C. Affaiblissement musculaire (titubation
D. Diminution manifeste de la sensibilité réflexe ;
E. Odeur de violette des urines.
Et à l'autopsie :
1° La plupart des organes exsangues;
2» Cœur battant encore : donc pas de paralysie de cet organe.
Action stimulante et diffusidle. M. Gimbert a remarqué, en outre, d'après ses expériences, que, si l'essence d'Eucalyptus, une fois absorbée, agit comme un byposlbénisant de la moelle, elle est au contraire un excitant du grand sympatliique, et que par suite de son excitation il a une contraction plus ou moins forte des vaisseaux des organes qui, déterminant une accélération dans le cours du sang, produit une action stimulante dans la circulation capillaire.
D'après cela, il semble que l'essence d'Eucalyptus doive être placé à cjtc des stimulants diffusibles, tels que l'acétate d'ammoniaque, l'essence de menthe.
L'essence d'Eucalyptus, administrée à doses toxiques, donnerait la mort par suite de la suspension du pouvoir réflexe de la moelle: 20 gouttes pour uu pigeon, ^^ pour un lapin, au-dessus de 100 pour l'homme, constituent le minimum léthal.
Elimikation. L'essence d'Eucalyptus a deux voies principales d'élimination : \° celle des poumons ; 2° celle des reins.
C'est par la première qu'elle s'élimine de préférence. Il est d'ailleurs facile de se rendre compte de l'élimination par les poumons, en partant de ce principe que les substances étrangères à l'organisuie sont expulsi'es par les émonctoires des principes normaux de l'économie dont ils se rapprochent. Ainsi les corps gazeux s'éliminent par les poumons, et parmi les principes volatils ceux qui sont facilement oxydables s'en vont par les voies urinaires comme les substances salines. Au contraire, ceux qui s'oxydent difficilement s'éliminent par les poumons, comme l'air et les gaz : or, l'eucalyptol étant difficilement oxydable, il s'ensuit que les poumons doivent en être principalement la voie d'élimination.
Les reins en éliminent une plus petite quantité puisqu'ils sont les émonctoires des substances salines.
Applicatio.ns. .4 rintérieur. L'essence à l'état libre a été employée comme un excitant léger, un hypostliénisant et un stimulant diffusible. — Gimbert la regarde comme le produit caractéristique de l'Eucalyptus et lui donne la préférence sur les autres préparations pharmaceutiques, dans le cas où les indications pathologiques le permettent, c'est-à-dire :
« Dans les bronchites subaiguës, à latin des bronchites aiguës, dans l'asthme humide récent, dans la laryngite catarrhale, apyrélique, dans l'aphonie calarrhale, dans la phthisie chronique, la pneumonie chronique, la fin de la pneumonie aiguë, la gangrène pulmonaire, etc. »
Gimbert dit plus loin : '( L'essence donnée au début des affections catarrhales
574 EUCALYPTUS (emploi médical).
des voies respiratoires, telles que les coryzas, les congestions pharyngo-laryngées et bi'onchiqucs, en précipite l'évolution, et je suis convaincu que, dans certaines circonstances, j'ai pu les faire avorter : dans ces cas-là je donnais de trèsfortes doses de la substance. Dans la migraine, dans les spasmes de la vessie, dans ceux du larynx et de la poitrine et dans les troubles nerveux, aucune préparation d'Eucalyptus ne peut-être préférée à l'essence. »
A cause de son action hyposthénisante, Gimbert ajoute qu'elle pourrait rendre dé grands services dans le tétanos.
Gubler pense que, comme les [baumes, qui agissent directement sur les muqueuses, par lesquelles ils s'éliminent de préférence, l'essence d'Eucalyptus doit avoir une grande vertu dans les affections des voies respiratoires et aussi dans celle des voies urinaires.
Il l'administre au moyen de capsules de 15 centigrammes chacune dont il fait prendre de 6 à 20 par jour.
