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FŒTUS (ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

faible quantité d'oxygène, soit 169 milligrammes d'oxygène par kilogramme et par jour, contre 14 à 15 grammes chez l'adulte.

Mais si, ce qui est plus vraisemblable, l'albumine passe dans le fœtus à l'état de peptone, la consommation de l'oxygène nécessaire n'est plus que de 4 centigrammes jiar kilogramme et par jour.

Les expériences de M. Edwards sont non moins démonstratives. C'est grâce à cette circonstance que l'on peut dans bien des cas, en pratiquant l'opération césarienne quelques instants après la mort, extraii'e des fœtus vivants et qui ne tardent pas à respirer. Mais si nombre d'observations démontrent qu'en ouvrant l'utérus 5, 10, 15 minutes et même plus après la mort de la mère, il a été possible d'extraire des enfants vivants, dans bien des cas aussi, la section césarienne étant pratiquée 4 à 5 miimtes api'ès la mort de la mère, on n'obtient que des enfants morts. La raison de la différence de ces résultats vient de recevoir un commencement d'explication, grâce aux travaux de Zweifel , de Zunlz, de Pflûger et d'Andréas Uogyes.

Dans les expériences relatives à l'empoisonnemeut par l'oxyde de carbone, entreprises par Andréas Hôgyes, une lapine pleine lui tomba entre les mains. L'animal étant mort, il lui ouvrit le ventre 4 à 5 minutes après, et reconnut que les embryons âgés d'environ 8 à 9 jours vivaient encore. Après avoir extrait des membranes quelques embryons, ceux-ci se mirent à respirer. La même chose arriva en comprimant dans le liquide amniotique le cordon. Même phénomène en enlevant le fœtus avec son placenta, séparé du placenta maternel, puis ouvrant les membranes ou comprimant le cordon.

11 se passa un bon quart d'iieui'e pendant qu'il examinait ainsi les embryons, et les phénomènes étaient aussi nets au dernier qu'au premier.

Chaque embryon faisait des mouvements d'inspiration rares et profonds, mais devenant plus fréquents par suite de l'irritation mécanique de la peau; en même temps se manifestaient les mouvements des extrémités. Plus tard, les mouvements respiratoires spontanés cessèrent, et l'irritabilité seule persista sur chaque embryon pendant environ 20 minutes.

11 fit les mêmes observations dans les deux expériences suivantes : 1° sur une forte lapine pleine : trachéotomie, section de la paroi abdominale pour placer la matrice au-dessus de la symphyse; après avoir retiré les cornes de la matrice hors du corps, il plongea tout l'animal, excepté la tête et la trachée, dans une dissolution de sel marin à 5 pour 1000, à 58" centigrade, afin de placer les embryons dans une situation analogue à celle qu'ils occupent dans le liquide amniotique ; il y avait 7 fœtus animés de mouvements très-actifs.

Un premier fœtus est extrait des membranes, il se met à respirer aussitôt; puis, 7 minutes après, on empoisonne la mère en mettant la trachée en communication avec le tube à gaz, et 1 minute 1/2 plus tard, tout mouvement respiratoire a cessé. Le fœtus continue à respirer 35 miimtes et 20 secondes après la mort de la mère, tandis que l'excitabilité réflexe persiste 1 heure 15 minutes et 20 secondes.

Le deuxième fœtus, extrait des membranes 4 minutes 15 secondes après que la mère a rendu le dernier soupir, respire aussitôt son extraction ; plus tard, la respiration cesse et ne persiste que sous l'influence des excitations mécaniques, pendant 46 minutes 4 secondes. L'excitabilité réflexe persiste environ 1 heure.

Le troisième fœtus, extrait 5 minutes 10 secondes après la mort de la mère, exécute aussitôt des mouvements respiratoires spontanés; après 16 minutes sa

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respiration ne se fait plus que sous l'influence des excitations mécaniques, et peu après, plus du tout. Les mouvements réflexes des extrémités persistent encore 25 minutes 50 secondes. En somme, ce fœtus survécut à sa mère de 38 minutes.

