ELA.PS
spores finement réticulées, se trouve également dans la forêt de Montmorency. Il en est de même de VE. asperulus Nées, dont la chair rougeâlre, puis brune, devient fmalemenl d'un beau noir pourpré, de VE. echinatus Nées, qui répand, en se dessécliant, une forte odeur d'ail, et de VE. Leveillei Nées, bien reconnaissable à la magnifique couleur verdâtre de son mycélium.
Ces quatre dernières espèces sont enfouies tout au plus à 2 centimètres sous terre. Elles exercent, d'après le docteur Bougon {Rev. scient., 1885, t. I, p. 598), (( une action des plus remarquables sur les racines des arbres dont elles sont « les parasites. Ce phénomène est particulièrement frappant dans VE. Leveillei. (( Quand le mycélium se fixe sur les racines du châtaignier, par exemple, il « détermine aussitôt en elles une suractivité l'emarquable de la nutrition. Elles « développent un chevelu anormal, qui entoure de nombreux filaments la fausse « truffe en voie de formation. A la fin, le champignon globuleux repose au (( milieu d'un véritable nid, à parois épaisses de 1 centimètre ou 2, de sorte (( que le mycélium, le terreau et le chevelu des radicelles, tout cela forme une (( gangue épaisse qui protège complètement le cryptogame. »
Ed. Lefèvre.
ELAPHRIUM. Jacquin (Stirp. amer., t. I,p. 105) a décrit sous ce nom un genre de Térébinthacées, qu'on s'accorde aujourd'hui à considérer comme une simple section du genre Bursera L. {voy. Gomart). Ed. Lef.
ELAPS. Parmi les serpents venimeux protéroglyphes ou fallaciformes {voy. Serpents), il en est un certain nombre qui, par leurs brillantes couleurs et leur apparence d'inoffensives couleuvres, ont depuis longtemps attiré l'attention des naturalistes. Chez les serpents dont nous parlons, le corps est cylindrique, mince, allongé, à peu près d'égale grosseur depuis la tête jusqu'à la queue; la tète est petite, arrondie, couverte de grandes plaques; la bouche est peu fendue, la mâchoire supérieure étant armée de petits crochets venimeux et cannelés; la queue est arrondie, garnie, en dessous, d'une double rangée de plaques; le corps est revêtu d'écaillés lisses et entuilées. Le crâne, par sa forme, ressemble à celui des couleuvres; l'os mastoïdien est intimement soudé aux temporaux ; l'os carré est grand ; les sus-maxillaires sont courts, épais et concaves dans leur partie antérieure pour loger les crochets venimeux ; les os ptérygo-palatins sont garnis de dents nombreuses.
Les Elaps se trouvent dans les parties les plus chaudes de l'Amérique, de l'Asie, de l'Australie et de l'Afrique ; on en connaît trente-cinq espèces; ce sont, ainsi que nous l'avons dit, des serpents de faible taille dont la robe est souvent ornée d'anneaux alternativement noirs et rouges ou jaunes; les espèces les plus connues sont le Serpent corail ou Elaps corallinus du Mexique et du Brésil ; l'Arlequin {Elaps fulvius) de la partie nord du Mexique; l'Eiaps à fourche {Elaps fulcatus), de Java, verdâtre en dessus, et orné de trois lignes longitudinales jaunâtres; nous citerons encore l'Eiaps deux-cordons {Elaps hivirgatus), de l'archipel Indien, remarquable par son ventre d'un rouge brillant, par la tête et le cou d'un rouge de corail et par deux raies d'un bleu de ciel s'étendant sur toute la longueur des flancs.
On rencontre les Elaps dans les herbes des endroits marécageux et dans les fourrés un peu humides ; la petitesse de leur bouche doit les rendre peu dangereux pour les animaux de grande taille. H.-E. Sauvage.
BiBiTOGRAPHiE. — Ln<î!É. Mus. Adolph. Frid. princip., 1754. — Neuvied (de). Nov. act. Phys. Med., t. X, 1820. — Fitzenger. Neiie Class. der Rept., 1826. — Schlegel. Physion. des Serpents, t. II, 1857. — Ddméril et Bibron. Erpétologie générale, t. II, p. 1191, 1854. — Jax. Elenco deqli Ofidi, 1863. — Ddmêhe. Iconogr. gén. des Ophidiens. — Gumher. On the Genus Elaps. In Proc. Zool. Soc, 1859. — Peters. Ueber Elaps. In Mon. Ac. Berlin, 1862. E. S.
