‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.37Chapitre 7 sur 65 · U FABRICE · texte numérisé non relu

U FABRICE

femme, Geneviève Fabié-Palaprat, née Bleuze, l'avait précédé d'une année dans la tombe. Cette même inscription rappelle aussi en termes touchants les vertus de l'homme de bien : « Tous les malheureux, tous les êtres souffrants ont perdu leur meilleur ami. Ils ont pleuré la mort de l'homme le plus humain, du médecin le plus instruit, le plus désintéressé.... » Fabré-Palaprat était-il allié à la famille de Jean de Bigot Palaprat, qui est mort à Toulouse en 1721, et qui a écrit en collaboration avec l'abbé Brueys tant de jolies comédies : Le secret révélé; Le grondeur; Le Muet, etc. ? A. C.

FABRICE, FABRICILS (Les).

Fabrîciiis (François). 11 était de Ikuemonde, naquit en 1510, et mourut en 1572, après avoir longtemps exercé la médecine à Aix-la-Chapelle. Trèsversé dans les langues grecque et latine, en même temps très-habile praticien, il a laissé les ouvrages suivants :

I. Thcrmœ aqueuses, sive de balneorum iiaturalium,prœcipuc corum quœ sunf Aqidsçjranl ci Porccti, naturâ et facuUatibus. Aix-la-Chapelle, iàie, in-4"' ; 1564, in-12. — II. Divi Gregorii Nazianzeni tragœdia Christus paiiens, latino carminé reddita. Anvei'S, 1550, in-S". — in. Coiisilia quœdam de Arthritide (se trouve dans l'ouvraf^e que Henri Garet édita à Francfort, en 1592, in-S", et intitulé: De arihrilidis prœservatione et curatione, clarorum doctissimorumque noslrce œtalis medicorutn consilia).

Fabrice ou FaJ»»-iïio (Jérôme), dit iVAquapendente. Ce grand et illustre anatomiste et chirurgien naquit, vers 1557, d'une famille noble, mais peu fortunée, d'Aquapendente. Élève du célèbre Gabriel Fallopio, il ne pouvait manquer de profiter sous un pareil maître. Aussi fut-il chargé, après la mort de ce dernier (1562), de faire des démonstrations anatomiques à sa place, tant que sa chaire serait vacante. U fut nommé, en 1565, professeur de chiriu'gie à Venise. Digne successeur de Yésale et de Fallopio, il devint bientôt une des gloires de cette école italienne dont Haller et tous les historiens de l'anatomie ont porté si haut les louanges. « Nul autant que Fabrizio n'appela autour de lui, de toutes les parties de l'Europe, l'affluence de tous ceux qu'animait le véritable amour de la science de l'homme. Ce n'est pas un médiocre honneur pour lui que le grand Harvey se soit formé à ses leçons. Ses travaux ont été du plus grand intérêt pour l'anatomie considérée surtout dans ses rapports avec la physiologie. Ses écrits sont composés d'après une méthode qui était alors nouvelle. Elle ne consistait pas à prendre les organes des animaux pour suppléer à ce qu'on ne pouvait observer sur des cadavres humains, comme avaient fait Galien et Vésale lui-même, mais à examiner à la fois l'organe correspondant dans l'homme et dans les divers animaux, afin de déterminer ce qu'il y avait de commun dans toutes les espèces, et les différences qui les distinguaient. C'était l'anatomie comparée appliquée à l'étude des fonctions des organes de l'homme » (Dézeimeris). Fabrizio d'Aquapendente mourut à Padoue le 21 mai 1619, laissant une fille de son frère héritière de sa fortune, qui montait à 200 000 ducats. C'est à lui qu'on doit la découverte si impoi'tante des valvules des veines, qu'il vit en 1574, et qu'il déclare être tournées du côté du cœur ; elles s'opposent donc à ce que le sang aille du cœur aux parties dans les veines ; il va donc des parties au cœur, à l'inverse de ce qui a lieu dans les artères, qui n'ont pas de valvules. Mais Fabrizio ne vit pas que ces valvules des veines étaient la preuve de la circulation du sang, il constata le fait et n'en tira pas la conséquence qu'Harvey seul sut en tirer. Les ouvrages de Fabrice d'Aquapendente portent ces titres :

