‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.37Chapitre 45 sur 65 · SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

SOLIPÈDES

Cheval 106

mSILVANTS.

lîœuf di6

Renne 106

Le fémur de Vorang n a pas de ligament rond, et diffère sous ce rapport de celui du chimpanzé et des autres anthropoïdes.

Carnivores. Le fémur du chien (c. fissipèdes) ressemble beaucoup à celui de l'homme. La courbure diaphysaire est plus prononcée, mais seulement à la partie inférieure. Le corps, plus régulièrement cylindrique, a une ligne âpre bien marquée. La tète, sphérique, est supportée par un col oblique, bien détaché. Le grand trochanter, plus élevé que chez Ihomme, n'atteint cependant pas le niveau de la tête ; la cavité digitale est très-profonde ; le petit trochanter est plus en arrière que chez l'homme. Les deux condyles, fortement déjetés sur les côtés de l'axe de l'os, ne continuent pas aussi directement les parties latérales de la trochlée. Ils se ressemblent entre eux davantage, et leurs faces inférieures sont au même niveau ; lorsqu'ils reposent tous deux sur un plan horizontal, le fémur ne devient pas oblique. La trochlée, longue, étroite et profonde, est limitée par deux bords également saillants.

L'os de la cuisse est profondément modifié chez le phoque [c. pinnipèdes), dont les membres postérieurs, toujours étendus, parallèles à la queue, et formant avec elle une sorte de nageoire, sont incapables de porter le poids du corps ou de concourir à la locomotion sur terre. Le fémur est beaucoup plus court que l'humérus et les os de la jambe. Sa brièveté est telle que ses deux extrémités articulaires font plus de la moitié de sa longueur. Le muscle pectine est très-petit, et les autres adducteurs s'insèrent, non au fémur, mais au tibia. Le grand fessier s'insère sur toute la longueur du fémur.

Ongulés. Je prendrai pour type le fémur du cheval [a. périssodactyles). Ensuite, je n'aurai que peu de mots à dire pour donner une bonne idée du fémur dans les autres groupes du même ordre, et en particulier chez les animaux domestiques dont l'étude nous intéresse le plus.

Le fémur du cheval est irrégulièrement cylindrique et présente quatre faces. L'externe, l'interne et l'antérieure sont régulièrement arrondies et presque lisses ; on y voit seulement de légères empreintes et quelques sillons vasculaircs. La postérieure, à peu près plane, offre : 1" vers le tiers supérieur et en dehors, une surface mamelonnée, circulaire ; 2° au même niveau et en dedans, une légère

crête oblique en bas et en tlehois ; 5" sur le milieu, une surface rugueuse, trèsétendue, ayant la forme d'un parallélogramme obliquangle, destinée à l'attache du grand adducteur; ¥ au-dessous, une large coulisse vasculaire oblique en dehors et en bas.

Sur la limite de la face postérieure et de la face externe, on trouve : vers le tiers supérieur, une forte éminence rugueuse, aplatie, recourbée en avant, c'est la crête sous-trochantérienne, ou troiùème trochanter de Cuvier, qui remplace la lyanche externe et supérieure de la ligne âpre de l'homme ; en bas, une fosse profonde sus-condylienne, garnie d'aspérités, et bordée en avant par une lèvre raboteuse. Sur la limite de la face postérieure et de la face interne, on observe de haut en bas : le petit trochanter, une jjelite empreinte pour le pectine, le trou nourricier de l'os, l'origine de la grande scissure postérieure, enfin une réunion de gros tubercules rugueux formant la crête sus-condylienne.

L'extrémité supérieure offre une tête séparée de la diaphyse par un col à peine marqué, et creusée d'une fossette très-profonde pour le ligament rond. Le grand trochanter a un sommet beaucoup plus élevé que la tète, et légèrement renversé en dedans; une convexité incrustée de otrtilage et antérieure au sommet, dont elle est séparée par une échancrurc étroite et profonde ; une crête située sous la convexité, et sur laquelle un des tendons du moyen fessier vient prendre attache; en arrièi'e, la fosse trochantériennc (cavité digitale), circonscrite en dehors par une lèvre saillante qui descend verticalement du sommet du trochanter sur la face postérieure de l'os, où elle s'éteint insensiblement.

L'extrémité inférieure est aplatie d'un côté à l'autre. Le condyle externe porte en dehors deux fossettes : l'une supérieure, à insertion ligamenteuse, l'autre inférieure, à insertion musculaire. Le condyle interne offre en arrière, près de l'échancrure inter-condylienne, une dépression rugueuse pour l'insertion du ménisque inter-articulaire. En dedans, il est surmonté d'un gros tubercule d'insertion. Latrochlée est légèrement oblique de haut en bas et de dehors en dedans ; de ses deux lèvres, l'interne est la plus épaisse et la plus proéminente.

Chez le bœuf (o. artiodactyles) , le corps de l'os est plus cylindrique et relativement moins volumineux. Troisième trochanter absent, fosse sus-condylienne peu profonde, crête sus-condylienne peu marquée. La tête est bien détachée ; sa fossette d'insertion ligamenteuse est étroite et peu profonde. Le grand trochanter, moins élevé que chez les soiipèdes, représente une seule masse où le sommet et la convexité se trouvent confondus. La fosse trochantérienne est boi'dée en arrière par une lèvre oblique qui unit les deux trochanfers. La trochlée est étroite ; son bord interne remonte sur la face antérieure de l'os beaucoup plus haut que l'externe.

Chez le mouton, corps cylindrique et convexe en avant, col très-court, grand trochanter peu élevé ; la cavité digitale, large et profonde, est> limitée en bas par une ligne inter-trochantérieane très-saillante. Le petit trochanter est plus en arrière que chez l'houime. La trochlée, tz'ès-régulière, très-étendue de haut en bas, est limitée par des bords minces et tout à fait semblables. Les condyles, déjetés sur les côtés de l'axe de l'os, sont presque complètement séparés de la trochlée par deux dépressions assez prononcées. A part l'incurvation de la diaphyse, le fémur des petits ruminants rappelle, dans sa forme générale, celui du bœuf. Il est aussi dépourvu de Iroisième trochanter.

Le fémur Awporc ne diffère de celui du mouton que par les caractères suivants : corps sans incurvation, col assez fortement étranglé, trochanter abaissé au

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niveau de la tète, et situe en arrière de celle-ci, d'où robli(juité du grand axe de rextréaiité supérieuie.

Proboscidiens. Le fémur de l'éléphant est plus long que celui de la plupart des quadrupèdes, tels que les ruminants, le chameau, le cheval. La brièveté de l'os, dans ces derniers, est compensée par la longueur du métatarse, qui contribue si puissamment à la vitesse de la course. Dans l'éléphant, au contraire, l'os de la cuisse mesure jusqu'à deux cinquièmes de la hauteur totale. En outre, loin de former un angle aigu avec le tronc, sa direction est perpendiculaire à l'axe du corps. En vertu de cette conformation, le genou se trouve à peu près au milieu de la hauteur du membre pelvien, et la flexion s'opérant à ce niveau donne à l'animal une allure toute spéciale. Non que les autres quadrupèdes ne fléchissent le genou de la même façon, mais chez eux ce mouvement a lieu tout près de l'abdomen, et la longueur du métatarse, formant avec la jambe un angle saillant en arrière, modifie complètement l'aspect du membre.

La tète fémorale des proboscidiens est dépourvue de ligament rond.

Rongeurs. Chez quelques-uns, le fémur a un troisième trochanter bien développé. Même saillie, beaucoup moins distincte, chez Vhijrax.

Insectivores. Le ^eV/ssou possède un ligament rond, et une crête proéminente représentant un troisième trochanter.

Chéiroptères. Quand l'animal repose à terre, la cuisse est relevée en arrière, son côté fléchisseur regarde en avant ; l'axe des acétabules regarde en arrière et en dehors.

Édentés. Les paresseux ont des membres extrêmement longs et minces. Les acétabules sont dirigés en dehors et en arrière, le fémur est dépourvu de ligament rond. Comme tous les os longs des animaux de ce groupe {éd. herbivores), il n'a pas de cavité méduUaii'e.

Cétacés. Dans quelques raines cétacés (Balsenoideae), des osselets placés sur le côté externe de l'os pelvien semblent représenter le fémur, mais on n'a découvert aucune autre indication du membre postérieur.

b. Oiseaux, reptiles, amphibiens. Le fémur des oiseaux est fort, cvlindi'ique, en général courbé en avant et toujours plus court que le tibia. Sa tète articulaire est petite, hémisphérique, pourvue d'un ligament rond, et son axe est presque à angle droit avec le corps de l'os, disposition qui ne se trouve pas dans les reptiles ordinaires, mais qui existe chez Viguanodon et les autres ornithoscélides. Le trochanter est simple, volumineux, situé en dehors et en avant. La diaphyse est relativement épaisse, dense comme le tissu osseux des oiseaux en général, et les deux condyles qui la terminent sont larges, et allongés dans le sens antéro-postérieur. Ils forment en réalité deux poulies articulaires, l'une pour le tibia, l'autre plus petite pour le péroné. Un sommet proéminent, qui joue entre les deux os, est visible à la face postérieure et inférieure du condyle externe. Un sommet semblable est faiblement développé dans quelques lacertiliens, et très-marqué dans les reptiles dinosauriens.

C'est chez les coureurs, et en particulier dans Y autruche, que l'os do la cuisse a le plus de volume ; il perd sa forme cylindrique pour en prendre une plus anguleuse, et le volume de ses extrémités indique l'énergie des muscles auxquels il donne attache.

Chez beaucoup d'oiseaux, aptéryx, pingouins, plongeurs, goélands, et les plus petits oiseaux chanteurs, les os du crâne sont seuls pneumatiques ; chez d'autres, comme chez le calao, tous communiquent avec les sacs aériens; chez

d'autres enfin, l'air se répand dans une notable partie du squelette. Lorsqu'il est pneumatique, le fémur reçoit l'air des sacs abdominaux, qui envoient des prolongements au-dessus des reins aux vertèbres sacrées et à l'os de la cuisse ; l'ouverture par où l'air s'introduit est située au voisinage du trochanter.

Le fémur varie peu dans la classe des reptiles. Chez le proteus, il est relativement très-long ; celui des salamandres est pourvu d'une très-forte tète et d'une ligne âpre développée, qui se retrouve chez les triions. Celui des batraciens anoures se distingue aussi par sa longueur. Chez les sauriens et les crocodiles, la tête est peu distincte et n'est pas arrondie ; le trochanter aussi est faible. Chez \e% chéloniens , au contraire, le fémur est remarquable par le volume de sa tête, qui est dépourvue de ligament rond. Il y a généralement deux condyles très-développés, surtout chez les emys. L'os est droit chez les tortues marines, fortement convexe eu dehors chez les tortues terrestres et d'eau douce.

IIL Anatomie philosophique et Akthropologie. Voy. Membres. IV. Physiologie. L'étude physiologique du fémur comprend son développement, sa nutrition, ses usages. Sur le premier point, je renverrai le lecteur à l'article Membres, où l'évolution du lémur est exposée en détail ; sur le second, je n'ai rien à dire qui ne rentre dans l'étude du système osseux en général ; sur le troisième, je me bornerai à quelques réflexions pouvant donner une idée de l'importance du rôle que joue le fémur dans la mécanique animale, et qui serviront, pour ainsi dire, d'introduction à une étude plus générale et plus complète {voy. Locomotio.\).

Le fémur l'emporte sur l'humérus, son homologue au membre supérieur, en volume et en résistance, mais il a des mouvements moins étendus, car il se meut sur le bassin qui est fixe, tandis que l'humérus entraîne l'omoplate aussitôt que ses mouvements dépassent une certaine limite ; de plus, son articulation supérieure est beaucoup plus serrée que l'articulation correspondante de l'humérus. En d'autres termes, le squelette de la cuisse olfre plus de solidité que celui du bras, mais en même temps moins d'agilité. La moindre lésion portant sur la continuité du fémur ou sur les surfaces qui l'unissent aux os voisins trouble l'équilibre des deux membres et amène la claudication ; car on peut lui appliquer ce que Malgaigne a dit du membre pelvien dans son ensemble : il faut que les deux fémurs soient d'égale longueur, qu'ils s'insèrent au bassin à un même niveau, qu'ils se mobilisent pour la marche et forment pour la station une colonne inflexible avec les autres os ; il faut encore que leur direction soit normale, afin que la plante du pied pose pleinement sur le sol, et que leur tissu soit assez résistant pour ne pas fléchir sous le poids du corps.

Cette question de la solidité du fémur offre un intérêt véritable à l'anatomiste et au chirurgien : aussi vais-je entrer dans quelques,dctails que j'emprunterai en partie à un travail un peu confus, mais non sans valeur, de Chassaignac [De la solidité des os, de leur mode de résistance aux violences extérieures. In Union méd., mai 1847). Bon nombre de remarques présentées par cet auteur s'appliquent manifestement au fémur, et sont de nature à rendre moins arides les détails d'anatomie descriptive dans lesquels j'ai dû entrer tout à l'heure. Pour apprécier sainement le degré de solidité des os, Chassaignac étudie les mécanismes divers par lesquels ils peuvent être brisés, et les divise en quatre classes :

1" Fractures par élongation

2" Fractures par incurvation ou éclatement. Celles-ci se produisent de deux manières : a. un os long, placé entre deux pressions verticales, tend à augmenter ses courbures naturelles, à éclater dans l'intervalle des deux points comprimés ; b. un choc latéral, perpendiculaire ou oblique, vient frapper l'os et tend à le rendre convexe dans le sens opposé.

3° Fractures par écrasement...

4° Fractures par torsion. Certaines fractures du col fémoral se produisent quand la pointe du pied se trouve brusquement arrêtée dans un mouvement énergique de rotation du pied en dedans.

De ces quatre classes, c'est la seconde et la quatrième qui nous intéressent dans l'étude physiologique du fémur. Elles contiennent, en effet, la plupart des fractures de la diaphyse et des extrémités, de cause directe ou indirecte. Or, pour nous rendre compte de la résistance du fémur, nous pouvons établir les propositions suivantes, qui diffèrent peu de celles de Chassaignac :

Le fémur résiste aux pressions antéro-postérieures par le mécanisme des voûtes. Puissamment protégé en arrière par des masses musculaires épaisses, les violences directes auxquelles il est le plus exposé sont les pressions dirigées contre sa face antérieure. Mais la diaphyse offre dans ce sens une convexité prononcée, que les chocs doivent tendre à redresser d'abord pour elfectuer la l'racture.

Le fémur résiste aux pressions verticales à la manière des prismes triangulaires. Il est remarquable que la plupart des os longs se rapprochent plus ou moins de la forme prismatique et triangulaire. On peut en inférer, sauf quelques réserves commandées par la distance qui sépare les formes géométriques des formes organiques, que leurs conditions de résistance aux violences extéiùeures sont à peu près celles des prismes triangulaires en mécanique. Ceux-ci résistent beaucoup plus quand on les fait éclater par une de leurs faces, beaucoup moins quand on les fait éclater par une de leurs arêtes. Des expériences curieuses ont été faites à cet égard, et il n'est pas sans intérêt de remarquer que dans les os triangulaires, le tibia, par exemple, c'est dans le sens où la rupture est le plus à craindre que se trouve la crèle la plus résistante. Pour le fémur, ou peut noter que les plus violents efforts qu'il ait à soutenir cherchent à le briser dans le sens de sa plus grande résistance ; car il présente en avant l'une des faces, et non l'arête du prisme que forme sa diaphyse : or, sous une pression verticale, c'est par sa partie antérieure qu'il tend à éclater.

Le col analomique joue un rôle essentiel dans les conditions de résistance et de fonctionnement du fémur. On peut établir, en règle générale, qu'un os n'est jamais le prolongement en ligne droite de ceux qui le précèdent ou le suivent; il y a toujours une coudure plus ou moins prononcée. Ainsi, quand le membre inférieur supporte une pression dans le sens vertical, la quantité de mouvement, au lieu de se transmettre, bout pour bout, d'un os à l'autre, éprouve toujours au niveau des jointures une décomposition qui atténue les effets de la violence exercée. De plus, chaque os présentant des courbures qui lui sont propres, on conçoit que le principe de la décomposition des forces s'applique nonseulement à la contiguïté, mais encore à la continuité des os. Tel est le rôle que joue évidemment l'angle du fémur dans la résistance aux chocs transmis de haut en bas. Si nous considérons les inflexions diverses que présente cet os, en les rapprochant des inflexions semblables des os de la jambe, nous voyons

que la colonne osseuse constituée par le membre pelvien tend à se rappioclier de la forme spiroïde. C'est là un fait qui se reproduit avec tant de constance dans la construction du système osseux, qu'il est difficile de ne pas lui attribuer quelque rôle important dans la physiologie mécanique de ce système. Or, cette forme spiroïde est justement celle qu'on emploie le plus souvent dans les arts pour permettre d'exercer impunément sur les corps soit des pressions, soit des allongements.

Mais, d'autre part, certains détails de forme constituent pour le col du fémur des conditions moins favorables. Si nous étudions les cols anatomiques en général, nous voyons qu'à part leur siège et leur direction ils ont pour caractères principaux de constituer un rétrécissement notable dans la continuité de l'os, et de ne supporter l'insertion d'aucune masse charnue, qui eût pu les envelopper, les soutenir, et compenser cette cause de faiblesse. Ajoutons à tous ces détails la longueur du col fémoral, sans oublier sa texture et les modifications profondes qu'il subit avec l'âge, et nous aurons tous les éléments nécessaires pour apprécier sainement son degré de résistance dans les diverses conditions physiologiques.

La présence du col i'ournit encore quelques réflexions intéressantes en physiologie, mais qui n'ont liait qu'indirectement à la résistance de l'os. Plus un €ol anatomique a de longueur, plus il y a d'étendue dans le mouvement de translation qu'exécute la partie supérieure dans les mouvements rotatoires ; mais le mouvement de rotation lui-même n'est pas augmenté, comme le professait Bichat. L'insertion plus favorable des puissances rotatrices leur permet d'agir avec énergie; elle donne au mouvement de rotation plus de vigueur, mais non plus d'étendue. La longueur du col anatomique augmente aussi le nombre des musdés rotateurs, en produisant l'obliquité d'insertion des muscles sur l'os à mouvoir; en effet tel muscle, essentiellement fiéchisseur ou extenseur, qui, le col n'existant pas, marcherait parallèlement au corps de l'os, et serait impropre à lui imprimer le mouvement de rotation, lui devient oblique par la seule présence du col, et apte en conséquence à déterminer ce mouvement. Ces reinarques s'appliquent au fémur avec la dernière évidence.

Les apophyses du fémur offrent des conditions de résistance qui leur sont propres. Les apophyses des os longs sont ordinairement les termhiaisons de leurs bords, ou, en d'autres termes, les bords ne sont autre chose que des racines apophysaires. C'est là un fait qui se reproduit avec une const?nce remarquable dans la construction des os longs ; les arêtes du prisme p/uj ou moins imparfait qu'ils représentent se trouvent presque toujours en continuité directe avec les éniinences qu'on trouve à leurs extrémités. Chaque apophyse, au lieu d'être purement circonscrite dans le lieu où elle forme son principal relief, commence au loin, et semble avoir sa racine jusque dans le corps de l'os. A la place d'une simple saillie, d'une incrustation osseuse plus ou moins irrégulière, l'apophyse constitue la base d'une pyramide adossée à la tige de l'os, dans une étendue considérable en longueur. Ce fait, qui n'a pas été signalé par les anatomistes, semble concourir d'une manière très-avantageuse à la solidité des apophyses. Qu'on examine le fémur à ce point de vue, on trouvera que la ligne âpre se continue en haut, par la branche interne de sa trifurcation , avec le bord antérieur du grand trochanter, par la branche externe avec le bord postérieur de celte éminence. Elle se bifurque aussi à son exti-émité inférieure, et chaque branche de bifurcation se continue avec une tubérosité sus-condylienne.

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Le petit trochanter est un autre exemple de la même disposition; j'ai signalé, dans la description du fémur, les trois racines qui semblent se réunir pour le constituer.

Aucun de ces détails de configuration et de texture, dont le fémur nous offre pour ainsi dire le tableau le plus complet, n'est à négliger pour qui veut comprendre les fonctions de l'appareil locomoteur. Mais il faut craindre d'aller jusqu'à la subtilité, en recherchant minutieusement la direction des fibres osseuses (?), comme l'a fait Chassaignac, ou en appliquant trop rigoureusement les mathématiques à l'étude des formes humaines. « D'après le professeur Culmann (de Zurich), si l'on fait un dessin théorique d'une gnie ayant les contours principaux de l'extrémité supérieure du fémur, et si l'on figure, dans l'intérieur de ce dessin, les lignes de support ou de soulèvement d'un poids semblable au poids du corps et portant sur le même point, on constate que ces lignes correspondent exactement à la direction des trabécules du tissu spongieux » [Arch. (le phys., d870, p. 553). Je ne crois pas que ces notions puissent jeter un grand jour sur la physiologie humaine.

Nous connaissons maintenant les conditions anatomiques qui permettent au fémur de jouer son rôle dans la mécanique générale du squelette. Mais nous ne pouvons aller plus loin. Les mouvements qu'exécutent ses surfaces articulaires sur les os voisins, la détermination précise des axes de ces mouvements, rentrent dans l'étude des articulations de la hanche et du genou. Je ne puis non plus m'étendre sur les attitudes variées que les muscles impriment à ce levier osseux, ni sur le mécanisme par lequel le poids du corps est transmis du bassin au fémur, et du fémur aux os de la jambe ; l'examen de ces questions ne peut être fait que dans un travail d'ensemble sur la station et la locomotion (voy. Locomotion).

V. Pathologie. Malformations. Le fémur peut manquer, en tout ou en partie, dans les cas divers de phocomélie unique ou double. Cette question est traitée ailleurs plus amplement [voy. Ectromélie). Je me borne à signaler ici les détails qui concernent le fémur dans quelques faits décrits par Debout [Coup fVœil sur les vices de conform. produits par l'arrêt de développement des membres., etc. In Mém. de la Soc. de chir., 1864), par Dumas, de Montpellier [Traité de physioL, t. III), etc. Dans un exemple, dont on trouve le moule en plâtre au musée du Collège de l'Université de Londres, le bassin est mal développé, le fémur droit manque absolument, celui du côté gauche est réduit à un fragment osseux qui représente son extrémité inférieure. A gauche existent deux petits os, à droite un seul, qui s'articulent avec l'épine iliaque antéro-inférieure déformée, et ne sont autres que les rudiments des trochanters. Des ligaments et des muscles, sans trace d'articulation coxo-fémorale, unissent les os du membre inférieur avec le bassin ; ils s'insèrent à droite au tibia, à gauche aux parcelles osseuses qui tiennent lieu de fémur. Je ne décris pas les autres segments du membre peWiwi. D'autres fois, les fémurs sont un peu plus développés, l'articulation de la hanche existe plus ou moins, le tibia et le fémur ne font qu'un, et l'os anormal qui en résulte participe des caractères de chacun d'eux. Quelquefois, ainsi que le prouvent les faits avancés par Debout, la phocomélie pelvienne est unique, et l'arrêt de développement d'un seul fémur, relié au bassin par une articulation véritable ou par une bande fibreuse qui en tient lieu, est compatible avec un développement normal du côté opposé. L'ectromélie, enfin, peut être portée beaucoup plus loin ; chez quelques sujets, les membres ne sont re-

présentés que par des moignons de volume variable, avec ou sans appendices digitiformes, et au sein desquels on trouve un noyau osseux, seul vestige du fémur.

