ÉRABLE
lîitiuOGRAridE. — TiiuRtT. lo Ann. Soc. nat., 3° sér., XVI, 1851. — Hofmeisteu. Vcber die Keimung der Eqidselen. In Abhandl. der Sachs. Gescllschafl der Whsensch., IV, 1855.
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EQUISETUU. Genre de Végélaux-cryptogames-vasculaires, qui a donné son nom au groupe des É![uise'lacées {voy. Prêle). Ed. Lef.
ÉRABLE [Acer'ï.). Genre qui a donné son nom à une famille, puis à une série de la famille des Sapindacées. Les (leurs y sont régulières et polygones, avec un réceptacle tantôt convexe et tantôt légèrement concave, de sorte que certains Acer sont hypogynes et d'a»)tres périgynes. Ce réceptacle porte d'ailleurs des glandes formant un disque plus ou moins développé, tantôt intérieur ,iux étamines, et tantôt extérieur, comme c'est d'ailleurs la grande règle parmi les Sapindacées (Pay, in EngL Journ. [1886J). Le plus ordinairement, le calice et la corolle sont pentamères, et l'androcée isostémoné ou diplostémoné. Il y a le plus souvent huit étamines. Le gynécée, rudimentaire dans les fleurs mâles, est formé d'un ovaire libre, biloculaire, comprimé perpendiculairement à la cloison et surmonté d'un style à deux branches. Il y a dans l'angle interne de chaque loge deux ovules ascendants, généralement à micropyle inférieur et extérieur. Le fruit est une double samare, à ailes carpellaires doisales, et les graines, solitaires ou géminées, ont un embryon condupliqué, à cotylédons minces et étroits, irrégulièrement plissés ou convolutés, à radicule infère et allongée. Il y a des érables à pétales; d'autres dont les Heurs sont 4-1^ mères; et dans les Negundo, que bien des auteurs ont fait rentrer dans le genre Acer, les fleurs, dioiques et à pétales, ont un petit calice et des anthères exsertes et. linéaires. Il y a une cinquantaine d'érables, arbres ou arbustes de l'Europe, de l'Amérique du Nord, de l'Asie tempérée, du Japon, de Java. Ils ont des feuilles opposées, sans stipules, simples, entières, palmatilobées, palmatipartites, pennées dans les Negîindo. Les fleurs sont souvent petites, verdâtres, jaunâtres oti rougeâtres, axillaires ou terminales, en grappes spiciformes ou corymbiforraes (le cymes.
Presque tous les érables ont l'écorce astringente : tels Y Acer platanoides L. {Spec, 1496), ou Érable-plane, Plêne, Faux-Sycomore, à fleurs verdâtres, paraissant après les feuilles. Cultivé partout chez nous, cet arbre donne un bon bois, une sève sucrée, un excellent charbon, une teinture estimée.
L'i. pseiidoplatanus L. [Spec, 1495), ou Sycomore, Grand Érable, Érable blanc, à fleurs jaunes se montrant avant les feuilles. On le cultive aussi partout en France; toutes ses propriétés sont celles de l'espèce précédente.
V Acer &accharinwn L. (?i. nigrum Mieux), ou Érable à sucre, et les A.pensylvanicum L., rubriim L., eriocarpum L., sont les principales sources du sucre d'érable, qui s'extrait au Canada et dans le nord des États-Unis de la sève de ces arbres.
L'i. campestre L., si commun aussi chez nous, est également utile par son bois, sa sève, son écorce tinctoriale et astringente. H. Bi\.
BfBLiOGnAPHiE. — T., Inst. Rei herb., 615, t. 586. — L., Gen., n. 1515. — G^rt.v., De fruct., II, 166, t. M6. — Lamk, Dict., II, 7>18;IIL, t. 844. — Spach, Suit, à Buffon, III, 84.
— Endl., Gen., n. 5558. — B. II., Gen., I, 409. — Guib., Drog. simpL, éd. 7, III, 608. —
576 ÊRASISTRATE.