I. Pcntatcuchos chirurijifum. Frankof., 1592, iii-8°, etc. — If. De visioitc, voce, aiulitu, Iraclatus. Venise, 1000, in loi., etc. — III. De fonnalo fœlu. Padoue, 1600, in-fol., etc. — IV. Deveiiarum ostioUs. Padoue, KJdô. in-lol., etc. — V. De locutione et ejus iiislnmientis, Venise, 1603, in-i°. — VI. De brutorum loqaclâ. Padoue, 1603, in-fol. — VII. Opéra cliirurqica in duas partes divisa. Padoue, 1617, in-fol., etc. Trad. en français, Lyon, 16i9, infol., etc. — Vill. De musculi artificio, de ossiam dcarticulalionibus. Vicence, 1614, in-4''.

— IX. De respiratione et ejus instrimientis. Padoue, 1615, in-4°. — X. De motu locali animalium secuiidum loluin. Padoue, 1618, in-4''. — XI. De rjulâ, ventriculo, iiilesllnis. Padoue, 1618, 10-4°. — XII. De formalione ovi et pulli. Padoue, 1621, in-fol. (ouvrage posthume, publia par Prévost). — XllI. Opéra omnia. Leipzig, 1687, in-fol.; Lugd. Batav., 1758, in-fol.

Fabrice (Guillaume), dit (le Illlden, du nom d'un village voisin de Cologne, oii il naquit le 25 juin 1560, lut un des chirurgiens les plus célèbres du seizième et du dix-septième siècle, et peut être considéré comme le restaurateur de la chirui'gie en Allemagne. Après avoir étudié sous Jean Griffon, chirurgien de Lausanne, fort habile et très-heureux dans sa pratique, il exerça son art dans cette dernière ville, puis à Payerne, qu'il quitta en 1615 pour se fixer à Rome en qualité de médecin-chirurgien pensionné par la ville. Il y mourut le 17 lévrier 1634. « Ses "ouvrages, dit Dézeimeris, sont encore aujourd'hui une source féconde d'instruction, et contiennent une immense quantité de faits importants sur toutes les branches de l'art de guérir. A l'exemple de son premier maître, il s'attacha surtout à perfectionner ses connaissances en anatomic, science (|u'il envisageait avec raison comme la base principale sur laquelle on doit s'appuyer en pratiquant la médecine ou la chirurgie. Observateur profond, doué d'un génie vraiment chirurgical, il improvisa souvent un procédé opératoire en présence de la maladie qui s'offrait à lui ; il a aussi inventé ou perfectionné un grand nombre d'instruments, dont il a, à la vérité, troj) multiplié le nombre. »

I. De gangrena et sphacelo, das ist vom heissen und kallen Brand, oder wic es ellickc nennen S. Antonii und Martialis Feuer, desselben (Jnterschicd, Ursache und Heilung, kurze Anzeigung ans Hippocrate, Galeno, und andern fiirnehincr Aiithoren-iiisanimengelragen. Cologne, 1593, in-S», etc. — II. De ambuslionibus, quœ oleo et aqiiâ fervidis, ferro candente, pulvere tormentario, fulmine et quavis aliâ materiâ ignilâ fiunt. Bàle, 1007, in-8°, etc. — III. Observationutn et curationiim chirurgicarum centuria I. Bàle, 1006, in-S".

— Observationum et curationum chirurgicarum centuria II. Bàle, 1611, in-8°. — V. De vulnere cjuœdam gravissimo et periculoso ictu sclopeti inflicto observalio et curatio singularis. Oppenheim, 1614, in-8». — VI. Observationum et curationum chirurgicarum centuria III. Bâie, 1614, in-S". — VII. Von geschossenen Wunden und derselben grûndlichen Curen und Heilung [Du trait, des plaies d'armes à feu). Bàle, 1615, in -8°. — VIII. Heisekastenvcrzeichniss der Arzneyen und Instrumenten, mit welchen ein Wundarzt im Feldlager sait versehen seyn. Bàle, 1615, in-8°. — IX. Observ. et curationum chirurgicai'um centuria IV. Bâte, 1619, in-4''. — X. Kurze Beschreibung der Fiirireflichkeit der Anatomic. Berne, 1624, in-S". — XI. Lithotomiœ vesicce, hoc est accurata descriptio calculi vesicœ ejusdemquœ causœ, et tnethodi, qua tam in feminis quam in viris sit extrahendus. Bàle, 1628, in-4''. — XII. Observationum et curationum chirurgicarum centuria V. Francf., 1627, in-4''.