Lésions traumatiques. Pour les fractures, les luxations, l'amputation, la résection du fémur, voy. les mots Cuisse, Genou, Hanche.

Maladies inflammatoires et organiques. Je n'ai pas à décrire en détail les maladies osseuses, ostéite ou néoplasmes, qui offrent ici les mêmes caractères que dans tous les os du squelette. Cependant leur siège, leur fréquence, leur pronostic, leur thérapeutique, en ce qui concerne le fémur, prêtent à plusieurs considérations intéressantes.

Une des grandes lois de la pathologie osseuse a été posée dans ces dernières années par Broca et par Ollier [Traité exp. et cl. de la régénération des os, 1867, t. I, p. 557). Ces deux chirurgiens ont démontré que les os ne croissent pas également par chaque extrémité ; l'une d'elles semble être le siège d'une nutrition plus active. Au membre inférieur, pour les os de la cuisse et de la jambe, c'est l'extrémité concourant à former le genou qui s'accroît le plus. Or, l'extrémité où se fait le plus grand accroissement est aussi celle (jui, dans le jeune âge, est le plus sujette aux lésions spontanées, aux inflammations, et surtout aux productions hyperplastiques. L'extrémité d'élection pour l'accroissement est aussi l'extrémité d'élection pour les lésions rachitiques (Broca). Ainsi, c'est dans le voisinage du genou que le chirurgien doit s'attendre à rencontrer, le plus souvent, les maladies que nous allons passer en revue.

Uostéite atteint souvent l'os de la cuisse. Elle succède naturellement aux fractures compliquées ; spontanée, elle se présente en général sous cette forme d'ostéite diffuse, qui a reçu tant de noms différents, et qui est propre à l'adolescence. D'après Louvet [De la périostite phlegmoneuse diffuse. Th. de Paris, 1867), le fémur et le tibia en sont affectés dans les quatre cinquièmes des cas.

Je ne pourrais m'étendre sur cotte maladie sans entrer dans l'histoire générale de l'ostéite aiguë. Le traitement des ostéites du fémur, dans leur période aiguë, ne doit pas non plus m'arrêter ; les indications générales sont ici les mêmes que pour tous les os ; je reviendrai sur quelques points en parlant de la résection. Mais avant de passer outre, quelques faits, intéressants au point de vue du diagnostic, doivent être signalés.

Il n'est pas indifférent de savoir que les deux extrémités du fémur peuvent être affectées d'ostéite, et cela dans une proportion très-différente. La maladie a ordinairement pour siège la partie inférieure de la diaphyse ; c'est alors qu'elle est le plus facilement reconnue. Elle est suraiguë et accompagnée de symptômes typhoïdes, ou bien elle revêt une forme plus bénigne, et ne se termine ni par une mort rapide, ni par une nécrose immédiate. Alors elle donne souvent lieu, après laguérison des premiers accidents, à une hyperostose persistante au voisinage du genou, hyperostose rpi'il faut bien connaître pour ne pas la confondre, dans certains cas, avec un ostéosaiùome, et qui peut devenir le siège de poussées inflammatoires nouvelles, tantôt suivies de résolution, tantôt aboutissant à la suppuration et à la formation d'un séquestre.

Elle occupe beaucoup plus rarement la partie supérieure de la diaphyse. On en trouve un cas intéressant dans le travail du professeur Gosselin sur l'ostéite épiphysaire {Arch. deméd., 1858); M. Marjolin en a cité deux cas à la Société de chirurgie; M. Ollier en a observé un certain nombre. « Quelquefois son début

passe inaperçu, mais le plus souvent elle est bientôt accompagnée de tous les signes classiques de la coxalgie : douleurs au niveau de la hanche, déviation du membre, impossibilité de lléchir ce dernier à cause de la rétraction des muscles périphériques. L'inflammation, quoique débutant dans la diaphyse, n'y reste pas toujours fixée ; elle se propage au bout d'un certain temps à l'articulation coxofémoralc, par le périoste qui entoure le col principalement, et alors donne lieu à un léger épanchcment dans l'articulation. Mais cette arthrite par propagation ne joue qu'un rôle secondaire dans un grand nombre de cas. Les mouvements imprimés peuvent être exécutés dans une certaine mesure et sans douleur. Il n'y a pas de tuméfaction appréciable au niveau de la tète, non plus que dans la fosse iliaque. Le siège du gonllcment est un peu au-dessous du pli inguinal. Sur les sujets maigres, quand on embrasse avec la main l'extrémité supérieure du fémur et qu'on la compare avec la partie analogue du côté opposé, on reconnaît une différence considérable de volume. Le gonflement ne porte pas sur le grand trochanter, c'est en dedans qu'il existe ; enfin, il se prolonge plus ou moins le long de la diaphyse fémorale, et dans quelques cas jusqu'à la partie moyenne de Los. Cette tuméfaction du périoste et des couches pariétales du fémur est, d'après M. Ollicr, un signe en quelque sorte pathognomonique... Le diagnostic précis de la lésion est ici de la plus haute importance au point de vue thérapeutique, car ces cas sont généralement peu favorables à la résection, surtout s'il y a propagation par en bas. Ils guérissent malgré les abcès. Au surplus, il n'est pas toujours possible de porter un diagnostic exact : en effet, l'ostéite juxtaépiphysaire peut, comme il a été dit plus haut, se compliquer d'une arthrite. » (Nicaise, Diarjn. des mal. delà hanche. Th. d'agrégation, 1869.)

Enfin, l'ostéite peut siéger au grand trochanter. En ce cas, elle a pour causes la contusion, les pressions répétées, un épanchcment sanguin qui s'enflamme et se complique de périostite. M. Gosselin étudie dans ses leçons {Clinique de la Charité, 1873, t. I, p. 121) un exemple de cette foi^me, en faisant remarquer qu'elle appartient surtout aux jeunes sujets. Il s'agit d'un garçon de dix-sept ans qui, après avoir fait une chute trois mois auparavant, éprouvait des douleurs sourdes et habituelles dans la région trochantérienne. Celles-ci apparaissaient surtout dans la marche et la station verticale ; elles s'accompagnaient de claudication et d'un gonflement diffus et mal circonscrit de la partie supérieure de la cuisse. 11 n'y avait pas de fièvre, et l'état général était très-bon. Cette forme, limitée au grand trochanter, que Velpeau signalait dans ses leçons comme assez fréquente, et que M. Gosselin a observée plusieurs fois chez les adolescents, n'était autre qu'une ostéite suLaiguë, d'origine traumatique, ayant pour cause une contusion subie par l'épiphyse à l'époque oii sa nutrition était activée pour les besoins de l'ossification, et ayant débuté soit dans le cartilage épiphysaire. soit dans la substance osseuse elle-même. Cette affection, qui pouvait suppurer, et conduire à la carie ou à la nécrose, surtout chez un scrofuleux, a guéri à la suite d'une cautérisation ponctuée. La contusion peut être suivie d'une trochantérite analogue chez l'adulte, mais, d'après M. Gosselin, ce n'est guère que pendant la période d'ossification qu'on l'observe.

Les symptômes qui attirent l'attention du chirurgien sont le gonflement de la région trochantérienne, la douleur spontanée et provoquée par la pression, la contracture des muscles de la hanche, une flexion légère du membre, la claudication. Cette affection n'est pas toujours facile à reconnaître. Au début, la région inguinale est peu sensible, et on ne trouve pas les points douloureux

articulaires. Lorsqu'il y a suppuralion, si l'abcès s'est formé rapidement, on peut croire à une arthrite aiguë ; si l'inflammation est lente, on peut penser à une sciatique, ou même à une coxalgie. Il faut enfin distinguer l'abcès ostéopathique des collections qui se forment dans les bourses de glissement de la région.

Des fistules s'établissent volontiers à la suite des abcès trochantériens, et quelquefois, mais non toujours, le stylet pénètre jusqu'au tissu osseux raréfié : on dit qu'il y a carie du grand trochanter. D'autres fois, c'est une nécrose avec séquestres qui fait suite à l'inflammation. C'est alors que des fistules, placées loin du siège primitif du mal, peuvent donner le change au diagnostic. Pour éviter l'erreur, il est bon de rappeler les faits suivants : un orifice fistuleux à six ou huit centimètres au-dessous et un peu en avant du grand trochanter, vers l'insertion du tenseur du fascia lata, indique souvent une lésion du fémur ; s'il siège sur la région fessière, il s"agit encore du fémur plutôt que du cotyle ou de l'os coxal. Au coulraire, les fistules de la région ilio-inguinale, situées audessous de l'arcade crurale, sont généralement en rapport avec une altération du pubis ou de l'ischion ; celles qui siègent au-dessus de l'arcade sont symptomatiques des abcès intra-pelvicns.

Voici maintenant quelques faits publiés par les auteurs, et relatés dans le travail de Nicaise ; il est intéressant de les rapporter en quelques mots, paice qu'ils montrent bien les difficultés du diagnostic. Chez une malade observée par M. Le Fort (Bull. Soc. Chir. 1865, p. 16), on constatait tous les symptômes de la coxalgie, mais ou ne pouvait arriver sur les os ; à l'autopsie, on trouva une nécrose du grand trochanter. Dans une observation de M. Boutel {Bull. Soc. anat., 14^ année, p. 103), une carie du grand trochanter avec séquestre avait amené un abcès énorme qui fut ouvert au milieu de la cuisse ; plus tard, on fit deux incisions au niveau du trochanter, et à la mort on constata que l'abcès s'étendait jusqu'à la partie supérieure de la fosse iliaque externe, entre les muscles fessiers. Chez une jeune fille de 13 ans, M. Jlarjolin (Bull. Soc. Chir., 4 janvier 1865), observant la claudication, la demi-flexion du membre, une déformation peu prononcée de l'aine et du pli delà fesse, une douleur à la pression sur le grand trochanter, et un abcès à la partie supérieure de la cuisse, crut à une coxalgie ; à l'autopsie, on trouva une ostéite suppurée du grand trochanter, le reste du fémur était intact, et l'articulation de la hanche parfaitement saine. Chez une femme de 23 ans, à la suite d'une contusion de la hanche, M. Hervez de Ghégoin [Ibid., 1" mars 1865) crut d'abord à une sciatique; un abcès profond se forma ensuite, et le membre se plaça dans l'adduction; Nélaton ouvrit l'abcès, qui s'étendait jusqu'à la moitié de la cuisse; ou trouva à l'autopsie que l'articulation était saine, et qu'il y avait eu contusion du périoste du grand trochanter, avec épanchement sanguin et suppuration consécutive du foyer.

Je n'ai rien de plus à dire sur la carie du fémur, sur sa véritable nature et ses relations avec l'ostéite (Ranvier, Description et définition de l'ostéite, de la carie et des tubercules des os, Arch. dephys. 1868, t. l, p. 69). Je ne discuterai pas à ce point de vue un fait que je trouve cité dans les Leçons de Clinique chirurgicale de M. Péan (Paris, 1876, p. 292), comme un exemple de « carie du lémur siégeant dans la moitié supérieure du tiers moyen de la face antérieure » : chez un scrofuleux de 32 ans, un abcès s'ouvre spontanément à la partie antérieure et moyenne de la cuisse; il en résulte un trajet fistuleux qui donne

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une suppuration continuelle ; le stylet va jusque sur le fémur, et révèle une surface dénudée, molle, bourgeonnante, d'une assez grande étendue; pas de séquestres.

La carie proprement dite est bien rarement limitée à un point de la diaphyse ; inutile de dire combien elle est fréquente, au contraire, à chacune des extrémités articulaires du fémur ; l'étude en sera faite avec détail à propos des tumeurs blanches de la hanche et du genou. Le corps de l'os, bien entendu, ne reste pas indemne en pareil cas, et tous les chirurgiens qui ont fait l'amputation de la cuisse pour une tumeur blanche du genou, savent combien le tissu de la diaphyse participe aux altérations des extrémités.

Quant à la nécrose du fémur, j'ai dû la mentionner chemin faisant, car, ici comme ailleurs, on doit la considérer comme intimement liée à l'ostéite, dont elle est, pour ainsi dire, la suite naturelle, sinon constante. Elle succède aux formes aiguë et subaiguë de l'inflammation, traumatique ou spontanée; elle peut avoir pour siège le grand trochanter, l'extrémité inlérieure, le corps même de l'os, et se former primitivement, ou à la suite d'une poussée inflammatoire nouvelle dans une ancienne hyperostose.

A côté de l'ostéite et de ses conséquences, il faut placer cette forme d'afccès des os décrite par Brodie en 1846, et dont E. Cruveilhier a fait le sujet de sa thèse inaugurale [Sur une forme spéciale d'abcès des os, ou des abcès douloureux des éjnphyses. Th. de Paris, 1865). Le fémur en est rarement atteint, car le tibia est leur siège habituel. Sur trente-deux cas réunis par Cruveilhier, on n'en trouve qu'un, cité par Pétrequin et Socquet, dans lequel l'os de la cuisse était le siège de l'affection. Stanley trouva à l'autopsie un abcès du grand trochanter, et Nélaton montra à sa clinique un fémur recueilli par lui dans les catacombes; un abcès occupait le grand trochanter. Quelquefois enfin l'èpiphyse inférieure du fémur est le siège d'un de ces abcès faux des os longs, ou de l'ostéite à forme névralgique qui les accompagne ou les simule, sur lesquels le professeur Gosselin a récemment appelé l'attention [Bull. Acad. de méd., séance du 5 oct. 1875).

Plusieurs genres de tumeurs se développent aux dépens du fémur. Elles offrent, sans doute, la même marche que les tumeurs des os en général, et leur description minutieuse ne peut trouver place dans cet article ; mais il faut reconnaître que le fémur est un des os le plus souvent atteints de ces dégénérescences, et qu'il en offre pour ainsi dire les plus beaux spécimens.

L'exostose de développement ou ostéogénique se rencontre surtout au fémur. C'est l'èpiphyse inférieure, suivant la loi que j'ai invoquée plus haut, qui en est le siège ordinaire, et généralement à sa face interne. L'exostose tubéreuse et supportée par un collet, ou conoïde, pointue, en forme de crochet ou d'aiguille, est formée de tissu spongieux ; elle est, en outre, ostéo-cartilagineuse. L'étiologie n'est pas mieux connue ici qu'ailleurs; cependant Follin [Pathol. ext., t. Il, p. 682) dit avoir vu un malade chez lequel l'hérédité d'exostoses symétriques aux deux fémurs était incontestable. Le diagnostic ne diffère pas de ce qu'il est dans les autres régions ; mais je signalerai certains accidents que le siège de la tumeur explique. Dans un cas cité par Pollock, une exostose du fémur amena, en se développant, une inflammation de la synoviale du genou. Une jeune fille, opérée par M. Richet, présentait une hydarthrose qui augmentait par la marche. M. Guyon a observé, dans le service de Laugier, une exostose du fémur qui lui semblait être le point de départ d'une arthrite sèche du genou ; mais, comme le

pense M. Soulier {Du parallélisme parfait entre le développement du squelette et celui de certaines exostoses, th. de Paris, 1864), l'exostose était plutôt une manifestation consécutive de rarlhrile. W. Boling {Arch. deméd., février 1858, 5^ sér., t. XI, p. 227) a rapporté l'observation d'une exostose aiguë de la partie postérieure du fémur, qui perfora l'artère et la veine poplitces, et amena un épanchement sanguin et purulent qui rendit l'amputation nécessaire. M. Gosselin rappelle dans ses leçons {Cl. de la Charité, t. I, p. 89) un malade qu'il observa en 1857, à l'hôpital Cochin, et qui portait une exostose sur la partie interne du fémur gauche. Un jour l'exostose fut fracturée comniinutivcment par le passage d'une roue de voiture ; il y avait en même temps une plaie contuse qui faisait delà blessure une fracture compliquée, sans que le fémur lui-même eût été atteint. Une suppuration abondante s'établit; on dut pratiquer l'amputation de la cuisse, et le malade succomba à l'infection purulente. Parfois une bourse séreuse, un kyste plus ou moins volumineux se dévelo})pe autour de la tumeur et en obscurcit le diagnostic. Tel est le fait de Duguet {Bull. Soc. anat., 1865), relatif à une exostose ostéogénique du petit troclianter ; une ponction exploratrice dévoila l'existence d'une bourse séreuse au devant d'une tumeur osseuse non dénudée; le malade ayant succombé à une fièvre typhoïde, on put constater que la masse osseuse avait le volume du poing d'un enfant de 7 à 8 ans, et qu'elle présentait des saillies en chou-fleur. M. Broca {Soc. de Chir., t. VI, 2^ sér., 1866) a aussi présenté une exostose du fémur, du volume d'une tête de l'œtus à terme, et coiffée par un kyste synovial qui en avait rendu le diagnostic difficile. Enfin, M. Gillette {Union méd., 1874, "ù^ série, t. 18, p. 821) a observé, dans le service de M. Péan, une exostose insérée sur le petit trochanter, pédiculée, irrégulière, et constituée par de petites masses globuleuses juxtaposées les unes aux autres ; elle était revêtue par une cavité synoviale qui l'avait fait prendre pour un kyste profond de la cuisse.

Sans discuter le traitement des exostoses ostéogéniques en général, je rappellerai que les chirurgiens s'accordent à s'abstenir autant que possible d'une intervention sanglante. M. Gosselin cite à cet égard une opération malheureuse que Roux pratiqua en 1 834 sur un jeune homme de dix-huit ans, pour une exostose épiphysaire de la partie inférieure du fémur gauche, et qui fut suivie d'infection purulente. Dans un cas observé par Billroth, le malade fut emporté par la septicémie à la suite de l'extirpation d'une exostose de l'extrémité inférieure du fémur avec un sac synovial anormalement formé. « Les exostoses du fémur, dit Heyfelder {Traité des résections, trad. par E. Bœckel, 1865), ont été réséquées 12 fois, et toutes, moins une, siégeaient aux environs du condyle interne. Huit malades furent guéi'is, trois autres moururent de pyohémie ou de suppuration articulaire, l'un d'entre eux d'hémoirhagie consécutive. Le sort du douzième n'est pas connu. Un sujet, opéré par M. Huguier {Gaz. des hop. 1850, p. 546) d'une exostose pédiculée peu volumineuse du petit trochanter, eut des fusées purulentes très-graves. L'un des malades de M. Hawkins eut des accidents semblables.... Les résultats en somme ne sont pas très-encourageants ; aussi MM. Velpeau et Huguier donnent-ils le conseil de ne pas entreprendre ces opérations à la légère. M. Yelpeaunous dit qu'il a refusé six fois de toucher à des tumeurs de ce genre. » Cependant l'intervention a paru justifiée dans plusieurs cas où il y avait des troubles locaux inquiétants, compressions vasculaires, ulcération de la peau, douleurs névralgiques violentes. Dans l'observation de M.J^roca, citée plus haut, l'opération fut laborieuse, à cause du voisinage de l'artère

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fémorale, mais elle réussit. Dans celli- de Gillette, le chirurgien ouvrit le kyste, puis enleva la tumeur à l'aide de la soie à chaîne, non sans de grandes difficultés dues à la profondeur à laquelle se trouvait la masse osseuse ; il est dit seulement que, trois semaines après, la malade allait bien. M. Péan (Leçons de Clinique chir., p. 35i) fit encore avec succès l'ablation d'une exostose ostéo-cartilagineuse de l'extrémité inférieure du fémur droit, qui causait des faiblesses et des douleurs intenses dans la jambe. Mais il fut moins heureux dans un autre cas, dont voici le résumé :

Femme de vingt-sept ans, syphilitique depuis sept ans. On trouve à un travers de doigt au-dessous de l'arcade crurale du côté gauche, à un centimètre en dedans du bord interne du couturier, une tumeur dure, bosselée, immobile sur les parties profondes. Elle est nettement bilobée et présente le volume d'une tête de foetus. Elle se prolonge sous le couturier et le soulève. Elle est immobile sur le fémur et ne paraît pas en communication avec le bassin. Lorsqu'on place les deux mains transversalement de chaque côté de cette tumeur, on sent une fluctuation évidente. On voit en même temps qu'elle est en partie solide et d'une dureté comparable à celle de l'os. Il est assez difficile de se rendre un compte exact de ses rapports avec les couches sous-jacentes. Les mouvements du membre sont restés libres et l'articulation coxo-fémorale est intacte. Fatigue, puis douleurs et claudication depuis un mois. La température du pied gauche est un peu moins élevée que celle du pied droit. Un peu d'oedème péri-malléolaire . Les battements de la pédieuse et de la tibiale postérieure ne peuvent être sentis. Les douleurs deviennent de plus en plus vives, et une petite ulcération se montre à l'extrémité antérieure du gros orteil ; on se décide à enlever la tumeur. L'exostose est implantée sur le fémur par un pédicule assez étroit, et recouverte à sa surface d'une bourse séreuse. Avec la scie à chaîne on fait la section du pédicule. La tumeur enlevée a le volume d'une mandarine, elle est complètement osseuse. Mort de septicémie. A l'autopsie, on trouve que l'implantation avait lieu sur la limite du col, en dedans du grand trochanter.

M. Ricliet, dans un cas d'exostose superficielle siégeant sur un condyle fémoral, fit une simple incision sur le sommet de la tumeur, et, ayant écarté les parties molles, put la saisir à sa base avec une pince coupante et l'exciser ; la réunion eut lieu par première intention. Une autre fois (France médicale, 1875, p. 105), ayant affaire à une exostose très-douloureuse située au côté interne du genou gauche, il fit une incision convexe embrassant la demi-circonférence postérieure de la tumeur, releva en avant le lambeau ainsi tormé, traversa les fibres du vaste interne, et, attaquant la tumeur à l'aide de la gouge à main, creusa la surface de l'os afin de ne laisser aucune portion de l'exostose et de prévenir la récidive. Les suites de l'opératien fui-ent très-simples.

Il va sans dire qu'on ne doit pas songer à la section sous-cutanée des exostoses du fémur. Le voisinage des vaisseaux, des nerfs et de la synoviale du genou, rendrait l'opération trop dangereuse. 11 faut avant tout que le chirurgien s'ouvre une voie assez large pour bien voir ce qu'il fait et diriger son instrument avec sécurité.