Quatrième foetus. Extraction complète 9 minutes après la mort de la mère ; le fœtus contenu dans l'œuf intact se met aussitôt à respirer ; après quelques mouvements respiratoires, plus rien ; mais par excitation mécanique on entretient la respiration pendant 26 minutes 40 secondes; puis l'excitabilité réflexe ne persiste que peu de temps dans les extrémités et dans la tête.

Cinquième fœtus, extrait 12 minutes et 40 secondes après la mort de la mère : respire seulement à la suite d'une excitation mécanique; 16 minutes et 20 secondes après, il faut une irritation très-violente pour provoquer un mouvement respiratoii-e ; après 26 minutes 40 secondes, tout cesse ; les mouvements réflexes persistent pendant 55 minutes 20 secondes.

Sixième fœtus : remuait encore dans les membranes 17 minutes 10 secondes après que la mère eût cessé de respirer. Extrait après 18 minutes 55 secondes, le fœtus mis à nu ne respire plus ni spontanément, ni par excitation mécanique. Les mouvements réflexes persistent encore 55 minutes 20 secondes, et disparaissent après 42 minutes 20 secondes.

Septième fœtus, extrait 2i minutes après la mort de la mère; plus de mouvements respiratoires provoqués. Excitabilité réflexe très-faible ; tout disparaît après 42 minutes 20 secondes.

2» Une deuxième expérience donna des résultats absolument semblables.

L'intoxication de la mère se pratiqua de la même façon, mais le ventre ne fut ouvert qu'après que la mère eut cessé de respirer, c'est-à-dire après 2 minutes 5 secondes.

Ce fait que les fœtus survivaient à la mère un temps plus ou moins long après l'intoxication de celle-ci resta pour moi longtemps, dit Hôgyes, une énigme, car, d'après les recherches de Zweifel, si on produit l'asphyxie d'un animal plein, par compression de la trachée, les symptômes de l'asphyxie se présentent chez le fœtus au même moment que chez la mère, et il meurt dans l'utérus en même temps qu'elle. Les recherches de Zuntz et de Pfliiger donnent l'explication de l'énigme. En effet, d'après le premier, en asphyxiant la mère, le sang de celle-ci emprunte à celui du fœtus de l'oxygène, de sorte que non-seulement le sang du fœtus n'en reçoit plus, mais perd celui qu'il contient ; si au contraire le sang de la mère contient de l'oxyde de carijone, il perd à la fois la faculté d'emprunter de l'oxygène au fœtus et à l'air extérieur par le poumon.

Un dernier résultat intéressant des expériences citées plus haut, c'est que, chez l'adulte asphyxié, les mouvements réflexes cessent avant les mouvements respiratoires, tandis que chez le fœtus c'est le contraire (pour la membrane jMpUlaire, voy. Œil). Pinard.

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Apr. 7, 1870. — Voyez encore les traités relatifs aux accouchements, à l'anatomie, à la

physiologie, etc., et la bibliographie des articles Embryologie et Œuf. L. Un.

§ II. Patholog^ie. Le foetus peut présenter dans l'utérus les états pathologiques les plus variés, mais dont l'histoire, grâce à l'ignorance, à la crédulité et à la superstition, resta jusque dans ces derniers temps plongée dans la plus complète obscurité. Et aujourd'hui encore, tout en tenant compte des connaissances iiouvelles, dont nous sommes redevables à l'anatomie palhologique, à la physiologie, etc., il est impossible de remplir d'une façon complète ce cadre nosologique.

556 FŒTUS (pathologie).

De même que la pathologie de l'enfance diffère de celle de l'adulte, de même la pathologie du fœtus, pendant la vie intra-utérine, diffère des précédentes, parce que la maladie, venant imprégner un terrain en voie d'évolution rapide, doit revêtir par cela même un cachet spécial, une physionomie caractéristique.

Au point de vue étiologique, on peut dire que, pendant la vie intra-utérine, l'être humain est exposé plus qu'il ne le sera jamais à aucune autre époque de son existence. D'abord, les éléments qui lui ont donné naissance peuvent lui communiquer le germe de certaines affections morbides, qui vont tout de suite troubler, entraver son développement, et quelquefois l'anéantir avant même qu'il soit apte à vivre de la vie extra-utérine. La source de sa vie a été aussi celle de sa mort.

