FECONDITE
à l'aide d'une seringue approprie'e, fut suivie de grossesse (Gigon, la Réforme médicale; Paris, 1867, '29 sept., n» 37. Les n«^ des 18 et 27 août 1867 de ce recueil publient aussi des observations analogues de MM. Lesueur et Delaporte).
On trouvera, du reste, tous ces faits rassemblés et bien discutés dans la thèse de M. P. T. Gigon iils (Essai sur la fécondation artificielle chez la femme dans certains cas de stérilité; Paris, 1871, in-4", n» 162, p. 1 à 48, avec une planche).
Le professeur Pajot {Archives générales de médecine, 1867, t. IX, p. 217) a repoussé d'abord cette opération pour obvier à la stérilité d'origine utérine, à cause de ses procédés qui répugnaient à beaucoup et souvent presque impossibles à proposer.
« Aujourd'hui (1877), il la considère comme applicable à certains cas après l'emploi de tous les autres moyens rationnels.
« Mais les simplifications apportées par l'application du nouvel instrument appelé fécondateur en font une pratique proposable.
« Les rapports sexuels, avec ce procédé, restent naturels, et l'intervention médicale se réduit, pour la femme, à une simple application de spéculum.
({ Cette opération, pour M. Pajot, n'est qu'une ressource ultime, quand les causes de stérilité curables ont été traitées méthodiquement chez les deux individus.
« La fécondation artificielle n'est nécessaire que chez deux ou trois femmes sur cent. »
Sans parler du travail de M. Gigon, M. Piquantin (Contribution à l'étude de la stérilité, etc.; thèse de Paris, 1873, in-4", p. 5i) cite la fécondation artificielle comme moyen de traitement de la stérilité, mais uniquement pour la repousser, sans raisons plausibles du reste.
Cet article doit se borner à noter ce qui peut suffire pour relier l'élude des phénomènes naturels de la lécondation observés dans le genre humain à ceux qui ont été observés sur les autres mammifères, et pour montrer comment leur étude, faite sur ces derniers, éclaire celle des actes qui se passent dans l'économie humaine. Mais ces fécondations n'étant et ne pouvant être mises en usa^-e que pour faire cesser la stérilité sans infécondité, c'est à l'article Stérilité crue seront décrites les indications et contre-indications, ainsi que les instruments et les procédés opératoires qui se rapportent à ce sujet spécial [voij. Œuf, Sexe Sexdamté, Stérilité). Ch. Hobin.
BiBLioGBArHiE. — Outre Ics travaux cités dans cet article, voyez les Traités de physiologie dont presque nul du reste ne s"est placé au niveau de la science sur ce sujet. Voyez aussi la bibliographie des articles Génébation, Menstruation, Œuf, Sperme et Stéuihté. . ]\.
FÉCONDITÉ. L'aptitude à la reproduction ayant été exposée d'une façon complète dans l'article Fécondatio.n, nous devrions étudier ici non-seulement la mise enjeu de cette faculté qui a pour limites extrêmes d'une part la fertilité portée à son summum d'intensité, et d'autre part la stérilité, mais encore les influences qui en font varier les résultats.
Nous ne pouvons ici nous livrer à cette étude qu'on trouvera magistralement faite aux articles Mariage, Natalité, CoiXsakguimté. (Voy. De la fécondité des mariages, p. 29, t. V. De l'influence de l'âge des époux sur la fécondité des mariages, p. 32 et sn'iv. même volume. ISatalité générale. Natalités légitime et illégitime. Natalité à chaque âge des mères. Mouvement de la natalité. Inégale proportion des femmes appelées à la maternité. Natalité comparée dans
DICT. EXC. 4° s. \. 26
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chacun des mois de Vannée. Naissances mulLiples. Rapport entre l'aisance et la natidité. Des causes générales qui agissent sur la natalité. Influence du climat, etc., p. 444 et suiv., t. XI, deuxième série.)