La fracture sous-cutanée de l'exostose, observée accidentellement par Chassaignac [Monit. des hop., 1853, p. 778), a été appliquée au fémur, comme méthode de traitement, en Angleterre et en Amérique. Maunder (Med. Times and Gaz., 8 août 1874, II, p. 146, et The Lancel, 7 novembre 1874, II, p. 657) en a publié un exemple, dans lequel la tumeur, après avoir été fracturée, reprit

FÉMUR. 'io'J

son attache au fémur, mais dans une direction nouvelle ; la jambe, qui avant l'opérai ion ne s'étendait pas complètement, put être mise dans la rectitude et servit parfaitement à la marche.

Le chondrome figure naturellement parmi les maladies du fémur. 11 y est plus rare toutefois que dans d'autres régions, telles que la main, le bassin, les mâchoires. Sur 104 cas de chondromes du squelette, lleurtaux en a compté 8 seulement pour le fémur (Cho.\di!Ome, in Dict. deméd. et de chir. prat.). C'est généralement à l'extrémité inférieure, et à la surface de l'os, qu'il se développe, de telle sorte qu'on peut lui appliquer le nom de péricbondrome. Quelqucl'ois il offre une consistance molle, et les caractères qui le distinguent du cancer et de la tumeur à myéloplaxes sont peu tranchés. La consistance charnue de cette dernière, l'élasticité du chondrome, ne sont pas toujours, à beaucoup près, des éléments de diagnostic suifisants. On peut le confondre aussi, mais plus rarement, avec l'exostose dont j'ai parlé tout à l'heure. Dans une observation de Boyer, dont la pièce est au musée Dupuytren, le sujet portait un euchondromo du fémur, avec des exostoses de développement multiples sur divers points du squelette. 11 s'agit ici de deux produits pathologiques de nature peu différente, et développés sans doute sous l'induence de la même diathcse. D'après Virchow {Path. des tumeurs, Paris, 1807, t. I, p. 527), l'extrémité inférieure du fémur est un des sièges de prédilection du chondrome ostéoïde.

Les indications thérapeutiques sont très -variables. Évidemment, il ne peut être question d'opérer un chondrome qui, né de l'extrémité supérieure du fémur, a consécutivement envahi le bassin. L'opportunité de la résection, de l'évidement, de l'amputation, est, ici comme partout, subordonnée au volume, à la forme, au siège précis, à la marche clinique du néoplasme.

On a trouvé au fémur de beaux exemples de kystes des os. Je parle d'une véritable maladie kystique, généralement miiltiloculaire, constituant à elle seule toute la masse morbide, et n'accompagnant aucune production néoplastique. Le fait classique de Nélatou peut être donné comme spécimen : cet auteur a présenté en 1844, à la Société de chirurgie, une énorme tumeur du fémur gauche, étendue depuis la base du grand trochanter jusqu'à deux centimètres des condyles fémoraux, et résultant de l'agglomération d'une multitude de kystes, dont la plupart auraient pu contenir une noix. Ces cavités renfermaient une sérosité sanguinolente; leur surface interne était tapissée par une membrane lisse, polie, ayant l'aspect des membranes séreuses ; elles offraient donc une grande analoc^ie avec les kystes séreux des parties moLes. Un exemple semblable est mentionné dans le mémoire de Breschet sur les anévrysmes des os ; on en ti'ouve un troisième dans Travers (cité par Hawkins).

M. Ollier a observé une altération kystique du grand trochanter. Voici le fait, relaté par Nicaise : « Affection de la hanche du côté droit, dont le début remonte à sept ou huit mois, et qui, depuis six semaines, condamne le malade à un repos absolu. L'extrémité supérieure de la cuisse est gonflée, douloureuse à la pression, surtout au niveau du grand trochanter. Le gonflement va en décroissant à partir de ce point. En bas, il empiète légèrement sur le tiers moyen de la cuisse. En haut et en arrière, il s'étend jusqu'à la crête iliaque; en dedans, il est à peine appréciable. Rien du coté du pli de l'aine et de la fosse iliaque interne. Les petits mouvements imprimés à l'articulation ne sont pas douloureux ; mais exagérés, le malade souffre ; on le place dans la gouttière de Bonnet. Friction avec l'onguent mercuriel belladone. Cataplasmes de farine de lin. Sous Tinfluence de

ce traitement, les douleurs et la tumélaction ne tardent pas à diminuer ; toutefois, les parties accessibles du grand trochanter restent toujours très-douloureuses à la pression. En outre, le malade se plaint d'élancements à ce niveau. Autant qu'il était permis d'en juger, le grand trochanter du côté malade avait trois fois le volume de celui du côté sain. Pas de fluctuation franche , mais empâtement profond. Au bout de quelques jours, la fluctuatiou devient des plus évidentes, l'os paraît interrompu à ce niveau. Pas de crépitation papjTacée. On ouvre avec le bistouri. Il s'écoule un liquide visqueux, filant et d'une transparence à peu près parfaite. Le malade, qui souffrait encore, fut immédiatement soulagé; un stylet introduit par l'ouverture permit de reconnaître l'existence d'une cavité anfractueuse, avec des aiguilles et des arêtes osseuses dans différents sens. On continue l'usage des cataplasmes. Au bout de deux jours, le liquide devient purulent ; mais un peu plus tard, et malgré les injections détersives qu'on faisait matin et soir, le malade est pris de fièvre et de symptômes septicémiques. Un abcès se forme derrière le grand trochanter ; on l'ouvre, et il s'en écoule une quantité de pus ichoreux et fétide. Sur ces entrefaites, le malade est réclamé par sa famille ; il retourne à la campagne, et trois mois après il était guéri. Au bout d'un an, il marchait assez facilement avec un bâton ».

Je ne connais que deux exemples de kyste hydatique du fémur. L'un est consigné dans la thèse d'Escarraguel (Montpellier, 1858, n"51); l'autre, dû àPh. Boyer, a été présenté à la Société anatomique (Bull. 1851, p. 134). Les hydatides apparaissent d'abord dans le tissu spongieux et amincissent progressivement les parois osseuses ; mais la sensation parcheminée n'est pas notée dans les observations. Il faut, bien entendu, s'attendre à méconnaître pendant longtemps la maladie. On peut être mis sur la voie du diagnostic par la production d'une fracture, résultant d'une violence insignifiante. C'est ce que prouve l'observation de Rame {Th. d'Escarraguel) : « Un scieur de long.... éprouvait depuis quelques mois une douleur dans la cuisse gauche. Un soir, comme il revenait paisiblement chez lui, après avoir travaillé toute la journée , une exaspération soudaine du mal le força de se laisser choir. Il ne put se relever, et on le transporta à l'hôpital... Là, on reconnut une fracture du fémur gauche, et on l'y traita par divers appareils, mais sans succès... Il se forma, sur le côté externe de l'articulation du genou, un vaste abcès qui s'ouvrit et donna issue à de nombreuses acéphalocystes.... Quatre mois après, le membre inférieur gauche était beaucoup plus court que le droit ; l'articulation du genou était ankylosée ; vers le tiers inférieur de la cuisse existait une tumeur considérable, qui se prolongeait jusqu'à l'article, et en dehors on remarquait une ouverture en cul de poule, par laquelle s'échappaient du pus et des hydatides... Des douleurs vives se déclarent tout à coup sur toutes les parties du corps, des stries rouges sillonnent la cuisse gauche..., il tombe dans le marasme, et meurt. — Ne'cropsie... La fracture réside au-dessus du tiers moyen de l'os. Le fragment inférieur est très-rentlé ; sa cavité médullaire, dilatée d'une manière remarquable, se continue dans l'épaisseur des condyles... Derrière et entre les deux condyles existe une ouverture faisant communiquer l'articulation avec la cavité osseuse d'une part, et de l'autre avec l'extérieur. La cavité elle-même est remplie de pus et de vers acéphalocystes. Les fibro-cartilages qui encroûtent les condyles du fémur ont disparu, et les surfaces osseuses qu'ils recouvrent sont rugueuses, ramollies et baignées d'une matière purulente fétide... Tandis que la partie inférieure ou condylienne était plus vasculaire que dans l'état normal, ramollie au point de se laisser diviser facilement

par l'instrument tmncliant, la partie supérieure de l'os était, au contraire, augmentée dans sa substance compacte, qui avait acquis une densité et une résistance supérieure à celle qui est naturelle... D'un côté, exagération nutritive, véritable bypertrophie osseuse ; de l'autre, atténuation, faiblesse nutritive, ramollissement, y

Chez le malade amputé par Ph.Boyer à l'Hotel-Dieu, la cavité médullaire était agrandie, les cellules osseuses détruites ; vers la partie moyenne de l'os, les parois étaient tellement amincies que le fémur se fractura pendant l'opération.

Dans les cas de ce genre, si un abcès s'ouvre et laisse sortir des membranes d'hydatides, le diagnostic est facile ; mais, s'il reste seulement des orifices fistuleux donnant issue à du pus, on est exposé à croire à une nécrose.

11 me reste à mentionner la série des tumeurs bénignes ou malignes désignées sous les noms vagues d'ostéosarcome , de spina ventosa , d'exostoses médullaires, etc., et compi'enant plusieurs espèces anatomiques mieux définies aujourd'hui. 11 est certain qu'on a appliqué la déiio/nination de cancer des os à des tumeurs plus bénignes que le carcinome, telles que les tumeurs à myéloplaxes. L'important travail d'Eugène Nclaton (Th. de Paris, 1860, n° 58) contient cinq observations de tumeurs à myéloplaxes développées dans l'extrémité inférieure du fémur, et une observation de tumeur à méduUocèles de la diaphyse. Les prétendus anévrysmes des os comprennent à la ibis des sarcomes myéloïdes et des cancers vasculaires ; mais toutes ces distinctions, qu'il n'est plus permis d'ignorer, trouveront mieux leur place dans l'histoire des maladies du tissu osseux. Il faut seulement savoir que le fémur est un des sièges de prédilection des tumeurs malignes des os. Les plus volumineuses et les plus pesantes y ont été observées. On en a vu s'étendre de la cavité cotyloïde à l'extrémité inférieure de l'os (Daubenton. Description du cabinet du roi, t. lll, p. 92, pi. H).

On sait que le cancer du sein se généralise souvent au système osseux ; or, cette métastase a lieu surtout dans les corps des vertèbres, dans les os du bassin et dans la partie supérieure du fémur. On trouve, dans la thèse déjà citée de Nicaise, le résuraié de trois observations de cancer occupant cette extrémité, avec ou sans participation de l'os coxal. Mais c'est, bien entendu, dans l'épiphyse inférieure que la tumeur maligne se développe le plus souvent, lorsqu'elle est primitive : témoin les observations rapportées par M. Gillette dans un mémoire récemment présenté à la Société de chirurgie {De Vostéosarcome articulaire et périarticutaire, Bull. 1876, t. Il, p. 115); six de ces cas ont trait à l'extrémité inférieure du fémur ; dans l'un d'eux seulement on trouva un noyau cancéreux dans la tète de l'os, et un autre dans le grand trochanter.

Le cancer peut débuter dans l'intérieur du fémur, le remplir, le distendre et l'amincir peu à peu ; des cavités kystiques peuvent s'y former en grand nombre, comme dans une foule de néoplasmes ; mais ces cavités n'ont rien de commun avec les kystes simples dont j'ai parlé plus haut. D'autres fois, c'est une tumeur fongueuse qui se développe aux dépens du périoste, et dans laquelle on observe une multitude de filaments osseux implantés à la surface de l'os et recouverts par la masse morbide ; l'ouvrage de Nélaton contient un bel exemple de cette variété. On trouve dans Virchow [Path. des tumeurs, Paris, 1869, t. li, p. 290 et 501) la figure et la description d'un chondro-sarcome périostal très-volumineux de l'extrémité inférieure du fémur, ayant déterminé la mort par infection et métastase. La tumeur est haute de 21 centimètres, d'une épaisseur moyenne de 18 à 19 centimètres à sa partie inférieure. En bas se trouve la rotule, qui DICT. ENC. i" s. l. 50

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n'a presque pas éprouvé de modification; seulement de grandes végétations ostéoïdes et d'auti'es plus molles, qui se sont développées au delà de l'extrémité articulaire et du cartilage persislant, et qui remplissent dans cette région toute l'articulation, la séparent du fémur. Dans un cas cité par Nobiling {Bayer, cerztlich. Intelliçjenz-Blatt, n° 19, 1869) un énorme sarcome, né dans le périoste, avait détruit successivement toutes les couches périphériques du fémur, et, arrivé vers le canal médullaire, l'avait suivi et comblé dans la plus grande partie de sa longueur.

Sur la pièce de Nélaton, sur celle de Virchow, et sur une autre que ce dernier a r«présentée dans le même ouvrage [Ibid., p. 294), on constate l'intégrité du cartilage d'encroûtement des surfaces articulaires du genou. Cette conservation du cartilage diarlhrodial est un fait général ; mais, si le tissu pathologique envahit un point où le périoste et la synoviale se séparent seuls delà cavité articulaire, il se propage sans obstacle et remplit le genou de façon à simuler un épanchement de liquide. Aélaton a montré à la Société de chirurgie un cas de ce genre; le cancer s'était fait jour dans l'article par l'échancrure qui sépare les deux condyles du fémur.

Je ne puis entrer dans l'étude des caractères qui permettent de ne pas confondre entre eux, sur le vivant, les sarcomes et les cancers de toutes formes. Ces caractères, trop souvent obscurs, sont ici les mêmes que dans tous les points du squelette. J'ajouterai cependant un mot sur le diagnostic. Lorsque ces tumeurs se développent dans une épiphyse, on peut les confondre avec une maladie de la jointure, telle qu'une tumeur blanche. « 11 n'y a pas longtemps, dit 31. Panas (art. Ahiiculation, Dictionnaire de méd. et de chir. pratiques), nous faisions l'amputation de la cuisse dans l'épaisseur des trochanters, chez un homme affecté depuis cinq ans' d'une énorme tumeur fibro-plastique du fémur. Cette tumeur avait débuté dans la portion condylienne de l'os, et s'était accompagnée à l'origine de douleurs spontanées et provoquées tellement vives, et probablement aussi d'empâtement général de l'articulation du genou tel, que le chirurgien fort instruit qui soignait le malade à cette première période de la maladie avait cru un instant à une tumeur blanche. La dissection de la pièce, en nous montrant les condyles réduits à une mince coque osseuse dépourvue de cartilage d'encroûtement et l'existence d'adhérences celluleuses établies entre les os, nous a donné l'explication de ces douleurs articulaires si vives du début, qui, très-certainement, étaient sous la dépendance d'un travail inflammatoire ])ropagé jusque dans l'articulation du genou. Eugène Nélaton cite dans sa thèse une observation de tumeur à myéloplaxes de l'extrémité inférieure du fémur, qui fut considérée par Velpeau comme une tumeur blanche dépendant d'une altération fongueuse ou tuberculeuse de l'os. Le malade éprouvait des douleurs articulaires très-vives, et à la dissection on trouva également des adhérences celluleuses établies entre les surfaces osseuses, dont les cartilages étaient cette fois conservés. » La même question de diagnostic est traitée par M. Gillette dans le mémoire que j'ai cité. Les cas d'ostéosarcomes dont il fait mention, développés dans la couche sous-périostale ou dans le tissu médullaire de l'épiphyse, ont été pris pour une arthrite, un rhumatisme articulaire, une tumeur blanche avec ou sans périostose.

Les tumeurs cancéreuses du fémur sont au-dessns des ressources de l'art. 11 faut désarticuler la cuisse ou s'abstenir, dit Follin. M. Spillmann {voy. Résections, p. 497) cite un cas de sa pratique où il fit l'amputation de la cuisse à la

FENEU (eaux minérales de). 465

partie moyenne, croyant s'éloigner suffisamment de la tumeur; mais il eut à très-courte échéance une récidive, ou plutôt une continuation de la maladie dan^ le moignon.

Résection du fémur. Les résections articulaires du genou et de la lianclie sont étudiées dans d'autres parties de ce Dictionnaire {voy. Genou et Haxciie). Quant à celles qui portent sur la diaphyse et sur le grand trochanter, c'est-à-dire les résections dans la continuité, il en sera traité dans l'article consacré à la cuisse, comme il a été traité de la résection de l'humérus dans l'article consacré au bras {voy. Cuisse). L. Gustave Richelot.

Bibliographie. — Est faite au cours de l'article.

FET^JD (Melchior). Plus connu sous son nom latinisé de Feadius, naquit m Nordlingen en 1486, et mourut à Wittemberg, le 8 novembre 1564 ; après avoir fait ses études à Leipzig sous Pistorins, il prit le bonnet de docteur en 1545, et remplit une chaire de médecine et de philosophie. On connaît de lui deux Disseitations qui ont été imprimées dans les Declamationes de Mclanchthon (Wittobergse, 1548, in-8, t. IV, p. 244 et 518). Elles portent ces titres :

/. Oralio de dignilatc et ulilitate artis medùvr. — II. Oralio de appellatiouibits pamtiii .

FENÊTRE. Fenêtre ronde et fenêtre ovale {voy. Oreille).

FElVEU (Eaux minérales de). Alhermales , bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques faibles. Dans le département de Maine-et-Loire, dans lailondissement d'Angers, et près du hameau qui leur a donné leur nom, émerge» I plusieurs sources, dont deux seulement, la source de Seine et la source Launay, méritent de fixer l'attention. Leurs caractères physiques sont à peu près les mêmes, c'est-à-dire que leurs eaux sont claires, limpides et transparentes, lorsqu'elles ont laissé déposer sur les parois intérieures de leurs fontaines des corpuscules bruns jaunâtres qu'elles tiennent en suspension, elles sont légèrement gazeuses, elles n'ont aucune odeur , leur saveur est manifestement chalybée . leur température varie de 15°, 8 à 14°, 3 centigrade. MM. Ménière et Godefroy en ont fait l'analyse, ces chimistes ont trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

SOBRCE SOURCE

DE SEIME. LAUNAY.

Bicarbonate de chaux 0,017 O.OoO

— magnésie 0,008 0,008

— fer 0,017 0,017

— manganèse traces. 0,050

Sulfate de soude . » 0.04-2

— chaux 0,033 0,017

— magnésie » 0,017

— manganèse. traces. »

— fer » 0,008

— alumine 0,042 0,027

Chlorure de calcium 0,055 0,023

— magnésium 0,902 0,042

Silice 0,017 0,033

Matière organique azotée » traces.

Total des matièhes fises 0,209 0,326

Gaz acide carbonique et azote indéterm. indéterm.

MM. Ménière et Godefroy ont de plus constaté que le dépôt des sources contenait des traces d'arsenic.

464 FENNER.

Les eaux de Feiicu sont employées en boisson seulement par les convalescents (le longues maladies, par les clilorotiques et les anémiques de la contrée. A. R.

FElVGER (Andréas-Christian). Savant chirurgien danois, né à Copenhague le 7 janvier 1775, lit ses études dans sa ville natale et y fut reçu docteur eu 1798 par l'Académie de chirurgie. Après avoir rempli diverses fonctions chirurgicales à cette même Académie et à l'hôpital royal Frédéric, il fut nommé chirurgien au régiment du roi en 1806, professeur extraordinaire à l'Académie le 10 avril 1810 et médecin particulier du roi le 14 août de la même année. D» grade en grade, il arriva à la chaij'e de premier professeur et à la dii-ection générale de l'Académie de chirurgie, le 10 septembre 1850, et à la direction de l'hôpital royal Frédéric, le 5 octobre de la même année. Il était membre du Collège médical (1815), l'un des directeurs de l'Institut d'accouchements (1819), chevalier de l'ordre de Dannebrog (1824), conseiller d'Ftat du royaume de Danemark (1826) et, de plus, membre d'un grand nombre de sociétés savantes. Enfin, le 28 octobre 1856 il obtint comme suprême récompense la croix de commandeur de l'ordre de Dannebrog ; il mourut quelques années après. On a de lui :

I. 0>ii M'iaden livorledes caries maxillne fremkommer ved carierede Taeiider, og om deii xpeciel le cur i dette l'Ufaelde. In Bibl. for Lacger, t. IV, p. 59, 1813. — II. Om Nijtten af l'flaulcr ]}au en sior Over/ladc aflluden ved Caries og dijbe Ulcéra sinuosa. Ibid., ^yt Bibl., t. III, p. I, 1818. — III. De gravi ossium facici carie féliciter sanala. In Acla Reg. Soc. Ihifn., t. VI (Acla Nova, t. II). p. 100, 1821. L. llx.

FEXIMEL (Wii.i.iAM-W.). Né en Virginie à la fin du siècle dernier, reçu docteur en médecine à Philadelphie, le 4 avril 1822, exerça la médecine à Charlotte-Country, dans sa contrée natale. Il a laissé peu de travaux importants, nous citerons de lui :

I. An inaug. Disserl. on tlie Causes of the Vacuiljj of Arleries. Pl)iladelphia, 1822. — If. Experimeiits and llellexio))s on the Cause of the Vacuity of the Arleries afler Dealk. In Chapinan Philad. Joiirn. of Mcd. and Phys. Sciences, t. V, p. 08, 1S22. — III. A Case exhibiling the ill Consequenrcs of a too long Continiiance of the ehvated Position in chronic Inflammation of the inferior Extremilies. Ibid., t. VI, p. 556, 1825. L. Un.

FEXKER (E.-D.) Aalif du Tennessee, est probablement le Feuner qui soutint sa thèse doctorale à Lexington le 10 mars 1829; il alla pratiquer la médecine à la Nouvelle-Orléans, où il ne tarda pas à acquérir une certaine réputation ; il fut nommé plus tard médecin de l'hôpital de la Charité de la Nouvelle- Orléans. 11 se signala par son dévouement dans les épidémies de choléra et de fièvre jaune qui désolèrent la Louisiane et les États avoisinanis, et s'occupa beaucoup des remèdes à apporter aux conditions hygiéniques fâcheuses qui favorisaient le retour des épidémies; la plupart de ses écrits portent la trace de ces préoccupations ; il était membre de V American Médical Association. Fenner est mort vers 1868, laissant :

I. An inaug. Dissertation on Utérine Hcemorrhage of Prcgnancy. Lexington, 1829. — II. The Choiera in New-Orleans. In Anieric. Journal of the Med. Sciences. 2= sér., t. XVII, p. 5il, 1849. — III. Il fonda une publication périodique : Southern Med. Reports, consisting of gênerai and spécial Reports on the Médical Topography, Meteorology and prévalent Diseuses in the following States : Louisiana, Alabama, Mississipi, North CaroUna, South Carolina, Georgia, Florida, Arkansas, Tennessee, Texas. To be published annualhi. New- York and >e\v-biieans, vol. I, 1849; vol. II, 1850; vol. III, 1851, in-8. —IV. llistory of the Yellow Fever at New-Orleans, in 1853. New-York, 1854, in-8°. — V. Remedy fur Dystnenorrhœa and conséquent Sterilily. In New-Orleans Med. Neivs. July, 1858. — YI. Sanitary Conditions of the City of Neui-Orleans during Fédéral Military Occupation. In The Southern Journal of Med. Sciences. Way, 1866. L. H.v.

