II
Az 5,399 2,7
Ph 2,252 1,1
Les grains de protagon se gonflent dans l'eau, puis se dissolvent en formant une solution opaline, qui se coagule par la chaleur au contact des dissolutions salines concentrées. lisse dissolvent dans l'acide acétique cristallisable.
Le protagon est soit un mélange, soit une combinaison de deux corps : la lécithine, glycéride renfermant le phosphore parmi les éléments, et la cérébrine exempte du phosphore.
Lécithine. Ce corps est assez répandu dans divers organes des Yertébrés. Gobley l'a retiré du jaune d'oeuf de poule, des œufs et de la laitance des carpes, du foie, de la bile, du sang veineux, etc.
Pour extraire la lécithine du cerveau, on épuise cet organe réduit en pulpe par un mélange d'alcool et d'éther à la température de 45 degrés, par le refroidissement de la liqueur filtrée à cette température, il se dépose une matière visqueuse que l'on sépare ; on la fait dissoudre dans l'alcool, et on la précipite par une solution alcoolique de chlorure de cadmium ; le précipité est insoluble dans l'alcool et dans l'éther. On le délaye dans de l'alcool et on le décompose par un courant d'acide sulfhydrique. Il se forme du sulfure de cadmium et du chlorhydrate de lécithine. Ce corps est fort instable, même en solution alcoolique il se sépare à la longue des gouttes huileuses exemptes du phosphore et d'azote.
Pour extraire la lécithine du jaune d'oeuf ou des oEufs de carpe Gobley épuise ces matières par de l'éther et de l'alcool bouillant, par le refroidissement de la liqueur filtrée à chaud il se sépare une huile fixe et une matière visqueuse (celle-ci est identique avec le protagon de Liebreich) qui est composée de lécithine et de cérébrine. On la délaye dans de l'alcool froid à 90 degrés et l'on ^lève graduellement la température ; la cérébrine se dissout avant l'ébullition et
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la lécitliine reste sous une forme visqueuse adhérente au verre, on la purifie par des cristallisations dans l'alcool.
La lécitliine est neutre, elle brûle quand on la chauffe, en laissant un résidu acide (acide pliosphorique); bouillie pendant douze heures avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique ou avec de l'eau alcalinisée, elle se dédouble en névrine ou choline, acide oléophosphoriqiie et phosphoghjcérique. Suivant Strecker, il pourrait exister plusieurs lécithines dérivées de plusieurs acides gras.
L'analyse de la lécitliine faite par Dioconow lui a donné les résultats suivants :
H il.iO
Az 1,80
Pli 5,80
Examinons maintenant les produits de dédoublement de la lécithine.
JSévrine ou choline. La névrine est une base puissante que Wurtz a obtenue synthétiquement par l'action de la triméthylamine sur le glycol cblorhydrique.
Composition. La névrine est l'hydrate de triniéthylhydroxéthylène ammoniiira C''R''AzO'.
Strecker en 1849 avait déjà retiré de la bile un alcaloïde qui a été reconnu depuis identique avec la névrine obtenue récemment par Liebreich par le dédoublement du protagon ou de la lécitliine.
Extraction. i° Extraction du cerveau. Le cerveau, débarrassé autant que possible des membranes et des vaisseaux, est mis en pulpe et passé à travers un tamis fin. La bouillie cérébrale est épuisée par l'éther et l'alcool à la température de 45 degrés. Le liquide éthéré-alcoolique filtré est soumis à la distillation, le résidu de la distillation est soumis à l'ébullition avec l'eau de baryte. La solution, débarrassée de l'excès de baryte par un courant d'acide carbonique, est réduite par l'évaporation à un petit volume et l'on y ajoute peu à peu de l'alcool à 95 degrés. Il se forme un précipité dont on se débarrasse par le filtre. La solution alcaline prenant une réaction fortement alcaline, on sature par l'acide chlorhydrique et on l'abandonne pendant vingt-quatre heures dans un endroit frais, il se forme un précipité que l'on élimine par le filtre. On verse de l'éther dans la liqueur filtrée et on précipite par le chlorure de platine. On recueille le précipité sur un filtre, et on le dissout dans de l'eau bouillante, qui élimine encore une substance brune, visqueuse, et l'on concentre la liqueur filtrée. Par le refroidissement il se dépose deux sortes de cristaux : des lames minces d'un rouge orangé et des cristaux jaunes octoédriques, ces derniers peu solubles dans l'eau froide. On traite par l'eau froide ; celle-ci dissout les cristaux rouge orangé, qui sont le chloroplatinate de névrine et qui, par l'évaporation de la solution, se déposent. Le chloroplatinate de névrine en dissolution aqueuse est décomposé par l'acide suUhydrique, il se forme du chlorhydrate de névrine que l'on décompose à son tour par de l'oxyde d'argent ; la névrine est mise en liberté.