ELARiTHMÉTHLX. Nom donné à Ceylan au Plumbago zeyianica L., de la famille des Plumbaginées. Pl.
ÉL,*STiCiî\E. Voij. MnscnLiiRE {Tissu), p. 598.
ÉLASTICITÉ. 1. L'élasticité est la propriété que possèdent les corps de reprendre leur forme ou leur volume lorsque, par une action quelconque, on a modifié l'un ou l'autre. Il va sans dire que, si le fait du retour au volume primitif est général, le retour à la forme primitive ne peut s'observer que pour les corps qui ont par eux-mêmes une forme propre, c'est-à-dire pour les solides; disons d'ailleurs que, nécessairement, le retour à la forme primitive comporte le retour au volume primitif.
La cause de l'élasticité nous est' inconnue, elle est évidemment liée à la constitution même de la matière sur laquelle on n'a que des hypothèses sujettes à de sérieuses objections. Si l'on admet que les corps sont constitués par des molécules distantes les unes des autres et entre lesquelles il existe des forces attractives et répulsives, la forme et le volume d'un corps dans des conditions déterminées sont liés à l'équilibre entre ces forces antagonistes qui dépendent des distances intermoléculaires suivant des lois inconnues. Tout changement dans la forme et dans le volume amène des modifications dans les distances moléculaires et produit des changements dans les forces intérieures, qui cessent alors d'être en équilibre et qui agissent pour ramener le corps à l'état primitif, état qui correspond à un équilibre stable. Dans cette hypothèse, c'est donc aux forces moléculaires que doit être attribuée l'élasticité des corps.
Tous les corps sont élastiques, mais tous ne sont pas indéfiniment élastiques, c'est-à-dire que, dans certains cas, la déformation peut être telle que le corps ne tende plus à revenir à son état primitif : on dit alors que l'on a dépassé la liinite d'élasticité. Il faut supposer alors que, pour la déformation, on a amené une position des molécules compatible avec un nouvel état d'équilibre des forces intérieures.
Nous nous occuperons successivement de l'élasticité dans les corps solides, les corps liquides et les corps gazeux.
1. Corps solides. Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, nous n'avons à nous occuper pour les corps solides que de la question de forme, la forme se trouvant liée nécessairement et absolument au volume.
2. Comme nous l'avons dit plus haut d'une manière générale, i< n'existe pas de corps qui ne soient élastiques; mais, pour les corps solides, l'élasticité n'est pas absolue et pour une déformation suffisante le retour à l'étal primitif ne se produit plus, on a dépassé la limite d'élasticité; si même on augmente encore la déformation, on peut arriver à produire la rupture du corps. On désigne sous le nom de corps mous, dans la pratique, ceux pour lesquels la limite d'élasticité est très-rapprochée, ceux qui restent déformés sous l'influence de faibles efforts; on appelle corps élastiques ceux pour lesquels, au contraire, la limite d'élasticité est éloignée. Un corps est dit cassant lorsque la rupture arrive rapidement pour une nature de déformation donnée.
68 ELASTICITE.
La question de l'élasticité intervient plus ou moins directement dans l'étude de certaines propriétés des corps, la ductilité, hmalléabilité, par exemple, car ces propriétés ne peuvent se manifester tant que la limite d'élasticité n'est pas dépassée ; mais elles dépendent d'autres conditions et il n'y a pas lieu de les étudier ici en détail.
Une étude complète des corps solides au point de vue de l'élasticité comporte nécessairement plusieurs parties : 1» détermination de la relation qui existe entre une déformation donnée et les forces qui l'ont provoquée tant que la limite d'élasticité n'est pas atteinte ; 2" détermination de la limite d'élasticité ; 3° détermination de la relation qui existe entre une déformation donnée et les forces qui l'ont provoquée lorsque la limite d'élasticité a été dépassée ; 4" détermination des forces qui produisent la rupture du corps. Ces divers éléments n'ont pas été étudiés d'une manière également complète, nous les passerons en revue sommairement.
3. Bien que l'étude de l'élasticité doive être applicable à des déformations quelconques, on ne peut la faire tout d'abord dans ce cas général; on examine successivement les déformations simples qui peuvent se produire et qui, combinées entre elles, suffisent pour reproduire une déformation absolument quelconque; ce sont : la tension, la compression, la flexion et la torsion.