Ensuite, si au moment de la fécondation les éléments constituants sont sains, le terrain maternel, aux dépens duquel il se développe pendant neuf mois, peut devenir malade, et ne lui fournir alors que des matériaux insuffisants, ou bien même lui communiquer directement la maladie.

Le réservoir qui le contient peut, sous certaines influences, se contracter prématurément, et l'expulser alors que ses principaux appareils sont encore à l'état rudimentaire et ne lui permettent pas de vivre d'une vie propre.

Le?, organes éphémères, qui normalement le nourrissent : le placenta, le cordon et les membranes, peuvent devenir poui' lui la cause de malformations, de mutilations et même de mort.

Enfin, qnoique contenu dans les organes maternels et protégé par eux, il n'en est pas moins, jusqu'à un certain point, exposé aux traumatismes.

L'histoire des maladies du fœtus devrait donc comprendre trois chapitres concernant : la pathologie interne, la pathologie externe et la tératologie.

Le plan de ce Dictionnaire s'oppose à ce que nous envisagions la question de cette fiiçon, car nous ne ferions alors que répéter, que rassembler ce qu'on trouvera isolément dans les articles consacrés <à cliaque maladie.

Ainsi l'étiûlogie des maladies et de la mort du fœtus est exposée longuement dans l'article si complet consacré par M. Jacquemier à i'avortement {voy. Avortemem).

Les arrêts de développement, les mutilations, les anomalies, les monstruosités, les vices de conformation, sont étudiés aux chapitres : Bec-de-Lièvre, HîPospADus, Fractures spontajnées, Luxatio-^s et Amputations congÉimtales, etc. Voy. de plus les articles : Difformités, Ektozoaires, Hydrocéphalie, Hyduc-

RACHIS, MOiNSTRUOSITÉS, SpINA BIFIDA, CtC.

A propos des maladies inflammatoires ou autres communiquées par la mère au fœtus, voy. les articles : Avortement, Grossesse, Pneumonie, Rachitisme, Rougeole, Scarlatine, Syphilis, Variole, etc. Du reste, on trouvera dans la Ribliographie si im])ortante, faite par M. Hahn, toutes les indications concernant les principaux travaux qui ont trait à la pathologie du fœtus.

Nous n'insisterons ici que sur deux points, qui, bien qu'imparfltitement élucidés, pourront certainement déjà donner lieu à quelques applications pratiques.

Nous voulons parler : 1" de l'iafluence de l'augmentation de température de la mèi'e sur la vitalité du fœtus; 2° de l'état du sang maternel sur la vitalité du fœtus. Ensuite nous étudierons les altérations du fœtus mort et séjournant dans la cavité utérine.

1° Influence de V augmentation de température de la mère sur la vitalité du fœtus. On sait depuis longtemps que les maladies de la mère peuvent, dans certains cas, retentir sur le fœtus. Les observations de Fiedler, de llecker et

FŒTUS (pathologie). 557

Buhl, démontrent qu'on peut constater des rémissions et des exacerbations du pouls fœtal eu rapport avec le pouls maternel, que la maladie de la mère soit ou non communiquée au fœtus. De plus, Hohl, dès 1855, avait remarqué qu'une élévation de température chez la mère rend le pouls du fœtus plus fréquent. Hùter, en 1861, put dans 6 cas constater le même fait.

Mais ce fut Kaminski qui, en 1866, rassembla sur ce sujet le plus de matériaux et commença à entrevoir, en dehors de l'action spéciale de la maladie, l'influence nocive d'une haute température maternelle sur le fœtus. Il observa 87 cas de typhus et de fièvre récurrente pendant la grossesse ; 55 de ces cas se rapportent à la première moitié de la grossesse, 52 à la seconde. Dès que la température d'une femme, arrivée au dernier terme de la grossesse, atteignait 40*^ centigrade, Kaminski observait du côté de l'enfant les manifestations morbides suivantes :

1° Accélération des battements du cœur, qui, dans la majorité des cas, était proportionnelle à l'augmentation de température de la mère ;

2° Mouvements répétés de l'entant.

