‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.35Chapitre 11 sur 23 · ERASTE · texte numérisé non relu

ERASTE

continue à remplir les artères et que le sang est confiné dans les veines, l'individu se porte bien; mais quand, par une cause quelconque, le sang passe dans les artères, il en résulte de l'inflammation et de la fièvre ». Comme moyens curatifs, il rejetait la saignée, qui selon lui ne pouvait remédier à la pléthore, de même que les purgatifs, qu'il accusait d'altérer les humeurs et de provoquer des fièvres putrides; il employait la dièle, le régime, les bains, l'exercice, les frictions, etc., seuls capables, d'après lui, d'empêcher la putréfaction des aliments et de remédier à la déviation des fluides, la compression des membres par des bandages pour amener la fermeture des synanastomoses et des remèdes simples tirés du règne végétal, ne présentant pas les inconvénients des médicaments composés et des purgatifs ; encore ne les employait-il qu'à des doses minimes, par exemple, 5 gouttes de vin dans la dysenterie bilieuse; il était un vrai précurseur de liahnemann à cet égard.

îVotons encore la théorie d'Erasistrate relative à l'étiologie des paralysies ; celles-ci résultaient, selon lui, d'une déviation des humeurs 'destinées à la nutrition des nerfs de la motilité.

En chirurgie, il était très-hardi; il ne voulait pas de la ponction abdominale, mais n'hésitait pas à inciser l'abdomen pour porter directement des médicaments sur les organes malades, notamment sur le foie en cas de squirrhe, de tumeur, etc. Il inventa le cathéter qui porte son nom et qui est recourbé en S.

On peut s'étonner qu'Erasislrale ait fait si peu de cas d'Hippocrate qu'à peine il le cite; c'était tout le contraire pour Hérophile, qui était un admirateur ardent et un zélé partisan d'Hippocrate et de sa doctrine. Aussi Galien reproche-t-il à Erasistrate sa conduite qu'il traite de çi>o-jct/ta et de v.%Mr,^v.(t. Notre anatomiste peut, à ce point de vue, être considéré comme l'un des précurseurs de l'école empirique. L. IIahn.

ÉRASMUS (Johan>'-Hei\rich). Médecin du dix-huitième siècle, né à Strasbourg, reçu docteur à léna en 1747 (pe \)avtu dif/icili ex capite infantu prœvio). 11 fut appelé à Pernau, en Livonie, et subit de nouveaux examens à Riga et à Pétersbourg. En août 1756, il obtint le droit d'exercer et il se rendit en 1757 à Moscou en qualité de professeur de l'École des sagesfemmes. Enfin, en 1765, il fut nommé professeur d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements à l'Univeisité de Moscou. Il mourut dans cette ville le l^'' janvier 1777. L. Hk.

ERASTE (Thomas), de son véritable nom Lieber ou Liebler, était célèbre en son temps non-seulement comme médecin, mais encore comme théologien (partisan de Zwingli) et comme philosophe. 11 naquit en 1524 à Auggener, dans le marquisat de Baden-Durlach, et commença l'étude de la médecine à Bàle, en 1540; il faillit y périr de la peste. 11 passa ensuite en Italie, séjourna neuf ans à Bologne, oii il prit le grade de docteur, et rentra en Allemagne. L'électeur palatin, Frédéric III, lui donna la chaire de médecine à la Faculté de Heidelberg. Il vint en 1578 occuper la chaire de morale de la Faculté de Bàle et mourut le 1" janvier 1585. Haller a bien caractérisé le mérite et les défauts d'Éraste : Magnns pamcelsicœ sectœ adversarius, non ignarus homo, neque obtiisi ingenii, xit tamen in experimenlis parcior, niminm daret auctorilali et ratiocinio.

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Ou ne lit plus aujourd'hui les ouvrages d'Éraste que pour y chercher des renseignements sur l'histoire de la me'decine, et particulièrement sur la médecine de Paracelse (Dezeimeris) :

I. De dyssenleria thèses. Heidelbergae, 1570. — II. Disputai ionwti de medicina nova Philippi Paracelsi parles \, IV. Basileae, 1572-1575. iii-4°. — IH. E.rplicalio quaeslionis famosae illius ulrum ea iiietallis ignobilibus auruvi . . . . conflari possit. Basileae, 1572. in-i"". — IV. De causa inorhorunt continente. Basileae, 1572. — Y. De occullis pharmaco- ' rum polestalibus. Basileae, 1574, in-4°. — VI. Diss. de aura potabili. Basileae, 1578, in-S". — VU. Thèses de conlagio. Heidelbergae, 1574, in-4°. —VIII. Disp. de putredine, etc. Basileae, 1580, in-4°, et 2'. Erasti ad archangcli mercenarii disputationem de putredine responsio. Basileae, I58'k in-4°. — IX. De pingucdinis in animalibus generalionc et concre-

tioiie. Heidelbergae, 1580. in-8 X. Comilis Montani, Vicentini \ librorum de morbis

nuper editorum viva anatome. Basileae, 1.581, in-4". — XI. Varia opuscula medica. Francûfurti, 1590, in-fol. (postiime). — XII. Disputationum et epislolarum medicinalium L'olumen doctissimum. Tiguri, 1595, 1)1-4° (posthume). — XIII. Divers ouvrages sur la théologie et l'asirologie, et un Universae medicinae synopsis. Venise, in-fol., qui fut terminé par la suite pai' Cunéus. L. Hn.