FENOGLIO. 465

FEi^IVER VOX FE\!\[EBERG (Joh.-Heinr.-Chr.-Matth.). Môdociu allemand connu par ses ouvrages sur les bains de l'Allemagne en général et du duché de Nassau en particulier. Né à Kirchhain, en liesse, le 19 décembre 1775, il soutint sa dissertation inaugurale à Marbourg en 1795 et alla ensuite s'établir ù Schwalbach, où il fut chargé des fonctions de médecin de la ville; comme médecin des eaux de Schwalbach et de Scldangenbad, il rendit do grands services à son pays et fut nommé successivement conseiller aulique à Schwalbach, en J802, puis conseiller intime du duc de Nassau et chevalier de l'ordre de l'aigle rouge de Prusse. Il est mort, il y a une vingtaine d'années, regretté par tous ses concitoyens et par les nombreux étrangers que sa science attirait à chaque saison des bains.

Nous citerons de lui :

l. Diss. inaug. de dolonbus posl pailum eoruniqiic curât ione. MarLiirgi, 1795, in-S" ; trad. en allem. Leipzig, 1796, petit in-8°. — II. Gemeiimiilziges Journal ûber die Bâder und Gesundbrunnen in Dvuischland. Marburg, 1790-1801, pet. in-8°, '21ivr. (tous les articles sont de l'auteur). — III. Ih'ber Scliwnlbachx hrilsriine Quellcn , ciii Vrrsuch. Der Sftililbrunnen. Schwalbach, 1800, lii-8''. — IV. Tabr/Zurischer Unlcrrirlit fur die Hebainincn der niedern GrafschafI Kritzeiielleiibof/en. Zwei Talcln. Marburg, 1801, in-lol. — V. Ucbcr die Pfuscherei in der Mcdicin. Giessen, 1804, in-S". — VI. Das ScMaïu/enbad. Marburg, 1800, in-S". — VII. Tasclienbuck fur Gesundbrunnen vnd Bâder an/ die Jrihre 181(), 1817, 1818. Darmstadt, 1810-18, in-12, 3 vol. — VIII. Scliwalbarh und seine Hcilquellen. Darmstadt, 1817^ in-8°; 2te Aull., ibid., 1824, pet. in-S»; Ole Auil., ibid., 1854. in-12. — IX. Vebcr den Nutzen und Gebraucli der Heilbâder rnn Sc/ilangenbad. Wiesbaden u. Darmstadt, 1817, in-S", 1 pi. — X. Scidangenbad und seine Heillugenden. Darmstadt, 1824, pet. in-S". — XI. Setters und seine Heilkràfle. Darmsiadt, 1824, in-8°. — XII. Jahrbiiclier der Heilquellen Deutschlands. Cd. I, Wiesbaden, 18"il, gr. 111-8°. Journal rédigé par Fenneu eu collaboration avec H. -A. Peez. — XIII. Veber Zellgetuebeverhârtung . In Harless N. Jnltrb. d. Irulscli. Med. und Chir. Supplément. Bd. I, p. 214, 1822. — XIV. C/e6er das Benehmeu den Kinderantes. Ibid., Bd. VIII, St. 2, 1824. — XV. Beminiscenzen ûber die Heilquellen des Uerzoglh. Nassau, etc. Wiesbaden, 1855, in-8°. — XVI. Ueber Nuckcuren. Ibid., 1850, in-8°. — XVII. Zur Geschichte Schwalbach's, etc. Darmstadt, 1836, in-12. — XVIII. Schwalbach et ses environs, etc. Darmstadt, 1836, in-12. L. Hs.

FEl^iOGlilO (GiosEPPE Cesare). Chirurgien distingué de l'Italie, naquit vers 1790 àRivoli ; reçu docteur en philosophie et en chirurgie vers 1820, il s'établit à Turin, où il fut nommé peu après chirurgien ordinaire de l'ambulance royale et du Spedale cellico. Il devint plus tard chirurgien de la cour.

Fenoglio était membre de plusieurs sociétés savantes et s'Jionorait de l'amilié du célèbre Rossi. Il a publié un grand nombre de travaux sur la chirurgie et la thérapeutique, mais il s'est occupé principalement des maladies vénériennes. Nous citerons de lui :

I. De ble?ino-pyoderrhagia sjfphilitica. Diss. in duas partes trihuta, diagnosin, prognosin et curationem complectens. Mediolani, 1820, in-4°. — II. De Febbri. Poema con note filosofiche. Firenze, 1822, in-8°. (.\nal. m Omodei Annali unir, di Med., t. XXII, p. 52, 182J). — III. Trattato complelo sulle ulceri sifilitiche e veneree specialmenle primitive e sugli scoli uretrali e vaginali délia medisma rtatura, etc. Torino, 1854, in-N°. — lY. Storia di pertinacissimo ulcère venereo, tendente a farsi canceroso, guarito per mezza del bénéficia influsso di repenlina infiammazione. In Omoilei Annali univ. di med., t. XX, p. 254, 1821. — V. Sperienze suW azione solvenle deW iodio nel Gozzu. Sue preparazioni, etc., ibid., p. 257, 1821. — VI. Osservaziom conprovanti l'efficacia délia polvere délie Foglie delV uva moscaia nera nelV emorragie utérine specialmenle. Ibid., t. XXIII, p. 314, 1822. — VII. Effetti délia imaginazione materna siU feto. Ibid., t. XXIV, p. 187, 1822 — VIII. Succinlo ragguaglio di un f'atto patologico straordinario. Ibid,, t. XXVI, p. 382, 1825. — IX. Azione dell' acido meconico, del meconiato di potassa e di soda. Ibid., t. XXVIII, p. 121, 1823. — X. Idrocefalo esterno traumatico guarito colla puntura e colV uso délia digitale. Ibid., p. 372, 1825. — XI. Azione drastica dell' olio di croton tiglium. Ibid., t. XXX, p. 70, 1824. — XII. Trismo succeduto alla jipercussione délia gonorrea , curato col richiamarla. Ibid.,

466 FENOUIL (botanique).

t. XXXIX, p. 50, iS'iô. — XIII. Virlk antiscabbiosn del carbonalo di potassa unito ulUi canfora. Ibid., l. XLVIII, p. 54, 1828. — XIV. Ascili guarile colla compressione. Ibid., t. LXH, p. 547, 1832. — XV. Gonorrea curata col cubehe. Ibid., t. LXVIII, p. 417, 1853. — XVI. — Ulceri veneree ciirati. Ibid., t. LXXIV, p. 409, 1855. L. Hs.

FENOUir. Fœniculum. § I. Botanique. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Ombellifères. Placé par Linné dans les Anethum, les espèces de ce groupe en ont été séparées par Iloflmaun, qui leur a attribué les caractères suivants : Calice à limbe entier, formant une bordure peu épaisse; corolle à 5 pétales obovés, tronqués, roulés en dedans ; 5 étamines. Fruit ovoïde ou oblong, à section transversale orbiculaire, composé de deux méricarpes, qui restent d'ordinaire unis entre eux à la maturité, et qui portent à leur surface chacun cinq côtes saillantes, obtusément carénées, dont les deux latérales plus larges que les autres. Entre les côtes se trouvent des vallécules très-étroites, et au-dessous de ces vallécules un seul canal oléo-résineux ou bandelette.

Les plantes appartenant à ce genre ont une tige légèrement striée, portant de grandes feuilles engainantes divisées en lanières étroites, et à la partie supérieure des ombelles composées sans involucre et sans involucelle.

Les auteurs ont beaucoup varié sur le nombre des espèces de Fenouil qui viennent en Europe. La plupart inclinent maintenant à en admettre une seule, avec des variétés. On regarde même le Fenouil qui vient des Indes Orientales cbmme se rapportant au même type spécifique, qui serait :

Le Fœniculum vulgare Gœrtn. [Fœniculum officinale Allioni. — Fœniculum dulce G. Bauhin). C'est une plante haute de 8 à 15 décimètres, glabre, à feuilles décomposées en fines lanières, allongées; les feuilles supérieures réduites à un limbe court, sessile sur une longue gaîne. Les ombelles formées de J5 à 50 rayons, glabres, portent des fleurs petites de couleur jaune. Toute la ])lante a une odeur et une saveur aromatiques très-prononcées.

Les principales formes qu'on a distinguées dans ce type spécifique sont :

Le Fenouil doux [Fœniculum dulce de Baubin) à tige comprimée à la base, relativement peu élevée, portant des feuilles à lobes capillaires allongés et des ombelles moins fournies que les autres variétés. Cette forme donne les fruits qui viennent dans les pharmacies sous les noms de Fenouil doux et qui se font remarquer par leurs dimensions de 1 0 à 12 millimètres de long sur o à 4 de large, par leur couleur d'un vert-pâle, par leur odeur douce et agréable, et par leur saveur à la fois sucrée et aromatique.

Cette variété est cultivée aux environs de Nîmes.

Le Fenouil vidgaire [Fœnicidum vulgare), qui est le type de l'espèce, et qui croit à l'état sauvage dans la région méditerranéenne, et aussi, mais plus rarement, dans toute la France et même en Angleterre. Les fruits en sont plus petits, d'une couleur plus foncée, d'une odeur et d'une saveur moins fines et plus acres.

Il fournit les fruits qu'on désigne sous le nom de Fenouil amer, et le Fenouil vulgaire d'Allemagne.

Quant au Fenouil poivré [Fœniculum piperitum DC), qui vient dans l'Europe méridionale et qu'on appelle en Sicile Finacchio d'asino ou Fenouil d'âne, il a des feuilles à lobes subulés, courts, très-épais, et des fruits acres et poi\Tés, <Iu'on met dans les ragoûts comme condiments.

Sous le nom de Fœniculum lusitanicum, on a parfois désigné une plante appartenant à un autre genre que les Fenouils : VAmmi majus L.

FKNOUIL (emploi médical). Ml

Gaspard Bauhin. Pitiax Theatri hotanici. — IIoffiMann. UmheUiferce, p. 120, tab. 1. — De Candolle. Prodromus, IV, p. 142. — Mérat et de Lexs, Didionnaire de matière médicale, III, p. 270. — Guieouht. Drogues simples, 6° édition, III, p. 229. — Grenier et Godron. Flore de France, I, 712. — FlUckiger et Hanbury. Pharmacographia, p. 274. W.

§ II. Emploi médical. Il ne s'agit ici que du fenouil commun, les propriétés générales des Aneths ayant été indiquées à ce mot.

Les propriétés stimulantes du fenouil, à Tintérieur et à l'extérieur, étaient bien connues des anciens et l'huile qu'ils en retiraient était employée au pansement des plaies et des ulcères mous. Aujourd'hui l'usage médical du fenouil estpeut-être trop délaissé. Gomme les autres Aneths, le fenouil, doué d'une odeur pénétrante, contient, outre une huile liquide, une huile volatile analogue à celles d'anis et de badiane. Les essences de ces plantes présentent entre elles quelques différences ; « mais il est fort possible que ces différences tiennent à un hydrocarbure isomère de l'essence de térébenthine avec lequel elles sont toutes mélangées )) {Didionnaire de Chimie de Wurtz, article Anis). Du reste, les confiseurs emploient souvent les semences de fenouil à la place de celles d'anis.

Le fenouil est excitant et carminatif. Il convient donc à certaines dispepsies atoniques et flatulentes, comme à tous les cas où il s'agit d'exercer une certaine stimulation générale. Est-il diurétique ? Rien de moins certain. On lui attribue aussi, et assez généralement, deux propriétés qui, dans la pratique, peuvent se contrarier : la propriété de provoquer la sortie des règles et celle d'activer la sécrétion lactée. Il y aurait lieu dès lors de ne pas l'administrer à des nourrices qui manifesteraient quelque tendance à la menstruation, et surtout à ne pas le leur donner au moment même où elles auraient leurs règles. Mais cette propriété eraménagogue du fenouil est assez problématique. Quant à l'autre, elle serait plus réelle d'après l'expérience de Coze, Bontemps, Cazeaux et d'autres (Bontemps, Thèses de Strasbourg, 1855; Cazeaux, Traité d'accouchement).

Avec les feuilles et les sommités du fenouil on fait des cataplasmes résolutifs qu'on applique principalement contre les engorgements mammaires. On en fait aussi une décoction pour fomentations. La poudre de racines, de semences, l'huile essentielle, peuvent former la base de pommades excitantes et même parasiticides : suivant Gazin, une pommade de ce genre, dans laquelle entrent 50 gouttes d'huile essentielle pour 120 grammes d'axonge, est usitée en Hollande contre les poux.

Le fenouil appartient aussi à labromatologie. On mange, dans certaines parties de la France, celui qu'on cultive dans les jardins sous le nom de fenouil doiu\

Les modes d'emploi thérapeutique du fenouil sont les suivants :

A Vintérieur, on administre le plus souvent les semences, soit en poudre (de 1 à 5 grammes), soit en infusion (15 à 50 grammes par litre d'eau). La racine (même dose) s'emploie en décoction. L'eau distillée du fenouil peut servir de véhicule pour une potion, ou mieux, onfait entrer dans les juleps de 6 à 10 gouttes d'huile essentielle. On prépare aussi avec le fenouil un Din qui se donne à la dose de 2 à 6 cuillerées par jour, et une teinture dont la dose est de 1 ou 2 grammes.

A Vextérieur, on peut saupoudrer les plaies avec la poudre de semences. La dose de cette poudre pour une pommade est de 4 grammes par 50 à 40 grammes d'excipient. On se sert aussi de l'huile essentielle en frictions, soit pure, soit mélangée, dans des proportions variables, avec un corps gras.

Le fenouil fait partie du sirop des cinq racines, de la thériaque, du mithri-

468 FENUGREC (emploi médical).

date, du diaphœnix, de la confection d'Hamech, et de quelques autres préparations. D.

FEIVUGREC Fœnum Grœcum. § I. Botanique. Oïl donne ce nom à une espèce du genre Trigonella, de la famille des Légumineuses papilionacées. C'est la seule plante du groupe qui offre quelque intérêt au médecin, les autre.< espèces étant tout à fait insignifiantes au point de vue des propriétés.

Le Fenugrec [Trigonella Fœnum Grœcum. L.) est indigène dans la région de la Méditerrannée, et cultivé dans diverses stations étrangères à cette région : en Alsace, dans divers cantons de la Suisse, en Thuringe, en Moravie, et dans quelques points de l'Allemagne. C'est une plante annuelle de 2 à 4 décimètres de long, presque glabre ; portant des feuilles brièvement pétiolées à 3 folioles, oblongues ou obovées. La Heur blanchâtre et papilionacée a un étendard plus long que les ailes et une carène très-courte et arrondie. Le fruit est une gousse glabre, longue de 8 à 15 centimètres, comprimée, courbée en arc, terminée par une longue pointe. Il contient de 10 à 20 graines rhomboïdales, comprimées, tronquées aux deux bouts, échancrées à l'ombilic, finement tuberculeuses. Ces graines sont de couleur jaune-fauve, et ont une odeur très-prononcée, qui rappelle celle du méjilot.

Linné. Species Plantarum, 1095. — De Candolle. Flore française, IV, 551 et V, 571. — Grenier et Godron. Flore de France. I, 397. — Guibouht. Drogues simples. G' édit., III, 578. — G. Planchon. Traité de la détermination des drogues simples, I, 389. Pl.

§ II. Propriétés thérapeutiques. C'est dans les livres anciens que l'on trouve les renseignements les plus circonstanciés sur l'emploi médical du fenugrec. Cette plante était, en effet, très-employée dans l'antiquité, comme aliment ou comme médicament, tandis qu'aujourd'hui, en Europe tout au moins, elle n'est plus guère usitée qu'à titre de fourrage.

Les ouvrages de Pline et Dioscoride contiennent sur cette léguinineuse un certain nombre de faits intéressants que nous allons résumer brièvement.

Après en avoir mentionné les différents noms : Telis, Carphos, Bnceras, Œgoceras, qui reconnaissent pour origine la comparaison qu'on a faite de ses grainesavec des cornes de ruminant, Pline l'ancien la décrit sous l'appellation de Silicia.

Pour lui le fenugrec (Fœnum Grœcum : foin grec) est un siccatif, un émollient, un résolutif, « vis ejus siccare, niollire, dissolvere, » utile contre certaines maladies des femmes ; indurations, tumeurs, spasmes des organes génitaux ; un topique excellent pour guérir les dartres furfuracées du visage « furfures in facie exténuât, » un remède enfin dont la décoction, additionnée de nitre et de vinaigre, agit bien topiquement dans les maladies du foie et de la rate.

Voici encore d'autres applications rapportées par Pline. La graine pilée. bouillie dans du vin, était prescrite par le médecin Dioclès dans les accouchements difficiles; ou bien, mélangée aux farines d'orge et de graine de lin, puis cuite dans de l'eau miellée, elle servait à confectionner des pessaires et des cataplasmes, usités dans les affections des organes génitaux de la femme.

Cette dernière application me paraît fort bien imaginée et digne d'être remarquée. On resient un peu aujourd'hui, en effet, à l'emploi des sachets à la graine de lin dans leo maladies utéro-vaginales, et l'on en obtient de fort bonseffets. Je suis persuadé qup la substitution de la farine de fenugrec à la farine

FENUGREC (emploi médical). -469

de graine de lin dans les sachets vaginaux serait très-heureiise, et j'engage volontiers mes confrères à revenir à la méthode de Dioclès dans les cas d'mflammalion de la vulve, du vagin ou du col utérin.

Le même médecin réussissait également bien à faire disparaître les lèpres et le lentigo par le moyen que voici : il lavait préalablement les parties malades avec une solution de nitre, puis appliquait aussitôt un mélange à parties égales de farine de fenugrec et de soufre. Théodorus, clans les lèpres, prescrivait les semences de fenugrec macérées dans du vinaigre fort, mélangées avec quatre parties de cresson.

Poursuivant ces applications du fenugrec, désignées par la tradition, nous trouvons que Damon on considérait les semences comme emménagogues, et que d'autres médecins les prescrivaient, en décoction avec de la mauve, dans les maladies intestinales ; ou bien pour enlever l'odeur fétide des aisselles et guérir le pityriasis capitis ou la teigne. Dans ce dernier cas, on associait la farine de fenugrec au vin et au nitre. En outre, la décoction de semences dans de l'hydromel, incorporée à de l'axonge, passait pour efficace dans diverses affections des organes génitaux; contre la parotide, la goutte aux pieds et aux mains, les maladies articulaires, etc., etc. ; et la farine, cuite longtemps et additionnée de miel, avait, dit-on, la propriété de guérir les toux invétérées.

Cette même farine, toujours suivant Pline (lib. XXll), est la plus émollientc de toutes et d'un emploi utile, cuite dans du vin avec du nitre, contre les ulcères humides, les dartres farineuses et les douleurs d'estomac.

Dioscoride et son commentateur Matthiole signalent les mêmes applications identiques du fenugrec. Ils en considèrent la farine comme émolliente, résolutive, et d'un emploi excellent dans les affections de l'ulérii-;. les dermatoses du cuir chevelu et les maladies de l'intestin.

Nous lisons en effet, dans une traduction de Matthiole, ce qui suit : « La farine de senegré (fenugrec) a vertu de ramollir et résoudre : cuitte en eau miellée sert

aux inflammations tant du dedans que du dehors Le jus de la décoction est

bon aux maladies des femmes, tant pour la préclusion que pour tumeurs de leurs lieux secrés, ou s'en estuuant. Le jus de senegré cuit en eau bien espreint nettoyé les cheveux, les peaux mortes de la tête et les tignons ; appliqué en forme de pessaire avec graisse d'oye, élargit et ramollit les lieux secrés des

femmes Sa décoction est bonne au mal de ventre, qui donne toujours envie

d'aller à la selle sans y rien faire et aux flux puans de la dysenterie. L'huile qu'on en tire nettoyé les cheveux et mondifie les cicatrices des génitoires. »

En somme, les mêmes idées, les mêmes faits sont reproduits dans les deux, auteurs contemporains, Pline et Dioscoride, ce qui n'a rien de surprenant.

Que faut-il penser des nombreuses applications attribuées au fenugrec par la thérapeutique antique ?

Eh bien, à notre avis, il serait bon de ne pas trop négliger toutes ces indica-r fions empiriques, et l'on devrait reconnaître qu'à côté de faits mal observés et interprétés il en est certains dont la valeur est incontestable. Sans doute on ne peut guère compter sur le fenugrec dans les accouchements laborieux, la dysménorrhée, la goutte articulaire, mais sa farine et sa décoction rendraient sans aucun doute de bons services, à titre de topique, dans une foule de dermatoses irritatives, dans les inflammations vulvo-vaginales, les phlegmons circonscrits, etc.

Aujourd'hui, cependant, l'emploi du fenugrec dans l'alimentation aussi bien qu'en thérapeutique est absolument rare, en France particulièrement.

470 FENUGREC (emploi médical).

11 n'en est pas de même, au contraire, en Orient. Le ieniigrec a gardé là sou antique réputation, comme le prouve cette formule souvent employée à titre de compliment : « Heureux sont les pieds qui pressent la terre sur laquelle croît le Helbeh ! » Ses graines entrent dans l'alimentation. On les mange germées, ou bien on les met dans les sauces et les ragoûts; on en fabrique aussi, après les avoir torréfiées, une boisson analogue au café, qu'on sucre avec du miel et aromatise avec du citron. La purée de semence de fenugrec est également un aliment apprécié des Hindous, et même, paraît-il, de quelques-uns de nos compatriotes du midi de la France.

Mais c'est surtout en Egypte ([ue l'on consomme en abondance le fenugrec comme denrée alimentaire. On en mange les tiges crues, qui ont la réputation d'engraisser, et les graines cuites, pilées dans du lait, pour donner au teint de la fraîcheur.

Propriétés organoleptiques et médicales. La graine seule du fenugrec est aujouid'bui usitée en médecine, c'est pourquoi notre description s'appliquera uniquement à elle.

On la trouve dans le commerce de la droguerie sous forme de petits prismes allongés, aplatis, irrégulièrement carrés, du volume à peine d'un grain de chènevis, de couleur jaunâtre, offrant sur leurs faces des sillons plus ou moins profonds. Elle a une odeur spéciale rappelant celle du mélilot ou du jus de réglisse, une saveur de pois sec, est très-dure à mâcher et, mise dans la bouclie, se revêt très-vite d'une couche mucilagineuse.

Au contact de l'eau, elle gonfle et rend ce liquide mucilagineux. .^0 grammes, par exemple, suffisent à chaud pour donner une consistance très-mucilagineuse à une livre d'eau.

La composition de ces graines n'a pas été exactement donnée. Elles renferment de la fécule, une substance mucilagineuse et un principe particulier, qualifié du nom d'essence, analogue à celui que l'on trouve dans la fève tonka, nommé Coumarine, C^^H^O^. Ce principe donne à la semence de fenugrec l'odeur qu'on lui connaît.

J'ai entre les mains un échantillon d'essence du commerce, qui offre les caractères que voici. C'est un liquide oléagineux, d'une teinte ambrée-verdâtre, transparent, d'odeur aromatique tout à fait spéciale n'ayant que des rapports éloignés avec celle de la semence, et d'une saveur piquante, un peu amère, désagréable au goût, quoique fraîche. Celle huile n'est pas très-volatile et graisse le papier buvard un peu à la manière des coi'ps gras. Sur la peau, en onctions ou frictions, elle ne détermine aucune irritation.

