INDICES INDICES
^ Hoitentots el Boschismans 72,12
"'"• ( Cafres 72,54
f France méridioiiale (caverne de l'Homme mort) 73,22
^ Bengalais 73,30
0,73. • France (Gro-Magnon; diluvium de Paris) 75,34
/ iN'ègres (Afrique occideulale) 75,40
V Nubiens (ile d'Élephantine) 73,72
o ,. \ Arabes 74,06
"''*• I Kabyles 74,65
2° Sous-dolichocéphales.
France septentrionale (pierre polie) 73,01
Papous 73,07
Bohémiens de Roumanie 75,2%
0,75. ^ Corses d'Avapessa (dix-huilième siècle) 73,35
Guanches 73,53
Egypte ancienne; 73,58
Polynésiens 73,68
Tasmaniens 76,01
Slaves du Danube 76,18
France (Mérovingiens) ■ . 76,5C
0,76, <J Egypte moderne (Coptes) 76,,"9
Chinois. 76, 6y
Malgaches 76,89
France (Gaulois de l'âge du fer) 76,93
0,77. Basques espagnols (Zaraus) 77,62
3° Mésaticéphales.
Mexicains non déformés 78,12
Roumains 7S,3t
Gallo-Romains 78,35
Normands du dix-septième siècle 78,77
Parisiens du dis-neuvième siècle 79,00
Malais (autres que les Javanais) 79,02
Amérique méridionale (non déformés) 79,16
0,79. { Parisiens du douzième siècle 79,18
Amérique septentrionale (non déformés) 79,23
France septentrionale (âge du bronze] 79,30
Français du seizième siècle 79,56
4° Sous-brachycéphales,
) ^•'si'ifis français 80,25
'®°- 1 Eïthoniens 80,39
Bas-Bretons (Côies-du-.Nord; cantons bretonnanls).. . . 81,23
Mongols divers (ïartares, etc.) 82,40
Turcs 81,49
Javanais (collection Vrolich) 81,61
( Bretons (C6tes-du-Nord ; cantons Gallois) 82,03
0,82. Paisses divers (Russie d'Europe) 82,81
( .Alsace et Lorraine 82,93
0° Brachxjcéphales.
\ Indo-Chine 83,31
' ■ / Finnois . . . . , 85,69
\ Auvergnats i ossuaire de Saint-Nectaire) 84,07
"'**• I Bavière et Souabe 8i,82
\ Lapons 83,63
' ( Syriens de Gébel-Cheick (légèrement déformés).. . . . 83,93
Broca ajoute que l'Ame'rique lui a fourni plusieurs séries de crânes déformes dont les indices moyens varient de 93,00 à 105,00, mais nous n'avons pas ici à en tenir compte.
Ce tableau, dressé par le maître si prématurément enlevé à la science, prête aux mêmes observations que le précédent.
On voit d'abord qu'à s'en tenir aux centièmes on passe des dolichocépbales vrais aux brachycéphales avec une régularité remarquable, les indices croissant à chaque fois de 1/100 seulement. Seulement, on voit en outre que la même accolade réunit des groupes que l'ensemble de leurs caractères a fait avec raison placer bien loin les uns des autres dans les classilications anthropologiques (Esquimaux et Néo-Calédoniens ; Français et Nègres d'Afrique; Français et Papous, Bas-Bretons et Mongols...).
Lorsqu'on pousse l'approximation jusqu'aux dix-millièmes, comme a fait Broca, on voit encore mieux combien sont parfois petites les différences existant entre des groupes d'ailleurs essentiellement distincts. Des Français de la pierre polie aux Papous, cette différence est seulement de 0,0006; de 0,0002 des Parisiens actuels aux Malais...
On voit encore que l'entre-croisement des groupes, et par conséquent du caractère qui sert ici à les classer, s'accroît ù mesure que l'on porte l'approximation plus loin. Si l'on s'arrête aux centièmes, les Français de l'âge du bronze, ceux des douzième, seizième et dix-neuvième siècles, restent encore réunis, mais, si l'on pousse jusqu'aux dix-millièmes, des Malais et des Américains du Sud et du Nord viennent s'intercaler entre eux.