A rexiérieur. A l'extérieur l'essence d'Eucalyptus, à cause de sa propriété d'être un excitant léger, un substitutif, a été employée comme topique dans le ])ansement des plaies de mauvaise nature, des ulcères, des chancres phagédéniques. Ses [)ropriélés antiseptiques la font regarder en outre comme un correctif très-précieux des miasmes des appartements, de l'air vicié des salles d'hôpitaux et des odeurs désagréables de la peau.
Elle a reçu de Duquesnel une application, celle de corriger le goût et l'odeur désagréables de l'huile de foie de morue.
Voici la formule de Duquesnel pour préparer cette huile :
Huile de fjio de moruo lOOO
Essence d'eucalyptus 1
Ainsi aromatisée, elle ne possède ni l'odeur ni la saveur qui lui sont propres. Elle>st prise, paraît-il, sans dégoût, avec facilité, et ne laisse dans l'arrièrebouche comme sur la langue que le goût de l'essence qu'elle renferme.
On remarque, en outre, que les éructations odoriférantes et si désagréables de l'huile de foie de morue sont complètement modifiées.
L'essence garde assez longtemps son arôme, il faut conserver l'huile dans des flacons bien bouchés, car, exposée à l'air libre comme lorsqu'elle est étendue sur une feuille de papier, elle perd facilement son odeur aromatique pour ne conserver que la puanteur de l'huile de foie de morue.
Les propriétés de l'essence d'Eucalyptus se rapprochent un peu de celles de l'essence de cajeput, qui est retirée d'un végétal de la même famille, le MeJaleuca minor DC. et de Niaouli [M. virilijlora) : comme l'essence d'Eucalyptus, ces dernières bouillent à 175 degrés.
II. Résine Nous dirons peu de chose de la résine, qui n'a pas encore, que nous sachions, reçu d'application. Il paraît cependant qu'elle est employée par les Arabes en Algérie comme fébrifuge dans la médecine populaire.
Nous pensons qu'à l'extérieur elle pourrait être très-efficace dans le pansement de certaines plaies et entrer dans la composition d'onguents ou de topiques.
Parties NATURELLES EMPLOYÉES. 1° Feuilles. Les feuilles d'Eucalyptus, avonsnous dit, sont de deux sortes : celles qui sont opposées et sessiles, celles qui sont alternes et pourvues d'un long pétiole. L'odeur de ces deux sortes de feuilles tient à la fois de celle des feuilles du laurier d'Apollon, du camphre et
EUCALYPTUS (emploi miïdical). 375
de l'essence de menthe. La saveur en est acre, aromatique, un peu térébenthinée, tout en rappelant celle de la menthe poivrée. A cette première sensation en succède une autre, douce, sucrée, légèrement amère, n)ais fraîche en même temps.
Applications. A Vintérieur. A. Propriétés anticatarrhales. Les feuilles ont été employées avec succès dans les maladies des voies respiratoires à cause de l'essence qu'elles renferment.
Gubler donne la préférence, en fait de préparations, à leur poudre. Il l'administre sous la forme de l'opiat suivant :
Poudre de f.uiilles d'Kucalyptus i à 6 grammes.
Sirop de sucre O.S.
qu'il fait prendre dans du pain azyme dans l'espace de vingt-quatre heures.
M. le docteur Thomas, professeur aux Écoles de médecine de la Marine, a eu quelques cas de succès par l'emploi de la poudre dans la bronchite tuberculeuse. Pourtant, trop souvent les feuilles paraissent ne donner aucun résultat.
Ramel préconise l'emploi des cigares, Gimbert celui des cigarettes faites avec des feuilles hachées. Par leur usage, les vapeurs d'essence pénètrent directement dans les voies respiratoires et, suivant la dose, y produisent des effets différents :
1" A faible dose, elles sont agréables, calment la toux;
2" A dose plus forte, elles provoquent au contraire la toux.
C'est ainsi que quelques bouffées d'une cigarette d'Eucalyptus calment l'oppression, tandis qu'un grand nombre l'augmente. Le cigare est surtout utile dans les toux spasmodiques.
On peut se servir des feuilles pour prendre l'essence par inhalation, en versant sur elles de l'eau bouillante et laissant infuser.