— XlII. De conservanda valetudine, item de thermis Valesianis et acidulis Griesbachensis. Francf., 1629, in-4''. — XIV. Observationum et curationum chirurgicarum centuria VI. Lyon, 1641, in-4". La collection importante de ces six centuries d'observations a été traduite en français par Th. Bonnet, 1669, in-4°. — XV. Von der Bràune. Stuttgard, 1661, in-8''. —

XVI. Epislolarum ad amicos, eorumdemque ad ipsum centuria I. Oppenheim, 1619, in 4°. —

XVII. Opéra omnia, publié par les soins de J. Bâter. Francf., 1646. in-fol.

Fabricins (Jacques). Il était de Rostock, où il vint au monde le 28 août 1577, et mourut à Copenhague, le 16 août 1652. Suivant le conseil d'Hippocrate, il joignit l'étude des mathématiques à celle de la médecine ; Tycho Brahé fut son maître dans la première science. Quant à la seconde, il s'y appliqua non-seulement dans sa patrie, mais il parcourut les Pays-Bas, l'Angleterre et l'Allemagne. Puis il se rendit à léna, où il fut reçu docteur, âgé de 26 ans. Les talents

de ce médecin en firent bientôt un des praticiens les plus occupés. 11 fut professeur de médecine et de mathématiques à Rostock, et devint premier médecin des rois Christian IV et Frédéric II. Manget cite de lui :

I. Pcriculuin mcdicum, seii juveuiliuni fœlurœ priorcs. llalcc-Saxonum, 1000, in-8°. — II. Uroscojna, seu de urinis tractatus. Rostocliii, 1005, in-4°. — III. De crphalaUjiâ aidumnali. Rostocliii, 1617, in-4». — IV. Institutio medici practicam aggredieidis. Rostochii, 1619, in-4''. — V. Oraiio renuiitia/ioiii novi medicmœ doctoris pi-œmissa, de causis cruentantis cadaveris prœsenfe homicklâ. Rostochii, 1020, in-4°. — VI. Dissertatio de nov.-anti-

quo capitis morbo ac dolorc... Rostochii, 1640, in-i" VIL De vulncribus capilis et aliarum

partium singulavibus. In Observât, médicinal de Grccj. Horstim. Ulmœ, 16:i8, in^"; lib. IV, p. 485.

Fain-ieius (Vincent), médécin-poëte du plus grand mérite. Il naquit à Hambourg le 25 septembre 1612, alla faire ses études à Leyde, y prit le titre de docteur en 1654, devint conseiller de l'évcque de Lubeck (1644), alla s'établir la même année à Dantzig, fut nommé treize fois député à la diète de Cologne, et mourut à Varsovie, le 11 septembre 1667. La médecine ne fut pour lui qu'une occupation secondaire ; il n'a guère publié sur cette science que des thèses soutenues dans l'Université de Leyde {Positiones medicœ misceUaneœ, 1634, in-4'') ; mais ses poésies ont eu un grand retentissement ; la première édition parut à Leyde en 1632, in-12; il en a donné une nouvelle édition corrigée et augmentée, en 1638. Enfin, son fils en donna une troisième, Leipzig, 1685, in-8, en y joignant des Harangues prononcées dans les diètes de Pologne, et un discours de ohsidione et liberatione urbis Leidensis.

Fabricius (Jean-Georges). Ce médecin naquit à Nuremberg, le 25 septembre 1595, et mourut le 18 novembre 1668. Envoyé par ses parents à l'université d'Altdorf, il y fut reçu bachelier (1615), devint maître es arts (1616), se rendit l'année suivante à Wittemberg, assista aux leçons de Sennert, se dirigea sur léna, où il se fit agréger (1619) à la Faculté de philosophie. Enfin, il alla, en 1620, prendre le titre de docteur en médecine à Bàle. Plus tard, revenu dans sa patrie, Fabricius fut créé par l'électeur palatin premier médecin de sa personne, charge qu'il occupa aussi, en 1659, auprès de l'empereur Léopold. L'étendue de sa pratique ne lui permit pas d'écrire beaucoup. On ne connaît de lui que ces opuscules, assez insignifiants :