On n'a pas expérimenté ce produit au point de vue médical. C'est une lacune à combler, car l'essence de fenugrec doit évidemment jouir de propriétés assez importantes.

On n'utilise donc aujourd'hui que les qualités émollientes des semences. On en fait des décoctions, pour tisane ou lotions, et de la farine pour cataplasmes.

L'emploi de ces préparations est indiqué par ce fait seul qu'elles sont aromatiques, émollientes, lubrifiantes. C'est dire qu'on les prescrira dans les diverses affections qui réclament les remèdes légèrement stimulants et adoucissants; dans les irritations des voies digestives : diarrhée, dysenterie, coliques, flatulences ; dans les inflammations ou irritations du tégument externe : abcès, phlegmons, dermatoses, érysipèle, engelures, gerçures du mamelon; dans les ophthalmies simples : blépharites, conjonctivites; dans quelques inflammations

FER (chimie). ^71

de la muqueuse vulvo-vaginale : vulvite, vaginite, et enfin contre les plaies atoniques ou irritées, les contusions, meurtrissures, etc..

Nous recommandons surtout les sachets de farine de fenugrec, dans certaines affections utérines ou vaginales : métrites du col, vaginite, catarrhe uléro-vaginal, préparés à la manière de ces sachets de graine de lin, qui sont assez souvent conseillés aujourd'hui avec succès par les gynécologues.

En définitive, le praticien peut tirer du fenugrec d'utiles ressources. Ses semences ont toutes les propriétés émollientes de la graine de lin, et elles possèdent de plus un principe aromatique, une essence, si l'on veut, qui jouit sans doute de vertus thérapeutiques particulières, entrevues par les anciens et que nous aurions tort de ne plus rechercher.

Modes d'emploi. A Vintérieur, on peut prescrire Vinfusion ou la décoction, comme tisane aromatique ou émolliente ; la macération à froid, analogue à la macération de graine de lin, à la fois aromatique et un peu mucilagineuse.

Pour les usages à Vextérieur, les semences servent à préparer des décoctions plus ou moins épaisses et niucilagineuses, qui servent à faire des lotions adoucissantes, des fomentations, des lavements émollients, des injections.

Mais c'est surtout la farine qui peut rendre de bons services, en cataplasmes ou en sachets, préparés comme les cataplasmes ou les sachets de farine de graine de lin.

Le fenugrec entre encore à titre d'adjuvant dans certaines préparations ci'tées dans les vieilles pharmacopées, et aujourd'hui tombées en désuétude : le sirop de marrube blanc, V huile de mucilage, Vonguent de guimauve on d'althea, Vonguent martiatum, etc. Ernest Labbée.

Bibliographie. — Pline l'Ancien, lib. XXIV, cap. cxx. — Mattiiiole. Commentaires sur le livre II de Dioscoride. Trad. française. Lyon, 1579. — Dictionnaire de Larousse, 1872. — Cazin. Traité pi'alique et raisonne des plantes médicinales indigènes, 187G. E. L.

FENWICK (Les). Parmi les nombreux médecins anglais qui ont porté ce nom, nous citerons seulement :

Fenwick (JoiiN Ralph). Médecin très-estimé, né en Angletei-re, reçu docteur en médecine à la Faculté d'Edimbourg le 24 juin 1782 ; il a pratiqué son art à Durham ; il s'est en même temps occupé d'agriculture et du perfectionnement des engrais. Nous citerons de lui :

I. Diss. inatig. de plethora. Edinburgi, 1782, in-8°. — IL Essay on calcareous Manure. In Annales d'Arthur Young et Bibl. britannique, t. IV, p. 540, an Vil (1799). — III. Upon annexing Fever-Wards to the Newcastle Infirmary. Newcastle, 1802, in-12. — IV. Sketch of the professional Life and Character of John Clerk, M. D. at Newcastle. London, 1806, in-8°. — V. On the use ofOil of Turpenline in Tœnia, communicated in a letter to Mr. Daillie. In London Med.-Chir. Transact., vol. II (1811), 1815. L. Un.

FER. g I. Chimie. Equivalent Fe = 28 ; poids atomique = 56. Ce métal, dont il n'est pas nécessaire de faire ressortir l'importance, est à la fois le plus répandu dans le sein de la terre et le plus précieux par ses propriétés physiques. Si, malgré cela, son usage a été précédé de celui d'autres métaux, or, argent, 'uivre et leurs alliages, cela tient à la complication des procédés qu'il faut faire subir aux minerais pour en retirer ce métal dans un état qui permette de l'utiliser. Aussi l'usage du fer rnarque-t-il une ère importante dans le développement du génie humain. L'âge de fer a succédé à V âge de bronze; à mesure que les divers peuples ont connu les procédés sidérurgiques, ils se sont empressés de substituer

472 FER (chimie),

le fei' au bronze ou ù l'airain. Le fer était dédié par les anciens au dieu Mars : de là l'adjectif marfta/ assigné à beaucoup de préparations ferrugineuses.

Les minerais de fer sont extrêmement variés ; mais jamais ce métal ne se rencontre à l'état de liberté ; le fer météorique lui-même, qu'on envisage souvent comme du fer natif, ne renferme que 90 p. 100 environ de ce métal, associé à d'autres métaux, tels que le nickel, le cobalt, le cbrome, le manganèse, et renfermant en outre de petites quantités de silex, de soufre, etc. Quelquefois ces masses de fer météorique sont assez considérables pour donner lieu à une exploitation, mais ce sont là des cas accidentels.

Les principaux minerais de fer sont ses oxydes, hydrates et carbonates. Les minerais sulfurés (pyrites) sont très-abondants et riches en fer, mais le soufre étant un élément qui nuit beaucoup aux qualités du fer et dont l'élimination complète présente de grandes difficultés, ces minerais ne sont pas traités dans l'intention d'en retirer ce métal, mais bien comme une source de soufre. Il est à remarquer cependant que les perfectionnements apportés aux procédés de grillage des pyrites, grillage qui transforme le soufre en acide sulfureux et le fer en oxyde, sont tels que le résidu fixe de cette opération pourra être exploité comme minerai de fer.

Voxyde de fer maçinétique constitue un des minerais les plus importants et fournit l'acier le plus estimé. 11 est très-abondant dans les roches ignées et se rencontre surtout en Norvège, Laponic, Suède et Canada.

Vhématite rouge est du sesquioxyde de fer anhydre ; il existe à l'état cristallisé ou à l'état terreux. C'est lui qui constitue le minerai si estimé de l'ile d'Elbe.

L'hématite brune est du sesquioxyde de fer hydraté et se présente en masses fibreuses d'un brun foncé. Le sesquioxyde hydraté terreux, qui donne lieu à une très-vaste exploitation, porte le nom de limonite, le minerai oolithique, des lacs, etc., en constituent d'autres variétés.

Le carbonate spathique est du carbonate ferreux. Il faut joindre à ces divers minerais une variété dite minerais argileux et qui renferme une certaine quantité de matière charbonneuse.

Tous ces minerais sont généralement accompagnés d'une gangue qui renferme de la silice, de la chaux, de l'alumine, de la magnésie, etc. Après leur avoir fait subir un traitement mécanique approprié à leur état d'agrégation, on commence par les soumettre à un grillage (sauf les minerais terreux) qui a pour but, d'une part de les rendre moins durs, d'autre part de les déshydrater et d'éliminer certaines impuretés, notamment le soufre.

ExTRACTio.N. L'extraction du fer des minerais ainsi traités repose essentiellement sur la réduction de l'oxyde par le charbon ou par des gaz carbures, à une température élevée. Dans cette opération, la silice et les terres qui constituent la gangue fondent et se séparent à l'état de scories.

On n'obtient pas ainsi, comme cela a lieu pour la plupart des autres métaux, un régule métallique, mais une masse spongieuse, nommée loupe, qu'on réunit en barres sous le marteau, ou jilutôt, dans la méthode du haut fourneau, une combinaison de fer et de carbone qui porte le nom de fonte et qui se distingue du fer lui-même par une fusibilité beaucoup plus grande. Cette fonte renferme fin outre de petites quantités de silicium, de manganèse, de soufre, de phosphore, d'arsenic.

Poui- transformer la fonte en fer malléable, on la soumet à de? traitements

FER (chimie) 473

qui portent le nom d'a/]^na^e. Lepiiddlage n'est autre qu'un procédé spécial d'affinage.

Nous décrirons succinctement les procédés dont nous venons d'exposer les principes.

Réduction des minerais. 1" Méthode dite catalane. Elle donne directement <lu fer malléable, mais n'est applicable avec avantage qu'à des minerais trèsriches et tend du reste à disparaître complètement. La réduction s'opère dans tme sorte de cieuset rectangulaire emprisonné dans un massif, de maçonnerie dont l'une des faces laisse passer la tuyère inclinée d'un puissant soufflet, qui projette le vent un peu au-dessus du fond du creuset. Celui-ci reçoit le mélange de minerai pulvérisé et de charbon de bois. Le charbon en brûlant dans le voisinage de la tuyère se convertit en acide carbonique, mais ce gaz en présence de l'excès de charbon donne de l'oxyde de carbone qui, traversant la masse du minerai, réduit l'oxyde de fer; en même temps, la température est assez élevée dans le voisinage de la tuyère pour fondre la gangue dans laquelle passe une partie de l'oxyde de fer non réduit ; la scorie ainsi |)ro(luite reste en partie mêlée au fer, tandis que le reste s'écoule. Les parcelles de fer se réuiiisseul sous forme d'une masse spongieuse qu'on enlève, l'opération terminée, et qu'on porte sous le marteau ; les scories emprisonnées sont ainsi expulsées et le fer se soude sur lui-même; on lui donne la forme de barres.

Si dans cette opération on obtient non de la foule, mais du fer malléable, cela tient à l'action décarburante de la scorie ferrugineuse emprisonnée dans la masse spongieuse. Si le fer réduit atfecte cette dernière forme, c'est parce que son point de fusion est beaucoup trop élevé pour se réunir en une masse fondue homogène.

'i" Méthode des hauts fourneaux. Le haut fourneau offre la forme de deux troncs de cône superposés par leur base. La partie inférieure reçoit la tuyèic d'un soufflet au-dessous de laquelle se trouve une grande cavité ou creuset dans laquelle se réunissent la fonte et les scories en fusion. La partie supérieure, qui j)orte le nom de gueulard, donne issue aux gaz de la combustion, et sert eu même temps au chargement du fourneau. On y arrive par une galerie supérieure sur laquelle circule un train de wagonnets chargés de minerais et de combustible. La hauteur du haut fourneau est de 10 à 20 mètres. On donne le nom de cuve au tronc de cône supérieur et ^'étalage au tronc inférieur. La partie moyenne, la plus large, porte le nom de ventre.

Le combustible employé est du charbon de bois et du coke, seuls ou mélangés, ou même de la houille. Mais un autre élément est nécessaire pour le succès de l'opération. Pour que les particules métalliques réduites par le charbon puissent se réunir, il ûiut que la gangue terreuse du minerai soit convertie en un silicate fusible ; cette condition est remplie par l'addition d'un fondant. La nature de ce dernier varie nécessairement avec la nature de la gangue : si celle-ci est trop calcaire, le fondant ajouté est de l'argile [erbue), de manière à produire du silicate alumino-calcique fusible .: si la gangue au contraire est argileuse ou siliceuse, le fondant est delà chaux [castine).

Ces trois matières, combustible, minerai et fondant, sont versées dans le haut fourneau par couches alternatives. Lorsque la charge est complète, on y met le feu et on fait jouer la soufflerie, qui injecte dans le fourneau un puissant courant d'air chauffé à 200 ou 300°.

Le charbon, en brûlant à la partie inférieure, donne de l'acide carbonique ;

474 FER (chimie).

mais celui-ci, en traversant le combustible cliauft'ô au rouge blanc, dans les étalages, se convertit en oxyde de carbone. Celui-ci à son tour en s'élevant dans la cuve, qui est portée au rouge, y réduit l'oxyde de fer du minerai et se transforme de nouveau en acide carbonique.

Le mélange de fer réduit, de gangue, de fondant et de charbon, tombe peu à peu dans les étalages, où la température est la plus élevée, et où le fondant, réagissant sur la gangue, la convei'tit en silicate complexe fusible [lailier] ; le fer lui-même se combine à du charbon en produisant la fonte. Celle-ci s'écoule en même temps que le laitier dans le creuset iciférieur. Le laitier, beaucoup plus léger que la fonte, surnage cette dernière et la protège contre l'action oxydante de l'air lancé par la tuyère.

A mesure que le mélange de minerai et de combustible s'abaisse dans le haut fourneau, on y introduit de nouvelles cliarges par le gueuhu'd et toutes les 12 ou 24 heures, suivant les dimensions du haut fourneau, on laisse écouler la fonte accumulée dans le creuset. Un haut fourneau une fois en activité fonctionne sans interruption durant 12 ou 15 mois.

La fonte sort par un trou de coulée qu'on n'ouvre qu'au moment où l'on veut vider le creuset. Elle est reçue dans des moules en sable, ménagés sur le sol de l'atelier.

Affinage. La fonte est un carbure de fer contenant jusqu'à 6 p. 100 de carbone [voy. Foxte) ; elle renferme en outre du silicium, quelquefois en proportion de 2 à 5 p. 100 et même au delà, du soufre, du phosphore, de l'aluminium, du tungstène, etc., etc. L'affinage comprend la série d'opérations nécessaires pour décarburer la fonte et pour la priver autant que possible des autres éléments étrangers. Il a pour principe la combustion du charbon et du silicium associés au fer.

Pour affiner la fonte, on la fond avec du charbon de bois dans une forge, ou creuset, alimentée par une soufflerie. La fonte vient occuper la partie inférieure du creuset ; sous l'influence du courant d'air, elle s'oxyde à la surface ; l'oxyde de fer formé brûle alors le carbone de la fonte ainsi que le phosphore, le silicium, le manganèse, etc., qui forment des silicates multiples, fusibles, mélangés de phosphates.

A mesure que le fer se décarbure, il devient moins fusible, et se réunit en grumeaux au milieu du bain fondu. L'ouvrier réunit ces grumeaux avec un ringard et en forme une masse compacte, nommée loupe, qu'on travaille sous le marteau pour en expulser les scories, en la reportant une ou deux fois au fourneau pour lui rendre sa plasticité. On travaille finalement cette loupe sous le marteau à cingler, de manière à lui donner la forme de barreau qui passe finalement au laminoir.

A l'affinage dit au bois, que nous venons d'indiquer, on substitue généralement l'affinage au coke. Ce dernier procédé se divise en deux parties : le finage, qui s'opère à peu près comme l'affinage au bois, en remplaçant le charbon de bois par le coke, et le puddlage. Le finage produit d'abord un métal incomplètement affiné, le fine-metal des Anglais. Dans le puddlage, le métal n'es-t plus mis en contact direct avec le combustible ; le fine-métal est chauffé dans un four à réverbère, sur la grille duquel on brûle de la houille. Quand le four est porté au rouge blanc, on répand sur la sole le métal à affiner, mélangé au quart de son poids environ d'oxyde de fer (oxyde des battitures). Le mélange fond rapidement ; on le brasse vivement avec un ringard. L'oxygène de l'oxyde de fer ajouté

FER (chimie). 475

J)iûle le carbone de la l'onle. Eu même temps la masse s'épaissit de plus eu plu.> et l'ouvrier la pétrit avec un ringard, de manière à la réunir en une loupe qu'on porte alors sous un puissant marteau-pilon destiné à en expulser les scories et à réunir le métal en un lingot compact qu'on passe au laminoir.

Nous ne pouvons entrer ici dans les détails techniques de ce procédé important, usité dans toutes les usines sidérurgiques. Nous ferons seulement remarquer en terminant que les efforts actuels des ingénieurs métallurgistes se portent surtout dans l'introduction de procédés mécaniques de puddlage. Ces procédés présentent le double avantage d'augmenter la production du fer malléable, tout en en diminuant le prix de revient, et de soulager beaucoup le travail manuel très-pénible de cette industrie.

Présence du fer dans l'organisme. Le 1er est non-seulement un des éléments les plus répandus du règne minéral, il fait aussi partie constituante de certains principes essentiels de l'organisme animal. Le sang en renferme normalemeiil environ 0,05 p. 100 en combinaison dans l'hémoglobine où il se trouve dans la proportion de 0,42 p. 100 {voij. Sakg).

Cette présence normale et nécessaire du fer rend compte de l'importance des médicaments ferrugineux, entre autres des eaux minérales ferrugineuses {voy. IIaux minérales).

M. Boussingault s'est livré, il y a ({uclqucs années, à des recherches étendues sur la répartition du l'er dans les matéiiaux du sang et sur la richesse des divers aliments en fer [Comptes rendus, t. LXXIV, p. 1555; t. LXXV, p. 229).

Préparation du fer pur. Le fer le plus pur du commerce (fil de clavecin) renferme toujours une petite proportion de matières étrangères , carbone et silicium. Pour l'obtenir chimicjuenient pur, on fond dans un creuset réfractaire, au l'ourneau à vent, du fer doux de très-bonne qualité, tel que les pointes de Paris, avec l'oxyde de fer pur et un fondant, par exemple, du verre pilé ; le carbone, le silicium, le phosphore, sont oxydés par l'oxyde de fer; le fondant dissout les matières fixes autres que le fer métallique, qui reste sous la forme d'un culot d"un blanc d'argent.

On obtient plus facilement du fer pur par la réduction du chlorure de fer ou de l'oxyde de fer purs sous l'influence de l'hydrogène, à une température élevée.

Si l'on chauffe fortement du chlorure ferreux cristallisé anhydre dans un courant de gaz hydrogène, il se dégage de l'acide chlorhydrifjue et il reste du fer métallique sous la forme d'une niasse spongieuse ou en petits cristaux cubiques.

La réduction de l'oxyde ferrique par l'hydrogène donne du fer amorphe, trèsdivisé et pyrophorique, lorsque la température à laquelle a eu lieu la réduction n'a pas atteint le rouge. Dans ce dernier cas, les particules de fer prennent plus de cohérence, ce qui diminue leur affinité pour l'oxygène. Le fer réduit n'est alors plus pyrophorique. C'est dans cet état que le fer réduit est employé en médecine. On l'obtient en portant de l'oxyde ferrique au rouge, dans des cylindres de porcelaine ou de fer qu'on fait traverser par un courant d'hydrogène pur.

Un autre procédé pour obtenir du fer réduit consiste à décomposer l'oxalate ferreux par la chaleur. Ce sel, après s'être déshydraté, se décompose en acide carbonique et fer pulvérulent, qui est fortement pyrophorique, si la température n'a pas été poussée trop haut.

Une houppe de fer réduit, non pyrophorique, suspendue à un aimant, brûla avec rapidité lorsqu'on en approche un corps en ignition.

476 tER (chimie).

Propriétés physiques du fer. Le fer doux est un métal gris-bleuâtre, doué d'une légère odeur et d'une saveur faiblement métallique. C'est le plus tenace de tous les métaux. Sa cassure est grenue et, plus il est pur, plus le grain est fin. Sa densité varie de 7, 4 à 7, 9, lorsqu'il a été forgé; celle du fer fondu est égale à 7,25. Le fer doux ne fond que vers 1500" (la fonte fond vers 1250"). Il possède la propriété précieuse de se souder sur lui-même à une température bien inférieure à son point de fusion, ce qui permet de le forger.

11 se laisse travailler à cliaud sous le marteau, au laminoir et à la filière, et l'on obtient ainsi le fer en barres, la tôle, le fl de fer. Sa malléabilité et sa ductilité sont fortement atténuées ou même détruites par la présence du soufre, de l'arsenic, du phosphore.

Le fer doux est attiré par l'aimant , dont il partage la propriété aussi longtemps que dure le contact, mais la perd dès que ce contact cesse. L'acier au contraire conserve son magnétisme après qu'il a été soustrait à l'influence de l'aimant.

Le fer est susceptible d'absorber des gaz en quantités notables pour les perdre de nouveau au rouge ou dans le vide. C'est ainsi qu'il peut absorber la moitié de son volume d'hydrogène et 4 fois son volume d'oxyde de carbone. Chauffé au rouge, il est perméable aux gaz, notanmient à l'hydrogène, ainsi que l'ont fait voir Graham, Deville et Troost, Cailletet. Ces deux propriétés sont intimement liées l'une à l'autre.

Propriétés chimiques. A froid, le fer est inaltérable à l'air sec; au rouge, il absorbe l'oxygène pur. On a vu plus haut que le fer réduit très-divisé est pvrophorique. A l'air humide, le fer s'oxyde lentement et se couvre de rouille ; quand cette oxydation a commencé, elle se poursuit plus rapidement parce que la rouille d'abord produite forme avec le fer lui-même un couple voltaïque qui provoque la décomposition de l'eau : l'oxygène de cette dernière se porte sur le 1er et l'hydrogène naissant se combine en partie à l'azote dissous dans l'eau en contact, pour produire de l'ammoniaque ; celle-ci existe en effet toujours dans la rouille, à l'état d'azotate ou de carbonate. Pour protéger le fer contre la rouille, on l'enduit d'un corps gras, d'un vernis ou d'un émail, ou bien encore on en recouvre la suri'ace par un autre métal, zinc ou étain (voy. plus loin les alliages).

Le fer décon^pose l'eau au rouge en dégageant de l'hydrogène et en se transformant en oxyde de fer Fe'O*.

L'acide chlorhydrique, l'acide sulfurique, l'acide acétique, etc., dissolvent Ir fer à froid, plus rapidement à chaud, avec dégagement d'hydrogène. L'action de l'acide azotique varie avec son degré de concentration.

L'acide dit monohydraté ou fumant est sans action sur le fer; l'acide ordinaire du commerce est au contraire vivement décomposé par le fer, avec dégagement de vapeurs nitreuses ; l'acide étendu dissout le fer sans dégagement de gaz, ce qui tient à ce qu'il se produit de l'hydrogène naissant qui, au lieu de se dégager, réduit une partie de l'acide azotique à l'état d'ammoniaque. Chose curieuse, le fer qui a été en contact avec l'acide monohydraté se montre sans action sur l'acide ordinaire.

On dit alors que le fer est devenu passif. Cette passivité cesse lorsqu'on vient à toucher le fer avec une tige de cuivre. L'acier devient plus facilement passil' que le fer doux ; c'est ainsi que l'attaque de l'acide ordinaire par l'acier cesse

FER (chimie). 477

après une vingtaine de secondes, et cette passivité de l'aciei' persiste dans des conditions oii celle du fer serait détruite.

Alliages du fer. Le fer peut s'allier à la plupart des autres métaux; mais ces alliages, difficiles à obtenir, ne sont pas usuels. Introduit dans certains alliages, le fer leur communique plus de dureté et de ténacité. Nous ne nous occuperons ici que des alliages du fer avec l'étain et avec le zinc.

