‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 108 sur 113 · ACIDE OXYGÈNE. CARBONIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE OXYGÈNE. CARBONIQUE

Sang veineux du cœur 9,93 2,81

Sang artériel 18,95 0,00

Sang (lu foie 2,80 6,55

Il y aurait place ici à de nouvelles recherches faites avec les procédés bien plus puissants d'extracfion des gaz du sang qu'on emploie constamment aujourd'hui dans les laboratoires.

Lehmann avait constaté que le sang des veines sus-hépatiques était plus riche en globules que celui de la veine porte, aussi bien en globules blancs qu'en globules rouges ; remarquant de plus qu'une partie des globules rouges ont des dimensions au-dessous de la moyenne, sont peu déprimés au centre, résistent assez bien à l'action de l'eau, ce qui constituerait autant de caractères spéciaux aux globules de formation récente, il en avait conclu que le sang, pendant son passage dans le foie, se charge de globules. En ce qui concerne les variations des dimensions des globules. Cl. Bernard les a constatées aussi ; taudis que ceux de la veine porte ont un diamètre moyen de O^^'jOOSS à 0'"°\0060, ceux des veines sus-hépatiques n'ont plus qu'une moyenne de G'"™, 0042 à 0™™,0045 ; seulement, d'après lui, cette modification ne serait que la conséquence de la présence du sucre qui a pour effet de crisper et de ratatiner les globules. Leur nombre plus considérable s'explique aussi fort bien par les pertes considérables que le sang fait de ses parties aqueuses, en traversant le foie, pour les abandonner et à la bile qui se sécrète, et à la lymphe qui prend origine dans cet organe ; dans de telles conditions on peut donc expliquer tout autrement que par une formation de globules dans le foie les chiffres qu'a donnés Lehmann, à savoir 44 à -45 pour 100 de globules humides dans le sang de la veine porte d'un chien nourri de viande, et 64 à 74 pour 100 dans les veines sus-hépatiques du même chien ; 25 à 60 poilr 100 de globules dans le sang de la veine porte du cheval et 57 à 77 pour 100 dans ses veines sus-hépatiques.

L'opinion contraire, soutenue primitivement par Schultz, Mandl, et adoptée aujourd'hui par la plupart des physiologistes, considère le foie comme organe destructeur de globules rouges ; ils seraient dissous par les cholates alcalins auxquels ils résistent difficilement, et leur matière colorante formerait la bilirubine, qui présente tant d'analogies avec la matière colorante du sang. La preuve la plus directe qu'on puisse donner de cette manière de voir consiste à chercher le rapport des globules rouges aux globules blancs dans le sang de la veine porte et des veines sus-hépatiques. Hirt a trouvé dans la veine porte 1 leucocyte pour 524 hématies, et dans les veines sus-hépatiques 1 leucocyte sur 136 hématies. De deux choses l'une : ou le nombre des leucocytes s'est accru dans le foie, ou les globules rouges y ont été détruits en partie. Comme, à l'ap-

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pui de la première hypothèse, on ne trouve aucun fait, tandis qu'à l'appui de la seconde on peut citer tout spécialement l'analogie qui existe entre l'hématoïdine et la hilirubine, l'action dissolvante des cholates alcalins sur les globules rouges, on peut croire que la seconde se rapproche ])eaucoup plus de la vérité que la pi'emière. Du reste, cette question de la destruction des globules sanguins dans le t'oie, pour être traitée complètement, demanderait de très-longs développements qui seront mieux à leur place dans les articles destinés à l'étude des éléments anatomiques du sang (wî/. art. Sang).

Il est une fonction du foie, plutôt soupçonnée que nettement démontrée, et qui consiste à former de toutes pièces des substances grasses. Depuis longtemps on a remarqué que chez bon nombre d'herbivores il se forme, en un temps donné, plus de graisse que les aliments qu'ils ont ingérés pendant ce même temps n'en contenaient : il faut donc que la graisse se soit formée aux dépens de principes alimentaires autres que les corps gras. Dès 1842 Liebig soutenait que la graisse se forme dans le corps de l'animal aux dépens des matières amylacées, du sucre et des substances azotées (fibrine, albumine, caséine végétales). Boussingault, de son côté, reconnut que le poids de la graisse acquis par les oies au régime du maïs excède de beaucoup celui de la graisse de l'aliment ; une oie forme par jour 1 7 grammes de graisse, avec des aliments autres que la graisse. Nous pourrions multiplier les faits qui prouvent que la graisse se forme, au moins en partie, de toutes pièces dans l'organisme.. Mais ceci ne nous indiquerait pas si c'est dans le foie que se produit une transformation de principes sucrés ou azotés on principes gras. C'est encore Cl. Bernard qui nous fournira sur cette question les données les plus précises. En examinant le liquide de la décoction de foies provenant l'un d'un animal nourri de matières albuminoïdes, l'autre d'un animal mis au régime de bouillie de fécule, il remarqua que, bien que les deux liquides contiennent également du sucre, ils présentent néanmoins une différence entre eux, car la décoction du foie de l'animal nourri de matières albuminoïdes est claire et limpide, tandis que celle du chien nourri de bouillie deféculeest émulsive, laiteuse, et'doit cet aspect à la présence de granulations graisseuses en émulsion. D'après cela il était naturel de supposer que les matières féculentes entrées à l'état de sucre dans le sang de la veine porte et arrivées en cet état dans le foie sont détruites dans cet organe et changées, en partie du moins, en une autre matière ressemblant à une substance graisseuse émulsionnée par une matière protéique spéciale. Le sucre absorbé par la veine porte ne formerait donc pas seulement de la matière glycogène dans le foie, mais aussi de la graisse ; et ceci peut nous rendre compte de la formation considérable de graisse chez les animaux soumis à un régime exclusivement féculent, et de l'état du sérum sanguin qui peut devenir, en pareil cas, blanchâtre et d'aspect laiteux par suite de la présence de nombreuses gouttelettes de graisse.

Les expériences de M. Persoz sur l'engraissement des .oies viennent à l'appui de cette manière de voir. Elles ont porté sur dix oies de même âge et de force égale. Après avoir été privées de nourriture pendant douze heures, elles sont pesées. Le numéro 10 est tué, puis on détermine immédiatement, entre autres choses, le poids de la graisse, trouvé égal à 0'''',512, et celui du foie qui était de 0''",06l. On alimente les oies en expérience avec du maïs; en moyenne cliaque oie consommait 494 grammes de cette graine par jour. On les pèse tous les sept jours. Après l'expérience, on dose la graisse dans le foie et dans les

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autres organes, et on remarque que l'augmentation du foie a été de cinq à six fois son poids primitif, ainsi qu'il résulte du tableau suivant :

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