Mais dans ce cas encore l'administration du médicament doit être modérée, car une trop grande quantité de vapeurs d'essence pourrait provoquer la toux.
Les feuilles peuvent également être employées pour faire des fumigations, en pulvérisant des décoctions un peu chargées. On pourrait créer ainsi dans des chambres de petites dimensions des atmosphères médicamenteuses dans lesquelles les malades atteints de catarrhes bronchiques seraient placés pendant un certain temps. En Espagne, M. le docteur Tristani se sert avec succès de l'infusion des feuillles contre la phthisie pulmonaire.
En Corse, Carlotti l'employait aussi contre cette affection, et il pense, en outre, que les émanations des feuilles ont une grande vertu pour la combattre.
M. le docteur Sicard (de Marseille) se sert également des feuilles, et M. le docteur Barrallier, ancien directeur du service de santé de la marine à Toulon, en préconise beaucoup la médication ; il les a employées :
1» Contre le tympanisme, dans la fièvre typhoïde, sous forme d'infusion qu'il administre en lavements. Par cette administration, les coliques venteuses ont beaucoup diminué ;
2« Contre les laryngites qui accompagnent les bronchites chroniques, sous forme de fortes infusions, dont il fait respirer les vapeurs. Ces inhalations, d'après sa recommandation et celle des médecins de la ville d'Hyères, sont trèsemployées dans cette localité.
Quand la chaleur fébrile a diminué et que l'état catarrhal s'établit, l'Eucalyptus diminue l'expectoration dans la bronchite et la rend moins purulente. Cet
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effet particulier sur l'expectoration bronchique peut rendre de grands services dans la forme fétide de la bronchite et de l'ampliysème. Gliipier cite plusieurs cas de gangrène pulmonaire et de tuberc\ilosc dans lesquels les modifications dues à l'usage de l'Eucalyptus ont été salutaires.
Les propriéte's anticatarrbales de l'Eucalyptus sont connues depuis longtemps en Australie, où l'on avait déjà signalé l'importance médicale de ce végétal dans les traitements de la phthisie pulmonaire au premier et au deuxième degré, pir les émanations que répandent les grands bois des environs de Melbourne, et on lit à ce sujet, dans ï Annuaire pharmaceutique de 1870, qu'un grand nombre de dames anglaises ont émigré \ers cette ville, dans le but de guérir leurs poumons malades, en bénéficiant de l'influence des précieuses effluves dues aux bosquets d'Eucalyptus qui l'entourent.
B. Propriété tonique et anlipijrétique. Les feuilles d'Eucalyptus, outre leur action excitante, sont encore toniques et antipyrétiques. De temps immémorial les propriétés fébrifuges de l'Eucalyptus ont été connues en Australie, où ils forment à peu près 1/18 des arbres sylvestres. On a remarqué que, dans les lieux où il est cultivé, les lièvres intermittentes ne se fout pas sentir, mais que dans ceux où il ne l'est pas les populations sont parfois décimées par leurs terribles el'fels.
C'est à la suite du voyage de circumnavigation de la corvette la Favorite que de Salvi, qui y était embarqué {Voyage autour du monde de 1829 à 1833. commandant Laplace), nous a donné le résumé suivant de son voyage : « Notre équipage fut décimé par les lièvres, dont nous prîmes les germes en explorant les Anambas du sud. Nous fûmes obligés de nous réfugier à Botany-Bay, et, pendant la traversée de vingt-neuf jours, nous perdîmes trente-deux hommes. Aussitôt arrivés au mouillage, la corvette fut évacuée. Comme il n'existait pas alors d'hôpital, nous fûmes accueillis par les habitants, qui nous offrirent l'hospitalité la plus large et la plus bienveillante et prirent à honneur de nous soigner avec le plus grand dévouement. Malades et bien portants furent soumis au même régime, c'est-à-dire que nous devions, dans la journée, boire 1 litre d'infusion de feuilles d'Eucalyptus, et nous en ressentîmes bientôt les heureux effets, car pendant notre séjour à Botany-Bay, qui fut de quarante-deux jours, nous ne perdîmes qu'un seul homme, qui était gravement malade à noire arrivée, «
Depuis son introduction en Europe l'Eucalyptus, dans tous les pays où on le cultive, a produit d'heureux effets dans le traitement des lièvres inter mittentes.
