EMPÉDOCLE
cence. Quant la phase aiguë n'avait pu être enrayée et que la maladie arrivait à la période chronique, qui entraîne à sa suite le marasme et l'épuisement, il conseillait l'usage des médications excitantes et de l'électricité (voy. pour complément les articles précités, ainsi que l'article Passions) . Brochin.
ÉmoULEURS. Voy. Aigdiseurs.
ESIPÉDOC'LE. Médecin, philosophe et poète grec, né ;i Agrigente, en Sicile, florissait vers 490-450 avant l'ère chrétienne. Quoique d'une famille nohle et riche, il embrassa la cause populaire et contribua à l'expulsion des tyrans de la Sicile; il consacra ses richesses, qui étaient immenses, au soulagement des pauvres, et leur prodigua les soins médicaux. Ses cures furent tellement heureuses qu'il reçut le surnom de magicien (yô/;;) et que ses contemporains le proclamèrent dieu. D'après Aristote, il mourut à l'âge de soixante ans. On connaît la légende qui le fait périr dans le cratère de l'Etna, où il se serait précipité pour ne point laisser de trace de sa mort et faire croire à une apothéose céleste. Il est beaucoup plus probable, comme le soutiennent quelques-uns, qu'il mourut obscurément au Péloponnèse, exilé de sa patrie d'où un parti ennemi le tenait éloigné.
Nous ne dirons rien des ouvrages extra-médicaux qui lui sont attribués. Parmi ceux qui ont trait à la médecine, le poëme rie^ot oOo-swç, dédié au médecin Pausanias, est le plus important; un auli'e, intitulé Kaôofoaoî, les purifications, le plus long de ses poèmes, s'occupe des transmutations ou incarnations successives de l'àme, jusqu'à ce qu'elle arrive à l'immuable félicité du Sphérus ; enfin, signalons son 'laroixo; Àéyo;, poëme didactique de 600 vers. De ces trois poèmes il ne reste que des fragments que Karsten a réunis et publiés à Amsterdam, en 1858 {Empedoclis fragmenta).
On lui attribue la découverte du labyrinthe (■/o;^),iwJï;ç ;/ov5ooç) de l'oreille; les sons résultent, selon lui, de l'ébranlement du conduit auriculaire, façonné en trompette, parles ondes aériennes. En général, les sensations sont facilitées par la similitude qui existe entre les objets sentis et les organes des sens, et parles émanations («Trdppo'.ai) que ces objets envoient dans les pores de l'organisme sentant. Le fœtus résulte de la réunion de la semence mâle et de la semence femelle et le sexe est déterminé parle degré de chaleur plus ou moins grand de l'utérus ou de la semence elle-même. Lorsque la semence pèche par excès ou par défaut, il en résulte des monstres; si elle se divise, il y a formation de jumeaux et en général superfétation. Le premier il donna le nom d'amnios (àpîo-j) à la membrane qui renferme le fœtus et ses eaux. Il explique la respiration par la pénétration de l'air dans les veines, avec refoulement de sang, suivi d'un mouvement en sens inverse (Aristote, De sensu, 2; De respir., 7; Dégénérât, anim., IV, 1 ; Galien XIX, 509, 524-526).
Quant au système philosophique d'Empédocle, on peut le résumer en quelques mots : il croyait à la durée éternelle de la terre, qu'il considérait comme formée pai' la réunion des quatre éléments ; tous les changements se produisent grâce à l'opposition entre la force motrice qui pousse les éléments à s'unir (:i/ta, 'Aç)oooî-ri) et celle ({ui tend à les séparer (vîtV.oj, "Epioi;) : dès lors, il y a ni naissance (yjo-t;), ni mort (ôâvaxo;), mais réunion ou séparation, les éléments séparés entrant dans de nouvelles combinaisons ; le tout est gouverné par le hasard ou la fatalité. L. Hn.
DICT. ENC. XXXIV. 4