Une température de 42° à 42", 5 centigrade, d'une certaine durée, fut toujours mortelle pour les enfants. Pour Kaminski, le danger commence dès que la température atteint 40°. Quand les fœtus meurent, ils peuvent séjourner plus ou moins longtemps dans l'utérus avant d'être expulsés. Aussi cet auteur peuse-t-il que dans les maladies inflammatoires contractées par la mère pendant la grossesse, et amenant la mort du fœtus, ce n'est pas la maladie même qui tue le fœtus, mais bien la température élevée.

En 1869, ^yinckel vint, par de nouvelles observations, confirmer les assertions de Kaminski.

A ces faits cliniques manquait jusqu'à présent le contrôle de la physiologie expérimentale. C'est en vue de combler cette lacune que Max Runge, d'après les conseils du professeur Leyden, entreprit quelques expériences qui furent faites sur des animaux. Ces animaux étaient placés dans un appareil spécial, permettant d'élever à volonté leur température.

Des conclusions de Runge il résulte que dans toutes ses expériences faites sur des lapines pleines les fœtus périssent quand la température atteint 41°, 5, quelle que soit la durée de cette température. La limite extrême de la température non mortelle pour le fœtus est de 40°, 5. A l'autopsie des fœtus, les lésions constatées furent, dans un grand nombre de cas, des ecchymoses sous-pleurales, sous-péricardiques, et une fois, un foyer hémorrhagique dans les membranes. De plus le foie présentait une dégénérescence graisseuse, analogue à celle qu'on l'encontre chez les hommes morts d'insolation. Runge, se fondant sur les résultats de ces expériences, n'hésita pas à admettre comme vraies les assertions de Kaminski.

Aussi, chez les femmes mortes d'insolation, de même que dans les maladies où il y a une température élevée, la section césarienne post mortem est inutile, puisque les enfants meurent avant la mère.

Le fait suivant, qu'il rapporte également, semble confirmer sa manière de voir : Une femme de vingt-sept ans, arrivée au terme de sa grossesse, présentant ime hémiplégie croisée droite des membres, gauche de la face, causée par une tumeur de la moitié gauche du pont de Varole, mourut sans être accouchée.

Le jour de sa mort, alors qu'elle était dans le coma complet, que la respiration était stertoreuse, etc., la température prise à huit heures du matin était

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de 40° centigrade ; à ce moment le fœtus était vivant, ses pulsations cardiaques faciles h entendre, et leur rhytlime n'était troublé d'aucune façon. A partir de ce moment, la température monta rapidement, et trois heures après elle s'élevait à 45°, 5. Au bout d'un quart d'heure, la température baissa de quelques dixièmes de degré et la femme mourut. Zwcifel pratiqua immédiatement l'opération césarienne avec la plus grande rapidité. L'enfant, du sexe masculin, était à terme, mais mort. Un thermomètre engagé, cinq ou six minutes après l'extraction, dans l'anus de l'enfant, donna une température de 42 degrés. Ici l'enfant mourut entre huit et onze heures, quand la température dépassa 40 degrés. En raison de ces faits, Runge, comme Rœser et Spiegelberg, se montre-t-il partisan de l'opération césarienne pendant la période agonique, quand la température dépasse 40 degrés.

2° Action du sang maternel sur la vitalité du fœtus. En dehors de la température élevée de la mère, le fœtus peut encore être atteint par l'action du sang maternel, ce dernier se montrant le seul facteur morbigène.

On a vu dans le chapitre consacré à la respiration du fœtus qu'il se faisait au niveau du placenta un échange d'oxygène entre le sang maternel et le sang fœtal, ce dernier absorbant l'oxygène qui lui est fourni par le premier.

Mais quand le sang maternel ne peut plus, pour une cause quelconque, absorber de l'oxygène à l'air extérieur, deux phénomènes extrêmement curieux peuvent apparaître, suivant que le globule sanguin reste intact, c'est-à-dire conserve ses propriétés absorbantes, ou bien, au contraire, selon que cet élément anatomique est frappé de mort, comme dans certains empoisonnements, et en particulier dans celui produit par l'oxyde de carbone.

Dans le premier cas, le résultat concret est toujours le même, quelle que soit la cause de l'asphyxie ; c'est Vanthématosie, que les voies respiratoires deviennent imperméables à l'air, ou bien que, l'acte de la respiration s'accomplissant d'une façon régulière, le milieu gazeux en rapport avec les poumons soit en totalité ou en partie privé d'oxygène.