I. Dissertatio de phrenitide. Bâie, 1620, in-4°. — II. Incerti auctoris prcecognitonim historicorum epitome, primuni aiite 20 annos publici juris facta. Halle, 1050, in-8°. — m. Der BoscJien von Dunkclspuehl. Nuremb., 1657, in-fol. — IV. XaXps Potentiss. et invinctiss. Principi ac Dn. Du. Leopoldo, Rom. Imperatori, cîini cjus majestas urbem ^orimbergem ingredcretur, quadrupli voto acclamatum. Nuremb., 1058, in-4°.

Fabrieîus (Wolfgang-Ambroise), fils du précédent, se livra, comme son

père, à la médecine, mais parcourut une carrière moins brillante parce que la

mort vint interrompre le cours de ses succès. Il mourut le 15 janvier 1655,

laissant deux opuscules, remplis d'érudition, et fort rares aujourd'hui, qui tous

deux ont été publiés par son père :

I. De lucernis veterum. Nuremberga, 1055, in-4». — II. Anàpvift-a. âorct-jub-j de signaturis plantarum. Nuremb., 1653, in-4°.

Fabricius (Septime-André), frère du précédent, et second fils, par^ conséquent, de Jean-Georges. Il naquit à Nuremberg le 4 décembre 1641, et mourut le 10 décembre 1705; il avait été docteur de l'Université de Bàle, et membre du collège des médecins de sa ville natale. Il a laissé :

I. Disquisitio medica de catulis hydrophohorum, qiiam in almâ universitate Patavinâ

exercitii rjraliA conxcripsil ac edidii. Padoue, 1GG5, in-4''. — II. M£>ÉT>;//a laz/n/bv dr medicinâ universali, quod cuni cpimvtro, sijiiomilis suis, in ilinere ncapolilano ad doniilccndas v/iirum molcslias recoisuil cl ci<ii/r/avil. Venise, 1000, in-4''. — IV. Discursus mcdicus de termina vilœ liuinanœ... Romse, 1000, in-4''.

Fabricius (Philippe-Conr.vd). Celui-là était fils de .Jacques Fabricius, médecin pensionné de la petite ville de Busbach, dans la liesse. 11 naquit le 2 octobre 1714, et mourut le 19 juillet 1774, après avoir occupé à Ilelmstadt une cbaire de physioloj^ie et de j)harmacio, et avoir éti' conseiller du duc de Brunswick. 11 a laissé un grand nombre d'ouvrages et de dissertations, parmi lesquelles nous citerons :

I. Idea Anaiomes practicœ. Wetzlariœ, 1741, in-S".— II. Sciagraphia hislorice physicomedicœ. Welzlaripe, 1740, in-S". — III. De coç/iiilionis anasiomoseos vasorum insii/iii u^u. IleliTiîestadti, 1750. — IV. Obserrationes mniutllœ Aiialomicœ, 1754, in-4°, — V. Sijllof/e observationum analomicarum, 1759, in-i». — VI. Primilice llurœ Butisbaccnsis. Welzlaria.'. 1743, in-8°. — VII. Oratio de aidopsiœ in medicinâ uliUtatc cl prœslanHA. Ilelmœstadii, 1748, in-4°. — VIII. Programma quo facilitatem insignem extractionis fœtus vivi et incolumnis in parturicnfibus procidentiâ uteri sine inversione laborantibus tcnipcstiee tentolœ notabili qiiodam casu clinico-practico et argumcntis anatomicis déclarât, llelinstadii, 1748, in-4». — IX. Commentatio historico-physicn-medica de animalihus quodrupedibus, avibus, amphibis, piscibus et insecfis Welterrawiœ indigenis. Helmstadii, 1749, in-8°. — X. Oratio solemnis de iiisignibus incrementis atque cuUurâ quœ scieulia medica fundutioni academiarum accepta refert. llelinsladii, 1749, in-i". — XI. De Inijns sœctili cmendalionibus shidii mcdici practici disseriatio. Helmstadii, 1755, in-4°.