En Espagne, on l'a multiplié en grand dans les jardins, promenades publiques, surtout à Valence, où on en fait un très-grand usage contre les lièvres paludéennes. M. le docteur Tristani dit qu'il y est connu sous le nom d'arbre de la fièvre. Des plantations ont été faites également à Séville et Cordoue. Dans cette dernière localité, on emploie des feuilles vertes aussi en infusion, et on assure qu'il n'y a pas un seul cas rebelle au traitement de cet excellent fébrifuge.
En Autriche, le docteur Lorinser (de Vienne) a employé l'Eucalyptus sous forme d'alcoolature dans les fièvres intermittentes, et, d'après lui, sur 55 cas constatés sur les bords du Danube, 45 furent guéris par l'alcoolature d'Eucalyptus. 11 ajoute que cette préparation est surtout très-importante dans les cas rebelles à l'action de la quinine, lesquels ne résistent pas à celles de l'Eucalyptus.
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En Corse, Carlotti s'est livré, de son côté, à la culture de l'Eucalyptus, et l'a employé avec succès dans les fièvres intermittentes.
Il a employé la décoction des feuilles pour arrêter les fièvres graves, l'infusion pour combattre les affections spasmodiques, l'alcoolature et l'extrait aqueux pour prévenir les récidives ou produire une action tonique. M. Carlotti a également remarqué que le caractère de l'Eucalyptus dans le traitement des fièvres est de guérir surtout celles qui sont rebelles à l'action du sulfate de quinine et de ne pas laisser survenir de rechute après le traitement.
Une bonne préparation, quand ou veut obtenir un effet tonique, est l'extrait alcoolique. 11 donne facilement une masse pilulaire qui est très-utile, d'après Gimbert, lorsque les malades sont affaiblis, car les pilules excitent l'appétit et réveillent les forces.
Les feuilles d'Eucalyptus ont été de même employées avec succès, en Algérie, contre les affections palustres.
M. le docteur Castan, aujourd'hui doyen à la Faculté de médecine de Montpellier, a fait paraître, dans le Montpellier médical, les résultats de l'emploi des feuilles d'Eucalyptus globuliis qu'il a obtenus à l'hôpital Saint-Eloi, dans l'automne de 1874.
'( L'efficacité de l'Eucalyptus dans le traitement des fièvres intermittentes, ditil, ne saurait pour nous être mise on doute. Sur 27 cas, nous en avons eu 15, c'est-à-dire plus de la moitié, parfaitement guéris par ce moyen. Ajoutons que les essais étaient faits dans des conditions qui ne nous paraissent laisser place à aucune hésitation. Nos fièvres étaient toutes des fièvres automnales, c'est-à-dire des fièvres ne présentant aucune tendance à une giiérison spontanée.
Presque toutes avaient été contractées dans un pays essentiellement marécageux, ce qui leur donnait une plus grande gravité : en effet, beaucoup de nos malades avaient été atteints antérieurement de fièvres intermittentes. Un agent qui, dans ces conditions, guérit 15 fois sur 27, a bien évidemment une action thérapeutique incontestable, etc.
Un fait qui nous a frappés et dont l'explication nous parait encore difficile à donner, c'est le succès qu'obtenait plus lacilement l'Eucalyptus dans les fièvres récidivées, c'est-à-dire dans les fièvres dont la guérison est toujours plus pénible : sur les 15 succès obtenus, 8 l'ont été en effet dans les affections placées dans ces conditions. )>
M. Castan ajoute que l'Eucalyptus a néanmoins une action inférieure à celle du quina : dans le cadre des antipériodiques, il le place immédiatement après lui. " Ce qui le rend très-précieux, c'est qu'il est parfaitement toléré par le tube digestif. M. Castan n'a jamais vu survenir, eu effet, par son emploi le moindre accident, pas même les phénomènes nerveux, surdité, tintements d'oreille, vertiges, etc., que produit le quinquina : aussi à cet égard lui accorde-t-il une supériorité sur ce dernier.
