ENCENS AMÉRICAIN OU COMMUN
Dans le commerce, l'encens se présente sous la forme d'une gomme-résine sèche, consistant en larmes isolées, de 'i centimè'.res de long, piriformes ou stalacliformes, mêlés avec des petites masses plus irrégulières ; les fragments anguleux sont plus rares que les ronds. Leur coloration est jaunâtre ou brunâtre pâle ; la meilleure qualité est en larmes presque incolores ou d'une teinte verdâtre. Les larmes sont translucides vt deviennent transparentes à une tempe'rature d'enviion 94 degrés. La cassure est mousse et cireuse. L'encens se ramollit dans lu bouche ; sa saveur est térébenthineuse et un peu amère, sans être désagiéable ; son odeur, aromatique, ne se développe bien qu'à une haute température. 11 se ramollit à 100 degrés sans fondre, et se décompose à une tem(iéralure supérieure.
L'eau froide émulsionne l'encens qu'on y malaxe, en dissolvant la gomme ; l'alcool le rend blanc opaque, en dissolvant la résine. La gomme, qui entre pour environ 50 pour dOO dans l'encens, présente toutes les propriétés de la gomme arabique. Illasi\^■etz assigne à la résine la formule C^'H'^^O^ Elle est insoluble dans les alcalis et ne cristallise pas dans l'alcool dilué. L'encens renferme en outre une huile essentielle (4 à 7 pour 100) d'odeur téréhenthinée, bouillant à J79H (Sienhouse), et qui consiste en un mélange d'un hydrocarbure C^H^® bouillants à 158 degrés et d'un composé oxygéné. Par oxydation à l'acide nitrique, l'encens se transforme à la longue en acide camphrésinique C-''I1**0''.
Quant aux usages de l'encens, cette substance est à peu près délaissée ea médecine. C'est un stimulant analogue à toutes les résines ou oléo résines. Il est quelquefois employé contre le rhumatisme; c'est un remède populaire contre les maux de dents; on l'a préconisé contre les affections charbinneuses, sous forme de pâte cV encens, obtenue au moyen de la poudre d'oliban et de salive; on étend cette pâte sur la toile, puis on l'applique sur les pustules ; on renouvelle toutes les douze heures. Enfin, il entre dans différentes préparations composées telles que la thériaque, Je baume de Fioravanti, l'empîàtre de Vigo, etc.
L'encens est surtout employé en fumigation, mais, dans ce cas, il est ordinairement mélangé avec d'autre» substances qui atténuent ce que ses vapeurs présentent d'acre ; dans ces conditions, il est très-utile pour masquer l'^.s mauvaises odeurs et les émanations putrides. L'usage de le brûler dans les temples remonte aux Juifs ; actuellement l'encens des églises est composé avec :
Olihan i50
Benjoin 250
Storax 120
Sucre 100
Casrarillc 6')
Niire 150
Vencens dit des mages renferme de plus du charbon et de la myrrhe. L'encens est brûlé dans les appartements à Bombay pour chasser les moustiques. L. Hn.
ETXCEXS AMÉRiCAiiK OU COWMUX. C'est le gum thiis des Anglais, constitué par la résine spontanément solidifiée sur le tronc des pins, dans les forêts américaines, où elle est coimue sur le nom de scrape. Elle est absolument analogue au galipot {yoy. ce mot) et employée à la fabrication de quelques emplâtres. L. Hîv.
ENCÉPHALE (chimie). 121
EIVCEIVS DE JAVA. Ce n'est pas autre chose que le benjoin. Le mot benjoin est du reste un dérivé de Liiban Jawi, mot arabe signifiant encens de Java, et qui par corruption a donné Banjawi, Benjui, etc. L. Hn.
EA'CÉPOALE. § I. Composition ciiimique. Nous n'avons pas à noUS
occuper ici de la structure histolo^ique du tissu nerveux, rappelons seulement que dans la substance grise du cerveau les cellules nerveuses prédominent, tandis que la substance blancbe renferme un plus grand nombre de fibres nerveuses, et que cflles-ci constituent la partie essenlielle des nerfs proprement dits. Celle distinction est nécessitée par la différence de composition des cellules et des filtres nerveuses, cette différence ne porte pas cependant sur la qualité, mais, comme nous le verrons, sur la quantité, les proportions, des principes immédiats qui y sont contenus.
La substance cérébrale dans son ensemble possède une composition très-complexe, elle se distingue principalement de tous les antres tissus par la quantité notable de phosphore qu'elle renferme, et ce phosphore s'y trouve combiné à la matière organique sous la forme de combinaison organique phosphorée et non à l'état de phosphate, car les cendres obtenues par l'incinération du tissu cérébral renferment de l'acide phosphorique libre qui les rend très-acides.
La substance cérébrale vivante possède une réaction neutre ou légèrement alcaline, mais bientôt, après la mort, elle devient de plus en plus acide ; l'acide qui se développe ainsi est l'acide lactique. Le tissu cérébral mis en contact avec les substances capables de coaguler les matières albuminoïdes prend une dureté plus ou moins grande ; les principales de ces substances sont : l'alcool, l'acide azotique, le bichromate de potasse, l'acide picrique, etc.