Tension. Considérons une tige prismatique ou cylindrique placée verticalement et fixée invariablement par son extrémité supérieure. Suspendons un poids à sa partie inférieure, de manière à produire un allongement, agissons par traction (il va sans dire que les résultats seraient absolument les mêmes, si, la tige n'étant pas verticale, on opérait une traction égale dans la direction même de la tige) ; supposons que la limite d'élasticité ne soit pas dépassée. On observera une déformation qui sera atteinte en un temps très-court et qui consistera à la fois en un allongement et en une diminution de section ; nous nous occuperons d'abord de l'allongement, qui est le fait le plus intéressant.
Des expériences faciles à concevoir, mais qui exigent des précautions spéciales, conduisent aux lois suivantes qui régissent l'allongement élastique, c'est-à-dire celui qui se manifeste tant que la limite d'élasticité n'est pas atteinte.
Pour une même température, l'allongement élastique est : 1" proportionnel à la longueur de la tige ; 2° proportionnel à la force qui agit; 5" en raison inverso de la section de la tige; 4" dépendant de la nature du corps.
Ces lois sont comprises dans la formule :
st;'
dans laquelle l est l'allongement produit, F la force qui agit sur le corps, L la longueur de la tige, S sa section et E un coefficient dépendant de la nature du corps que l'on appelle le coefficient d'élasticité.
On peut écrire cette formule sous une autre forme qui est quelquefois utile ; F appelons f la valeur de ^ qui représente la force qui agit sur la tige par unité
de section, on voit que l'on a :
Les quantités > et L doivent être évaluées en unités de même espèce (générale-
ment le mètre ou le millimètre) ; la valeur de E est donnée dans des tables et correspond au cas où f est donné en kilogrammes par millimètre carré. Voici quelques-uns de ces coefficients d'élasticité :
riomb 1 727
Or 5 384
Argent 7 140
Cuivre 10519
Platine 15 318
Fer 20 794
Acier fondu 17 278
L'application de la formule ne présente aucune difficulté et il n'y a pas lieu d'insister; il est nécessaire cependant de rappeler qu'elle ne peut servir que pour des valeurs limitées de/", au delà desquelles la limite d'élasticité est dépassée. On ne sait pas d'une manière précise, et cela est fâcheux, quelle est cette limite pour les divers corps, même ceux qui sont employés le plus fréquemment, et c'est arbitrairement qu'on la détermine, en disant, par exemple, qu'elle est éf^ale au 0,1 de la charge de rupture dont nous parlerons plus loin.
4. Nous avons dit, d'autre part, que la section de la tige diminue pendant la traction; la section devrait diminuer également dans toute la longueur, si le corps était bien homogène et s'il n'y avait pas à tenir compte de l'intluence des pièces qui servent à suspendre la tige et les poids tenseurs ; le plus souvent, on observe un minimum de section vers le milieu de la tige.
Dans une tige que l'on soumet à la traction, il y a donc à la fois diminution de section et augmentation de longueur : on ne peut pas, par conséquent,prévoir ce que devient le volume de la tige; l'expérience seule peut renseigner à cet égard : elle montre que, en réalité, il y a augmentation de volume.
5. Lorsque l'on soumet une tige à une traction dépassant la limite d'élasticité (ce que l'on reconnaît à ce que, la force étant supprimée, la tige conserve un allongement permanent), on reconnaît d'abord que l'allongement observé est plus grand que ne l'indique la formule, et ensuite, ce qui complique le phénomène, on observe que cet allongement n'atteint pas une valeur invariable et qu'il augmente avec le temps, l'effet se continuant quelquefois pendant un temps fort long.
Après un même temps, l'allongement est d'autant plus grand que la force appliquée est plus intense et il croît plus rapidement que la force; enfin, pour une valeur déterminée de celle-ci, il y a rupture. Cette rupture se produit approximativement pour les principaux métaux sous les charges suivantes, exprimées en kilogrammes par millimètre carré de section :
Plomb 228
Cuivre 2 OdO
Fer , 5700 à 6 000
Acier lÛfiOO
Cordes 500 à 800
6. Nous avons indiqué les lois qui se rapportent à l'allongement des corps homogènes; elles cessent d'être rigoureusement applicables pour les corps hétérogènes, pour les corps organisés notamment. La question de l'élasticité des muscles présente un grand intérêt au point de vue de la physiologie; elle a été étudiée par divers auteurs ; on a reconnu que d'une manière générale et entre certaines limites le muscle s'allonge sous l'influence de la traction, à peu près comme un corps élastique.
vo
La charge de rupture pour des corps non homogènes ne présente pas naturellement une valeur bien déterminée. A^oici cependant quelques chiffes se rapportant à cette valeur en kilogrammes par millimètre carré de section ;
Muscles.
Artères .
Veines. .
.^erfs . .
Tendons Os.. . .