En effet, le cœur continuant à se contracter, le globule sanguin maternel, lors de son passage dans le sinus de la muqueuse inter-utéro-placentaire, soutire de l'oxygène à la masse du sang fœtal, plus riche sous ce rapport. Il en résulte que le fœtus joue à ses dépens, par rapport à la mère dans ces circonstances, le rôle d'un réservoir à air ou plutôt à oxygène.

Ce fait curieux résulte d'une façon très-nette des expériences si intéressantes de Zuntz et d'Andréas Hôgyes que nous avons relatées au cliapitre : Vitalité du fœtus dans les cas de mort de la mère, et d'autre part montre comment le fœtus meurt avant la mère.

Quand, au contraire, la mort de la mère est rapide, ou quand ses globules sanguins sont frappés d'impuissance, au point de vue de l'absorption, comme dans un cas d'empoisonnement par l'oxyde de carbone, l'asphyxie du fœtus par le sang maternel ne peut avoir lieu, et le fœtus consommant peu continue à vivre plus ou moins longtemps après la mort. Si l'on adoptait la manière de voir de Rœser, de Spiegelberg et de Runge, ces faits conduiraient à une application pratique semblable.

Quoi qu'il en soit, aujourd'hui il est possible de se rendi'e compte des cas dans lesquels la section césarienne post mortem sera utile ou inutile.

Mort habituelle du fœtus. « A côté des causes counues de léthalité fœtale, dit Bailly, il en est de mystérieuses, que des recherches ultérieures parvien-

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tlront sans doute un jour à préciser. Un certain nombre de femmes jeunes et d'une bonne santé, unies à des hommes sains et vigoureux, accouchent invariablement d'enfants morts dans une période avancée de la grossesse, et quelquefois près de son temps normal. Les ouvrages de Cazeaux et de Jacquemier mentionnent des faits de ce genre qui se sont renouvelés jusqu'à treize fois chez la même femme. Dubois, Taraier, Blot et moi-même, avons observé également de ces cas de inort habituelle du fœtus qui sont restés jusqu'ici inexplicables. » D'Outrepont s'exprime ainsi : « On entend par mort habituelle du fœtus un phénomène assez fréquent, qui consiste dans l'expulsion successive de plusieurs enfants morts, la mort arrivant toujours à la même époque de la grossesse, sans cause interne ou externe apparente. » Aussi pour lui la cause de la mort habituelle du fœtus réside-t-elle dans le placenta.

Simpson attribue la mort du fœtus dans ces cas, soit à une péritonite causée par la syphilis ou un traumatisme, soit à une altération non syphilitique du placenta. Fuhrlians dit que la cause n'est pas unique, mais multiple, et que dans la mort habituelle l'étiologie est la même que celle de l'avortement.

Porter, Martin, Bonnekamp, pensent que dans ces cas c'est la syphilis qui est la cause de la mort.

Dôbner, publiant les observations de la clinique de Scanzoni sur l'accouchement prématuré artificiel, signale deux causes de mort habituelle : 1° L'anémie; 2" la syphilis.

Davidsohn, Hegar, Birnbaum, Spiegelberg, pensent que la mort habituelle peut reconnaître d'autres causes.

Leopold attribue la mort habituelle du fœtus à quatre causes : i° La syphilis; 2» l'anémie; o° les maladies chroniques de la matrice; 4° certaines dispositions héréditaires. Nous pensons, nous, que ce chapitre devra être totalement supprimé, parce que les anatomo-pathologistes ne tarderont pas à faire évanouir toutes les causes mystérieuses, eu nous montrant des causes palpables. Aujourd'hui déjà on trouverait bien peu de cas dans lesquels la cause de la mort du fœtus pourrait ne pas être rattachée à une lésion.

Parmi les altérations des annexes du fœtus pouvant entraîner la mort, il en est une qui peut facilement passer inaperçue et qui, quoique signalée déjà par différents auteurs, n'a peut-être pas attiré l'attention autant qu'elle le mérite, » nous voulons parler de la sténose des vaisseaux du cordon.