Préparation par la synthèse. La synthèse de la névrine a été réalisée par AYûrtz. Il a opéré de la manière suivante : On fait un mélange de quatre parties de glycol chlorhydrique bien refroidi avec trois parties de triméthylamine également à la température de 0 degré, on enferme ce mélange dans un tube de verre qu'on scelle à la lampe et l'on chauffe à la température de 100 degrés pendant plusieurs heures ; après le refroidissement, le mélange liquide s'est pris en une masse cristalline, formée de cristaux prismatiques parfaitement incolores. Ces
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cristaux constituent le chlorhydrale de névrine. On les obtient absolument purs en les faisant cri-talliser dans l'alcool absolu. Pour en extraire la névrine on les lait di>soudre dans leau, et on y ajoute de l'oxyde d'argent qui lorme du chlorure d'argent insoluble, et la névrine reste en dissolution dans la liqueur; on évapore au bain-marie et la névrine reste sous la forme d'un liquide sirupeux, très-alcalin.
G^H^ ' Az + C^H^02,CI = ^ " Az.Cl.
riUô \ Glycol ^'"' \
/ clilorhydiique. QlJ|o ]
Triméthy)an/ine.
Clilorhydrate de névrine.
Le groupe CMFO*joue le rôle de radical monoatomique, c'est Vhydroxéthylène. et la névrine est par conséquent l'Iiydratede triméthylhydroxéthylène-ammonium.
La névrine se présente sous la furme d'un liquide sirupeux très-alcalin, soluble dans l'eau en toutes proportions, formnnt avec l'acide chlorhydrique un sel neulie cristallisant en prismes incolores, déliquescents, très-solubles dans l'alcool.
La solution aqueuse de chlorhydrate de névrine n'est pas précipitée par le chlorure de platine, mais de l'alcool altsolu ajouté à la solution précipite le chloroplatinate de névrine en une poudre jaune, soluble dans l'eau et dont la solution évaporée à une douce température laisse déposer de magnifiques cristaux d'un jaune orangé. La solution aqueuse du clilorydrate de névrine donne, auconiraire, avec le chlorure d'or, immédiatement un précipité jaune de chloraurate de névrine. Ctlte propriété est utilisée à découvrir et à isoler la névrine dans les solutions où elle se rencontre.
Acide oléophosphorique ou phospholéique. L'acide oléophosphorique est l'un des produits de la saponification de la lecithine.
Après avoir traité à plusieurs reprises par l'alcool bouillant le cerveau privé autant que posîihie des membranes et des vaisseaux et réduit en pulpe, on le laisse séjourner pendant plusieurs jours en contact avec ce liquide. Ce traitement a pour but d'enlever au cerveau la grande quantité d'eau qu'il contient et qui empêcherait l elher d'agir sur lui, mais qui a pour effet aussi de dédoubler une partie de la lecithine en acides oléophosphorique et phosphoglycérique. Par l'action de l'alcool les matières albuminoïdes ont été coagulées et sont maintenant facilement compressibles; on les soumet à la presse et on les traite par l'éther d'abord à froid et ensuite à chaud; les liqueurs qui en proviennent, soumises à la distillation, laissent un résidu tonlenant l'acide oléophosphorique et l'acide cérébrique de Fiémy (paragon impui).
