‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 101 sur 113 · FŒTUS (pathologie · texte numérisé non relu

FŒTUS (pathologie

quand l'un des fœtus meurt, alors que l'autre continue à vivre, non-seulement le premier s'atrophie, se racornit, se momifie, mais encore il est aplati. A l'action physico-chimique, qui produit l'atrophie, vient se joindre une action mécanique qui produit V aplatissement. Si la plupart des auteurs ont noté dans ces cas que la rétention prolongée des produits de conception pouvait durer de un à quatre mois, cela tient, croyons-nous, simplement à ce que le fœtus a été frappé de mort dans la première moitié de la grossesse, mais nullement à la transformation spéciale subie par le fœtus. En résumé, cette altération débute par l'atrophie, coïncidant avec un certain degi'é de mollesse des tissus ; à une époque plus avancée, l'atrophie est plus manifeste, le tissu cellulaire, peu abondant a totalement disparu ; la peau semble collée sur les os, le fœtus est ratatiné et commence à durcir, enfin, s'il est comprimé, il devient aplati.

Macération. De toutes les altérations que peut offrir le fœtus mort, retenu dans la cavité utérine, celle-ci est la plus fréquemment observée, car c'est elle qui se produit pres([ue constamment quand lo fœtus est frappé de mort, depuis le cinquième mois jusque vers la lin de la grossesse. Aujourd'hui, grâce à de nombreux travaux ayant trait à cette question et en particulier à ceux de Lempereur, Sentex et C. Ruge, il est possible de faire l'histoire à peu près complète de celte altération. L'altération, dit Lempereur, qui vient après la momification dans l'ordre du développement fœtal, c'est la macération.

Il n'en est point de plus importante à bien connaître, car elle est de beaucoup la plus fréquente et en même temps la plus variée dans ses formes. C'est cette altération qui correspond. presque toujours à ce que les anciens auteurs désignent par fœtus pourri, putréfié, corrompu, gâté, etc. On ne doit point l'ignorer, si l'on tient à éviter de perpétuelles confusions entre la macération, telle qu'on l'entend aujourd'hui, et la véritable putréfaction, deux choses tout à fait distinctes.

La macération a bien pour résultat ultime, comme la véritable putréfaction, la décomposition, mais ici la décomposition s'opère suivant un processus essentiellement différent. La décomposition est lente, elle évolue sans production de <ïaz, sans odeur, sans teinte verte cadavérique, etc. De plus, point capital, bien qu'elle s'accomplisse sur un corps contenu dans les profondeurs de l'organisme maternel, elle ne retentit en aucune façon sur ce dernier, tandis que la décomposition putride, la putréfaction qui se produit quand l'œuf étant ouvert, et l'air pénétrant jusqu'au fœtus, détermine la fermentation des aliments organiques, amène rapidement pour la mère des accidents redoutables et souvent mortels, ainsi qu'on le verra plus loin.

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