Fabricitisi (Jean-Chrétiein). Le plus célèbre entomologiste du dix-lmitième siècle, né à Tundern, en Suède, le 7 janvier 1748. Il suivit à Upsal le cours de Linné, qui l'honora de son amitié, et auquel il soumit son idée de classer tous les insectes d'après les organes de la bouche. Ce système, le [)lus général de tous ceux qui avaient été enseignés jusque-là, fit une révolution dans la science, mais il avait, comme la méthode Linnéenne pour la botanique, le défaut de ranger les insectes par la disposition anatomique d'une seule partie de leur organisation, méthode qui devait bientôt être remplacée par la méthode naturelle, idée féconde qui a fait faire des progrès immenses à l'étude de l'histoire naturelle, et qui classe les êtres en familles établies d'après les données générales qu'ils présentent. Reçu docteur en médecine en 1767, nommé peu après professeur d'histoire naturelle à Kiel, Fabricius consacra trente ans de sa vie à répandre et à perfectionner son système buccal. Il parcourut les États du nord et du centre de l'Europe, visitant les musées d'histoire naturelle, et décrivant partout, avec une infatigable activité, tous les insectes encore inédits. Ce savant laborieux, cet émule de Linné, est mort à Copenhague en 1807, moins encore des suites de ses longs travaux et de ses voyages, que de la douleur qu'il ressentit à la vue des malheurs auxquels son pays était en proie à celte époque. Il avait été nommé conseiller du roi de Danemark, professeur d'économie rurale, et a publié ugrand nombre d'ouvrages, dont les plus importants sont :

I. Nova insectorum gênera. In Skriffer af naturhist. Selskubet, Bd. I, Ileft 1, p. 213-228. — II. Om Skrivier i Insect [Mémoires sur les insectes). In Naturhist. selsk. Skrivt., Bd. III, Heft 1, p. 145-150. — III. Systema entomologiœ sistens insectorum classes, etc. Lipsise, 1775. in-8''. — IV. Philosophia entomologica. Hamburgi, 1778, in-S". — V. Species insectorum sistens eorum differeniias specificas, synonymia auctorum, locanatalia, metâmorphosis, etc. Hamburgi, 1779, in-8°. — VI. Mantissa insectorum. Hafnise, 1787, in-8''. — VII. Gênera insectorum. Kiel, 1776, in-8°. — VIII. Enfomologia systemalica emendata et aucta. Hafnia', 1792-1794, 4 vol. in-8°. — IX. Systema Eleuteratorum [Coléoptères). Kiliœ, 1801, in-8°. — X, Systema Rlnjngotorum [Punaises). BrunsvigEe, 1801, in-8°, 1805, in-8''.— XI. Systema Piezatorum [Hyménoptères). Brunsvigse, 1804, in-8°. — XII. Systema Anfliatorum [Diptères). Brunsvigae, 1805, in-8°. — XIII. Plus, un grand nombre de Mémoires, publiés dans les Revues suédoises et allemandes. A. C.

DICT. ENC. i' S. L 2

18 FACE (anatomie;.

FABRIQUES. Voy. Manufactures.

FACALOIIVE. La facaldine est une forme de syphilis épidémique comparable à celles que nous avons décrites précédemment {Dict. des se. méd., t. IV, p. 211, 2* série), et qui a régné à Facaldo à la fin du siècle dernier et au commencement . de celui-ci. Elle a été observée en premier lieu par le médecin italien Zecchinelli [Giornale délia più recenta littera med.), dontOzanam {Traité des mal. épid., t. IV, p. 280) a reproduit la narration. Sigmund {Untersuchiingen ûber die Skerljevo-Seuche und einige damit verwandten Kranklieitsformen. Wien, 1855) a aussi donné quelques détails sur cette affection dont il a noté la coïncidence avec la gale.

Voici la description de Zecchinelli :