En reprenant par 1 élher troid l'extrait éthéré du cerveau, on laisse l'acide cérébrique de Fiémy qui n'est soluble que dans l'éther bouillant, tandis qu'il reste en solution une matière visqueuse qui contient l'acide oléophosphorique souvi-nt uni à la soude : pour en extraire cet acide on décompose son sel de soude par un acide et on reprend la masse par de l'alcool bouillant, qui dissout l'acide oléophosphorique et le laisse précipiter par le refroidissement ; cet acide est encore mêlé avec de l'oléine et avec de la cholestéiine, on enlève la première par de l'alcool absolu et la seconde par un mélange d'alcool et d'élher.
L'acide oléopiiosphorique se présente sous la forme d'un liquide jaune, vis-
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queux, insoluble clans l'eau froide, mais se gonflant un peu dans l'eau bouillante. 11 est insoluble dans l'alcool fioid, mais assez facilement soluble dans Talcool bouillant et dans l'étlier. Avec les alcalis il donne des combinaisons savonneuses; avec les autres bases il forme des combinaisons insolubles dans l'eau. Il brîile à l'air et laisse un charbon rendu très-acide par l'acide pliospboiiqiie qu'il renferme. Lorsqu'on fait bouillir pendant longtemps l'acide oléophospliorique dans de l'eau ou de l'alcool additionné d'une petite quantité d'un acide libre, il perd peu à peu sa viscosité et se décompose en acide oléique et margarique et en une liqueur acide renfermant de l'acide phosphorique.
L'acide azotique décompose facilement l'aci-le oléophosphorique en produisant de l'acide phosphorique et de l'acide élaïdique qui nage sur la liqueur.
Acide phof^phoglycérique. L'acide phospboglycérique est l un des produits du dédoublement de la lécilhine. La matière vis(|ueuse provenant de l'extraction de la matière cérébrale par l'étber (protagon) est agitée pendant dix-huit ou vingtquatre heures avec une solution de potasse diluée ; on chauffe au bain-marie et l'on décompose à chaud par un léger excès d'acide acétique; on sépare par le (illie les matières précipitées et l'on ajoute un excès d'acétate de plomb à la liqueur filtrée. Il se précipite du phosphoglycérate de plomb que l'on décompose après le lavage par l'hydrogène sulfuré, ou filtre et on concentre la liqueur à une douce chaleur.
L'aciiie phospboglycérique est un liquide sirupeux, incristallisable; la chaleur le décompose en acide phosphorique libre et en glycérine. Il est d'une saveur tort acide, Irès-soluble dans l'eau et l'alcool. Par la calcination il laisse nn charbon lort acide.
Les phosphoglycérales sont, pour la plupart, très-solubles dans l'eau, mais peu ou point solubles dans l'alcool. Le sel de chaux cristallise en lames micacées incolores, inodores et d'une saveur légèrement acre. H se dissout très facilement dans l'eau froide, mais il est très-peu soluble dans l'eau bouillante, de sorte qu'il se dépose presque en totalité de sa solution aqueuse froide lorsqu'on porte celle-ci à l'ébullilion.
Cérébrine. La cérébrine unie à la lécilhine constitue le protagon de Liebreicb. C'est une substance quaternaire ne renfermant pas le phosphore parmi les éléments. Un sait aujourd'hui que la présence de ce métalloïde indiqué par plusieurs cliimistes n'est due qu'au mélange à la cérébrine de la lécilhine, seule substance pbosphoiée du cerveau.
La cérébrine est surtout abondante dans la substance blanche du cerveau; Gobley l'a trouvée dans le jaune d'oeuf, la laitance et les œufs de carpe, le sang, etc., mais partout elle est accompagnée de lécilhine.
Extraclion. La masse cérébrale convenablement divisée est épuisée par de l'alcool froid d'abord et ensuite par de l'alcool bouillant ; la solution filtrée laisse déposer par le refroidissement de la cérébrine mêlée à de la lécilhine et de la cholestérine. On enlève cette dernière par de léther froid. Le mélange de cérébrine et de lécilhine est traité par de l'alcool froid à 90 degrés. On élève lentement et graduellement la température ; la cérébrine se dissout avant l'ébullilion, tandis que la lécilhine reste sous forme d'une matière visqueuse adhérant au verre Le liquide surnageant laisse déposer par le refroidissement la cérébrine que l'on purilie complètement par un second traitement semblable.