Ainsi qu'on le voit, M. Bertillon ne nous a rien laissé à faire, car il a envi sage cette question si vaste et si complexe sous toutes ses faces en s'attaquant à son expression ultime, c'est-à-dire, ses résultats. 11 nous serait impossible, en ce moment, de combler les lacunes qu'il a signalées lui-même, parce que les matériaux qui lui manquaient alors nous fout également défaut en ce moment. A l'époque seulement où l'importance des études démographiques sera comprise par tous, il sera possible de connaître avec exactitude et précision les rapports qui existent entre le nombre des naissances et les trois grands facteurs dont les influences sont manifestes : l'état de l'individu ou des individus, l'état de la société et enfin l'état des circonstances extérieures indépendantes de l'homme Itii-mème. Pinard.
FÉCULE. La plus importante de toutes les substances contenues dans les cellules végétales, tant eu raison de son abondance que du rôle qu'elle y joue et de l'utilité que nous en retirons, est la fécule. Cette abondance est telle qu'on aurait peine à trouver un végétal qui n'en contînt une certaine proportion à un moment donné. La quantité de fécule qui se produit ainsi est variable ; c'est elle que la culture cherche à développer, et c'est la facilité plus ou moins grande avec laquelle les végétaux se prêtent à cette production qui détermine la qualité de ceux qu'on appelle végétaux alibiles.
Les mots fécule et amidon sont fréquemment employés l'un pour l'autre, et les auteurs qui prétendent établir une distinction entre eux ne sont pas d'accord. Bans le commerce, le mot amidon employé seul signifie amidon de blé; et le mot fécule se rapporte à la fécule de pommes de terre. Pour celle qui est extraite des autres végétaux, on se sert ordiiiairement du mot fécule, auquel on ajoute le nom du végétal qui l'a produite ; c'est ainsi qu'on dit fécule de manioc, de mal'anta, etc., etc. Pour quelques auteurs, on doit dire amidon toutes les fois qu"il s'agit de céréales ; ainsi on écrira amidon de maïs, de riz, etc. Ces distinctions n'ont pas d'importance.
On récolte la fécule dans des parties très-différentes des végétaux, et qui sont les suivantes :
1° Graines. Les graines sont par excellence le i^éservoir de fécule que l'homme exploite à son profit. Les principales sont surtout les céréales. Les autres plantes dont les graines peuvent concourir à l'alimentation sont le sarrasin ou blé noir {Fagopyrum esculentum, Mœnch. Polygonées), le quinoa {Chenopodium quinoa, L. Chénopodées) employé dans l'Amérique du Sud ; le groupe des Légumineuses ; le châtaigner [Castanea vesea, L. Amentacées) et quelques autres arbres, d'importance moindre que le châtaigner sous ce rapport. Dans la plupart de ces graines, la fécule se trouve mélangée à de la substance azotée alibile; aussi, le plus souvent, se garde-t-on bien de l'extraire à l'état de pureté. On se contente de réduire la graine en poudre, dont on sépare les débris périspermiques à l'aide de tamis ou blutoirs.
2" Frndts. Les fruits du bananier {Musa paradisiaca L., M. Sapientum L., M. Sinensis Sw., Musacées), qui contiennent d'abord de la fécule que la maturation transforme en sucre.
3° Tiges. C'est surtout au centre de la tige que la fécule se produit en assez
grande quantité pour être utilisée. Tels sont les sagoutiers de la famille des palmiers, et quelques Cycadées, dont la fécule abondante est utilisée dans les pays où croissent ces végétaux.
4° Parties souterraines. Les plantes exploitées pour la fécule accumulée dans les organes non aériens sont nombreuses. Les plus importantes sont : la pomme de terre {Solanum tuherosum h. , Solanécs) ; la batate [Batatas edulis Ghoisy, Convolvulacées) ; les ignames {Dioscorea alata L., D. Batatas, Dioscoréacées) ; le manioc {Manihot Aipi Pohl) ; le tapioca [Manihot iitilissima Pohl) ; l'Arrow-root [Maranta arundinacea L., Cannacées ou Marantacées), etc.