« Facaldo est un village de 800 âmes, dans la province de Bellune, limitrophe du Tyrol. Une épidémie s'y est introduite et fixée depuis 1786; on la connaît sous le nom de facaldina. Cette maladie paraît y avoir été importée par une mendiante infectée d'une gale vénérienne, avec des ulcères et des poireaux à la vulve et des douleurs ostéocopes ; d'autres prétendent qu'elle a été introduite par un nommé Murer revenant du Tyrol où il l'avait contractée d'une femme publique. Cette maladie s'est propagée par les alliances, dans les familles. En voici les symptômes : éruption scabieuse de nature syphilitique très-intense, qui attaque, non-seulement les adultes, mais même les enfants, excepté que chez ceux-ci, au lieu de former des ulcères aux parties génitales, elle en produit dans la gorge et dans les fosses nasales, qui sont corrodées et détruites, ainsi que le nez entier. Il paraît aussi, sur la surface, des ulcères trèsrebelles, des dartres serpigineuses se manifestant aux bras, au cou et aux épaules ; si elles disparaissent d'un côté , elles s'étendent de l'autre sur une grande superficie : il y a rarement des douleurs ostéocopes et des tumeurs gommeuses, et presque jamais des exostoses. Plusieurs adultes ont eu une blennorrhagie, des ulcères aux parties génitales, des bubons, et plusieurs espèces d'excroissances syphilitiques ; des malades meurent de consomption, d'autres au milieu de grandes souffrances.

(( Cette maladie paraît perdre de son intensité et fait beaucoup moins de ravages par les mesures sanitaires qu'on a prises. »

« Le docteur Zecchinelli, dit Ozanam, vit à Facaldo 19 personnes atteintes de cette maladie à laquelle il donne trois origines différentes : 1° l'acte vénérien qui la dévoile par des aftections aux parties génitales ; 2° le contact de la peau qui se couvre d'une espèce de gale ; 3° la voie héréditaire. Le traitement mercuriel est le seul qui réussisse pour guérir la maladie. Elle a régné aussi pendant deux ans dans les villages tyroliens de Fassa et de Manzon, mais elle y est éteinte depuis 1814. » J. Rollet.

FACE. § I. Anatomie. L'extrémité céphalique se divise naturellement en deux parties bien distinctes ; l'une, située en haut et en arrière, forme la tête proprement dite ; sa charpente osseuse est constituée par le crâne et contient les centres nerveux encéphaliques. L'autre, placée en avant et en bas de la précédente, renferme la plupart des organes des sens et contient les orifices par lesquels l'appareil respiratoire et celui de la digestion communiquent à leur extrémité supérieure avec l'atmosphère ambiant. Cette seconde partie porte le nom de face. De beaucoup la plus compliquée au point de vue anatomique,

FACE (anatomie). 19

très-importante au point de vue physiologique comme organe d'expression des sentiments intérieurs, c'est cette dernière partie que nous avons à étudier plus particulièrement Nous nous placerons à un double point de vue ; d'abord, dans une étude d'ensemble nous chercherons à saisir les connexions que la face peut présenter avec les régions avoisinantes. Dans une autre partie de notre travail, nous ferons la description de celles des divisions secondaires de la face qui n'auront pu être étudiées à l'occasion d'articles spéciaux.

Limites. Les limites de la face, surtout les limites supérieures, sont assez différemment fixées, suivant que l'on se place au point de vue esthétique pur ou bien au point de vue anatomique. Pour les gens du monde, la lace représente cette portion de la tête qui s'étend de la limite d'implantation des cheveux jusqu'à la ligne saillante formée par l'arc maxillaire inférieur.

Au point de vue anatomique, ses limites apparentes seraient plus restreintes ; on devrait laisser en dehors de la face celle de ses parties qui correspond à la région frontale. En effet, cette surface, par ses rapports avec l'extrémité antérieure du crâne, par son mode de développement, par les rapports qu'elle présente avec les lobes antérieurs du cerveau, a|)partient bien plutôt au crâne proprement, dit et doit être distraite de la face. La véritable limite supérieure anatomique de la région faciale doit donc être représentée par une ligne transversale qui passerait au niveau du bord supérieur des sourcils. La surface qui est au-dessus de cette ligne appartient au crâne, celle qui est au-dessous est le domaine de la face. Par cette ligne fictive nous avons également l'avantage de conserver dans la face les prolongements que les cavités nasales envoient dans l'épaisseur de l'os frontal (sinus frontaux).