La cérébrine conslilue une poudre blanche, légère, cristalline, se présentant sous le microscope en mamelons sphériques. Elle est insoluble dans l'eau, mais
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dans de l'eau bouillante elle se gonfle comme de l'amidon. Elle est insolubk dans l'alcool et l'éther froids, mais soliible dans ces véhicules à l'ébullition.
La cérébrine se dissout dans l'acide sulfurique concentré, mais bientôt il se sépare de la solution des flocons fibrineux. Si à ce moment on ajoute à la solution dix fois son volume d'eau et qu'on porte à l'ébullition, les flocons nageant dans la liqueur s'agglutinent ; on les sépare par le filtre, on les lave à l'eau bouillante à plusieurs reprises pour éliminer toute trace d'acide sulfurique et on les hit dissoudre dans l'éther.
Par l'évaporation de l'éther on obtient une matière exempte d'azote (cet azote se retrouve dans la liqueur acide sous forme d'ammoni;ique). Cette matière a reçu le nom de cétylide. C'est une substance grasse, solide, fusible à 65 degrés, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther bouillants et dans le chloroforme. La cétylide chauffée avec la potasse caustique est transformée en acide palmitique.
Il nous reste à mentionner les produits de plusieurs chimistes qui, ayant obtenu le pi'otagon à un état de pureté plus ou moins grand, lui ont trouvé une composition différente et l'ont décrit sous des noms différents. Nous dirons donc un mot de la cëréhrote de Couerbe, de la céréhrineât Gobley, de l'acide céréhriqm de Frémy et de la cérébrine de Mûller.
Cérébrote de Couerbe. Elle est extraite du cerveau par l'alcool bouillant et se dépose en ilocons par le refroidissement ; elle est identique avec le protagon de Liebreich, mais la quantité de phosphore, d'après cet auteur, varie d'un cer veau à l'autre : ainsi cette proportion de phosphore s'élève jusqu'à 4 et 4,5 dans les cerveaux des aliénés et diminue au contraire jusqu'à 1 et 2,5 pour 100 dans celui des idiots et celui des vieillards.
Cérébrine de Mïdler. Ce corps qui diffère peu du précédent est obtenu en chauffant le cerveau convenablement nettoyé et divisé par de l'eau à 100 décorés et traitant la matière coagulée, et débarrassée autant que possible de l'eau interposée, par de l'alcool bouillant ; le liquide filtré laisse déposer la cérébrine en flocons.
Cérébrine de Gobley. Gobley fait dissoudre la matière visqueuse provenant du traitement par l'éther de la matière cérébrale dans l'alcool bouillant ; par le refroidissement il se dépose des grains d'apparence cristalline.
Acide cérébrique de Frémy. Il ne diffère du protagon de Liebreich que par la présence des produits du dédoublement de la lécithine, en plus ou moins grande abondance.
La masse visqueuse extraite du cerveau par l'éther bouillant est traitée à froid par une grande quantité d'éther qui laisse une substance blanche, cireuse et grasse, qui renferme l'acide cérébrique souvent mélangé de phosphate et d'oléophosphate de chaux et de. soude. On reprend la substance par de l'alcool absolu et bouillant, les phosphates et oléophosphates restent en suspension, on les sépare par le filtre. Les acides cérébrique et oléophosphorique sont en dissolution et se séparent par le refroidissement. On traite par l'éther froid qui dissout l'acide oléophosphorique et laisse l'acide cérébrique. Finalement on purifie ce dernier par plusieurs cristallisations.
L'acide cérébrique de Frémy se présente sous la forme de petits grains d'apparence cristalline. Il est insoluble dans l'eau froide, mais se gonfle comme de l'amidon dans l'eau bouillante ; il est à peu près insoluble dans l'alcool et l'étlier froids, mais soluble dans ces véhicules bouillants.
ENCÉPHALE (chimie). 157
Nous donnons ici le résultat de l'analyse centésimale, de plusieurs chimistes, du protagon et de ses dérivés :
PROTAGON.
^ Liebreich.
LÉCITHIINE.
Diaconow.
CÉRÉBIUNE Tourgoin.
CÉRÉBROTE.
Couerbe.