La. fécule ne se trouve pas iuditiércmmcnt à toutes les époques de la végétation de la plante. Poui' cette dernière, elle joue le rôle de réserve alimentaire qui est utilisée dans deux circonstances ; tantôt pour faire les frais de la floraison et surtout de la fructification : c'est la fécule disséminée dans le végétal adulte ; tantôt pour fournir à la jeune plante un aliment approprié à sa foiblesse : c'est la fécule qui se trouve dans les graines. C'est donc avant la fructification qu'il faut chercher à la recueillir dans le premier cas, et avant la germination dans le second.
Constitution de l'amidon. Il en a été parlé déjà au mot Amidoa', mais nous ne pouvons nous dispenser d'y revenir ici avec des détails particuliers. L'amidon présente l'apparence de grains de formes différentes, suivant les cii'constances dans lesquelles ils se produisent, et dont la structure peut être étudiée en examinant un des gros grains de la fécule de pomme de terre. Vus au microscope, avec un grossissement de cent à deux cents diamètres, ces grains ont la forme d'un corps transparent, formé par une substance réfringente, irrégulièrement ovoïde, qui porte sur son extrémité la plus petite, et à une certaine dislance du bord un point noir appelé hile {voy. A, fig. 1). Ce hile est le centre de liones courbes peu apparentes qui paraissent être à la surface du grain, mais qui, en réalité, ne sont que la trace des différentes couches qui le forment et qui ne changent pas quand on fait tourner celui-ci. Cette expérience démontre d'une manière certaine que ces stries ne sont pas à la surface, mais bien dans l'épaisseur du grain, qui est parfaitement transparent.
Cet aspect ne peut s'expliquer que par la structure admise généralement aujourd'hui pour les grains de fécule. Il est bien démontré que le hile est le point autour duquel viennent se déposer des couches successives de matière féculente qui seraient régulièrement disposées en forme sphérique, si ce hile ou point central était symétrique de tous côtés, mais il n'en est pas ainsi ; pour une raison gui reste à trouver, les couches se déposent en général avec plus de difficulté d'un côté • il en résulte que le grain de fécule devient pyriforme , et que le hile est excentrique. Ce mode de structure n'a pas toujours été admis. Un grand nombre d'hypothèses différentes ont été proposées par les micrographes. Yoici les principales •
Leuwenhoek croyait que chaque grain était formé par une vésicule renfermant un liquide. Raspail, en 1825, admit aussi l'enveloppe, dont les plissements formaient les stries dont nous avons parlé. Le hile était le point d'attache à la cellule. Le contenu du grain de fécule était une matière gommeuse. 11 est f;iciîe de démontrer l'inexactitude de cette description. En particulier, l'aspect des stries ne' resterait pas le mèiÀe quand on fait tourner le grain sur lui-même, si ces stries étaient à la surface, et non dans l'intérieur du grain à des profondeurs diverses. Enfin, si le hile était réellement le point d'attache du globule féculent à la cellule qui le contient, ce hile serait à la surface, et non dans l'intérieur du "rain
En 1834, Fritzsche formula la théorie exposée plus haut, et généralement adoptée par les botanistes. Dans cette théorie, le hile est le noyau primitif, el les couches externes sont les plus récentes et les plus denses.
Payen, en 1858, a exposé une théorie qui a été longtemps admise. D'après lui, les couches externes du grain sont les plus anciennes, et celles qui entourent
Fig. 1.
A. Globule de fécule de pommes de terre sur lequel on voit le liile et les couches qui lui sont concentriques.
B. Même globule dont le hile a l'aspect d'une tache lumineuse. Cet effet s'obtient ea variant la mise au point et montre que le hile n'est pas un noyau opaque.
