mince, fusiforme ; le ventre est d'un jaune uniforme, avec deux séries de taches; le dos est jaunâtre, moucheté de noir.

La Couleuvre à quatre raies {Elaphis quadriradiatiis Gml.) habite les mêmes régions que la Couleuvre d'Esculape; elle est plus méridionale cependant; c'est un serpent fort doux, bien qu'il soit le plus grand d'Europe et qu'il puisse atteindre près de 2 mètres de long. La teinte générale est d'un brun jaunâtre plus ou moins foncé, relevée par quatre raies latérales d'un brun noirâtre et parallèles; la coloration varie, du reste, avec l'âge, le fond de la couleur de la tête s'éclaircissant à mesure que les taches qui s'y trouvaient chez le jeune disparaissent; le dos, au lieu de grandes taches, porte des bandes, chez l'adulte.

Parmi les espèces exotiques, nous citerons seulement l'Élaphe tachetée, des Etats-Unis, à la couleur d'un brun rougeâtre relevée par des taches d'un rouge de brique, l'Élaphe rayée, qui habite le Japon, et dont la couleur est d'im brun olivâtre avec une bande jaunâtre sur chaque côté des flancs, l'Élaphe à quatre bandes, du même pays, facile à reconnaître aux raies d'un noir jaune qui ornent le dos. H.-Ê. Sauvage.

Bibliographie. — Lacépêde. Hist. nat. quad. ovip. et Serpents, t. II, 1789. — Pallas. Voy. dans plus. prov. empire Busse, t. VIII, 1794. — Dacdin. Hist. nat. rept., t. II, 1802. — EicHWALD. Fauna Caspico-Caucasica, 1841. — De Kaï. New-York Fauna, 1842. — Dcméril et BiBRON. Erpétologie générale, t. VII, p. 241, 1854. — Jan. Elenco degli Ofidi, 1865. — Do MÊME. Icon. gén. des Ophidiens. — Schreiber. Herpet. europ., 1870. — Lataste. E)-pétologie de la Gironde, 1876. E. S.

ÉLAPiiico:v. Nom donné au Panais {Pantinaca sativaL.) dans Dioscoride.

Pl.

ÉLAPHio\. Nom donné par Dioscoride au Muflier ou Gueule de lion [Antirrhinum majus L.). Pt.

ÉLAPHOBOSCUM. Le nom grec èXayogôdxov est employé par Dioscoride et aussi par Galien pour désigner une plante de la famille des Ombellifères, dont la racine est comestible et dont les semences ont été employées comme toniques et stimulantes contre la morsure des serpents. Les auteurs modernes rapportent généralement cette espèce des anciens auteurs à notre Chervi {Siu7n sisariim L.).

ÉLAPHOMYCETES. 65

Le nom générique d'Elaphoboscum a été appliqué par les auteurs du seizième siècle îi diverses espèces de la même famille des Ombellifères. C'est ainsi nue y Elaphoboscum sativum l'àhem. est le Panais; VElaphoboscum niyrum, VAthamanla cervaria; VEl. album, \e Laserpitium latifolium L. Pl.

Bibliographie. — Dioscoride. Mat. tnéd., lib. III, cap. 80. — Galien. Simpl. med., lib. VIII. Sprengel. ^is/or, Rei hevb., 1,106. — Mérat et de Lens. Dict. mat. méd., Ill, 59. Pl.

ÊLAPHOMïCÈTES. Petit groupe de Champignons-Pyrénomycètes, trèsvoisin des Tubéracés et renfermant le seul genre Elaphomyces.

Ces champignons sont désignés vulgairement sous le nom de fausses truffes, champignons de cerf, truffes de cerf. Leur réceptacle fructifère, entièrement clos, est d'abord entouré d'un mycélium abondant, le plus souvent vivement coloré. 11 se présente sous l'aspect d'une masse à peu près sphérique, ne dépassant pas la grosseur d'un œuf de poule et couverte de nombreuses verrues dures, épaisses, tantôt obtuses, tantôt coniques ou pyramidales. Cette masse est composée de gros filaments onduleux et anastomosés formant, au niveau de la périphérie, une sorte d'enveloppe très-épaisse, très-résistante, presque ligneuse, désignée sous le nom de peridium. Ces gros filaments sépai'ent des lacunes irrégulières remplies par un tissu très-dense constitué par d'autres filaments, qui se renflent à leur extrémité pour former des thèques ou asfjues sphériques, dans lesquelles se développent de 1 à 8 spores de couleur noire. A la maturité, le peridium se détruit dans toute son étendue. 11 ne reste plus alors du champignon qu'une masse molle, floconneuse [capillitium), entremêlée d'une poussière noire formée de spores. Celles-ci sont absolument sphériques, lisses dans les espèces noires, granuleuses dans les espèces brunes.

Le genre Elaphomyces, créé par Nées [Syn. yen. MycoL, p. 69), renferme tout au plus une vingtaine d'espèces européennes, qui, toutes, se développent sous terre. Quelques-unes même, d'après M. Bonàier [Bidl. de la Soc. bot. de France, t. XXIII, p. 115), seraient parasites sur les radicelles des chênes et des châtaigniers. Toutes, ou presque toutes, sont mangées avec plus ou moins d'avidité par les cerfs, les daims, les chevreuils, etc. Les sangliers les déterrent, mais pas toujours pour s'en nourrir ; dans les ti'aînées que laissent après eux ces animaux, on en trouve souvent de nombreux exemplaires absolument intacts, que les lapins et les mulots viennent ronger en totalité ou en partie.

VE. granulatus Nées, dont la fiuctification a été observée par M. de Bary, sa rencontre dans les forêts, surtout dans les régions montagneuses. Il n'est pas rare aux environs de Paris, notamment dans certaines parties de la forêt de Montmorency. Son réceptacle, de la grosseur d'une noix, est d'abord jaunâtre ou couleur d'ocre, puis brunâtre, et couvert de verrues obtuses de même couleur. 11 répand une odeur désagréable qui rappelle un peu celle du Uuta qraveolens L. On lui a attribué des propriétés aphrodisiaques, qui l'ont fait vendre très-cher en Allemagne {voy. Cordier, les Champignons, p. 395).

L'£. variegatus Nées, qui peut atteindre la grosseur d'un œuf de poule, est de couleur brune, même dans le jeune âge. Son peridium, parsemé de rut^osités saillantes, offre, quand on le coupe, une teinte marbrée caractéristique. Il est souvent envahi par le mycélium jaune du Torrubia ophioglossoides, sphœriacée qui vit en plein air en s'élevant au-dessus des mousses (notamment du Leucobryum glaucum L.), qui recouvrent le sol.

\j'E. cyanosporus Nées, remarquable par la belle coloration bleue de ses

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