RosENTH., Syn. plant, diaphor., 771. — II. B.n., Uist. des pi., V, 575, 590, 427, lig. 418 à 426; Tr. Bol. mcd. phanér., 969. II. Bn.
ERAlVTiiEMU.il. Genre d'Acanthacées, établi par R. Brown et qui a donne son nom à une tribu spéciale, celle des Erantbémées. Ce sont des sous-arbrisseaux, à feuilles très-entières et dont les fleurs, disposées en épis axillaires et terminaux, ressemblent un peu à celles des Phlox. Elles ont un calice à cinq divisions, une corolle hypocratérimorpbe ou infundibuliforme, longuement tubuleusc, et deux élaniines fertiles, insérées au-dessous de la gorge de la corolle. Le fruit est une capsule à deux loges dispermes.
Les Eranthemian sont propres aux régions tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. Ils n'offrent aucun intérêt au point de vue médical, mais plusieurs espèces sont cultivées dans les serres chaudes de l'Europe à cause de la beauté de leurs K-îurs. Tel est notamment l'Ê. nervosum^&es, espèce indienne, dont les fleurs, bleu d'azur en dedans, purpurines en dehors, sont disposées en épis munis de grandes bractées de couleur .blanche et verte. Ed. Lef.
ÉHASISTKATE. L'un des plus fameux médecins et anatomistes de l'antiquité, celui qui a le plus contribué aux progrès de l'anatomie, naquit à Julis, dans l'île de Céos; quelques auteurs le font naître à Cos, à Ghios ou même à Samos, contrairement à l'opinion universelle. D'après Pline, il était le petit-fils d'Aristote par sa mère Pythias, fille de ce philosophe ; Suidas, au contraire, le dit fils de Gléombrote et de Gritoxène, soeur du médecin Médius. Érasistrate eut pour maîtres Ghrysippe de Gnide, Métrodore et Théophraste. 11 exerça d'abord la médecine et résida quelque temps à la cour de Seleucus Nicator. roi de Syrie. Là il se rendit célèbre par le diagnostic et la cure de la midadie d'Antiochus, fils de Seleucus, qui dépérissait d'amour pour sa belle-mère Strationice. Il persuada à Seleucus de céder sa femme ^à son fils, ce qu'il fit, et Antiochus guérit.
Érasistrate vécut probablement à Alexandrie, dont l'École de médecine était déjà florissante. En avançant en âge, il abandonna la pratique de son art pour se livrer exclusivement à des recherches anatomiques ; il fut le premier, avec Ilérophile, qui disséqua des cadavres humains; Gelse et Tertullien vont jusqu'à dire qu'ils firent de la vivisection sur des criminels ; c'est probablement une calomnie, dictée par l'envie ou par la haine de sectes ennemies.
Érasistrate y vivait encore en 258, d'après Eusèbe. D'autres le font mourir en 280. 11 termina sa carrière, paraît-il, en Asie Mineure, et Suidas place son tombeau au mont Mycale, en lonie, vis-à-vis de Samos.
Les ouvrages d'Éiasistrate sont perdus ; on n'en connaît que les litres et de courts fragments conservés par Galien, Gœlius Aurelianus et quelques autres. Voici les titres de ces ouvrages : 1" KaO' ôÀoy là^/oi, en 2 livres au moins, comprenant probablement toute la médecine; — 2" llspt ttu/vîtwv, des fièvres, composé d'au moins 5 livres; — 3" riîpt twv ^itipïGtM-j, Anatomica (Gael. Aurel.), qui renfermait également des observations pathologiques ; — 4° 'Yytswà, salutaria prcecepta, contenant au moins 2 livres ; — o" nsol t&jv xa-rà rjjv y.oùdoi-^ Traeôiv, formé d'environ 3 livres; — 6» Uzpi odu.a.zoç àvaycovÂ;, plusieurs livres; — 7° îlEpî Twv rapÉo-îwv, des paralysies; — 8" nîoîroJâypaç; — 9" Uspl Juvâi/îtav xal eavao-tptwv, des médicaments eldes poisons; — 10° 'ohxpvj-iy.ov, livre de cuisine; — H" De hydrope.
