‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.36Chapitre 22 sur 49 · G^H^OH 4- G^H^.OH — H^'O = G^H^O.G^H · texte numérisé non relu

G^H^OH 4- G^H^.OH — H^'O = G^H^O.G^H

Ether ordinaire.

G'est du reste la découverte des éthers mixtes qui a permis de reconnaître exactement la composition de l'éther simple, dérivé de 2 molécules d'alcool.

ÉTIIERS (chimie). 281

Les éthers mixtes s'obtiennent généralement par double décomposition en traitant un alcoolate alcalin par un étlier iodhydrique :

Cni-'.l -+- CIPiNaO'^ = C1F.0.CM1=' -f- Nal.

On peut encore faire agir l'acide sulfurique sur un mélange de deux alcools. Voici la théorie de la formation de l'éther d'après Williamson ; supposons que l'on prépare l'éther méthyléthylique : L'acide sulfurique, en agissant sur l'alcool ordinaire, se transforme en acide élhylsulfurique ou sulfovinique; en faisant arriver l'alcool mélhylique goutte à goutte sur ce dernier, une partie de l'alcool ordinaire est déplacée et il se forme de l'acide métliylsulfurique. Mais l'alcool éthylique déplacé, se trouvant à l'étal naissant, s'unit avec une portion de l'alcool mélhylique pour former l'éther mixte.

Les éthers mixtes sont neutres et indécomposables par l'eau ou les alcalis étendus. L'acide sulfurique concentré les transforme en acides sulfuriques éthérés. L'acide iodhydrique à 100 degrés régénère deux éthers iodhydriques ; à 280 degrés, il donne les deux carbures d'hydrogène correspondants :

cnm + 4111 = cir^ h- c^f ^ m) + ii.

Éther Poniiine. Étliyicne.

niélhjlciliylique.

Avec le perchlorure de phosphore on obtient deux éthers chlorhydriques : G^qpO + PhCl^ = CFP.Cl + C41\C1 -^ l'hCPO.

Les agents d'oxydation déterminent la formation de deux ordres de composés, exactement comme s'ils agissaient séparément sur les deux alcools.

Ether ordinaire. ((]^I15)20. Ce corps a été découvert, en 15-40, par Valerius Gordus, qui le désigna sous le nom lYoleum vint dulce ; c'est Froben qui lui a donné le nom d 'éther en 1730. L'élher a été étudié par un grand nombre de chimistes; c'est Williamson qui a établi la théorie de sa formation. On le désigne improprement sur le nom d' éther sulfurique, parce que l'acide sulfurique intervient dans sa préparation; ce nom devrait être réservé au véritable éther sulfurique neutre. Enfin on le nomme encore oxyde d'éthyle.

On obtient l'élher ordinaire par la méthode générale indiquée : action de l'alcoolate de soude sur l'éther iodhydrique :

C^H\%0 -+- C^IP.I = pWyO H- Nal.

Ou bien on fait agir l'éther chlorhydrique, bromhydrique ou iodhydrique, sur la potasse ou la soude dissoute dans l'alcool :

C^IP.Br H- Cni«0+ NaOIl= (C^1P)20 H- NaBr-f- IPO.

Enfin on peut préparer l'éther en faisant agir sur l'alcool les acides sulfurique, phosphorique, chlorhydrique^ etc., divers chlorures métalliques, le chlorhydrate d'ammoniaque vers 400 degrés, etc. Il se produit une série de doubles décompositions. Nous exposerons la théorie de l'ef/ieV/^crt/iora d'après Williamson.

On avait pensé d'abord que l'acide sulfurique, par exemple, agissait sur l'alcool en le déshydratant, mais celte théorie n'est pas admissible : 1" parce qu'une quantité relativement faible d'acide sulfurique peut déterminer l'éthérisation d'une quantité illimitée d'alcool ; 2° parce qu'il distille à la fois de l'éther et de l'eau.

28'i ÉTHERS (chimie).

Après la découverte de l'acide étliylsulfurique, on a admis quelque temps que ce composé se formait d'abord, puis se décomposait de nouveau par la chaleur en acide sulfuriquc et étlio.r.

D'après Williamson, l'étliérisation résulte de deux réactions successives : dans la première, l'acide réagissant sur l'alcool donne de l'acide étliylsulfurique et de l'eau ; dans la seconde, l'alcool réagissant sur l'acide étliylsulfurique donne de l'éther et de l'acide sulfurique hydraté :

C^IP.OH -+- SO^H^ = lV-0 -+- SO^H.C^H^ CT1\01I + SO'II.Gni^^SO'IP + G^tF.O.C^H^

L'éther sulfurique mis en liberté dans cette dernière réaction reforme avec l'alcool de l'acide cthylsiilfurique qui sera de nouveau décomposé par une outre partie de l'alcool, et la réaction continue ainsi indéfiniment.