Winckel a observé six cas de sténose primitive de la veine ombilicale. 11 considère cette lésion comme une des causes de la mort habituelle du fœtus. Du reste, Winckel pense que la sténose est de nature syphilitique. Leopold a observé également un cas de sténose des vaisseaux du cordon. Bailly a rencontré deux fois l'oblitération d'une des artères ombilicales dans le cordon d'enfants morts et macérés, et ne présentant pas d'autre altération appréciable des annexes.

Nous avons nous-même observé deux cas semblables ; de plus, en préparant un grand nombre de cordons pour étudier les valvules des artères et des veines ombilicales, nous avons constaté que, dans certains cas, les valvules, au lieu d'être constituées par des replis falciformes, se montraient sous la forme de diaphragmes dont l'ouverture centrale était tellement étroite que la lumière du vaisseau était presque complètement oblitérée.

En résumé, la dénomination de mort habituelle du fœtus est fausse ou tout au moins illogique; elle doit disparaître du langage obstétrical comme tout ce qui est le produit de l'imagination et non de l'observation.

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De la rétention du foetus mort dans l'utérus. Quand le foetUS lïlOrt séjoiime

dans la cavité utérine, deux ordres de faits peuvent être observés : ceux que l'on constate du côté de la mère, ceux qui se passent du côté du fœtus.

Symptômes observés du côté de la mère. Quand le fœtus reste soustrait à l'air extérieur, c'est-à-dire quand les membranes ne sont pas rompues, le fœtus peut séjourner plus ou moins longtemps dans l'utérus sans aucune conséquence pour la mère. On n'observe chez elle tout d'abord que la cessation immédiate des phénomènes dits sympathiques de la gestation. Immédiatement après la mort de l'enfant, la grossesse est terminée, bien que le fœtus séjourne dans la cavité utérine ; la femme entre dans la deuxième période de l'état puerpéral, c'est-à-dire dans la période régressive. A partir de ce moment se montrent d'une façon plus au moins accusée, suivant l'âge de la grossesse, l'affaissement du ventre et le gonflement des seins. Dans cinq cas oii nous avons pu observer le moment précis de la mort du fœtus, et où celui-ci n'avait pas été expulsé immédiatement, nous avons toujours constaté la fluxion mammaire apparaissant du deuxième au quatrième jour après la mort du fœtus. Ces cinq femmes étaient enceintes, l'une de deux mois, deux de cinq mois, et deux de sept à huit mois.

Les femmes cessent naturellement de percevoir les mouvements actifs, mais elles éprouvent assez souvent, quand elles changent d'altitude, la sensation d'un corps qui se déplace en masse. Elles ne perçoivent donc plus les mouvements actifs du fœtus, mais bien des mouvements passifs.

L'expulsion du fœtus mort se fait à une époque qu'il est impossible de déterminer. Nous pensons, quant à nous, que l'expulsion n'a lieu que quand l'œul est devenu corps étranger.

La mort du fœtus n'entraîne pas fatalement celle de l'œuf. Quand la mort du fœtus ne réside pas dans les annexes, ceux-ci peuvent continuer à vivre jusqu'à l'époque de leur maturité oij, agissant comme véritables corps étrangers, ils irritent l'utérus et provoquent les efforts expulsifs. C'est ainsi que nous nous expliquons pourquoi le fœtus mort séjourne bien plus longtemps dans la cavité utérine, quand l'interruption de la vie a eu lieu dans les premiers mois de la grossesse, que lorsqu'il a succombé à une époque plus rapprochée de la maturité.

Phénomènes observés chez le fœtus mort dans la cavité utérine. Dissolution. Quand la mort vient frapper l'embryon pendant la période de formation, c'est-à-dire dans les deux ou trois premiers mois, le plus souvent le phénomène observé est la dissolution du fœtus. « Si l'on a présent à l'esprit, dit Lempereur, le volume, la consistance, la constitution histologique de l'œuf humain, l'observation du phénomène qui se produit dans cet organisme à l'état rudimentaire n'étonnera aucunement, et il semblera même prévu. Les éléments qui le forment sont incapables de résister aux causes de destruction qui les atteignent ; leur cohésion est faible encore, aussi la désagrégation est rapide. »

Il est bien entendu qu'un certain laps de temps est nécessaire pour que cette dissolution s'opère, et si l'œuf est expulsé immédiatement, on peut trouver l'embryon avec des caractères presque normaux.