Fer et étain. On désigne sous le nom de polychrome un alliage de. 6 p. d'étain avec 1 p. de fer; il est dur et cassant et possède le grain de l'acier. 11 a été recommandé à la fin du siècle dernier pour l'étamage du cuivre conmie pouvant s'appliquer sur une plus grande épaisseur que l'étain seul et comme présentant plus de résistance.

Le fer-blanc est de la tôle de fer recouverte d'une couche d'étain qui s'est allii'avec lui à sa surface et le protège ainsi contre l'action des agents atmosphériques. Mais pour que cette protection soit efficace, il faut que l'étamage ne pi-ésente aucune solution de continuité, sans quoi le fer, plus électro-positif que l'étain, s'oxyderait plus rapidement que le fer seul.

Pour obtenir l'étamage du fer, on plonge celui-ci, l>ii'ii décapé, dans de la graisse fondue, puis dans un bain d'éluin fuudu lecouvcrt lui-nicnie d'une couche de graisse. En sortant de ce bain, on plonge le fer dans un second bain d'étain très-pur, afin de dissoudre l'excès d'étain, d'oîi on le retire immédiatement pour le plonger dans de la graisse, après quoi on nettoie la pièce avec du son.

La surface du fer-blanc présente une texture ciistallisée à orandes James, qu'on met facilement en évidence en attaquant la couche sujier/icielle d'étain par un acide. Cette texture cristalline, qui porte le nom de moiré, est due à l'alliage du fer et de l'étain.

Fer et zinc. Nous ne nous occuperons pas ici des alliages proprement dits de ces deux métaux, alliages qui ne présentent aucune importance, et nous ne dirons qu'un mot du fer zingué ou fer yalvanisé qui n'est autre chose que du fer recouvert d'une couche protectrice de zinc. Cette couche protectrice est beaucoup plus efficace que celle produite par l'étain, parce que le fer étant électro-né o-atif par rapport au zinc, c'est ce dernier qui s'oxyde de préférence au contact de l'air; on a vu que c'est l'inverse qui a lieu pour le fer-bkuic.

L'opération du zinguage ne diffère pas notablement de celle de l'étamage.

Malgré les avantages que présente le fer zingué sur le fer étamé, son usaoe doit être rejeté pour la confection des ustensiles de cuisine et des vases destinés à la confection des liquides alimentaires, vin, lait, huile, etc., le zinc étant très-facilement attaqué par ces liquides et produisant alors des effets toxicfues plus ou moins graves.

Oxydes de fer. Le fer se combine à l'oxygène en différentes jn^oportions pour former :

le sous-oxyde Fe*0.

le protoxyde de fer ou oxyde ferreux .... FeO.

le sesquioxyde de fer ou oxyde ferrique. . . Fe-Q''.

et l'acida ferrique anhydre FeO'.

Les deux oxydes FeO et Fe^O^ se combinent en outre entre eux en formant les oxydes intermédiaires :

l'oxyde magnétique Fc'O* = Fe'-O' FeO

et les oxydes des battUur. iFSS^rKS::^.

DlCT. ENC. i° S. L 3J

478 FER (chimie).

Le sous-oxyde se forme, suivant Marchand, lorsqu'on fond le fer au chalumeau aérhydrique.

L'acide ferrique anhydre n'a pas été isolé ; il n'est représenté que par quelques-uns de ses sels [voy. Ferrique (acide)].

Protoxyde de fer ou oxyde Ferreux FeO. M. Debray a obtenu cet oxyde anhydre par l'action d'un mélange d'oxyde de carbone et d'acide carlwnique sur l'oxyde ferrique au rouge.

On l'obtient à l'état hydraté lorsqu'on ajoute un alcali à la solution d'un sel ferreux. Cet hydrate est d'un blanc verdâtre, mais il s'altère très-rapidement à l'air en se tiansformant en hydrate vert d'oxyde magnétique, puis en hydrate ferrique jaune. 11 est soluble dans l'ammoniaque, mais cette solution s'oxyde trèsrapidement à l'air et laisse déposer alors de l'hydrate ferrique. L'eau en dissout environ i-s^tôtô ^^ ^^^^^ solution possède une saveur ferrugineuse très-prononcée.

L'hydrate ferreux se décompose par la dessiccation en donnant de l'hydratt' ferroso-ferrique et de l'hydrogène.

La potasse bouillante produit un dédoublement analogue.

Sesquioxyde de fer ou OXYDE FERRIQUE Fe^O'. C'est lui qui constitue à l'état anhydre les diverses variétés de fer ohgiste et l'hématite rouge. L'hématite brune, la limonite, etc., sont des hydrates ferriques. C'est à cet oxyde qu'est due la coloration jaune ou brune des argiles et des ocres.

On obtient l'oxyde ferrique anhydre par la calcination de ses hydrates, par celle de l'azotate ferrique ou de sulfate ferreux. C'est ce dernier sel qui fournit l'oxyde de fer commercial connu sous le nom de colcothar.

Chauffé au rouge-blanc, l'oxyde ferrique perd de l'oxygène et se transforme dans l'oxyde dit magnétique Fe^O*. Chauffé seulement au rouge, il présente un })hénomène d'incandescence et éprouve une modification moléculaire : il devient plus rouge et se dissout alors beaucoup plus difficilement dans les acides.

Chauffé dans un courant d'hydrogène, il se transforme d'abord, vers 280-300", en oxvde ferreux noir ; au delà de 500% la réduction est complète.

Certaines variétés d'oxyde ferrique sont magnétiques : ainsi la calcination de certains sels organiques de fer, du carbonate ferreux, de l'hydrate ferrique obtenu par oxydation de l'hydrate ferreux, donne un résidu attirable à l'aimant (Malaguti).

Hydrates ferriques. Quand on traite la solution d'un sel ferrique par un alcali, on obtient un volumineux précipité jaune-brun, qui constitue un hydrate de sesquioxyde de fer qui, séché dans le vide, a pour composition 2Fe'-0^,oAq. La rouille est un hydrate ferrique qui offre la même composition.

Chauffé pendant quelques heures à 100" avec de l'eau, il se déshydrate en partie, en même temps qu'il éprouve des modifications dans ses propriétés (Péan de Saint-Gilles). Sa composition devient Fe^O'.Aq. Sa couleur passe du jaune ocreux au rouge-brique. De soluble qu'il était dans les acides, même dans l'acide acétique, il devient très-difficilement soluble ; il est alors à peine attaqué par l'acide nitrique bouillant ; l'acide chlorhydrique ne le dissout que par une ébullition prolongée. Calciné,' il ne présente pas le phénomène d'incandescence.

Chose singuli.^re ! cet hydrate modifié qui a tant de peine à se dissoudre dans les acides concentrés disparaît, au contraire, avec rapidité dans les acides acétique ou azotique étendus ; les solutions ainsi obtenues sont limpides par transparence, mais troubles par réflexion. L'addition de certains sels ou d'un acide concentré reprécipite l'hydrate. On obtient des solutions analogues lorsqu'on

FER (chimie.). 4''J

maintient Ionji;temps à 100» l'azotate «ou l'acétate ferriques (Scheurer-Keslnei) ; les solutions de chlorure ferrique peuvent éprouver aussi cette modification (Debray).

Hydrate ferrique soluble ou diahjtique. Quand on soumet à la dialyse une solution d'acétate ferrique, presque tout l'acide passe à travers la membrane et il reste sur le dialyseur un liquide rouge de sang qui contient de l'hydrate ferrique dissous. Cette solution se coagule lorsqu'on la concentre à chaud ; l'addition à froid d'une tiace d'acide sulfurique ou d'un alcali, celle d'un grand nombre de sels, la coagulent également, mais non les acides chlorhydriquc, azotique et acétique. Le coagulum forme une gelée rouge foncé, ressemblant au sang caillé (Graham). On a proposé l'emploi de l'hydrate soluble comme hémostatique, au lieu du perchlorure de fer, <|ui présente généralement une réaction acide.

Usages de l'oxyde ferrique. L'oxyde anhydre (colcothar) est employé en poudre impalpable pour polir le verre et les métaux.

L'hydrate ferrique est employé comme antidote de l'acide arsénieux; mais pour être efficace, il doit être récemment précipité (addition d'annnoniacjue on de potasse à une solution de chlorure ferrique, puis lavage à l'eau froide), car il se transforme peu à peu dans la modilication insoluble dans les acides.

L'oxyde ferrique peut jouer un rôle important comme oxydant. Il peut, en effet, dans certaines circonstances, céder son oxygène à d'autres matières ; mais l'oxyde inférieur qui en résulte, manifestant son affinité pour l'oxygène libre do l'air, se transforme de nouveau en oxyde ferrique qui [)eut derechef exeicer son action oxydante : de telle sorte que cette action, en présence de l'air, est pour ainsi dire indéfinie. C'est ainsi qu'on peut rapporter à cette action, avec M. P. Tbenard, la transformation de l'ammoniaque en azotate dans la terre végétale. Il est probable que certains composés de fer peuvent de même servir de transport d'oxygène.

L'oxyde ferrique peut jouer le rôle d'un acide faible. C'est ainsi qu'on obtient un ferrite de calcium, sous forme d'un précipité jaune-chamois, par l'addition de potasse à un mélange de chlorure ferrique et de chlorure de calcium. Les ferrites alcalins s'obtiennent par la calcination des oxalates doubles de fer et d'alcali. L'oxyde de fer magnétique lui-même Fe^O* peut être considéré connue un ferrite ferreux Fe-O^.FeO.

Oxyde magnétique Fe'O*. Il constitue Vaimant naturel. Il se rencontre à l'état cristallisé ou amorphe. C'est l'un des meilleurs minerais de fer. Densité = 5,09.

Il se produit artificiellement dans un grand nombre de circonstances, notamment par la calcination du fer à l'air, ou dans un cornant de vapeur d'eau, et par l'action d'une température élevée (rouge blanc) sur le sesquioxyde de fer. Il prend naissance en outre lorsqu'on expose de la limaille de fer humide à l'air ; par l'action de]|cette limaille sur l'hydrate ferrique en suspension dans l'eau bouillante et par l'action de l'eau bouillante sur l'hydrate ferreux ; dans ces deux dernières réactions, de l'hydrogène est mis en liberté.

Lorsqu'on ajoute un alcali à un mélange à équivalents égaux de sel ferreux et de sel ferrique, on produit un précipité vert foncé, qui est Vhydrale ferrosoferrique.

Oxydes des battitures. Ces oxydes, qui se produisent par l'oxydation des parcelles de fer projetées lorsqu'on martelle une ban^e de fer rougie, ne peuvent guère être envisagés comme des combinaisons définies. Ce sont des oxydes ferroso-

480 fER (chimie).

feniques, parmi lesquels on a signalé Fe«0"^Fe^O'.4FeO et Fe809= Fe*0^6FeO.

Anhydride ferrique FeO'. Cet oxyde acide n'est pas connu à l'état de liberté, pas plus que l'acide hydraté correspondant aux ferrâtes \yoy. Ferrique (acide)].

Combinaisons du fer avec les éléments halogènes. Ces combinaisons sont de deux ordres et correspondent au protoxyde et au sesquioxyde de fer. Ainsi il existe un pi-otochlorure ou chlorure ferreux et un sesquichlorure ou chlorure ferrique.

Chlorure ferreux FcCl^ (ou en équivalents FcGl). On l'obtient à l'état anhydre en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique sec sur du fer porté au rouge. Il se dégage de l'hydrogène et le chlorure formé se dépose sur les parties froides de l'appareil en lamelles hexagonales brillantes, un peu jaunâtres. Ce chlorure est volatil, très-soluble dans l'eau, soluble aussi dans l'alcool. Chauffé dans un courant d'hydrogène, il est réduit à l'état métallique. Il absorbe 6 molécules de gaz ammoniac en formant une poudre blanche peu stable.

Le chlorure ferreux lujdraté F eCr-Ati^O (soit FeC1.4H0) s'obtient par dissolution du chlorure anhydre dans l'eau ou du fer métallique dans l'acide chlorhydrique aqueux. La solution fournit par la concentration des cristaux volumineux verts, clinorhombiques. Chauffés, ces cristaux fondent dans leur eau de cristallisation, puis se dessèchent en une masse blanche qui constitue un oxychlorure, car l'eau rie la dissout qu'en partie, en laissant de l'oxyde ferreux.

Le chlorure ferreux, en solution, absorbe 10,7 p. 100 de bioxyde d'azote.

Le chlorure ferreux forme des chlorures doubles avec le chlorure de potassium et le sel ammoniac ; ces chlorures doubles s'obtiennent en cristaux vert clair.

Chlorure ferrique (sesquichlorure, perchlorure) Fe^CF (soit en équivalents, Fe^Cl^). On le prépare à l'état anhydre par l'action d'un courant de chlore sec sur du fer chauffé au rouge, dans un tube de porcelaine. Comme il est volatil, il se sublime et forme des lamelles violettes ou des tables hexagonales, d'un rouge grenat par transparence avec des reflets mordorés. MM. Deville et Troost ont déterminé sa densité de vapeur, qui a été trouvée égale à 11,59 par rapport à l'air ; la densité théorique est 11,27.

Le chlorure ferrique anhydre se dissout avec une couleur jaune dans l'eau, l'alcool et l'éther; l'éther l'enlève à sa solution aqueuse par l'agitation. Ses solutions alcoolique et éthérée se décomposent à la lumière en donnant du chlorure ferreux et du chlore libre, qui agit sur le dissolvant. Chauffé au rouge dans un courant de vapeur d'eau, le chlorure ferrique se dédouble en acide chlorhydrique et oxyde ferrique cristallisé.

Le chlorure ferrique anhydre se combine au gaz ammoniac sec, au perchlorure de phosphore, au chlorure de nitrosyle, etc.

Le chlorure ferrique hydraté s'obtient : 1° par l'action de l'eau sur le chlorure anhydre ; 2° par l'action du chlore ou de l'eau régale sur une solution de chlorure ferreux; 3° par dissolution du fer dans l'eau régale; 4" enfin, par dissolution de l'oxyde ferrique dans l'acide chlorhydrique. Ce dernier procédé donne, en général, un chlorure plus ou moins basique.

L'évaporation de sa solution abandonne le chlorure ferrique en lames rhomboédriques jaunes, déliquescentes, renfermant Fe^CP-h4H^0 ou -)-6H*0 (soit Fe^CP+4 ou 6H0). Les cristaux avec 4H-0 fondent à 35o,o; ceux à 6H^0 fondent à 31" (Ordway). On prépare le plus souvent]cette solution par l'action du chlore sur le chlorure ferreux, chassant l'excès de chlore par l'ébullition et concentrant

t^ER (chimie). ^'81

La soluLion aqueuse de chlorure ferrique, telle qu'on l'obtient par dissolution du chlorure anhydre, éprouve une transformation remarquable sous l'influence de la chaleur, en tubes scelles ou à l'air libre. Elle prend une teinte rouge qui persiste après le refroidissement. La solution, ainsi modifiée, donne, avecle cyanure jaune, un précipité bleuâtre et non plus du bleu do Prusse. P]lie est précipitée par certains sels, qui en séparent de l'hydrate ferrique modifié, solu])Ie dans l'eau. Ces curieux phénomènes, observés par M. Debray {Comptes remlus, i. LXYIII, p. 915), s'expliquent en admettant que la solution de chlorure ferrique s'est transformée en une solution cbloiliydrique d'hydrate modifié.

Le chlorure ferrique est ramené à l'état de chlorure feri'eux par les agents réducteurs, hydrogène sulfuré, acide sulfureux, fer, zinc, etc. ; le platine lui-même opère lentement cette réduction à chaud.

Oxy chlorures ferriques ou chlorures basiques. La solution neutre de chlorure ferreux, abandonnée à l'air, s'oxyde peu à peu et laisse déposer une poudre jaune-rouge, qui est un oxycblorure insoluble. Le chlorure ferrique luimême laisse déposer à la longue une poudre brune (jui a pour composition Fe^CP.6Fe20'H-9Aq.

On obtient de nombreux nxychlorures par digestion de l'hydrate ferrique non modihé avec une solution de chlorure ferrique (Ik'champ , Ann. Chim. Phys. (3), t. LVr, p. 306, et LVIl, p. 296. — Ordway, Sillim. Amer. Journ. (2), t. XXVI, p. 197). L'hydrate ferrique récemment précipité se dissout dans le chlorure ferrique, et il arrive un moment où la solution se prend en une gelée foncée, soluble dans un excès d'eau, et qui renferme Fe'Cl*.12Fe-0^; si l'on ajoute alors de l'eau, on peut dissoudre une nouvelle quantité d'hydrate et obtenir un oxychlorure solul)le présentant les rapports Fe^CP.20Fe-0 (et même23Fe^05).

Les solutions renfermant 5 à lOFe-0^ pour 1 moléc. Fe^Cl® peuvent être amenées à dessiccation sans perdre leur solubilité; les oxychlorurcs qui renferment plus d'oxyde ferrique deviennent insolubles.

Les solutions d'oxychlorures conservent une réaction acide ; elles ne se troublent pas par l'addition d'eau, ni par l'ébullition ; mais l'addition d'un sel ou d'acide chlorhvdrique y produit immédiatement un précipite.

La formation de ces oxychlorures montre pourquoi l'addition d'un peu de potasse à une solution de chlorure ferrique y produit un précipité d'hydrate qui se redissout par l'agitation.

Le chlorure ferrique est beaucoup employé comme hémostatique; il coagule immédiatement le sang. On l'a préconisé aussi contre le croup et les angines couenneuses. Il est employé en solution aqueuse ou en solution éthéro-alcoolique {teinture de Bestuschef).

Chlorures doubles. Le chlorure ferrique se combine aux chlorures de potassium et d'ammonium en donnant les chlorures doubles Fe^CP,5KCl + 211*0 et Fe^CP,MzH*GlH-2H^0, formant de beaux cristaux rouges qui se décomposent lorsqu'on veut les redissoudre dans l'eau.

Le chlorure ferrique forme avec les acétates de fer des combinaisons mixtes <|ui sont décrites plus loin.

Bromuhe ferreux FeBr* (soit en équivalents FeBr). On l'obtient par l'action du brome sur le fer en excès. Anhydre, il forme une masse lamelleuse jaune clair, très-fusible, soluble dans l'eau avec une couleur verte.

Bromure ferrique Fe^Br^ (soit Fe^Br^). Il se sublime eu cristaux d'un

482 FER (chimie).

rouge foncé lorsqu'on chauffe du fer dans un courant de vapeur de Ijrome en excès.

On l'obtient en dissolution par l'action du brome en excès sur la limaille de fer placée sous une couche d'eau.

On obtient des oxyhromures dans des conditions analogues à celles qui' donnent naissance auxoxychlorures. Béchamp en a obtenu un offrant la composition Fe-Br*'. 14Fe'0\

loDURE FERREUX FcP (soit Fcl). Ou l'obtieut en ajoutant peu à peu de l'iode à de la limaille de fer maintenue en excès sous l'eau. II se forme ainsi une solution verte extrêmement oxydable. Pour la^concentrer, il faut l'évaporer dans un courant d'hydrogène.

Pour l'obtenir anhydre, il faut chauffer de la limaille de fer au rouge avec un peu d'iode pour empêcher l'oxydation ; quand le rouge est atteint, on ajoute une plus grande quantité d'iode et l'on continue de chauffer jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de vapeurs d'iode. 11 reste dans le creuset une masse lamelleuse grise d'iodiire ferreux pur, qui devient verte et cristalline en attirant l'humidité.

La solution d'iodure ferreux fournit par la concentration des cristaux verdâtres renfermant quatre molécules d'eau.

loDURE FERRiQUE. C'cst un composé brun, incristallisable, perdant facilement de l'iode et s'obtenant par l'action de l'acide iodhydrique sur l'Iivdrate ferriquc ou de l'iode en excès sur le fer ou sur l'iodure ferreux.

Fluorure ferreux FeFP (soit FeFl). Le fer se dissout dans l'acide fluorhvdrique avec dégagement d'hydrogène, et il dépose de petits cristaux Idancs, peu solubles dans l'eau pure, plus solubles en présence d'un excès d'acide. La solution acide fournit par l'évaporation à l'abri de l'air des prismes verts ayant, pour composition FeFl-, 8II-0 (soit FeFl. 8110). Chauffés, ces cristaux se déshydratent et laissent une masse blanche, si l'on a opéré à l'abri de l'air, ou un mélange de fluorure ferrique et d'oxyde ferrique, si la calcination a eu lieu au contact de l'air.

Le fluorure ferreux se combine au fluorure de potassium en donnant de& cristaux granus verdâti'es FeFP. 2KF1.

Le flvosilicate ferreux, obtenu par dissolution du fer dans l'acide fluosilicique, cristallise difficilement en prismes hexagonaux d'un vert bleuâtre, extrêmement solubles dans l'eau.

Fluorure ferrique Fe*FP (soit Fe^FP). On l'obtient anhydre par l'action de l'acide fluorhydrique liquide sur l'oxyde ferrique anhydre, puis chauffant le produit de la réaction dans un creuset. 11 se sublime dans le haut du creuset en cristaux cubiques.

Le fluorure hydraté obtenu par dissolution de l'hydrate ferrique dans l'acide fluorhydrique aqueux cristallise en cristaux jaunes peu solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool et renfermant neuf molécules d'eau.

Il forme avec les fluorures alcalins des se/s dowè/es cristallisables, décrits par Berzelius et par M. Marignac.

Fluosilicate ferrique (SiFP) ^Fe^ (soit, en équivalents, Fe-FP.oSiFl^). Sel gommeux, soluble dans l'eau, obtenu par dissolution de l'hydrate ferrique dans l'acide fluosilicique.

Cyanure ferreux. L'addition de cyanure de potassium à une solution de sulfate ferreux, exempt de sel ferrique, y produit un précipité rouge brun, en partie soluble dans les acides et qui paraît être le cyanure ferreux. Ce précipité

FER (chimie;). 'iSS

bleuit à l'air en s oxydant. La potasse le transforme en ferrocyanure en mettant de l'hydrate ferreux en liberté.

On a aussi envisagé comme du cyanure ferreux un composé blanc, insoluble dans les acides, qu'on obtient en traitant le bleu de Prusse par l'hydrogène sulfuré ou en décomposant l'acide ferrocyanhydrique par la chaleur; mais ce corps constitue sans doute un cyanure multiple.

Cyanure ferrique. Ce composé ne s'obtient pas par l'addition de cyanure de potassium à du chlorure ferrique; il se précipite dans ce cas de l'hydrate ferrique et il se dégage de l'acide cyanhydriquo.

Les données relatives à ce corps sont assez contradictoires.

Lorsqu'on décompose le ferricyanure de potassium (qui peut fonctionner comme un cyanure ferrico-potassique) par une solution de fluosilicate ferrique, il se forme du fluosilicate potassique et une solution jaune-brun qui paraît renfermer du cyanure ferrique.

Le même ferricyanure, traité par le cyanure d'argent, dans le but d'enlever le cyanure de potassium à l'état de cyanure double, fournit un dépôt brun qu'on peut tout aussi bien envisager comme du cyanure ferrique.