C. D, E. Amidon de blé. — C. Le même globule vu successivement de face et de côté, pour montrer sa forme aplatie. — D. Globule vu de trois quarts. On voit au centre quelques lignes longitudinales qui proviennent des irrégularilés de la surface, et qu'il ne faut pas prendre pour un hile linéaire. — E. Petits globules de fécule du blé. Ces globules sont fort différents des premiers. Ils sont souvent accolés deux à deux, et lorsqu'ils se séparent, ce qui se produit facilement, ils ont tout à lait la forme d'un dé à coudre qui serait massif. D'autres ont la forme d'un dé à coudre qui serait renfle à son sommet. Quelquesuns sont cylindriques, terminés par deux faces planes. Pour bien voir cette fécule semi-polyédrique, il faut un grossissement de oOÛ diamètres. Il faut se garder de la confondre avec les fécules polyédriques du riz, du sarrazin ou du maïs.
le hile les plus récentes. Celles-ci en s'accroissant distendent toutes les autres. On ne conçoit pas, dans cette hypothèse, comment pénètre la substance féculente jusqu'au hile, car celui-ci ne communique certainement pas avec l'extérieur par un canal, comme l'admettait Payen. Cette théorie, toutefois, rendait très-bien compte de la très-grande compression que les couches de fécule éprouvent et
subissent les unes de la part des autres. Elle s'accorde également avec ce fait bien établi, que les couches voisines du hile sont les moins denses et les moins résistantes.
Pour M. Nœgeli, le grain de fécule est formé par une memlirane externe, ayant la forme d'une vessie, à la paroi interne de laquelle se sécrète la matière amylacée; le hile est le dernier point formé. Cette théorie, abandonnée par son auteur, est admise aujourd'hui par M. Trécul, qui l'a développée avec beaucoup de talent. D'après lui, le hile serait une cavité résultant de l'obstruction croissante de celle de la cellule, par suite du dépôt successif des couches déposées sur sa paroi.
La structure stratifiée de la fécule est encore démontrée par l'action de la chaleur sur ces grains quand ils sont secs. Dans ce cas, en effet, les couches éclatent et se séparent, comme pourrait le faire un gâteau feuilleté formé par des couches successives de pâte, appliquées sur un noyau central. Un de ces grains a été dessiné à l'article Amidon {voy. ce mot) ; et pour mieux faii'c comprendre sa structure, il a été ombré comme le serait un corps opaque.
La fécule de pomme de terre est très-commode pour étudier cette structure , et les grains qui la composent peuvent être pris pour type ; toutefois les fécules qu'on rencontre dans les différents végétaux présentent de nombreuses variétés de formes et de dimensions. Ces différences n'ont pas une grande valeur au point de vue physiologique, car le rôle, les propriétés et la composition de toutes ces fécules sont toujours identiquement les mêmes; par contre elles ont une importance considérable au point de vue des sophistications dont nos aliments sont incessamment l'objet, car le microscope permet de les reconnaître avec certitude. Il est donc nécessaire d'en dire quebjues mots.
Le volume des grains de fécule est variable. Quelle que soit la théorie que l'on admette au sujet de son mode de formation, il est certain que ce grain commence par être fort petit, puis s'accroît progressivement, pour arriver à une dimension qu'il ne dépasse pas, et qu'on désigne par analogie par les mots : état adulte. Il résulte de là que dans un même végétal on peut, suivant la période de végétation dans laquelle il se trouve, trouver toutes les dimensions comprises entre celles des plus fines granulations qui sont le point de départ du grain de fécule, et son état adulte proprement dit. Si donc on veut étudier dans les différents végétaux les rapports des dimensions des grains de fécule entre eux, ce sont les plus gros qu'il faut examiner à l'exclusion des autres, en choisissant pour cette étude l'époque de la végétation qui a permis à ces grains d'acquérir leur entier développement. Voici d'après Payen les dimensions de? principaux grains de fécule :
DIMENSIONS DES GRAINS DE FECULE d' APRÈS PAYEN.
Grosse pomme de terre de Rohan O'°",18o
Pommes de terre diverses 0,140
tlaranta arund'inacea (Arrow-rool) . . . . 0,140
Sagou importé 0,070
— frais 0,04o
Grosse fève 0,073
Lentille 0,067
Haricot 0,065
Gros pois 0,030
Blé blanc 0,030
Batata 0,04i5
Gros maïs 0,030
Gros millet 0,010
Graine de betterave 0,004
Graine de Chenopodium Quinoa 0,002
On peut voii^ d'après ce tableau combien la différence de volume est grande, car les premiers sont visibles à l'œil nu, et les derniers sont plus petits que les corpuscules du sang de l'homme. La fig. 2 représente ces deux extrêmes. En A se trouve un grain de la fécule placée en tête du tableau par Payen, et au-des-
Fig. 2.
