‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.37Chapitre 48 sur 65 · ULCÈRES · texte numérisé non relu

ULCÈRES

AFFECTIONS CITANÉES, FURONCLES.

Cliaudronniers-tôliers . .

Forgerons

Ajusteurs

Armuriers

Pour ce qui concerne la pathologie professionnelle et l'hygiène des ouvriers des fonderies de fer, des ouvriers ferblantiers et de ceux employés dans les ateliers de galvanisation du fer, nous renvoyons aux articles : Fonderies et Éta- MEURS. Nous ferons de même pour les aiguiseurs, les couteliers, les fabricants d'aiguilles, les polisseurs d'acier, qui forment une catégorie spéciale d'ouvriers travaillant le fer, plus particulièrement soumis à l'action des poussières, et pour lesquels il existe des articles spéciaux [voy. Aiguilles (Fabricants d'). Aiguiseurs].

55C FER (higiène industrielliî).

II. IlvGiÈNE INDUSTRIELLE. Les inconvénients qui ont fait ranger par la loi les forges et chaudronneries des grosses œuvres dans la deuxième classe des établissements insalubres, incommodes ou dangereux, sont la fumée et le bruit (jue ces ateliers déterminent (décret du 5 novembre 1826), auxquels est venu s'ajouter, depuis la création des marteaux mécaniques, l'ébranlement du sol dans le voisinage des ateliers (décret du 51 décembre 1866).

Cet ébranlement souterrain, qui, dans certaines circonstances, devient intolérable pour les personnes malades et à constitution irritable, a des effets plus nuisibles que le bruit incessant, objet de plaintes et d'oppositions nombreuses, mais souvent exagérées. L'emploi de marteaux-pilons est aujourd'hui, il le faut reconnaître, la cause de réclamations fondées de la part des habitants qui avoisinent ces établissements industriels, et celle qui nécessite l'enquête la plus sérieuse et la surveillance la plus rigoureuse, quand il s'agit, pour l'administrateur, d'en autoriser ou d'en maintenir l'exercice.

La puissance de ces formidables engins mécaniques est telle que, lorsque l'enclume repose sur un sol compacte, tel que l'argile, par exemple, le choc se communique de proche en proche et occasionne, même à une distance assez considérable, une trépidation des plus violentes. Chose remarquable, les ouvriers qui travaillent auprès n'en ressentent aucun effet nuisible; il nous suffira de dire que, quelle que soit l'énormité de son poids, le marteau-pilon offre la plus grande sécurité, parce qu'il peut être arrêté instantanément, à tous les points de sa course, et cela par un jeune apprenti auquel on ne demande que de l'intelligence et du sérieux.

A la distance à laquelle les ouvriers se trouvent, le coup est sec et n'a rien de pénible. De l'eau placée dans un verre, à 4 mètres du marteau-pilon, n'éprouve même aucune oscillation. Mais il n'en est plus ainsi dans les habitations contiguës aux ateliers. Nous ne saurions mieux faire que de citer ici le passage suivant, extrait d'un rapport fort intéressant de M. Lecadre, vice-président du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du Havre, et ayant trait au sujet qui nous occupe : « Dans ces habitations, toutes les fois que, mû par. la vapeur, le marteau s'appesantissait lourdement sur l'enclume, les instruments de cuisine et les objets d'étagères éprouvaient une sorte de tremblement ; les balanciers des pendules précipitaient leur mouvement, pour s'arrêter lorsque la cause venait à cesser. Un des assistants nous assurait que le crayon ou la plume tombaient de la main de celui qui écrivait. On ressentait, comme je le mentionnais en sortant de cette séance d'examen, encore tout ému de ce qui était arrivé, .on ressentait, dis-je, provenant du sol et par la plante des pieds, un choc profond et sourd qui imprimait une secousse très-pénible à toute l'économie, précipitait le mouvement de la circulation, et jetait dans une sorte de trouble et d'effroi involontaires.

« Ce que nous ressentions nous fit reconnaître qu'il n'y avait rien d'outré dans l'exaspération dans laquelle entraient, à chaque coup de marteau, une demoiselle et un négociant du voisinage, et le besoin involontaire de pleurer qu'éprouvait une autre dame. En s'éloignant à une assez grande distance de l'usine, le choc devenait moins violent et plus supportable, mais on le ressentait encore à plus de 80 mètres de distance... »

On ne saurait méconnaître que de pareils inconvénients reposent sur les mauvaises conditions des assises de l'enclume sur le sol sous-jacent. Ce sont ces assises qui doivent amortir le choc du marteau et l'isoler, autant que possible.

FER (hygiène industrielle). 537

du terrain voisin. On a conseillé [jouf cela la consliuclion de massifs énormes servant de base inébianlable au marteau mécanique, et l'on cberche à remédier à l'ébranlement du voisinage, en creusant tout autoui' de ces massifs des tranchées de 1 mètre environ de profondeur sur 50 centimèties de largeur. Un pareil système ne répond pas d'une manière absolue au but que l'on se propose, et l'ébranlemeut du sol est encore énorme.

On a cherché à former un sol factice et absorbant le bruit, fait de paillassons, de sable, de moulée de bois, de scories de charbon de terre, de plaques de liège, etc., mais, au bout d'un temps variable suivant la nature du terrain et l'épaisseur du sol isolant aitiliciellement créé, les paillassons pourrissent, le sable se tasse, les scories de charbon sont écrasées, les lièges sont broyés, et l'ensemble de ces diverses matières entre en communication avec les couches des terrains voisins ; et les inconvénients des assises conqjactes se trouvent plus ou moins reproduits (Beauregard) .

La pratique et l'expérience ont démontré que le meilleur système consiste à établir l'enclume sur des massifs élastiques décomposant et éparpillant à la fois le choc du marteau-pilon; et l'on peut aniver à ce résultat soit en faisant reposer l'enclume sur un échafaudage de nombreuses pièces de bois se croisant dans tous les sens et s'élevant en forme de cône, soit en interposant, entre les enclumes des pilons et les bâtis qui les supportent, des rondelles de caoutchouc dune épaisseur convenable, ou bien encore des ressorts en acier dans le genre de ceux des wagons des chemins de fer, et d'une résistance suffisante.

Contre la fumée, le bruit et le danger d'incendie, les prescriptions suivantes devront être rigoureusement appliquées. La cheminée dans laquelle se rendront les produits de la combustion des divers foyers de l'usine sera construite en maçonnerie et aura une hauteur d'environ 50 mètres au-dessus du niveau du sol. Les portes et les fenêtres de l'atelier donnant du côté de la voie publique et des propriétés voisines seront constamment fermées. Le travail des marteaux à vapeur ne pourra avoir lieu que dans la journée. Dans le cas où un bâtiment serait adossé à la forge, aucun des organes rnécaniques, destinés à mettre en mouvement le marteau ou autres appareils quelconques, ne pourra s'appuyer sur le mur devenu mitoyen, et les fours et les cheminées seront séparés de ce même mur par un intervalle convenable. Al. Layet.

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