M. Adolphe Brunèt donne dans sa brochure 16 observations dans lesquelles l'Eucalyptus a amené la guérison de la fièvre intermittente. C'est l'infusion de feuilles, éduleorée avec du sirop de sucre, qu'il a employée à l'hôpital de Montevideo. Il en faisait prendre matin et soir. Elle était faite avec :
Feuilles S grammes.
Eau bouillanle 120 —
A l'extérieur. Les feuilles, à cause de la propriété qu'elles ont d'être un
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irritant léger, un substitutif, ont été utilisées dans le pansement des plaies de mauvaise nature. Gubler se loue beaucoup de leur emploi, ainsi que Gimbert, qui les a employées dans plusieurs affections chroniques de la peau, telles qu'ulcères variqueux, eczémas humides, plaies syphilitiques et gangreneuses.
L'action trop excitante des feuilles, qui s'explique par la grande quantité d'essence et de résine qu'elles renferment, nécessite la suspension rapide du traitement. Mais, si les feuilles sont trop actives, nous pensons qu'elles pourraient servir à préparer, par digestion, un onguent qui serait certainement très-a'^antageux dans la médication excitante, et qui pourrait être placé à côté de l'onguent styrax.
Les fruits étant plus résineux que les feuilles pourraient également servir à la préparation de cet onguent.
L'application directe des feuilles se pratique de la manière suivante :
Les feuilles sont froissées dans les mains, débarrassées de leur nervure médiane, après quoi on les place sur les plaies à la manière de bandelettes de diachylon. Elles constituent ainsi un excellent pansement occlusif et compressif, qui a la vertu d'être en même temps stimulant, cicatriciel et désinfectant. L'alcoolature de feuilles d'Eucalyptus est aussi très-efficace comme cicatrisant et désinfectant. Cette préparation et l'eau distillée ont été employées avec grand succès par Demarquay dans le pansement des plaies, comme antiputrides : à la Maison municipale de santé de Paris, il a obtenu les meilleurs résultats dans les cas même où les autres agents avaient échoué. Demarquay pense que Yeucahjptol agit à la façon des huiles essentielles et des camphres en arrêtant par sa présence et son contact le dédoublement des produits organiques coagulables et en enveloppant le pus dans une sorte d'atmosphère qui le frappe d'inertie {anliseplie).
Écorce. L'écorce de l'Eucalyptus i-enferme comme les feuilles de l'essence, de la résine, et, par suite, elle est susceptible de recevoir les mêmes applications. Aussi, ce que nous avons dit à propos des feuilles pouvant se rapporter à l'écorce, nous terminerons ici les applications de l'Eucalyptus à la thérapeutique.
De C Eucalyptus au point de vue hygiénique comme moyen d'assainissement des contrées morbigènes. A toutes les propriétés que nous venons d'énuniérer ['Eucalyptus globulus en joint une autre, non moins précieuse, celle d'assainir les contrées malsaines où on le cultive. « L'Eucalyptus globulus, dit Fremy, a une valeur considérable sur la terre d'Afrique ; il a en outre l'avantage d'exercer une influence favorable sur la salubrité des contrées où on le multiplie ». De telle sorte qu'un pays qui serait voisin de ces plantations pourrait échapper à une influence épidémique.
Nous lisons également dans le tome XVlll du Bulletin de la Société botanique de France (1851) que « des plantations importantes d'Eucalyptus, faites par les soins de Saulière, en Algérie, ont si heureusement modifié les conditions hygiéniques de certaines exploitations industiielles, que le personnel des ouvriers, naguère constamment éprouvé par les fièvres, n'en présente plus maintenant aucun cas ».
En Australie, on lui attribue l'absence de fièvres dans les endroits où on le cultive en grande masse. En Corse, en Espagne et au Cap de Bonne-Espérance, on a commencé à constater également son heureuse influence à dissiper les fièvres intermittentes. En Nouvelle-Calédonie, où les Melaleuca doués des mêmes propriétés croissent en abondance, les mêmes effets bienfaisants sont ressentis.