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Ganakula (près Torneaa).
Uleaaborg
-hl2,9
Aabo
Helsingfors
D'après le même ouvrage, plus les mois sont chauds et moins leur température est constante (différence entre les maxima et les minima : 7° en juin, et 0<',8 en décembre). La température, atteindrait son maximum en janvier à midi et demi, en juin à trois heures, et son minimum en janvier à huit hwires du matin, et en juin à trois heures.
D'après M. Ignatius, les pluies sont fréquentes (162 jours par an) et abondantes (20 pouces anglais) à Helsingfors. Au lieu de désirer la pluie, les agriculteurs la redoutent en été, parce qu'elle retarde l'évolution des plantes et les exposent aux gelées de l'automne; telle est la cause ordinaire des mauvaises récoltes en Finlande.
292 FINLAINDE (géographie physique).
Flore. Les forêts de Finlande constituent une des principales sources de richesse de ce pays (213 772 kilomètres carrés de forêt, soit 64 pour 100 de l'étendue totale). L'arbre de beaucoup le plus répandu est le Pinus sijlvestris, qui cesse toutefois de se montrer dans l'extrême nord, et notammeut autour du lacd'Enare (ÔQ^ÔO'); le long des rivières, il vit encore sous cette latitude élevée, mais il est très-rabougri. Au sud du 61", les pins fournissent du bois de sciage au bout de 100 à 140 ans ; dans la Finlande moyenne, il leur faut 20 ans de plus ; enfin au nord, on n'obtient du bois de sciage qu'au bout de 180 à 230 ans.
L'Abies excelsa est un arbre presque aussi septentrional ; au sud du -cercle polaire, il forme de vastes forêts; il apparaît, mais rare et par exemplaires isolés, jusqu'au lac Enare. On distingue en Finlande deux variétés de bouleaux, le Betula verrucosa et le B. glutinosa; ce dernier est plus résistant au froid que le pin, et se rencontre, quoique rabougri, au nord du lac Enare. VAune gris [Alnus incaiia) forme parfois des forêts à lui seul ; il devient rare dans la partie septentrionale.
Tels sont les arbres qui forment la plus grande partie des forêts de Finlande. Un certain nombre d'autres forment rarement des forêts à eux tous seuls, mais peuvent se rencontrer mêlés à d'autres arbres ; ainsi sont le tremble, commun dans le sud du pays ; l'aune visqueux {A. glutinosa), qui ne dépasse pas le 64°; enfin le chêne {Q. pedunculata) , qui ne se rencontre à l'état sauvage que tout au sud du pays, sur les bords du golfe de Finlande.
Un troisième groupe d'arbres ne forment jamais de bois à eux seuls ; ce sont le saule, le sorbier des oiseaux, le putiet, qui sont tous trois assez répandus ; le tilleul (limite 63"), l'érable, l'orme, le frêne, le pommier, le cormier de Laponie [Sorbus fennica); mais ce sont là des arbres peu résistants au froid; on ne les trouve que dans le sud du pays, et encore y sont-ils assez rares.
Les arbustes et buissons sont composés d'espèces très-variées et souvent trèsseptentrionales ; ce sont notamment le genévrier, l'if, le bouleau nain, l'osier, le noisetier (61"40'), l'obier, la bourdaine, le chèvrefeuille {Lonicera xylosteum), le Ribes alpinum, le framboisier, le cassis (67''20') et le groseillier (Ribes nibrum), qui peut vivre et prospérer même au nord de la Finlande.
Telles sont les principales espèces indigènes. D'autres arbres ont été importés ; ainsi le mélèze, dont on a planté quelques forêts, le lilas, quelques chèvrefeuilles [h. tatarica et L. caprifolium), le peuplier balsamifera, le marronnier, etc. Le pommier et le poirier ne donnent de fruits que dans le midi du pays; le cerisier, le prunier et le groseillier à maquereau réussissent assez bien jusqu'à Wasa ; l'abricotier, le pêcher et le raisin ne vivent que sous la serre.
Dans les forêts dont nous venons d'indiquer la composition, se rencontrent un grand nombre d'airelles [Vacciniian vitis idœa; V. mijrtiUus; V. oxycoccos; V. iduginosum ; ce dernier pousse dans les marais); le fraisier commun ne se rencontre que dans le sud du pays ; au contraire, le Rubus arcticus n'existe que dans le nord.
Les terres cultivées sont rares en Finlande ; on n'y a trouvé que 840 000 hectares de terres cultivées, dont 250 000 de jachères ; le seigle occupe 500 000 hectares, l'orge et l'avoine, chacun 100 000 hectares environ; la pomme de terre, 20 000 hectares environ, etc.