Enfin, ici le tableau n'exjirime que les moyennes prises sur des nombres parfois considérables (125 Parisiens du douzième siècle ; autant du dix-neuvième siècle, 117 du seizième siècle; 88 Auvergnats; 81 Egyptiens; 36 Américainsdu Nord; 81 Polynésiens...). La moindre réflexion suffit pour faire comprendre que, si on avait mis en série les indices de tous les individus ayant foui'ni cesmoyennes, les termes de cette série différeraient les uns des autres souvent demoins de 0,0001 et que le mélange des groupes serait encore plus accusé.
Certes, là fusion elV entre -croisemeiit s'accusent ici avec une évidence impossible à nier. Or, que l'on j)renne un à un tous les caractères pouvant s'exprimer en chiffres, et on arrivera toujours aux mêmes résultats. C'est ce que j'ai montré bien souvent dans mes cours et dans quelques-unes de nos publications.
S'il s'agissait de groupes animaux ou végétaux, reliés par les rapports que je viens d'indiquer, pas un zoologiste, pas un botaniste n'hésiterait à les regarder comme autant de races d'une seule et même espèce. A moins de vouloir fairede l'homme une exception, l'anthropologisle doit conclure de même.
Sans être entré dans les considérations et les détails précis que je viensd'indiquer, en s'en tenant à une vue d'ensemble des divers groupes humains,. Darwin reconnaît que ces groupes passent de l'un à l'autre par nuances insensibles, alors même qu'il n'y a pas eu de croisement entre eux. 11 constate l'énorme désaccord qui existe entre les polygénistes relativement au nombre de leurs espèces humaines. Il déclare qu'il y a des difficultés insurmontables à les définir. II voit même dans ces faits l'argument le plus puissant à opposer à ceux qui veulent considérer les races humaines comme des espèces, et c'est là surtout ce qui le conduit à une conclusion monogéniste, comme je le dirai plus loin.
Ainsi, sans sortir du terrain de la morphologie, nous trouvons de sérieuses raisons pour admettre comme démontrée l'unité de l'espèce humaine. La^ physiologie va nous apporter bien d'autres arguments eu faveur du monogénisme.
ESPKCE HUMAINE. 55
II. Faits et considérations physiologiques. A. Durée de la gestation. Lu premier fait important à signaler, c'est que la durée de la gestation s'e^t montrée la même dans tous les groupes humains étudiés à ce point de vue. Or nous avons vu que les polygénistes avaient été obligés, sous peine de manquer à la logique, de mulliplier considérablement leurs prétendues espèces humaines. Ne serait-il pas étrange que, dans toutes ces espèces, le développement fœtal se fît précisément dans le même temps? 11 n'en est pas ainsi chez les Mammifères. Là, d'une espèce à l'autre, dans le même genre, la différence de durée de la gestation est parfois très-considérable. On sait combien est grande la ressemblance de certains chiens avec le loup, si bien qu'un certain nombre de naturalistes ont regardé ce dernier comme la souche sauvage des premiers. Mais la louve porte au moins cent jours ; la chienne soixante-trois seulement.
B. Époque de la puberté. J'ai rappelé plus haut que parmi nos races animales domesti(jues il en est de précoces et de tardives. Les groupes humains présentent des faits analogues. Chez eux le développement de l'individu ne marche pas partout avec la même vitesse et la puberté an ive à des âges différents. Ce moment, difficile à apprécier chez l'homme, peut au contraire être fixé avec précision cliez la femme par l'apparition des règles. Or les renseignements recueillis sur ce point fournissent encore quehjues-unes de ces données numériques si propres à réfuter les assertions des polygénistes, qui ont voulu voir un caractère spécifi({ue dans la hâte ou le retard de ce phénomène physiologique. On peut en juger par le tableau suivant :
AGE DE LA PUBERTÉ CHEZ LES FEMMES DE DIVERS GROUPES nUMAL\S