A. Gros grain de fécule de pomme de terre de Rohan.
B. Grains de fécule du Chenopodium quinoa. Ces deux grains figurent à la tête et à la fin du tableau dressé par Payen, à propos des dimensions des grains de fécule dans les différents vé'^élanx.
C. Fécule de seigle. Quelques foutes se sont produites par dessiccation autour du hile.
D. E, F. Fécule de haricot. — E. Le même globule vu avec le hile longitudinal noir ou lumineux suivant la mise au point. — F. Fentes produites par dessiccation. La première fente se forme sur le hile (lig. G), les autres {(ig. H) sont perpendiculaires à la première et plus étroites à leur extrémité.
sous, en B, se trouvent trois ou quatre grains de fécule de Chenopodium quinoa ; tous deux sont vus au même grossissement de 200 diamètres.
Tous les grains de fécule qu'on rencontre dans le règne végétal peuvent se diviser en trois groupes principaux qui vont être décrits sommairement, et dont les caractèi"es ne sont bien tranchés que dans les gros grains parvenus à leur entier développement. Ces caractères font défaut, ou sont très-difficiles à saisir dans les grains en voie de croissance : c'est une nouvelle raison pour que dans l'étude des fécules on dirige exclusivement l'attention sur les grains volumineux de l'espèce examinée.
Premier groupe. Il a pour type le grain de fécule de pomme de terre
(lig. 1, A). Ce grain est pyriforme, imparfaitement symétrique, lehile cstpunctiforme, excentrique, situé vers l'extrémité la moins volumineuse. Les stries sont très-apparentes, surtout quand on diminue l'éclairage du champ du microscope en se servant d'un petit diaphragme.
Ces stries ne forment pas un caractère constant, elles peuvent être plus ou moins accentuées, et même disparaître presque complètement. Tel est le cas de l'amidon, du blé (fig. 1, C-D). Dans ce dernier, on observe souvent des grains aplatis en forme de disques, et qu'il faut observer successivement lorsqu'ils sont posés à plat sur le porte-objet, ou lorsqu'ils sont placés de champ, sur la tranche (fig. 1, C). C'est à ce type que se rapportent les diverses fécules disséminées dans toutes les parties de la plante, et qui sont ordinairement formées de grains très-petits, dans lesquels le liile devient difficile ou impossible à apercevoir.
Deuxième groupe. Le deuxième groupe est caractérisé pas sa forme plus symétrique. Le volume des deux extrémités est le même, et le grain est ovoïde et ressemble assez bien à un grain de blé à extrémités obtuses et semblables. Le hile surtout est différent. Il a la forme d'une petite ligne allongée, parallèle à l'axe du grain, et dont il occupe la partie centrale (fig. 2,D). Lorsque le grain de fécule n'a pas été desséché, et surtout quand il est encore frais, ce hile pifrait formé par une sorte de bourrelet de matière féculente et qui, suivant qu'on hausse ou qu'on baisse le microscope, apparaît comme une ligne lumineuse ou obscure (fig. 2, E).
Lorsque ces grains de fécule sont desséchés, une fente longitudinale se produit exactement à la place qu'occupait le hile. Cette fente a sa plus grande largeur à la partie moyenne, et se termine en pointe (fig. 2, F). Il arrive assez souvent que des fentes secondaires se produisent perpendiculairement à la première. Ces fentes sont toujours plus petites, se terminent en pointe par leur extrémité périphérique, et vont toujours en s'élargissant jusqu'au point où elles viennent aboutir à la lente centrale qui est en général plus large. Ces fentes perpendiculaires à l'axe ne se trouvent pas ordinairement situées en face les unes des autres, ce qui. démontre qu'elles sont de formation postérieure à la fente centrale (fig. 2, F).