Sur les côtés, les limites de la face sont également assez mal déterminées. 11 n'est pas douteux, en effet, que si l'on se plaçait exclusivement au point de vue de l'esthétique, l'appendice auriculaire devrait être étudié à l'occasion de la face. Le pavillon de l'oreille, on le sait, concourt dans une large mesure à l'expression faciale et constitue une partie importante d'un des principaux organes des sens. Mais il faut le remarquer, l'appareil de l'audition est logé dans le crâne, et le pavillon de l'oreille s'implante sur un os crânien. Aussi croyons-nous que l'on doit considérer l'oreille comme étant en dehors de la face. De ce côté la face serait limitée par une ligne fictive qui, partant du tubercule de réunion des deux racines de l'arcade zygomatique, passerait au niveau de la base de l'antitragus, pour venir rejoindre le bord antérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien en un point variable, qui serait déterminé par le prolongement de la ligne formée par le bord inférieur du maxillaire inférieur.

Telles sont donc, en résumé, les limites que nous croyons devoir assigner à la face proprement dite : en haut, une ligne horizontale laissant au-dessus d'elle une étendue assez considérable du front et passant au niveau du bord supérieur des sourcils ; en bas, le bord inférieur de la mâchoire inférieure, et de chaque côté, la ligne fictive que nous avons admise, qui laisse en arrière d'elle l'appendice auriculaire. L'espace circonscrit par ces quatre lignes présente un certain nombre de saillies, de dépressions et d'orifices. Ces particularités anatomiques sont assez importantes, et présentent des différences assez considérables qui les distinguent des parties voisines, pour nécessiter une description spéciale, d'où la nécessité d'admettre des régions secondaires. Les régions secondaires, entre lesquelles on peut subdiviser toute l'étendue de la face, sont ;

1° En haut et de chaque côté de la ligne médiane, la région orbitaire

20 FACE (anatomie).

limitée en haut par le sourcil, en bas par la poinuielte et le sillon naso-gcnial ; en dehors, par une partie assez restreinte de la région temporale; en dedans, les deux régions orhitaires ' sont séparées par le nez. Cette région contient un appareil important, l'appareil de la vision. Nous la laisserojis de côté, elle sera l'objet d'un article spécial [voy. Orbite).

2» Entre les deux régions orhitaires existe une saillie plus ou moins considérable ; c'est le nez, qui protège l'entrée des fosses nasales. Mais la région nasale a une importance telle qu'elle mérite un article particulier [voy. Nasale (Région)]. 5" Au-dessous de l'entrée des narines existe l'orillec buccal, limité par deux voiles musculo-memhraneux : les lèvres. Cette région a déjà été étudiée à l'occade l'article Bouche et de l'article Lèvres; nous n'y reviendrons pas.

4° Au-dessous de l'oi'ifice buccal et faisant suite à la lèvre inféiieure, existe une saillie plus ou moins considérable, le menton, qui donne son nom à la région mentonnière.

5° De cluujue côté de la région nasale, et séparée de celte région ainsi que de l'entrée de la bouche par un sillon plus ou moins prononcé (sillon naso-génial), s'étend une surface quadiilatère, très-étendue, qui se termine en arrière aux limites latérales de la face. Cette surface se subdivise elle-même en plusieurs parties secondaires qui ne peuvent être délimitées que grâce à la connaissance des parties profondes situées dans cette région.

La partie moyenne forme de chaque côté les parois latérales de la cavité buccale; ce sont les joues proprement dites; en haut, il existe une saillie très^ prononcée chez les personnes amaigries, formant la limite externe des cavités orhitaires; ce sont les pommelles ou lé'^ion jugale ; enfin, en arrière et correspondant à l'excavation que Ihnite en avant la branche montante du maxillaire inférieur, se trouve une région importante, la région parotidienne. Entre ces subdivisions qui sont les plus remarquables par leur importance, il en existe d'autres moins considérables et qui fixeront également notre attention. Nous voulons parler de la région sous-orbilaire et de la région massétérine.

Nous voyons en résumé que grâce à ces éliminations successives nous n'aurons à étudier dans la face que les régions secondaires suivantes : « Les joues proprement dites ; la région jugale correspondant à l'os malaire ; la région smisorbitaire correspondant à la fosse canine; la région massétérine remarquable par le masséter ; la région parotidienne et la régiou mentonnière.

De la face en général. La face comprend : 1" des parties molles : peau, tissu cellulaire sous-cutané, tissu cellulo-adipeux, muscles, aponévroses, vaisseaux sanguins et lymphatiques, enfin des nerfs ; 2" des parties résistantes qui en constituent la charpente et qui lui donnent sa forme ; ce sont les os et les dents.