ERCOLANI (Conte Giov.\nm-Battista). Médecin italien du plus grand mérite , né le 27 décembre 1807, reçu docteur en 1840 dans sa ville natale, nommé peu après prosecteur pour la chaire d'analomic comparée, puis suppléant à la i-liniijue de médecine vétérinaire, conserva ces fonctions jusqu'en 1848 et devint membre du Conseil supérieur de santé à Rome. Après toutes sortes de vicissitudes, il fut nommé professeur suppléant à l'École vétérinaire de Turin, puis professeur ordinaire. En 1859, il en devint le directeur et y créa des musées remarquables. En 1863, il accei>ta la chaire de médecine à Bologne et y réorganisa totalement l'École vétérinaire. Il fut plusieurs fois doyen de la Faculté de médecine et recteur de l'Université et secrétaire de l'Institut scientilique de Bologne. 11 mourut le 16 novembre 1885, laissant un très-grand nombre d'excellents mémoires sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie comparée, sur les parasites, sur l'histoire de la médecine vétérinaire, sur la pathologie humaine, etc., répartis dans les MémoriedeW Accademia délie scienze, la Gnzzetta di med. veterinaria délia scuola di Torino, le Giornale di med. velerinaria,. les Memorie deW Accademia deW Istituto délie scienze di Bologr a, les Comptes rendus de l'Acad. des sciences de Paris, etc. .Ses travaux si remarquables sur le placenta ont été réunis et publiés en langue anglaise par H. 0. Marey (Boston, 1884), de même que son mémoire sur les glandes utriculaires de l'utérus (Boston, 1880). Nous n'avons rien à dire ici du rôle politique joué dans son pays par Ercolani {voij. Cantam, in Hirsch's Lexic. der hervorragenden Aerzte, II, 293). L. Hn.

ERDELYi (MiCH.vEL von). Médecin, né à Vienne, en 1782. reçu docteur dans cette ville en 1812, devint professeur de zootomie et de zoophysiologie à ritistilut vétérinaire. 11 était membre de la Faculté de médecine de Vienne. Il mourut dans celte ville le 21 avril 1857, laissant un grand nombre d'ouvrages de médecine vétérinaire. Il prit part depuis 1829 à la rédaction des Med. Jahrb. des ôslerr. Staates. L. Hn.

ERDL (MicHAEL-Pius). Médecin allemand, né à Munich, le 5 mai 181o. s'appliqua particulièrement à l'anatomie comparée et à l'embryologie sous la direction de Dôllinger; après la mort de son maître, il publia ses leçons sur la physiologie. En 1856 et 183i7, il accompagna son autre maître, Schubert, en

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Orient, et à son retour en Allemagne, en 1840, se fit recevoir privat-docent à rUniversilé de Munich, et enseigna la physiologie, l'anatoniie comparée et rembryologie. En 18 il, il fut nommé professeur extraordinaire et adjoint aux collections anatomiques de l'État, puis en 1844 professeur ordinaire. Il mourut de phthisic, à l'âge de trente-deux ans, le 25 novembre 1848. Nous connaissons de lui :

I. De oculo. Monacliii, 1859. — II. Tafeln zur vergleichenden Anatomie des Schâdels. Mûnchen, 1841. — III. Leitfaden zur Kenntniss des Baues des menschlichen Leibes. Mûnclien, 1845-1845. — IV. Uebev die Entwickelung des Mcnschen tiiid des Hûhnchens im Et. Leipzig, 1845, in-4°. — Y. Il publia en 1845 \ Allas analomiquc d'Œstreicher. L. H.v.

ERDMAIVI!^ (Les),

Erdniann (Carl-Gottfried). Médocin et botaniste, né à Wittemberg, le 31 mars 1774, reçu docteur en 1798, alla se fixer à Dresde. U fut médecin pensionné depuis 1789, assesseur du collège sanitaire jusqu'à sa suppression en 1824. C'est lui qui introduisit la vaccination à Dresde en 1801. Erdmann mourut d'apoplexie le 15 juin 1855. L. Hn.

Erdmann (Johanx-Friedrich). Autre médecin allemand, frère du précédent, né à "NVittemberg, 1778. Il fut reçu docteur en médecine en 1802, alla se perfectionner à Vienne, et à son retour fut nommé en 1804 professeur extraordinaire et en 1808 professeur ordinaire de pathologie à Wittemberg, en même temps que médecin pensionné. En 1810, il occupa la chaire de thérapeutique à Kasan, puis, en 1818, la chaire de Ihéi'apeutique et de clinique à Dorpat. II se démit de ses fonctions en 1822 et revint à Dresde comme médecin particulier du roi de Saxe. A la mort du roi, en 1827, il retourna à Dorpat pour y enseigner la physiologie, la séméiotique et la pathologie. L'année suivante, il prit la chaire de matière médicale, d'hygiène et d'histoire de la médecine, et la conserva jusqu'en 1843. Il se retha enfin à Wiesbaden où il mourut le 28 janvier 1846. Ses ouvrages furent nombreux; nous nous bornerons à indiquer :

I. Annales sckolae clinicae medicae Dorpatensis annorum 1818-1820. Dorpati, 1821, gr. in-4°. — II. Beilrâge zur Kenntniss des Innern von Russland. Kasan, etc., 1822-1826, 2 part. in-S". — III. Très nombreux articles dans les recueils périodiques de médecine.

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