La plante céréale la plus cultivée est le seigle, qui ne réussit que difficilement dans le nord, mais qui est très-répandu jusqu'au 64° latitude (4 150 000 lioctol. en 1870) ; on le sème du 15 au 20 août ; il fleurit entre le 25 juin et le 5 juillet,
FINLANDE (géographie physique). 295
et doit être moissonné vers le 15 août ; cliaque pied donne neuf à dix grains, et le champ rapporte cinq à six fois la semence qu'on Ini a confiée.
Vorge {Hordeumvulcjare, et dans le sud-ouest fT. distichum) (2 290000 hectolitres en 1870) est moins répandue que le seigle dans le midi du pays; elle domine au contraire dans le nord, oij on la cultive jusqu'au niveau du lac Enare (68''4o'). L'orge se sème du 15 au 20 mai, fleurit vers le 15 juillet, et est moissonnée du 20 au 25 septemhre ; elle rapporte cinq à six fois la semence.
L'avoine (1 923 000 hectol. en 1870) est très-cultivée au sud du 62°; au nord de cette limite elle réussit moins facilement ; on ne la rencontre guère au delà du 65° ; on sème vei's le 15 mai, et on la récolte du 1" au 5 septembre.
Le froment (50 500 hectol. en 1870) ne réussit que jusqu'aux 61° et 62°; on le sème le 25 août, il fleurit vers le 15 juillet, et se récolte à la fin d'août; il rapporte cinq à six grains.
Le sarrasin (15 000 hectol.) se cultive dans l'est jusqu'au 64° environ ; on le sème surtout sur des terres défrichées par le feu. La pomme de terre (3300 000 hectol.) est très-cultivée en Finlande; on l'a récoltée jusque dans l'extrême nord; on la sème en général vers le 1" juillet et on la récolte à la fin de septembre. Elle a remplacé en Finlande le chou-rave qu'on cultivait beaucoup plus autrefois. Enfin on cultive aussi les pois au sud du 62° ; le lin est exploité pour quelques filatures jusqu'au 64°, mais le chanvre se rencontre encore sous le 65° et le 66°.
FaDine. Nous insisterons peu sur les animaux domestiques de Finlande; leur élevage tend à augmenter depuis que plusieurs mauvaises récoltes successi ■^es ont montré à la Finlande combien l'aericulture est une ressoui'ce insuffisanté et infidèle. On a compté en 1870, pour 100 habitants, 14 chevaux, 39 vaches, 13,5 veaux, H porcs et 52 moutons. Les chevaux sont petits, mais forts et endurants. Les vaches sont petites aussi et donnent peu de lait, mais elles sont sobres ; on assure que leur élevage a fait récemment de grands progrès.
Les animaux féroces sont encore nombreux et fréquents en Finlande ; les ours et les loups sont, sinon les plus nombreux, du moins les plus nuisibles; plus de 5500 bêtes à cornes et autres gros animaux domestiques sont chaque année dévorés par ces fauves. Leur destruction étant récompensée, on doit regarder comme assez complète la statistique des animaux féroces tués en 1861-70 ; elle pourra donner une idée de leur fréquence.
On a tué en moyenne, dans chacune de ces années :
Ours 101
Loups 393
Lynx 42
Renards 20i6
Martres et hermines. ... 5
Gloutons 55
Loutres 5
Le castor paraît avoir disparu de la Finlande, et l'élan y devient très-rare; les petits animaux sont, au contraire, très-nombreux, et l'on déclare annuellement à la douane de 100 000 à 120 000 coqs de bruyère, gélinotes, tétras et autres gros oiseaux; 40 000 peaux de lièvres, un nombre semblable de peaux d'écureuil, etc.
Le phoque est fréquent dans le golfe de Bothnie ; ainsi, je vois qu'en 1870 on a pris plus de 500 phoques à L'ieaaborg ; cette chasse est plus fructueuse encore à Wasa et à Aabo, mais les phoques sont plus rares dans le golfe de Fin lande. Il est remarquable que ces animaux se perpétuent dans le lac de Saïma.
294 FINLANDE (démographie).
En pleine mer, le poisson le plus fréquent est le strœmming (Clupea harengus), petit hareng qui se trouve en bancs très-riches et nourrit une grande partie des habitants de la côte. L'esprot {Clupea sprattus) est bien moins abondant.
Dans les grandes rivières, on pèche surtout le sik et le saumon, dont la pêche a doublé depuis des règlements émis en 1869, et qui interdisent la pêche pendant une grande partie de l'année. Dans les pêcheries royales d'Ulea, on a pris 50 000 saumons en 1869, et depuis ce chiffre s'est progressivement élevé jusqu'à 60 000 en 1875 et 1874.