Enfin l'ébullition du ferricyanure de potassium avec du chlorhydrate d'ammoniaque donne un cyanure ferrique vert (Wyrouboff).

Fe'Cy^eCyK -h 6AzH*Cl = Ye'Cf + 6CyAzH* + 6Krd.

Cyanures intermédiaires. Le bleu de Prusse et le bleu de Turnbull peuvent être considérés comme des cyanures intermédiaires : le premier est du ferrocyanure ferrique; le second, du ferricyanure feri'eux {voy. Ferrocyandres el Ferricïanures).

Sulfures de fer. Ces combinaisons sont très-nombreuses. Nous ne citerons (jue pour mémoire les sous-sulfures Fe*S et Fe*S obtenus en réduisant par l'hydrogène le sulfate ferrique basique et le sulfate ferreux anhydre.

Protosulfure de fer ou Sulfure ferreux FeS. On admet comme telle le sulfure produit par le mélange de 60 p. de limaille de fer, 40 p. de fleur de soufre et un peu d'eau chaude [Volcan de Leméry) ; la combinaison se fait avec élévation de température. Le sulfure ainsi produit est très-oxydable.

Il se forme par la calcination, dans un creuset, des sulfures supérieurs du fer, notamment de celui qui se forme par l'action du soufre sur le fer chauffé au rouge.

On l'obtient cristallisé par l'action de l'hydrogène sulfuré sur l'oxyde magnétique chauffé au rouge.

Par voie humide, il se forme par l'action d'un sulfure alcalin sur un sel ferreux ou sur un sel ferrique. Dans ce dernier cas, il y a en même temps dépôt de soufre :

Fe^CP -h 6KC1 — 6KC1 + 2FeS -j- S.

Le sulfure précipité est noir et très-oxydable.

Préparé par voie sèche il présente l'aspect d'un corps jaune, d'aspect métallique, fusible, cassant, magnétique. II est irréductible par l'hydrogène et par , le charbon.

Le sulfure ferreux se rencontre quelquefois dans les houillères, où il est trèsdangereux à cause de son oxydabilité, qui peut déterminer des incendies par suite de l'élévation de température que produit son oxydation.

484 FER (chimie).

Sesquisulfure de fer Fe^S'. Il se produit par la calcination du bisulfure au rouge sombre ou par l'action à 100" de l'hydrogène sulfuré sur le sesquioxydede fer. II forme des sulfures doubles, notamment le sulfo-ferrite de potassium F^S', K*S, qui s'obtient en aiguilles brillantes, insolubles dans l'eau. On le prépare par voie sèche en fondant un mélange de sulfure de fer, de soufre et de carbonate de potassium (R. Schneider).

Btsulfcre de fer FeS^. C'est le plus important des sulfures de fer par ses applications. C'est lui qui constitue la pyrite martiale. Celle-ci se présente sous deux modifications: l'une \.re%-héi[\\enie e&i \ai pyrite jaune ou ciihique; l'autre plus rare est la pyrite blanche ou prismatique. Cette dernière est très-oxydable. La pyrite est employée comme source de soufre. Calcinée en vase clos à une haute température, elle perd la moitié de son soufre qui distille. Grillée au contact de l'aii-, elle abandonne tout son soufre à l'état d'acide sulfureux qu'on fait servir à la fabrication de l'acide sulfurique. Le fer lui-même se transforme dans cette opération en oxyde.

Le pyrite magnétique est un autre sulfure naturel FeJS*=FeS*. 6FeS, cristallisé en prismes hexagones.

NiTROSULFUREs DE FER. Lorsqu'on ajoute goutte à goutte une solution d'un sel ferreux à un mélange de sulfure ammonique et d'azotite potassique et que l'on fait bouillir, le précipité d'abord formé se redissout. La liqueur foncée laisse <léposer par le refroidissement des aiguilles clinorhondjiques noires, que M. Roussin a noumiées dinitrosulfure de fer et qui ont pour composition Fe^S^IF (AzO)* {Ann. Chim. et Phys. (5), t. LU, p. 285). M. Porczinski leur a assigné la formule Fe^S' (AzO)\ SH^O (ou en équivalents Fe*S^ (AzO^)^ 2H0). Enfin, d'après Rosenberg, ils auraient pour composition Fe^S^ (AzO)^"H-4H*0.

Ces cristaux sont solubles dans l'eau bouillante, très-solubles dans l'alcool, l'acide acétique glacial, etc.; ils sont déliquescents dans la vapeur d'éther; ils sont insolubles dans le chloroforme ; mais il suffit que ce liquide contienne yôVô d'éther pour qu'il en dissolve assez pour se colorer d'une manière intense.

Ce corps est inaltérable à l'air quand il est pur; chauffé, il se décompose à 115°. Les acides minéraux le décomposent. Il en est de même des solutions métalliques, qui produisent un dégagement d'oxyde d'azote et un dépôt de sulfure correspondant.

Traité par la soude bouillante, le composé précédent produit un dégagement d'ammoniaque et un dépôt d'hydrate ferrique cristallin. La solution fournit par la concentration des cristaux volumineux noirs groupés en trémies et i^enfermant Fe^S'. (AzO^) oNa'S. M. Roussin a donné à ce sel le nom de nitrosulfure sulfuré de fer et de sodium. Les acides agissent sur ce corps à froid en donnant le nitrosulfure sidfuré de fer Fe*S' (AzO)^ 4H^S sous forme d'un précipité floconneux l'ougcàtre, soluble dans l'alcool et dans l'éther. Si l'on opère à l'ébuUition, il se sépare en corps noir, dense, insoluble dans l'eau, l'alcol et l'éther, et qui représente le nitrosulfure de fer Fe^S^ (AzO)^

AzoTURE DE FEn. Le fer ne se combine pas directement à l'azote. Mais si l'on chauffe le fer dans un courant de gaz ammoniac, il ^devient blanc et cassant, en fixant 1 2 à 13 p. iOO de son poids d'azote. On obtient aussi un azoture de fer par l'action du gaz ammoniac sur le chlorure ferreux anhydre chauffé au rouge. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la composition des azotures de fer. Calcinés à une haute température, ces corps perdent la presque totalité de leur azote. Chauffés dans la vapeur d'eau, il se transforment en oxyde Fe^O* et ammoniaque.

FER (cHiMii:]). ^85

Chauffés dans un courant d'hydrogène, ils donnent du fer métallique et de. l'ammoniaque.

Phosphures de fer. Le phosphore se combine directement au fer. Les combinaisons décrites sont nombreuses. Nous les indiquons sommairement ci-dessous, avec leur mode de formation :

Fe'P* (ou Fe'P"). Poudre noire. Action de l'hydrogène phosphore sur la pyi-ite au rouge (H. Rose).

Fe^P^ (ou Fe^P). Masse boursoufl('e grise. Action de la vapeur de phosphore, au rouge sombre, sur le fer réduit par l'hydrogène (Hvoslef, Schroetter, Struve).

Fe*P« (ou Fe*P'). Masse métallique grise. Réduction du phosphate ferrique par l'hydrogène (Struve).

Fe*P'^ (ou Fe*P). Corps gris, très-dur et cassant. Réduction du phosphate ferreux [)ar le noir de fumée; ou phosphoi'e et limaille de fer incandescente (Berzelius).

Fe^P^ (ou Fe^P). Piisnie à éclat métallique. Fusion au haut fourneau d'un minerai de fer avec du charbon et un phosphate de chaux fossile (Boblique).

Arséjniures de fer. L'arsenic se combine au fer et donne des alliages cassants et fusibles. Le fer renferme souvent des traces d'arsenic. Il existe plusieurs arséniures naturels et un sulfarséniuro FeAs^S, connu sous le nom de misjuckol et qui perd son arsenic par la calcination.

Carbures de fer. Malgré la grande alfinité que présente le fer pour le carlione, on n'obtient pas de. combinaison définie par l'union directe. On obtient un carbure FeC^, sous forme d'une jioudre noii'e par la calcination de ferrocyanurc de potassium. La calcination du bleu de Prusse en fournit un autre, Fe^C^.

Sels de fer. H existe deux classes de sel de fer : ceux qui correspondent au protoxyde et ceux qui correspondent au sesquioxyde. Les premiers sont les sels ferreux ; les seconds, les sels ferriques. Par oxydation et par réduction, on passe facilement les premiers aux seconds et réciproquement.

Les combinaisons du fer donnent avec le borax, dans la flamme oxydante du chalumeau, une perle rouge foncé à chaud, jaune à froid, et dans la flamme réducti'ice une perle verte qui devient plus pâle par le refroidissement ; avec le sel de phosphore, dans la flamme de réduction, on obtient une perle rouge. Tels sont à peu près les seuls caractères communs aux sels ferreux et aux sels ferriques.

Voici les caractères spéciaux à ces deux classes de sels :

Sels ferreux. Réaction acide; saveur astringente et métallique. Ils sont verts quand ils sont hydratés, en général incolores à l'état anhydre. Ils s'oxydent à l'air en se transformant en sels ferriques basiques.

Pour obtenir un sel ferreux exempt de sel ferrique, il suffit d'en faire bouillir la solution avec un excès de limaille de fer, et filtrer bouillant à l'abri de l'air. A cet effet, l'entonnoir est introduit dans le goulot d'un flacon rempli d'eau bouillie ; la solution du sel de fer déplace l'eau du flacon, par suite de sa plus grande densité. La filtration terminée, on bouche le flacon et on le renverse dans un verre contenant du mercure, «pour le conserver à l'abri de l'air.

Les sels ferreux agissent dans beaucoup de réactions comme réducteurs ; ils se transforment alors en sels ferriques. C'est ainsi qu'ils précipitent de l'or métallique d'une solution de chlorure d'or.

Les sels ferreux présentent les réactions suivantes avec les réactifs les plus usités :

Potasse. ■ Précipité blanc verdâtre, brunissant rapidement à l'air, d'hydrate l'eri'eux.

486 FER (chimie).

Ammoniaque. Précipité verdàtre, soluble dans un excès d'ammoniaque, extrêmement oxydable.

Carbonates alcalins. Précipité blanc, verdissant à l'air.

Hydrogène sulfuré. Pas de précipité dans une solution neutre ou acide.

Sulfures alcalins. Précipité noir de sulfure ferreux, insoluble dans un excès (le réactif, soluble dans les acides.

Cyanure jaune. Précipité blanc, bleuissant rapidement à l'air.

Cyanure rouge. Précipité bleu, insoluble dans l'acide chlorhydrique.

Sulfocyanate de potassium. Rien; coloration rouge lorsque le mélange s'oxyde.

Tannin. Pas de précipité; la solution se colore en noir-brun à lair.

Acide oxalique. Précipité jaune d'oxalate ferreux, soluble dans les acides.

Succinate et benzoate ammoniques. Rien.

Les sels ferreux absorbent le bioxyde d'azote en se colorant en brun.

Sels ferriques. Ils sont jaunes, à réaction acide. Les agents réducteurs, notamment le fer, le zinc, l'iiydrogène sulfuré, etc., les convertissent en sels ferreux. On les obtient par l'oxydation complète de ces derniers sous l'influence du chlore ou de l'acide azotique.

Potasse, soude, ammoniaque. Précipité volumineux rouge-brun d'hydrate ferriquc, insoluble dans un excès d'alcali. Certaines matières organiques, notamment les acides citrique et tartrique, empêchent cette précipitation.

Carbonates alcalins. Précipité d'hydrate ferrique et dégagement d'acide carbonique.

Hydrogène sulfuré. Précipité de soufre ; la liqueur filtrée présente les caractères des sels ferreux.

Sulfures alcalins. Précipité noir de sulfure ferreux, mélangé de soufre.

Cyanure jaune. Précipité de bleu de Prusse.

Cyanure rouge. Coloration brune, mais pas de précipité.

Sulfocyanate potassique. Coloration rouge de sang. Réaction très-sensible, mais qui peut être masquée par quelques matières organiques.

Tannin. Précipité noir-bleuâtre (encre).

Hyposulfate de soude. Pas de précipité.

Acide oxalique. Coloration rouge, mais pas de précipité.

Acétate de soude. Coloration rouse. Par l'ébullition de la solution rouge, l'acétate ferrique est décomposé et il se précipite de l'hydrate ferrique.

Succinate et benzoate ammoniques. Précipités bruns.

Sels de fer. Azotate ferrecx AzO^Fe (soit AzO^FeO). Il se forme par double décomposition entre l'azotate barytique et le sulfate ferreux. La solution, évaporée à basse température, fournit des cristaux qui renferment 6 moléc. d'eau. C'est un sel peu stable. L'ébullition le transforme en azotate ferrique basique insoluble. Il se dissout dans la moitié de son poids d'eau à 0".

Azotates ferbiqdes. Sel normal (AzO^)^Fe (soit (AzOj'Fe^O^). On l'obtient ern dissolvant le fer ou l'hydrate ferrique dans l'acide azotique de I,H5 de densité. L'évaporation lente de la solution, ou un fort refroidissement, fournit ce sel en cristaux clinorhombiques renfermant 18 Aq. Ces cristaux fondent à 47° et se décomposent avec ébullition à 1^5° (Ordway).

Si la solution est évaporée au bain-marie, elle abandonne par le refroidissement des cristaux renfermant 12 Aq. (Scheurer-Kestner).

L'azotate ferrique est employé comme mordant dans la teinture.

FJIR (chimie). -487

11 existe des sous-azotates ferriques que l'on obtient en dissolvant un excès de fer dans l'acide azotique ou en neutralisant en partie le sel normal par un alcali. Les uns sont soluhles dans l'eau ; les autres insolubles. L'eau bouillante en agissant sur l'azotate normal en précipite aussi des sels basiques.

Il existe des combinaisons complexes d'azotate et d'acétate ferriques (Scbeurer- Kestner).

Carbonate ferreux. Il se rencontre sous forme cristalline dans la nature. Il se précipite à l'état hydraté par l'addition d'un carl)onate alcalin à un sel ferreux. Il est insoluble dans l'eau pure, soluble en présence d'un excès d'acide carbonique. Une semblable solution se j)roduit, par exemple, lorsqu'on fait digérer du fer réduit avec de l'eau saturée d'acide carbonique.

Calciné, le carbonate ferreux dégage de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique, et laisse un résidu d'oxyde magnétique.

Carbonate ferrique. On ne connaît pas le carbonate neutre. L'addition d'un carbonate alcalin à un sel ferrique en précipite des carbonates très-basiques, en même temps qu'il se dégage de l'acide carbonique-

Phosphates ferreux. Le sel trïbasique (PO*)'^Fe' (soitPO*.5FeO) forme un volumineux précipité blanc lorsqu'on ajoute du pbospliale de soude à un sel ferreux. Il s'oxyde à l'air en se colorant en bleu.

La vivianite et la triplite sont des pbospbates triferreux naturels ; la première renferme 8 Aq.

Friedreich a trouvé dans le poumon d'un pbthisique du phosphate ferreux colorable en bleu ; Schlossberger en a également rencontré dans d'autres circonstances et lui attiibue la coloration bleue que prend souvent le pus ; Nickiès en a trouvé dans des os ayant séjourné longtemps sous terre.

Ce sel est insoluble dans l'eau pure ; l'eau chargée d'acide carbonique peut en dissoudre j^Vô environ.

Le phosphate diferreux PO*,FeIl (soit PO*,2FeO,HO) se dépose sous forme d'une poudre blanche lorsqu'on précipite incomplètement le sulfate ferreux par le phosphate disodique.

Il se forme aussi lorsqu'on fait bouillir du fer avec une solution d'acide phosphorique ; il se dépose par le refroidissement en petites aiguilles qui bleuissent à l'air et qui renferment 1 molécule (2 équival.) d'eau de cristallisation.

Calciné, ce sel se transforme en pyrophosphate ferreux P^O''Fe' (soit P0^2FeO), sfil qui s'obtient aussi par double décomposition et qui est soluble dans un excès soit de sel ferreux, soit de pyrophosphate alcalin.

Phosphates ferriques. Sel normal (PO*)^(Fe^)(soit PO^.Fe^O'). Précipité jaune, obtenu par double décomposition. 11 est insoluble dans l'acide pbosphorique et dans le phosphate de soude ; soluble en très-petite quantité dans l'eau chargée d'acide carbonique (Isid. Pierre).

On obtient un sel plus basique par l'addition d'ammoniaque à la solution chlorhydrique du sel normal.

La précipitation de l'hydrate ferrique en. présence d'un pJiosphate soluble entraîne tout l'acide pbosphorique, si le fer est en excès suffisant.

Le phosphate bleu, obtenu par l'oxydation du phosphate ferreux, renferme

2[(P0*)^Fe-^] -h 5[(P0*)^(Fe«)] -f-16H^0 soit Bïi équivalents 2(P0^3Fe0)-|-3(P0^Fe^0') H-i6Aq.

Pyrophosphate ferrique. Lorsqu'on ajoute une di ssolution de pyrophosphate de

488 FER (chimie).

soude à du sulfate ferrique, il se précipite du pyrophosphate ferrique (P*0')'(Fe^)^ (soit SPOTe^O'). Ce sel est soluble à chaud dans un excès de pyrophosphate de soude. La solution contient un sel double qui reste par l'évaporation en écailles dures et transparentes. L'ammoniaque colore cette solution en rouge. Ce sel présente cela de remarquable que le l'er n'y est pas accusé par les cyanures jaune et rouge. Il a été employé en médecine.

Le pyrophosphate ferrique se dissout dans le citrate ammonique. Cette solution est employée sous le nom de pyrophoxphate de fer citro-ammoniacal (E. Robiquet).

Sulfate ferreux [vitriol vert, couperose ver ie) SO*Fe 4-7 IPO (soit SO'FeO -h 7110). Ce sel se produit par la dissolution du fer dans l'acide sulfurique étendu, mais dans l'industrie on le prépare par l'oxydation lente à l'air des pyrites ou des schistes pyriteux, lessivant à l'eau et faisant cristalliser.

Pour purifier le sel du commerce, on le dissout dans l'eau et on le fait bouillir avec de la limaille de fer.

Ce sel s'oxyde assez rapidement à l'air. Pour le rendre d'une conservation plus facile, on ajoute de la glucose, de la gomme ou des mélasses, à la solution, sur qu'on fait cristalliser; l'eau d'interposition retient alors delà matière organique laquelle se porte l'oxydation, par l'intermédiaire du sel ferreux.

Le sull'ate ferreux est on cristaux isomorphes avec le sulfate de magnésie et renferme' 7 Aq. de cristallisation. Cependant, si on le fait cristalliser vers 80°, il ne renferme que 4 Aq.

Ce sel, à peu près insoluldc dans l'alcool, se dissout dans l'eau avec une couleur verte, légèrement bleuâtre. Voici sa solubilité dans l'eau pure :

100 p. (le sulfate cristallisé se dissolvent à 10° dans 164 p. d'eau.

Il perd 6 Aq. à 100° et le reste seulement vers 300°. Le sel anhydre est blanc-grisâtre. A une température plus élevée, il se décompose en acide sulfureux et sulfate ferrique basique ; au rouge sombre, ce dernier se dédouble lui-même en oxyde ferrique et anhydride sulfurique.

Exposés à l'air, les cristaux de sulfate de fer s'effleurissent et jaunissent par suite de leur transformation en sulfate ferrique.

La solution de sulfate ferreux s'oxyde à l'air et laisse déposer un sous-sulfate ferrique jaune, en même temps que le liquide brunit ; il renferme alors du sulfate ferrique neutre.

La solution de sulfate ferreux absorbe le bioxyde d'azote en se colorant en brun. L'acide azotique produit la même coloration; ce qui tient à ce que ce dernier donne du bioxyde d'azote en se réduisant, et que le bioxyde d'azote ainsi produit se dissout dans le sulfate ferreux non encore oxydé.

Le sulfate ferreux se rencontre dans les eaux ferrugineuses dites sulfatées, notamment dans l'eau de Passy. Il est rarement employé à l'intérieur, mais il sert à la préparation de lotions et d'injections toniques et astringentes.

Ce sel est aussi employé comme désinfectant.

L'industrie l'utilise pour la fabrication de l'acide sulfurique fumant et du colcothar, du bleu de Prusse, de divei's mordants pour la teinture.

FER (chimie). 489

Le suU'ale de fer forme -avec les suUnies alcsLÏms des sulfates doubles

SO*Fe + SO*3'P-|-6H«0,

cristallisés tous en prismes clinorhombiques.

SoLFATES FERRiQUES. Ces sels se forment par l'oxydation du sulfate ferreux. Le dépôt ocreux qui se forme ù la surface de ce dernier, exposé à l'air, constitue le sulfate basique S0'.2Fe^0'; telle est aussi la composition du dépôt qui se forme dans la solution du sulfate ferreux.

Il existe un grand nombre d'autres sulfates basiques, que nous passons sous silence.

Le chlore agit sur le sulfate ferreux en donnant du sulfate ferrique neutre et du chlorure ferrique

6S0»Fe + 6G1=:: Fe^Cl« + 2{S0'f¥e\

L'acide azotique agit d'une manière analogue.

Sel neutre [SO'^Y'Fe^O', soit (S0*)^Fe2. On fait bouillir 1 00 parties de sulfate ferreux avec 20 parties d'acide sulfurique concentré et 100 parties d'eau, et l'on y ajoute, par petites portions, de l'acide azotique tant qu'il se dégage des vapeurs rouges. On évapore ensuite et on dessèche le résidu.

On obtient ainsi une masse légère et jaunâtre qui se dissout lentement, mais complètement dans l'eau, en donnant une solution brune, à réaction acide, incristallisable; l'alcool ne la précipite pas, mais l'addition d'acide sulfurique concentré précipite le sulfate ferrique sous la forme d'une poudre blanche.

L'ébullition de la solution aqueuse en précipite du sulfate basique.

Sulfate ferricu-polassique ou alun ferrique. Le sulfate ferrique peut remplacer le sulfate d'alumine de l'alun. L'alun ferrico-potassique (SO*)^Fe^.SO*K^ H- 24H^O se prépare de la même manière que le sulfate ferrique neutre, mais avec l'adjonction de sulfate de potasse. Il forme des octaèdres volumineux, colorés en violet améthyste.

Il existe encore d'autres sels doubles alcalino-ferriques ne possédant pas la composition des aluns.

Sulfates ferroso-ferriques. De semblables sels doubles, représentant des combinaisons de sulfate ferreux et de sulfate ferrique, s'obtiennent :

1" Par dissolution de l'oxyde magnétique Fe^O* dans l'acide sulfurique;

2° Par l'exposition à l'air d'une solution acide de sulfate ferreux;

3° Par l'addition d'acide sulfurique concentré à une solution froide de o moléc. de sulfate ferreux et de 2 moléc. de sulfate ferrique. Il se précipite un composé instable renfermant 2(S0*)^Fe^2S0*Fe+4IF0;

4° En humectant un mélange des deux sulfates avec 5 à 6 fois son poids d'eau • le tout s'échauffe et, par le refroidissement, il se dépose de longs prismes d'un vert pâle renfermant SO^Fe.6(SO*)^Fe2-f-10tPO.

