L. Hn
FER]\EHAi)l (Nicolas de). Médecin et naturaliste anglais, très-vanté par Matthieu Paris et Matthieu \Yestminster, dont le lieu de naissance est inconnu, fit ses premières éludes à l'université d'Oxford, où il se distingua par ses aptitudes extraordinaires. Sou goût pour la botanique et la médecine l'engagea à étudier ces sciences, sous les meilleurs maîtres, à Paris, puis à Bologne ; il acquit rapidement une connaissance approfondie des œuvres d'Hippocrate, de Galieu et de Dioscoride. Après de longs voyages, il revint en Angleterre où l'attendait une réputation brillante. Le roi Henri lll l'attacha bientôt à sa personne. Il s'occupa alors beaucoup d'astrologie judiciaire, et cette étude exerça sur son esprit une influence telle qu'il négligea tout à fait la médecine et s'occupa exclusivement de théologie. On voulut le nommer évêque de Chester, mais il refusa. Plus tard, obéissant à des sollicitations puissantes, à celles entre autres d'Otbo, légat du pape, il accepta le siège de Durham, et mourut dans un âge avancé, en l^il, laissant sur la médecine, les sciences naturelles, l'astrologie et la religion, un grand nombre d'écrits, restés à l'état de manuscrits et probablement perdus aujourd'hui; les seuls dont Aikin mentionne les titres sont : Practicœ Medicinœ, lib. 1 ; De Yirihus herbarum, lih. 1. L. Hn.
FER\EL (Jean). Le 25 avril 1558, maître Paillot, curé de Saint-Jacques de la Boucherie, fut mandé pour recevoir les dernières volontés de l'un de ses paroissiens. En conséquence il se rendit, accompagné de son vicaire, dans une maison gothique, de construction assez récente, et qui n'était pas un des moindres ornements de la rue des Lombards. Là, en présence de son gendre, de son beau-frère et d'un ami, Jullian Paulmier, docteur en médecine, le moribond . dicta son testament. H était temps, car il mourut trois jours après, le mardi,
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26 avril, et fut inhumé dans l'église qu'il avait lui-même choisie, pour reposer en paix à côté de sa chère femme qui l'avait devancé d'une année.
Le mort s'appelait Jean Fernel ; il rappelle l'une des plus belles intelligences, l'un des plus nobles caractères de la profession ; son érudition, son éloquence, ses livres, ses doctrines le placent au premier rang. Il naquit, selon toute probabilité, à Clermont en Beauvaisis, dans l'année i 400, de Laurent Fernel, tenant dans cette ville une auberge à l'enseigne du Cygne, et de Catherine Bélian. Envoyé à Paris, il professa en philosophie au collège des Lombards, et se mit sur les bancs de la Faculté de médecine, où il fut reçu docteur le 20 octobre 1530. Il mourut à Paris, rue des Lombards, le mardi 26 avril 1558, et fut inhumé dans l'église Saint-Jacques de la Boucherie. Il avait été premier médecin de Henri II, auquel il rendit le service, assure-t-on, de guérir Catherine de Médicis d'une désespérante stérilité. De sa femme, Magdeleine Tournebulle, qu'il avait épousée en mai 1531, il eut huit enfants, trois garçons et cinq fdles ; une de ces dernières, Marie, fut mariée à Philibert Barjot, président au grand Conseil; \me autre, Madeleine, épousa, le 17 juin 1566, Gilles Riant, seigneur de Yilleray, avocat au Parlement.
Parmi les ouvrages de Fernel, il en est un, le Cosmotheoria, imprimé en 1528, et dans lequel se trouve la première tentative faite en France, pour mesurer une portion du méridien. A Fernel revient incontestablement cet honneur, et comme on va le voir, avec des moyens très-imparfaits, il approcha de si près de la vérité, que Montecula et Delambre en ont été étonnés, et que Lacaille et Méchain n'ont guère mieux fait avec les données de la science moderne. Il faut traduire scrupuleusement le passage du Cosmotheoria, qui l'ait tant honneur à notre profession, qui est mai connu, et qui se rapporte à l'expérience que Fernel fit sur un degré du méridien, entre Paris et Amiens.
« Je commençai par assembler des règles conformément, ou peu s'en faut, à la figure que Ptolémée décrit dans le cinquième livre de VAlmageste. Elles formaient un triangle rectangle dont le plus petit côté, représentant le talon d'un quadrant ou le rayon d'un cercle, avait huit pieds. La règle qui formait l'hypothénuse, ou cercle du quadrant, maintenue dans une position fixe, était divisée soigneusement en degrés et en minutes pour donner plus d'exactitude aux opérations. Une branche mobile munie d'une double mire était fixée à l'angle droit du triangle de manière à jouer sur l'hypothénuse.
« Ayant choisi un beau jour (c'était le 25 août), je calculai, au moyen de mes règles, qu'à Paris, l'élévation du soleil à midi, était de 49" 13'. Comme ce jour-là le soleil occupait le onzième degré de la Vierge, dont la déclinaison boréale est de 1° 51', je jugeai que l'élévation de l'équateur contenait 41" 22'; par conséquent, que la latitude de Paris était de 48" 58'. Avant de me mettre en route, j'observai, de plus, d'après les tables de déclinaison, que le lendemain, 26, sous la latitude de 49" 38' de la région plus septentrionale d'un degré que de Paris, l'élévation du soleil, à midi, devait être de 47" 51', différence résultant tant du changement de latitude que de la déclinaison du soleil. Il fallait, par la même raison, que l'élévation du soleil, au même endroit et à la même heure, fût de 47" 26', le 27, de 47" 5', le 28, de 46" 21', le 29. Je continuai des calculs préparatoires pour plusieurs jours encore, afin de prévenir tous les embarras qui pourraient entraver l'expérience.
« Alors, je partis, en me portant le plus droit que je pus, dans le sens du nord, et après avoir marché un jour et demi, je pris, par le moyen ci-dessus