Parmi les poissons d'eau douce, le plus abondant est le lavar et argenté {Coregonus albula) , qui forme une importante ressource alimentaire; le frai de ce poisson constitue, paraît-il, un mets fort délicat. Les auti-es poissons sont notamment la perche, le brochet, le sandre commun, le brème, le gardon, la rose, l'anguille, la lamproie, la lotte, la truite, le flet, etc.
§ II. Ethnographie. Voy. FI^'NOIS.
g III. Démograpliie. La densité de la population finlandaise est nécessairement très-faible (5,2 habitants par kilomètres carrés ; en France, 70). Cependant, si l'on compare la Finlande aux gouvernements russes situés sous la même latitude (Arkangelsk, 0,5; Olonetz, 2,5; Vologda, 2,1, etc.), on verra qu'à étendue égale elle est plus de deux fois plus peuplée qu'eux.
En Finlande, quand on analyse la densité de la population par canton, on voit que c'est naturellement dans les parties méridionales que la population se concentre ; ensuite viennent les cantons voisins du golfe de Bothnie. Le gouvernement de Saint-Michel, situé tout entier dans les terres et sur les grands lacs de Finlande, est déjà beaucoup moins peuplé; à mesure qu'on s'élève dans le nord, la population devient plus rare; au delà de Torneo s'étend le désert glacé de la Laponie finlandaise.
Accroissement. Cependant l'accroissement rapide et constant de la population de Finlande montre que ses habitants apprennent sans cesse à tirer de leur pays de nouvelles ressoui'ces ; malgré la rigueur de son climat, la Finlande ne doit pas être considérée comme une région peuplée autant qu'elle peut l'être.
La Finlande, qui doit principalement à la conquête suédoise la civilisation dont elle jouit, lui est notamment redevable de documents statistiques trèsanciens. C'est de l'année 1748 que date le premier recensement, et depuis les census n'ont cessé de se succéder, d'abord de trois ans en trois ans, puis de cinq en cinq.
Le recensement de 1751 dénonçait dans ce vaste pays 429912 habitants (non compris le gouvernement de Wiborg, qui contenait 190 000 habitants environ, et les environs de Torneaa, soit 12000 habitants), nombre qui depuis n'a cessé de grossir progressivement, et s'élevait un siècle après (1850) à 1656 915, et en 1865 à 1845255: c'est, en somme, un accroissement de 292 pour 100. Ce mouvement d'augmentation de la population a été parfaitement régulier. Il s'est accéléré pendant les périodes heureuses de 1772-75 et de 1790-1805; pendant les périodes de réparation 1815-50, et 1840-1850, qui succédaient à des guerres et à des famines ; il s'est ralenti pendant les guerres que la Finlande a soutenues contre ses voisins, mais il ne s'est démenti qu'en 1805-10, période malheureuse, désolée par la guerre et par la disette, et pendant la désastreuse famine de 1867-68, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
FINLANDE (démographie). 295
M. Ignatius, le savant directeur de la statistique finlandaise, a dressé sur les mouvements de population en Finlande une série de cartes très-intéressantes, où les faits démographiques sont traduits en couleurs. Dès le premier coup d'oeil, on remarque une antinomie presque parfaite entre la carte qui représente la densité de la population dans les différents districts de Finlande et celle qui se rapporte à leur accroissement. La loi que M. Achille Guillard nommait loi de rapport inverse de V accroissement et de la densité reçoit ici sa pleine application. Le milieu du pays, et notamment les districts sud des gouvernements de Wasa et d'Uleaaborg, qui sont peu peuplés, sont ceux dont la population s'est le plus accrue depuis 1840 (plus de 50 pour 100 de 1840 à 1865). Les solitudes qui s'étendent au nord d'Uleaaborg et de Torneo participent elles-mêmes à ce mouvement d'accroissement. Au contraire, les gouvernements d'Aabo, de Nyland et de Wiborg, qui sont les plus peuplés, présentent un accroissement moins considérable, malgré le chemin de fer qui conduit de Saint-Pétersbourg à Helsingfors et Tavastehus. « Une étendue plus vaste pour les travaux de culture, et l'occasion d'acquérir plus facilement des fonds de terre, ont été la principale cause de cette distribution » (Ignatius).
Tels sont les principaux faits qui ressortent lorsque l'on compare entre eux les recensements, et notamment ceux de 1840 et 1865. Mais à côté de cet accroissement de fait il convient de considérer l'accroissement spontané qui résulte de l'excès des naissances sur les décès {voy. col. 10 de notre tableau).
ÉTENDVE DE LA FINLANDE, DENSITE, COMPOSITION PAR SEXES ET PAR HABITANTS ET ACCROISSEMENT DE SA POPULATION.