Tous ces sels, et un grand nombre d'autres, produits dans des circonstances analogues, donnent par les alcalis un précipité d'hydrate ferroso-ferrique.

Sulfite ferreux. Aiguilles vertes très-altérables, peu solubles dans l'eau pure, solubles en présence d'un excès d'acide sulfureux.

Sulfite ferrique. Ce sel n'a pas été isolé à l'état solide; en solution, il est très-instable. Il se produit entre autres par l'addition de sulfite de soude à du chlorure ferrique. On obtient ainsi une solution rouge qui devient rapidement verte, le sulfite ferrique se transformant en sulfate ferreux. Ce passao-e est retardé par l'addition d'acide chlorhydrique.

490 FER (chimie).

Sels orgaisiques de fer. Nous n'examinons ici que les principaux d'entre eux.

Acétate ferreux (C*lPO')^Fe (soit en équivalents C*lPO^FeO). Il s'obtient par dissolution du fer dans l'acide acétique ou par double décomposition entre le sulfate ferreux et l'acétate de plomb ; il se forme du sulfate de plomb qui se précipite et de l'acétate ferreux qui reste dissous. Ce sel cristallise en aiguilles incolores et soyeuses, très-solubles, avides d'oxygène. Mélangé d'acétate ferrique, il constitue le pyrolignite de fer des teinturiers.

Acétates ferriques. Le sel neutre (G^IPO^)«(Fe') (soit (C*H'0^)Te*0^) se produit par double décomposition entre l'acétate de plomb et le sulfate ferrique. Il prend aussi naissance, en même temps qu'un acétate basique qui se dépose, par l'exposition de l'acétate ferreux en solution à l'air.

C'est un sel rouge foncé, incristallisable, trcs-soluble dans l'eau et dans l'alcool. Chauffée, la solution devient tout à coup plus foncée, il se dégage de l'acide acétique, et si l'on ajoute une petite quantité d'acide sulfurique, il se produit un abondant précipité de sous-acétate jaune. Si l'on fait bouillir, l'aoétate se dissout complètement, et il se précipite de l'hydrate ferrique. Si l'action de la chaleur a lieu en vase clos, la solution devient rouge foncé et paraît trouble par réflexion, mais limpide par transparence. Elle renferme alors de l'hydrate ferrique modifié {voy. p. 478).

II existe un grand nombre d'acétates basiques. Nous citerons le dépôt ocreux qui se forme par l'action de l'air sur l'acétate ferreux et qui renferme

3Fe«0^C^H*0^

Acélonitrales et acétochlorures de fer. Ces sels, découverts par M. Scheurer- Kestner, peuvent être envisagés comme des sels doubles; mais la théorie atomique rend mieux compte de leur constitution, ainsi que le montre, par exemple, la comparaison des formules suivantes de l'acétonitrate :

(C*H50-")^Fe^05 + 2(AzO^)-^Fe^O^ ^ " ^.^ (Fe*)

Notation dualislique en équivalents. A'otation atomique.

Nous ne ferons pas ici la description de ces sels, parfaitement définis et cristallisables.

Bekzoate ferreux. Aiguilles très-solubles dans l'eau et dans l'alcool, s'effleurisant et se colorant à l'air.

Benzoate ferrique. Le sel neutre est crislallisable en aiguilles jaunes, décomposables par l'eau. L'addition d'un benzoate alcalin à du chlorure ferrique en précipite un benzoate basique jaune.

Citrates ferreux. La dissolution du fer dans l'acide citrique précipite par l'alcool des flocons qui sont du citrate tri ferreux (G*H^O'')'Fe'.

Si l'acide citrique est en excès, l'alcool trouble à peine la solution, qui fournit par la concentration des cristaux volumineux assez altérables à l'air et qui constituent le sel rfi/erreMo; (C«lP0^)^HFe^2IP0 (Méhu).

Citrates ferriques. Le citrate neutre (C^H^O'')^(Fe^) + 6H*0 (soit en équivalents C^^H^0".Fe*0''4- 6H0) s'obtient par dissolution à 60" de l'hydrate ferrique dans l'acide citrique; l'évaporation l'abandonne sous la forme d'un vernis de couleur grenat, qui se déshydrate totalement à 150". Ce sel est employé en médecine. '

On désigne sous le nom de citrate de fer modifié le citrate précédent, addi-

FER (chimie). 491

tionné de quelques gouttes d'ammoniaque, dans le but de diminuer la saveuiferrugineuse de ce sel.

Si l'on évapore à l'air le citrate ferreux additionné d'ammoniaque, il s'oxyde, et l'on obtient par l'évaporation de belles [paillettes, très-solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool foit et qui ont pour composition

(G«fPO')^(Fe^). 2AzH^ + 21PO (Méhu).

FoRMUTE FERREUX (Cfl02)^Fe -h 211^0 (soit C^HO'.FeO+2H0). On dissout le fer dans l'acide formique à l'ébullition, par le refroidissement de la solution bouillante, le formiate se dépose en tables rhomboïdales vert clair. Ce sel est peu soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool. L'ébullition avec l'eau pure le décompose en produisant un sous-sel jaune.

Formiate ferrique. On l'obtient par dissolution de l'hydrate ferrique dans l'acide formique. Il est plus soluble que l'acétate et forme des cristaux brillants, jaunes, assez solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool.

Si l'on fait bouillir le formiate ferreux au contact de l'air, il laisse déposer un précipité brun qui est un formiate basique.

On connaît des sels mixtes foiniés de formiate et d'azotate, de formiate et de chlorure ferriques.

Lactate ferreux. Il se forme, avec dégagement d'hydrogène, par la dissolution du fer dans l'acide lactique. On peut le préparer aussi par double décomposition çntre le lactate d'ammoniaque et le chlorure ferieux, en présence de l'alcool, ou entre le sulfate ferreux et le lactate de chaux. II cristallise dans l'eau en grandes aiguilles ou en croûtes verdâtres. Il ne s'altère pas à l'air quand il est sec, mais sa solution brunit.

Le LACTATE FERRIQUE cst soluble et cristallisable.

Oxalate ferreux. Ce sel se rencontre naturellement dans certains lignites et est alors désigné sous le nom de humholdtine.

Le fer se dissout dans une solution aqueuse d'acide oxalique, avec dégagement d'hydrogène ; l'oxalate ferreux produit se dépose sous forme d'une poudre jaune. On l'obtient aussi par l'addition d'oxalate de potasse ou d'acide oxalique à un sel ferreux ; dans ce cas, il se dépose à l'état cristallin. Enfin, il se produit par l'action de la lumière sur la solution d'oxalate ferrique. L'oxalate cristallin a pour composition Ç?Q'¥(i+m^O (soit G*0''.2FeO -I-4H0). Calciné, l'oxalate ferreux se dédouble en acide carbonique et fer métallique, qui est pyrophorique.

Oxalate ferrique. L'hydrate ferrique, au contact d'une solution d'acide oxalique, se convertit en une poudre jaune, qui se dissout, si l'acide oxalique est en excès. Le même sel s'obtient par double décomposition. La solution acide de ce sel se décompose à la lumière avec dégagement d'acide carbonique et dépôt d'oxalate ferreux.

Oxalate ferrico-ammonique (soit en équivalents (C*0^)^Fe20\3AzfP0) (C^O*)'^ (Fe*)ÂzH*)^ Petits octaèdres rhomboïdaux d'un blanc verdâtre, se déposant d'une solution faite à chaud d'hydrate ferrique dans l'oxalate acide d'ammoniaque (Bussy). Il renferme 6 moléc. d'eau d'après M. H. Kopp. Ce sel se dissout dans 1 p. 1 d'eau à 20<* et dans 0,79 à 100". Sa solution est modifiée par la lumière. On obtient de même les oxalates ferrico-potassique et ferrico-sodique. Le premier cristallise en paillettes d'un vert émeraude, le second en cristaux verts, assez solubles dans l'eau.

SccciNATE FERREUX. Précipité vert grisâtre, peu soluble dans l'eau, soluble

492 » FER (chimie).

dans Tacide succinique, dans l'aninioniaque et les sels ammoniacaux. Il est très-oxydable.

SucciNATE FEKRiQUE. Le clilorure ferrique est précipité par les succinates alcalins. Le précipité est gélatineux, brun-rouge, insoluble dans l'eau froide, trèspeu soluble dans l'eau bouillante, soluble dans l'acide acétique, l'acide succinique et les acides minéraux. C'est un succinate Ijasique. Si la précipitation a lieu en présence d'acétate de soude, le précipité est pulvérulent et rouge-brique. L'eau pure le rend gélatineux.

Tannate ferreux. La solution de sulfate ferreux donne avec l'acide tannique (de là noix de galle) un précipité gélatineux blanc, si les liqueurs ne sont pas trop étendues. Si l'on abandonne le mélange au contact de l'air, il s'y produit un précipité noir-bleuàtre de tannate ferrique, qui se produit immédiatement par le tannin, et un sel ferrique. C'est la matière colorante de l'encre. L'ébuUition avec un excès d'acide tannique décolore le mélange, cet excès exerçant une réduction qui transforme le tannate ferrique en tannate ferreux.

Tartrate ferreux CMPC.Fe (soit C»Il*U\2FeO). Poudre cristalline blancbe qui se dépose lors(|u'on dissout à rébuUition du fer pur, en excès, dans l'acide tartrique en solution, il se dégage de l'hydrogène. Ce sont des cristaux microscopiques peu altérables à l'air. Ce sel est peu soluble dans les acides organiques, soluble dans les acides minéiaux (Méhu).

Le même sel se précipite par l'addition d'acide tartrique à une solution concentrée de sulfate ferreux.

Tartrate ferrique. L'acide tartrique dissout lliydrate ferrique récemment précipité; la solution, évaporée à 50", laisse une masse amorphe. La solution de ce sel n'est pas précipitée par les alcalis. Pendant l'évaporation il se dépose d'abord une poudre jaune verdâtre, un peu soluble dans l'eau bouillante, et qui est un tartrate basique ; le résidu renferme le même sel accompagné de tartrate ferreux acide.

Tartrate ferrico-ammoniqiie C*H*(FeO)AzH*0« ou C8H*0^».(Fe205AzH*0) + 4 à 5 Aq. On fait dissoudre l'hydrate ferrique récemment précipité dans une solution bouillante de bitartrate d'ammoniaque. On obtient une solution rouge foncé qui par l'évaporation abandonne des lamelles d'un rouge grenat. Ce sel se dissout dans un peu plus de son poids d'eau ; la solution est précipitée par l'alcool ; l'ébuUition ne l'altère pas.

La solution ammoniacale du tartrate ferreux, évaporée au contact de l'air, fournit des paillettes verdâtres de tartrate ammoniacal, auquel M. Méhu assigne la formule (C*H*05)^2Fe^O^AzH^-l- 2Aq.

Tartrate ferrico-potassique {boules de Nancy) C*H*0^Fe-0^K20 = C«H*(Fe0)^ K^O*^ (en poids atomiques). On 'fait digérer vers 50 ou 60° de la crème de tartre en poudre avec une bouillie aqueuse d'hydrate ferrique récemment précipité et bien levé. On fdtre et on évapore la solution dans des étuves, sur une large surface. Il se dépose ainsi des paillettes minces, brunes et translucides, qui n'ont aucune forme cristalline, malgré leur apparence. Ce sel est très-soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool; il se décompose à 150°.

Les boules de Mars ou de Nancy sont formées par ce sel double. On lait bouillir dans une bassine de fonte une décoction d'espèces vulnéraires (tleurs de labiées aromatiques) avec du tartre et de la limaille de fer, on évapore a consistance de pâte ferme et on roule celle-ci en boules de 50 à 60 grammes.

Ed. Willm.

FER (pHARsiAcin). 495

§ II. Phurinacie. Nous devrons revenir ici sur l:i préparation de composés ferriques dont il a été question dans le paragraphe précédent, mais nous n'envisagerons le sujet qu'au point de vue pharmaceutique.

Limaille de fer. Elle s'obtient en soumettant du fer doux à l'action d'une lime d'acier; ou a ainsi la limaille de l'er préparée ; pour l'obtenir porphy risée on le broie par petites quantités et à sec sur un porphyre. La grande tendance du fer ainsi préparé à s'oxyder exige sa conservation dans des flacons secs et bien bouchés.

La limaille de fer porphyrisée entre dans un certain noudjre de préparations :

Pilules à'Andral :

Digitale pulvérisée Ogr. 6

Thridace 2 grammes.

Limaille de l'er porphyrisée ... 2 —

pour 36 pilules.

Chaque pilule contient 5 centigrammes de fer. Pilules de A. MUet :

Limiiille de fer poiphyrisée. . : . 25 gramme^.

Ergot lie seigle pulvérisé 3 —

Sucre q. s.

pour 100 dragées. Chacune contient 25 centigrammes de fer. Pilules dites antichlorotiques, de Cliomel :

Limaille de fer porphyrisée. . . . Ogr.lO

SciUe pulvérisée 0 03

Digitale pulvérisée 0 05

pour une pilule.

Le Codex donne la formule d'un chocolat :

Chocolat 1,000 grammes.

Limaille porphyrisée. ..... 20 —

Feu réduit par l'h-iurogène. Quévenne réduisit le premier un oxyde de fer par l'hydrogène.

Yoici en quoi consiste cette préparation :

On prend du sesquioxyde de fer obtenu par la précipitation du perchlornre de fer au moyen de l'ammoniaque, on l'introduit dans un tube de fer ou mieux de porcelaine, communiquant d'un côté avec une source d'hydrogène pur et sec, de l'autre avec un tube effilé. On chauffe au rouge sombre et on fait passer l'hydrogène. Le sesquioxyde de fer est alors décomposé et ramené à l'état métallique ; il y a en même temps production d'eau qui s'échappe en vapeur par le tube effilé.

On laisse refroidir le fer au milieu d'un courant d'hydrogène et on le porphyrise. Crotas, frappé de l'impureté que présente souvent le fer réduit par l'hydrogène, purifie d'abord l'hydrogène par le procédé de Dumas. Pour purifier l'oxyde et l'eau des sulfates, il se sert du protochlorure de fer, le prive des sulfates au moyen du chlorure de baryum, fait cristaUiser pour le débarrasser du chlorure de baryum, le dissout dans l'eau distillée, puis enfin précipite cette solution par l'ammoniaque du commerce.

Quévenne préparait des dragées ferrugineuses au chocolat :

Fer réduit par H 1 kilogramme.

Chocolat 19 —

Sucre et sirop 4- '•

pour 20 000 dragées, en ayant soin d'incorporer le fer entre le chocolat et la couche de sucre enveloppante.

mcT. ENc i° s. I. 32

■494 FER (pharmacie).

Chaque dragée coniient 5 centigrammes de fer.

Et de même des dragées simplement ferrugineuses :

Fer réduit par H 2 kilogrammes.

Sucre blanc 18 —

pour 20 000 dragées.

Chacune contenant 5 centigrammes de fer.

Feb uéduit par l'électisicité. m. Collas, l'inventeur de ce procédé, fait passer un courant électrique faible à travers une solution de chlorure ferreux pur et marquant 55° Baume. Le fer se dépose sur des plaques d'acier plongées dans la liqueur et mises en communication avec le pôle négatif de la pile.

Ce fer est plus soluble dans les acides dilués que le fer réduit par l'hydrogène. Il est surtout beaucoup plus pur.

Oxydes. Colcothar. Le Codex donne la préparation suivante : on dessèche dans une bassine de fonte du sulfate ferreux purifié; on met le résidu dans un creuset de terre, et l'on chauffe au rouge vif jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs ; on pulvérise la masse refroidie, on la lave à l'eau bouillante, jusqu'à ce que les eaux du lavage n'entraînent plus rien ; on la porphyrise. Vogel conseille de calciner l'oxalate fen^eux au contact de l'air sur une plaque de tôle. L'oxyde ainsi obtenu est plus divisé et plus soluble que le précédent, parce qu'il n'a pas été porté à une aussi haute température.

Le sesquioxyde est ramené à froid, et en présence de l'eau, à l'état de protoxyde par les matières organiques.

La rouille n'est que du colcothar hydraté : 2Fe^0^5H0.

Un peu oublié aujoui'd'hui, il n'entre plus que dans Vonguent Canet :

Emplâtre simple 100

Itjachylon gommé 100

Cire jaune 100

Huile d'olive 80

Colcothar 100

Hydrate de sesquioxyde de fer. Hydrate ferrique. Fe^0^2H0. Le Codex conseille de verser, en agitant sans cesse, une solution étendue de perchlorure de fer dans un excès d'ammoniaque. Il se forme un précipité rougeàtre, gélatineux, qu'on lave par décantation jusqu'à ce que l'eau de lavage ne précipite plus la nitrate d'argent acidulé par l'acide nitrique.

Soubeiran préfèi'c se servir d'une solution de bicarbonate de potasse pour pi'écipiter une solution de sulfate ferrique.

L'hydrate de sesquioxyde de fer doit être tenu à la cave, sous peine de s'altérer. M. Leroy rattache sa deshydratation aux variations de température, qui sont ainsi écartées.

Oxyde de fer uydraté ou safran de Mars apéritif. On le préparait jadis en exposant la limaille de fer à la rosée ; on prend aujourd'hui un mélange de sulfate ferreux cristallisé (1500 grammes) et de carbonate de soude (1800 grammes) qu'on a fait dissoudre séparément ; on verse par petites parties la solution de carbonate dans celle du sulfate, il se dépose alors un précipité blanc de carbonate de fer qu'on lave à froid et qu'on sèche.

La double décomposition fournit du sulfate de soude et du carbonate de protoxvde de fer.

Mais ce carbonate absorbe l'oxygène et se convertit, en perdant de l'acide carbonique, en oxyde salin et en peroxyde de fer hydraté.

On désigne souvent , quoique improprement , le safran de Mars apéritif

FER (pharmacie). ''^'^5

sous le nom de sous-carbonate de fer. 11 entrait dans les bols ferrugineux de Velpeau :

Extrait de valériane 1 gramme.

Safran de Mars apéritif 0,1U —

Racine de valériane pulvérisée. ... q. s.

pour 1 bol.

Safran de Mars astringent. On calcine, pour l'obtenir, le safran de Mars apéritif, et on porphyrise le produit ainsi obtenu.

Oxyde ferroso-ferrique. Ethiops martial. Oxyde noir. On place de la limaille de fer fine et pure dans une terrine de grès, avec peu d'eau, assez pour bumecter ; on abandonne le mélange à l'air en remuant de temps en temps; la température s'élève alors dans ce milieu à 60'' et 70°; il se dégage de l'bydrogène et de l'ammoniaque.

II suffit de laver ensuite à grande eau pour entraîner l'oxyde.

II est préféré par beaucoup de praticiens, parce qu'il fournit directement au suc gastrique du protoxyde de fer.

Lebaiguc a montré, il y a plusieurs années, les avantages d'une préparation nouvelle : le fer dialyse, soluble dans l'eau sans l'intermédiaire des acides.

Il se fonde sur l'analogie entre la dialyse des laboratoires et celle qui s'effectue à travers les membranes organiques vivantes , pour assimiler le fer dialyse au fer en quelque sorte déjà organisé par l'économie. Il prépare une solution titrée dont chaque cuillerée à café contient 5 centigrammes d'oxj'de dialyse et des pilules, de chacune 5 centigrammes.

Dans un autre travail, Lebaigue a cherché quel était l'oxyde qui se dissolvait le mieux et le plus rapidement.

Il a trouvé que, toutes proportions et conditions égales, il se dissolvait :

0,040 de colcotliar.

0,050 de peroxyde de fev desséché.

0,940 d'hydrale gélatineux ancien.

0,091 du même récent.

0,010 d'oxyde noir,

0,015 de fer réduit par H.

0,045 de limaille porpliyrisée.

Il donnerait donc la préférence à Y hydrate gélatineux.

Saccharate de fer. On désigne suus ce nom une combinaison de sucre et d'oxyde de fer. Le sirop de Duquesnel est un sirop de saccharate de fer, on le prépare de la manière suivante :

Solution de perchlorure de fer à 1,26 5 grammes.

Sirop de sucre 100 —

Solution de soude caustique au 1/10. q. s.

On mélange le perchlorure au sirop et on y ajoute goutte à goutte la solution de soude, jusqu'à ce que la liqueur offre une réaction légèrement alcaline. Une cuillerée à bouche de ce sirop contient 10 centigrammes de fer et un peu de chlorure de sodium formé par la décomposition du perchlorure de fer.

Chlorure ferreux ou Protochlorure de fer. Voie humide : laites dissoudre, à l'aide d'une douce chaleur, la limaille non oxydée dans de l'acide chlorhydrique pur et étendu d'eau. Filtrez et évaporez rapidement pour faire cristalliser ; le produit est hydraté.

Voie sèche : On sublime dans une cornue de grès le chlorure cristallisé. Une partie du sel se décompose et fournit de l'acide chlorhydrique, de l'eau et du sesquichlorure.

406 FER (pharmacie).

On verra plus loin pour quelles raisons Rabuteau préconise récemment le protochlorure dans la médication ferrugineuse : il a l'inconvénient de s'oxyder rapidement ; il convient donc de l'enrober avec soin ou de le dissoudre dans une liqueur sucrée ou dans l'alcool pur agissant comme un agent de réduction.

Les fleurs martiales, jadis très-employées, étaient un mélange de protocblorure et de sel ammoniaque.

CuLoncRE KERRiQUE. Sesquichlorure OU Perchlorure DE FER. Voici le procédé d'Adrian : on verse sur de la tournure de 1er en excès de l'acide chloi^hydrique étendu de trois fois son poids d'eau et d'une densité de 1,17.

Dès que la liqueur s'est éclaircie par le repos, on l'introduit dans les flacons d'un appareil de Woulf, et on fait passer sur elle un courant de chlore. On reconnaît que le protochlorure est converti en perchlorure, quand le ferrocyanure de potassium ne donne plus de précipité.

Bouilhon a modifié cette préparation sur plusieurs points : 1'' le protochlorure doit être exempt d'acides ; 2° il opère la soustraction du chlore existant en excès dans la liqueur, à l'aide d'une solution de protochlorure de fer ajoutée en trèsléger excès ; 3" il ne soumet à l'action du chlore qu'une dissolution concentrée de protochlorure, afin de n'être pas obligé d'évaporer le perchlorure pour l'amener à une densité convenîible.

On l'emploie toujours à l'extérieur, et presque toujours à l'intérieur en solution aqueuse.

La solution très-concentrée marquant 45" à l'aréomètre Baume est peu employée ; c'est un véritable caustique.

La solution du Codex est à 30° Baume, elle contient 26 pour 100 de chlorure anhydre ; elle ne doit renfermer ni acide libre, ni chlore libre, ni chlorure ferreux.

Si l'on a besoin de diminuer sa concentration dans des proportions déterminées par l'adjonction d'une certaine quantité d'eau distillée, il suffira de recourir au tableau ci-dessous dressé par Adrian.

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