La manière dont ces fentes se produisent par la dessiccation démontre que la substance qui avoisine le hile se contracte davantage par la dessiccation que la substance périphérique. Ce fait est général, et «'observe aussi sur les grains de fécule du premier groupe, autour du hile desquels se forment des fentes étoi. lées. Ces dernières fentes du reste sont beaucoup plus rares et moins profondes.
Le hile linéaire et les fentes qui viennent d'être décrits sont tout à tait caractéristiques, et permettent de distinguer avec certitude les fécules de ce oroupe qui se rencontre dans toutes les légumineuses.
Troisième groupe. Nous avons dit que la fécule se déposait dans la cellule végétale, et la fig. 5 montre en A une cellule de ce genre, remplie de grains féculents. Dans les groupes que nous venons d'examiner, les grains de fécule ne sont pas assez nombreux dans la cellule pour être serrés les uns contre les autres, et prennent en se développant la forme sphéroïdale. Mais il n'en est pas toujours ainsi et dans quelques végétaux leur abondance est telle qu'ils sont pressés les uns contre les autres et deviennent polyédriques par compression absolument comme les calculs biliaires de cholestérine quand ils sont nombreux. Ces polyèdres sont en général irréguliers, à angles plus ou moins mousses sui-
FECULE,
vant le degré de compression qui les a produits (fig. 4, A). 11 arrive quelquefois même que le degré de compression est suffisant pour que les grains contractent un certain degré d'adhérence et restent réunis, bien que la cellule qui les contenait ait disparu. On a confondu quelquefois ces agglomérations avec des grains
Fig. 5.
A, B. Fécule de haricots contenue dans les cellules où elle s'est formée. — A. Cellules entières remplies de gi'ains de fécule. — B. Cellule brisée, dont le contenu s'est échappé, et qui ne renferme plus qu'un seul grain de fécule.
C, D. Fécule d'avoine. — C. Contenu d"une cellule restant aggloméré, malgré la destruction de cette dernière. - • D. Môme figure, dont les grains de fécule polyédriques se désagrègent. Ces grains, trèspetits, doivent être étudiés avec un grossissement de 500 diamètres.
de fécule proprement dits, mais il est facile de les distinguer, parce que les surfaces de jonclions des globules sont toujours visibles et qu'on peut en obtenir la désagrégation (fig. 3, C).
En général, les grains de fécule polyédriques sont très-petits, et se reconnaissent aux caractères que nous venons de donner. Tels soni ceux de riz, sarrasin, maïs, avoine, etc.
La compression qui donne naissance aux facettes des grains polyédriques peut être plus ou moins forte, et les différences sous ce rapport ont pour effet de produire des polyèdres à arêtes plus ou moins vives. C'est dans cette dernière catégorie que se rencontre la fécule de maïs qui renferme même des grains intermédiaires, et servant en quelque sorte de transition entre les grains arrondis
et les grains polyédriques, en ce sens qu'ils sont arrondis d'un côté, et anguleux de l'autre.
Enfin, une forme plus rare consiste dans la soudure régulière de deux, ti-ois ou quatre grains de fécule qui se réunissent pour former un grain composé. •
Fig. 4.
A. Fécule polyédrique du sarrasin (grossissement, 600 diamètres).
B. Quatrième enveloppe du blé. Trois cellules sont, encore remplies de pigment. Celte enveloppe est presque toujours accolée en partie à la troisième et à la deuxième enveloppe du blé {voy. la ligure au mot Blé). En outre, il n'y a jamais qu'un rang de cellules.
G. Tissu réticulé de la féverole. Ne contient jamais de pigment, renferme souvent de la fécule. Enfin on en observe plusieurs couches disposées comme les cellules dans la mousse d'eau de savon.
Lorsqu'on brise celui-ci, ce sont les soudures qui cèdent, et les véritables grains isolés présentent une ou plusieurs facettes très-régulières.
Telles sont, pour la fécule, les caractères extérieurs utiles au micrographe. Ils ont servi de base aux classifications des botanistes. Nous donnons ci-après celle de M. Duchartre {Éléments de botanique, Paris, 1867), dans laquelle il sera facile de reconnaître les variétés qui viennent d'être décrites.
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