Squelette de la face. Le squelette de la face comprend quatorze os dont treize appartiennent à l'arc maxillaire supérieur ou servent à le consolider; le quatorzième forme à lui seul l'arc maxillaire inférieur. Parmi les treize os de la mâchoire, six sont pairs ; ce sont les os sus-maxillaires, les os palatins, les os malaires, les os propres du nez, les os unguis, les cornets inférieurs; le dernier est impair et situé sur le plan médiant, c'est le vomer. Dans le squelette de la face on peut considérer une partie superficielle formée par les plans osseux les plus extérieurs, sur lesquels se moulent plus ou moins exactement les parties molles ; c'est cette partie superficielle qui donne à la face une partie de ses caractères essentiels. Les régions profondes du squelette de la face sont plus

FACE ^anatomie). ^^

complexes; elles sont formées par des plans osseux qui, se rencontrant dans différentes directions, subdivisent la grande cavité faciale en cavités secondaires qui chacune appartiennent à des appai^ils organiques particuliers. En effet, la cloison horizontale connue sous le nom de voûte palatine divise, à l'époque où elle se développe, le cylindre végétatif qui représente la cavité faciale, en deux compartiments superposés. L'étage supérieur est subdivisé lui-même en deux moitiés latérales par une lame verticale appelée cloison des fosses nasales. Enfin, sur les côtés et rejeté plus en dehors et en haut que les fosses nasales, on trouve les deux cavités orbitaires. L'étage inféiieiir no présente aucune subdivision et constitue la cavité buccale.

On ne se fait une juste idée des dimensions du squelette de la face que sur une coupe médiane antéro-postérieure. Sur une préparation de ce genre, on voit que le squelette de la face est compris dans un espace triangulaire dont la limite supérieure est représentée par une ligne irrégulière qui suit la face inférieure du crâne jusqu'au niveau de l'articulation occipilo-atltmlienne.

La limite antérieure est formée par le profil de la coupe médiane et verticale; elle est figurée par une ligne brisée correspondant successivement au dos du nez, à l'épine nasale inférieure et à la saillie mentonnière ; enfui la surfac(^ postérieure est représentée par un plan qui, passant sous la symphyse du menton et sous le maxillaire inférieur, irait rejoindre le bord postérieur de la voûte palatine. Suffisamment prolongé en arrière, ce plan rencontre au niveau du trou occipital le plan que nous avons vu former la limite supérieure du squelette facial.

Il résulte de cette description que le diamètre vertical est le plus considérable en avant, lorsqu'on le mesure entre la bosse frontale et le menton. Il diminue de hauteur au fur et à mesure qu'on se rapproche de la partie postérieure, de telle sorte qu'au niveau de l'apophyse basiliaire il se réduit à zéro.

Le diamètre antéro-postérieur présente ses dimensions maximum au niveau de la base du crâne ; en bas il se réduit à l'épaisseur du maxillaire inférieur ; enfin le diamètre transversal ne présente pas de variations aussi considérables que les deux diamètres précédents ; il offre ses dimensions les plus étendues au niveau de la saillie des os malaires.

Région antérieure. Cette région constitue la face proprement dite. Les modifications qui se produisent dans les dimensions qui peuvent présenter les diamètres verticaux et transverses, l'aplatissement plus ou moins considérable, antéro-postérieur, transversal ou vertical de cette région, la dépression ou la «ailhe des bords alvéolaires, enfin celle des os propres du nez et des os malaires, toutes ces causes réunies donnent à cette région une conformation plus ou moins régulière d'où dépendent les caractères nationaux et un grand nombre des caractères individuels de la face humaine. Elle présente sur la ligne médiane la bosse nasale, la suture fronto-nasale; puis au-dessous, la saillie du nez, éminence pyramidale, étroite en haut, large en bas, formée par les os propres du nez, articulés entre eux sur la ligne médiane et reliés sur les côtés aux apophyses montantes du maxillaire supérieur.

Au-dessous de cette éminence on trouve l'orifice antérieur des fosses nasales, présentant la forme d'un cœur de cartes à jouer, et dont le bord inférieur est remai'quable par une petite saillie assez aiguë, l'épine nasale antérieure et inférieure. Plus bas existent l'os intermaxillaire, l'espace de séparation des incisives médianes et la symphyse du menton.

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