Les analyses de Fehling, en nous faisant connaître la nature et la quantité des éléments constituants du fœtus, dans les premiers mois de la grossesse, en nous montrant qu'à deux mois le corps de l'embryon est plus riche en eau que le sang, le vaccin, le lait, et se rapproche surtout de la lymphe, qu'à six semaines on trouve 97,54 d'eau pour 100 du poids total, et 0,001 de cendres {voy. page 482), sont venues nous expliquer la possibilité, la facilité même de la dis-

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solution de l'embryon frappé de mort pendant les premiers mois de la grossesse et enfermé quelque temps dans l'œuf. Dans ces cas, le liquide amniotique a perdu ses caractères physiques noi'maux, et, ainsi que le dit Lempei'eur, on a sous les yeux, non plus le liquide amniotique clair, transparent, limpide, citrin, mais une liqueur, tantôt simplement louche et troublée, tantôt franchement laiteuse, identique de tous points à une émulsion suivant la quantité des éléments organiques dissous. Le temps nécessaire pour que cette dissolution s'opère ne peut être précisé; il varie nécessairement suivant l'âge de l'embryon ; court dans les premières semaines, plus long dans le deuxième mois.

Le fait de la dissolution de l'embryon étant bien établi, il y a à se demander, dit Lempereur, jusqu'à quelle époque elle est possible. Avec cet auteur, nous pensons que, en ne l'admettant pas au delà du premier mois, on la renfermait dans une limite trop étroite. Les observations rassemblées dans le travail si intéressant de Lempereur prouvent qu'on peut l'étendre à toute la durée de la vie embryonnaire. Ainsi s'expliquent les œufs clairs, les œufs vides, les faux germes, qui ont été la cause, de la part des anciens accouclieurs, de si fausses interprétations. L'œuf continuant à vivre subit des transformations, des dégénérescences qui portent sur les annexes, et qui seront étudiées à propos des maladies du placenta (voy. Placenta).

Atrophie. Momification ou Dessiccation. A la deuxième période de la vie intra-utérine , c'est-à-dire pendant les premiers temps de la période fœtale, s'observe une altération particulièi'e, à forme entièrement distincte de celle qui précède ou de celles qui suivent.

Cette altéz'ation est décrite et expliquée par Lempereur de la façon suivante : « Le fœtus, doué d'une résistance plus grande, pourvu d'une charpente osseuse, frôle et incomplète encore, il est vrai, mais solide néanmoins, composé d'éléments organiques nouveaux qui ont déjà une texture déterminée, le fœtus, dis-je, dans ces conditions nouvelles, échappe en partie à l'action destructive des causes dissolvantes; on ne le voit plus se liquéfier comme précédemment et subir une sorte d'émulsionnement, il conserve sa forme primitive, sinon son volume, qui souffre une réduction proportionnelle de toutes ses parties. Cette modification toute spéciale a reçu dès longtemps divers noms, car les auteurs la désignent tour à tour par les termes de momification, flétrissement, émaciation, racornissement, dessèchement, etc., qui tous représentent au moins un des côtés de la chose, un des caratères de l'altération. Le fœtus, en effet, plongé dans le liquide amniotique comme un fruit dans une liqueur, y éprouve quelques-uns des changements qu'on observe dans ce dernier cas. Ses tissus, encore mous, se concentrent, se resserrent, se condensent, sous l'inlluence de cette macération prolongée dans une humeur saline; par là même, ils diminuent de volume, se réduisent à une couche plus mince, se racornissent, en un mot. Sa couleur change aussi très-rapidement, elle devient terreuse, grise, jaunâtre et terne. »

La coloration du fœtus est uniforme dans ce cas, la peau est tannée. La quantité de sérosité sanguinolente exhalée dans les diverses séreuses est trèsminime, ti'ès-foncée, et la coloration rosée des humeurs de l'œil est à peine marquée (Sentex). Le liquide amniotique a perdu également ses caractères normaux, il n'est ni transparent ni laiteux, mais terreux, épais; il finit par disparaître en déposant sur le fœtus un sédiment analogue au « dépôt des eaux débordées. »

Dans les cas de grossesse gémellaire, ainsi que cela a été souvent observé.

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