ÉRASISTRATE. 577
Erasistra(e forma de nombreux élèves et I école dont il fut le fondateur florissait encore à Smyrne peu avant Slrabon, vers le commencement de l'ère chrétienne. Cette école fut constamment en lutte avec celle fondée par Hérophile, qui était contemporain d'Érasistrate. D'après ce que nous ont appris les auteurs venus après lui et les fragments qu'ils ont conservés, on peut se faire une idée assez précise du système du savant anatomiste.
Érasistrate distinguai; deux sortes de nerfs, les nerfs sensitifs, qui prennent leur origine dans la substance cérébrale, et les nerfs moteurs, qui viennent de la dure-mère; il confondait encore plus ou moins les nerfs et les ligaments. IL a décrit avec assez d'exactitude la structure du cerveau, ses circonvolutions et ses ventricules; il plaçait le siège de l'âme dans les membranes ou dans le petit cervelet.
Il connaissait les chylifères qu'avait découverts son rival Hérophile, et supposait qu'ils renfermaient alternativement de l'air et du lait. Il donna son nom au parenchyme du foie, appela ■zpa/jia. àpr-cpi». la trachée que l'on ne désignait avant lui que du nom à'àpzripioc, désigna la valvule de la veine cave sous le nom de Irichlogyne, etc. On croit, probablement à tort, qu'il a donné leur nom de tricuspides aux valvules du cœur; d'après Galien, c'est à un de ses disciples qu'il faut attribuer celle dénomination.
Galien donne un passage d'Érasistrate qui prouve que celui-ci avait approché de très-près de la découverte de la circulation du sang. Voici ce passage : « La veine artérielle (artère pulmonaire, œ)i| à|3Tïjotwcï;ç) sort de la partie où les artères qui sont distribuées par tout le corps ont leur origine, et pénètre dans le ventricule sanguin (droit) du cœur, et l'artère (veine pulmonaire) sort de la partie où les veines ont leur origine et pénètre dans le ventricule pneumatique (gauche) du cœur. » Quoique peu claire, cette description prouve qu'Érasistrate supposait le système artériel et le système veineux plus intimement liés qu'on ne le supposait de son temps. Il admettait du reste des synanastomoses entre les artères et les veines, mais normalement il n'y avait point de communication, les synanastomos se terminant en caecums opposés l'un à l'autre. Dans un autre passage, il combat l'opinion d'un ancien anatomiste qui prétendait que les veines sortent du foie et les artères du cœur, et affirme que le cœur est l'origine commune des veines et des artères. Certes, si Érasistrate n'avait pas été convaincu que les artères renferment de l'air et non du sang, la découverte de la circulation était faite. Dans sa manière de voir, l'air, le pneuina extrait dans les poumons par la trachée-artère, passait ensuite dans le cœur par les veines pulmonaires et de là se répandait dans tout le corps au moyen des artères. Le battement de celles-ci, le pouls, était dû au mouvement du pneuma.
Ses idées sur la digestion, absolument fausses, ne méritent pas d'être citées. Pour lui, la bile, la rate et quelques autres organes, étaient sans utilité pour l'animal et pour l'homme. Il a reconnu, à l'encontre de beaucoup de ses contemporains, que les liquides ingérés ne pénètrent pas dans la trachée-artère, mais arrivent dans l'estomac par l'œsophage.
On trouve chez Érasistrate des traces de vues anatomo-pathologiques : ainsi il parle, entre autres, d'un endurcissement du foie dans l'hydropisie.
Quant à sa pathologie, elle est fondée sur sa physiologie. Un grand nombre d& maladies étaient dues à un excès d'aliments qui, ne se digérant pas, entraient en putréfaction. Un rôle prépondérant appartenait à hpléthore dans l'étiologie des inflammations et des fièvres : « Aussi longtemps, disait-il, que le pneuma