FILIPPI
circulaires, trous surmontés d'un numéro indiquant leur diamètre, et par conséquent le diamètre de la bougie qui peut le traverser à frottement doux.
Les filières varient suivant les habitudes des praticiens, surtout suivant les nationalités, par le nombre des trous dont elles sont percées.
Mettant à profit une idée émise par Fabricius, Charrière a construit une filière composée d'une plaque métallique de 1 décimètre de long sur 4 centimètres de large et présentant, sur deux lignes parallèles, trente orifices circulaires. Le premier de ces orifices a un tiers de millimètre de diamètre, le second deux tiers de millimètre, le troisième un millimètre..., le trentième et dernier un centimètre de diamètre.
Rien de plus facile que d'apprécier, avec la filière de Charrière, le calibre d'une bougie. Nous ferons seulement remarquer que toujours, même quand il s'agit de bougies coniques, toute la longueur de la bougie doit pouvoir traverser, à frottement qoux, l'orifice déterminant son numéro.
Un jeu de bougies, allant du n" 1 au n° 30 de la filière Charrière, répond généralement à tous les besoins de la pratique ; il est rare que l'on ne puisse pas faire passer le n° 4, par exemple, quand le n" 3 a librement franchi le rétrécissement. Dans ces cas exceptionnels, ce ne sont généralement pas des bougies plus finement calibrées, mais d'autres méthodes, la dilatation forcée ou l'urétrothomie, qui auront raison de la coarctation.
Nous ne citerons donc que pour mémoire la graduation de Phillips par quarts de millimètre, la graduation de Béniqué par sixièmes de millimètre, et l'instrument de Collin destiné à mesurer les sondes par vingtièmes de millimètre.
Presque tous les praticiens, même à l'étranger, ont aujourd'hui accepté la graduation de la filière Charrière. Thompson n'hésite pas à en proclamer la supériorité : « Nos voisins de l'autre côté du détroit, dit-il, ont fait preuve de plus de correction que nous en adoptant, pour unité de graduation, le millimètre. Chez eux, le numéro d'un instrument en indique le volume, en sorte que nommer ce numéro, c'est désigner à la fois et le calibre de l'instrument et la dimension du canal. »
La supériorité de la filière française sur la filière anglaise est incontestable. La seconde ne comprend, en effet, que douze numéros; le n° 1 correspond à peu près au n" 1 de notre filière, tandis que le n° 12 correspond au n° 21, c'est-àdire présente un calibre de 21 millimètres de circonférence, s'accommodant à un urèthre de 7 millimètres de diamètre. Il résulte de là que ceux des chirurgiens anglais qui n'ont pas encore suivi les sages conseils de Thompson sont obligés de faire, avec douze bougies, ce que nous faisons avec vin*t et une, et, par conséquent, de procéder par véritables bonds, en employant parfois la violence, au grand détriment du canal.
La filière écossaise, plus défectueuse encore que la filière anglaise, est en retard sur celle-ci d'un numéro et demi, eu sorte que le chirurgien qui passe le n" 12 écossais ne passe en réalité que le n° 10 1/2 anglais. E. S.
FILIPEXDITLE. VoiJ. SpiRÉE.
FILIPPI (Joseph de). C'est à la biographie de Didot et à la plume de M. le docteur Berlillon que nous emprunterons, sans y rien changer, l'article relatif à ce médecin italien, qui naquit, en 1781, à Varallo-Pombia (Piémont), et qui mourut le 23 mars 1856. Après avoir fait ses études et reçu ses grades à l'Uni-