L'expérience est venue justifier la tliéoiie de Williamson. Nous avons vu plus haut qu'elle s'applique à la formation des éthers mixtes tels que l'éther raéthyléthylique. II en est de même de l'éther amylélhylique, etc.

Dans la pratique, on opère dans un appareil distillatoire; l'eau formée est enlevée avec l'éther et une partie de l'alcool par la distillation, de sorte que dans le vase chauffé il ne reste que de l'acide sulfurique et de l'acide étliylsulfurique susceptibles d'agir à nouveau frais sur l'alcool qu'on ajoute constamment. La température ne doit pas atteindre 160 degrés, car à cette température l'acide étliylsulfurique commence à se décomposer en étliylè4ie et acide sulfurique, puis interviennent encore des phénomènes plus complexes donnant naissance à de l'acide sulfureux, de l'eau, de l'oxyde de carbone et du gaz carbonique.

Dans les laboratoires, on prépare l'éther en chauffant dans un ballon A,

maintenu entre 140 et 145 degrés, un mélange de 9 parties d'acide sulfurique concentré et de 5 parties d'alcool à 90 centièmes, et l'on fait arriver dans ce

ÉTHERS (chimie). 585

mélange, par un tube à entonnoir a, un filet continu d'alcool ; le thermomètre t permet à tout instant de connaître la température du mélange. Les vnpeurs qui se dégagent sont dirigées dans un réfrigérant de Liehig B qui est traversé sans cesse par un courant d'eau froide. Dans ces conditions, on recueille dans le récipient D un mélange d'éther et d'eau; en même temps il passe un peu d'alcool et vers la fin de l'opération une petite quantité d'acide sulfureux. On purifie le produit en le faisant digérer pendant vingt-quatre heures avec un lait de chaux caustique, et en ayant soin d'agiter de temps en temps pour bien mélanger toutes les parties. L'élher, débarrassé de l'alcool, vient surnager la liqueur alcaline; on le lave à l'eau pure, puis on le rectifie au bain-marie sur du chlorure de calcium, enfin sur du sodium qui enlève les dernières traces d'eau et d alcool. Il doit marquer 65 degrés Baume.

Théoriquement, l'acide sulfurique peut étliérifier des quantités illimitées d'alcool ; cependant il finit par s'altérer et noircir; en pratique, il étliérifie 25 à 50 fois son poids d'alcool.

Dans les arts, l'opération décrite s'effectue sur une grande échelle dans des appareils construits sur un principe analogue.

Propriétés physiques. L'éther ordinaire est un liquide incolore, très-fluide et très-volatil, doué d'une odeur forte et caractéristique et d'une saveur à la fois brûlante et fraîche. Sa densité est de 0,730 à 0 degrés. Befroidi vers — 129 degrés, il cristallise en lames incolores, fusibles à — 1 14", 4. Il bout à 35 degrés.

L'éther est difficilement miscible avec l'eau à la surface de laquelle il surnage ; l'eau peut cependant dissoudre 1/10 d'éther et l'éther dissoudre 1/60 d'eau. Il est soluble dans l'alcool. H dissout laiblement le soufre et le [iliosphnre, mais en abondance l'iode, le brome et les chlorures ferrique, aurique, mercurique, platinique, puis les substances riches en carbone, telles que graisses, huiles, carbures, résines, enfin certains alcalis; celte propriété est utilisée en analyse organique. La plupart des sels inorganiques à oxacides sont insolubles dans l'éther.

L'éther du commerce est le plus souvent mélangé d'alcool ; dans cet état, il dissout certains corps tels que le collodion,le tannin, etc., qui seraient insolubles dans l'éther pur.

Les vapeurs d'éther forment des mélanges détonants avec l'air et sont trèsinflammables ; il faut le manier loin des lumières. L'eau n'éteint pas la flamme de l'éther, car celui-ci surnage et prend presque aussitôt l'état gazeux.

Propriétés chimiques. L'éther, soumis à l'action de la chaleur, ne commence à se décomposer que vers 450 degrés. Au rouge sombre, il donne de l'aldéhyde, de l'éthylène, de l'eau et de l'oxyde de carbone; au i-ouge vif, de l'eau, de l'oxyde de carbone, de l'éthylène, de l'acétylène, du formène, du charbon, etc. C'est une décomposition analogue à celle de l'alcool.

L'hydrogène naissant, c'est-à-dire l'acide iodhydrique, à la température de 280 degrés, transforme l'éther en hydrure d'éthylène.

L'éther briile à l'air avec une belle flamme blanche et donne de l'acide carbonique et de l'eau :

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